Coucou! J'ai écrit une nouvelle OS.

Elle se passe après le 3x22 et est du point de vue de Kate. Mais si vous aimez, je pourrais faire le POV de Rick.

ATTENTION SPOILERS.

Bonne lecture!

You see, I wondered ''If only''

La nuit tombait peu à peu sur New York. Plongeant les rues dans le noir. Les bruits s'atténuaient, seules restaient les alarmes et les sirènes troublant le calme provisoire de la nuit.

Katherine Beckett était assise dans son canapé, un verre de vin rouge à la main. Elle avait le regard dans le vague. Pourtant, dans sa tête, de nombreuses pensées se bousculaient. Certaines agréables, d'autres, plus nombreuses, douloureuses. Elle venait de clore une enquête qui avait été particulièremment difficile pour elle. La jeune femme venait de perdre l'une des personnes qui avait le plus compté pour elle. Après sa mère, on venait de lui enlever le premier homme qu'elle avait vraiment aimé, celui qui lui avait toujours dit de ne pas baisser les bras, qui l'avait persuadée qu'un jour elle trouverait l'assassin de sa mère, qu'elle trouverait la raison du mal qui l'habitait depuis si longtemps.

Et pour couronner le tout, Josh venait de la quitter. Il lui avait juste laissé une lettre avec le jeu de clés qu'elle lui avait donné. Dans la lettre il lui disait qu'il l'aimait, mais qu'il s'était rendu compte que ça ne pourrait jamais marcher entre eux à cause de son coéquipier, qu'il avait compris qu'il n'aurait jamais une aussi grande place que lui. Curieusement, ce n'était pas ce qui la rendait la plus malheureuse.

Elle but une gorgée de vin.

Maintenant, elle ressentait l'abandon qu'elle avait déjà ressenti il y a douze ans de cela. En entrant dans la police, la jeune femme s'était comme raccrochée à Mickael Royce. Elle en était même tombée amoureuse. Un petit sourire étira ses lèvres à cette pensée. Il lui avait sorti la tête de l'eau, l'avait aidée à remonter la pente . Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ne le reverrait plus jamais. Et dire que la dernière fois qu'elle lui avait parlé, était lorsqu'elle lui avait passé les menottes. Kate s'en voulait presque de ne pas lui avoir pardonné ce qu'il lui avait fait. Mais, comment aurait-elle pu lui pardonner de s'être servi d'elle pour un paquet d'argent? Elle ne savait quoi penser.

La jeune femme se redressa dans son canapé, posa son verre de vin maintenant vide, et replia ses jambes sous elle, s'appuyant contre l'accoudoir. Elle entoura son corps de ses bras, pour se sentir protégée. Elle était recroquevillée sur elle-même, et elle paraissait si fragile comme ça, si vulnérable.

Que lui restait-il maintenant? Qui lui restait-il? Son père, bien sûr. Cet homme qui comptait tellement pour elle, celui qu'elle avait sauvé de l'alcoolisme et même de la dépression. Elle savait qu'il serait toujours là pour elle, même s'ils ne se voyaient pas souvent. Ensuite, elle avait ses amis. Kevin et Javier qu'elle considérait presque comme ses frères, ceux avec qui elle avait partagé de bons comme de mauvais moments. Lanie, sa meilleure amie, celle avec qui elle allait faire du shopping, ou plutôt celle qui la trainait pour aller faire du shopping. Lanie qui lui répétait tellement souvent qu'elle ferait bien d'ouvrir les yeux sur Richard Castle, de voir combien il tenait à elle, de voir enfin le regard qu'il portait sur elle. Et il lui restait Castle aussi.

Richard Castle, son coéquipier, son fidèle partenaire, son écrivain. Oui, son écrivain.

Au début de leur collaboration, elle avait été pressée que cela finisse. Mais, au fur et à mesure, elle s'était rendu compte qu'elle appréciait la compagnie de l'écrivain. Il rendait les enquêtes plus légères et l'aidait beaucoup même si elle ne voulait pas l'avouer. Il lui avait aussi sauvé tant de fois la vie, ils avaient tant de fois frolé la mort ensemble. Sa présence lui avait manqué pendant les deux mois de vacances où il était parti dans les Hamptons avec Gina. Elle avait tellement regretté de ne pas avoir accepté de l'accompagner. Lorsqu'elle avait vu Gina arriver alors qu'elle s'apprêtait à accepter de partir avec lui, son coeur s'était comme fendu. Pourquoi avait-elle fait ça?

Oui, pourquoi. Pourquoi à chaque fois elle n'acceptait pas de se rapprocher de lui comme il le fallait, comme son coeur le voulait?

Kate repensa à cette soirée à Los Angeles. Castle lui avait avoué des choses qu'elle ne soupçonnait pas. Il lui avait raconté que lorsqu'il l'avait rencontré, il s'était dit qu'elle était un mystère qu'il ne résoudrait jamais, et, que même après avoir passé autant de temps avec elle, il était toujours impressionné par son caractère et sa force mentale. Et, elle, elle lui avait répondu qu'il n'était pas si mal lui non plus. Oh non, il n'était pas si mal...

Et puis, il y avait eu ce moment. Ce regard. Elle s'était perdue dans l'océan des yeux de l'écrivain. Et, pendant presque une minute, une minute qui lui avait semblé interminable, ils s'étaient fixés intensément. Ne sachant que faire. La jeune femme ne saurait décrire la sensation qui l'avait envahie à ce moment-là. Des papillons s'étaient propagés dans son corps et des frissons l'avaient parcourue à la vue du regard de l'écrivain. Elle avait eu envie de l'embrasser, mais elle avait contenu son envie. Puis, elle avait interrompu ce moment en se levant, prenant pour excuse qu'il était tard et qu'elle voulait aller se coucher. Il l'avait appelée, mais elle lui avait dit ''Good night'' avant de rentrer dans sa chambre.

Elle s'était appuyé à la porte, respirant fort. Son coeur battait la chamade. Elle regrettait d'être partie, alors elle avait ouvert la porte. Mais, au moment où elle avait ouvert cette porte, Castle rentrait dans sa chambre. Si elle n'avait pas attendu, si elle n'avait pas autant réfléchi comme elle en avait l'habitude, elle aurait pu lui dire ce qu'elle voulait lui dire.

Et puis, il y avait eu cette lettre de Mike aussi. Cette lettre dans laquelle il lui disait que ce que Castle et elle vivaient était quelque chose de fort et de vrai, et qu'il fallait juste qu'elle ouvre les yeux, laisse le reste de côté et qu'elle se demande ''If only''.

''If only''... Ces deux mots résonnaient dans sa tête comme les paroles d'une chanson. Mais, la chanson qui lui tournait dans la tête était plutôt ''Just breathe'' de Pearl Jam, c'était l'une de ses chansons préférées. Les paroles lui disaient tellement de choses à cet instant, elles reflétaient ce qu'elle ressentait.

Est-ce qu'elle lui avait dit à quel point elle avait besoin de lui? A quel point elle le voulait? Non. Non elle ne lui avait pas dit. Mais pourquoi ne lui avait-elle pas dit tous ça? Kate se sentait idiote. Et s'il l'abandonnait comme l'avaient fait sa mère et Royce? Ne regretterait-elle pas d'avoir refoulé ses sentiments? Si, bien sûr que si elle s'en voudrait.

Pourtant, nombre de fois elle avait failli ouvrir les yeux, mais à chaque fois quelque chose l'en avait empêché. Maintenant, elle savait, elle savait combien elle aimait, combien elle tenait à lui, combien elle se sentait seule et perdue lorsqu'il n'était pas là. Alors, pourquoi était-elle partie? Pourquoi n'avait-elle pas profité de ce moment pour lui dire tout ce qu'elle ressentait?

Kate savait qu'elle regretterait de ne pas l'avoir fait. Et elle en avait marre de vivre avec ses regrets et ses blessures. Les blessures étaient très dures à effacer, mais les regrets, on pouvait parfois réussir à s'en débarrasser.

Ce soir, la jeune femme était prête. Elle était prête à affronter ses sentiments, à les avouer.

Elle se leva énergiquement, alla mettre son verre dans l'évier. Puis, elle prit sa veste accrochée au porte manteaux et l'enfila. Elle prit ses clés, puis sortit de son appartement. Elle descendit les escaliers quatre à quatre et monta rapidement dans sa voiture.

Kate s'arrêta. Peut-être qu'elle faisait une bêtise, qu'en arrivant elle découvrirait qu'il avait quelqu'un et qu'il l'avait oubliée. Mais, elle oublia vite ses pensées perturbatrices et mis le contact. Après tout, qui ne tente rien, n'a rien.

Le trajet jusque chez Castle lui paru une éternité. Elle avait l'impression que sa voiture n'avançait pas.

Mais, qu'allait-elle lui dire? Qu'elle l'aimait? Qu'elle le voulait lui et personne d'autre?

Oh, et puis zut! Pourquoi se posait-elle toujours autant de questions? Elle saurait ce qu'elle dirait lorsqu'elle serait devant lui.

Arrivée devant l'immeuble de l'écrivain, elle gara sa voiture et se hâta dans sortir. Elle courut presque jusque la porte d'entrée. Le gardien la salua, elle le salua en retour. Puis elle monta dans l'ascenseur qui l'amena rapidement à l'étage de Castle. Là, elle sonna et attendit.

La jeune femme entendit des pas, et la porte s'ouvrit sur un Castle étonné de voir sa muse à son appartement, à cette heure-là.

«-Eh bien, Beckett, que faites-vous ici? Lui demanda-t-il

-Euh... J'avais quelque chose à vous dire; répondit-elle, peu assurée.

-Oh, entrez.»

Il se recula pour la laissait entrer, et referma la porte derrière elle. Castle l'invita à s'asseoir au salon.

Elle prit place, il s'assit à côté d'elle.

«-Vous voulez boire quelque chose? Lui demanda-t-il.

-Non merci.»

Castle attendit qu'elle prenne la parole, mais elle resta coincée, le regard perdu.

«-Que vouliez-vous me dire?

-Vous allez peut-être me trouver ridicule, et vous dire que ça ne me ressemble pas de dire tout ça. Mais, je suis obligée, quitte à avoir l'air ridicule, elle prit une profonde inspiration. Alors voilà. Quand nous étions à Los Angeles, le soir où vous m'avez dit que lorsque vous m'avez rencontrée, vous aviez tout de suite pensé que j'étais un mystère que vous ne résoudriez jamais, et qu'encore maintenant vous étiez étonné par mon caractère. Après ça, on s'est regardé, j'étais gênée par ce regard, j'avais l'impression que vous lisiez en moi, et je suis partie... pour rompre ma gêne. Je n'aurais pas dû partir. D'ailleurs, j'ai voulu revenir vous voir, j'ai rouvert la porte, mais vous étiez déjà parti dans votre chambre. Alors, j'ai laissé tomber.

-Vous auriez dû venir me voir dans ma chambre.

-Je n'ai pas osé. Pourtant, j'étais prête à venir vous dire ce que je refusais d'admettre depuis longtemps. Je suis venue ici pour tout vous dire.»

Kate s'arrêta quelques instants pour guetter la réaction de l'écrivain. Elle vit qu'il attendait qu'elle continue, alors elle reprit:

«-Depuis que nous travaillons ensemble, notre relation n'a fait qu'évoluer. Au fil du temps, je me suis rendu compte vous étiez quelqu'un que j'appréciais beaucoup. Aujourd'hui, j'ai réfléchi sur ma vie. J'ai perdu ma mère il y a déjà douze de cela, maintenant je viens de perdre Royce et Josh m'a quitté. Je fermais les yeux sur mes sentiments à votre égard, mais je vois que vous êtes celui qui sera toujours là pour moi, celui à qui je peux tout dire, l'ami que je peux appeler lorsque ça va pas. En fait, vous êtes plus qu'un simple ami, vous êtes; elle baissa la tête, appréhendant ce qu'elle allait dire. Je... je vous aime Richard Castle.»

Elle se leva rapidement, honteuse de ce qu'elle venait de lui avouer, ça ne lui ressemblait tellement pas. Elle s'apprêtait à s'en aller, mais il la retint par le bras.

«-Non, reste, lui dit-il dans un murmure presque imperceptible.»

La jeune femme se tourna vers l'écrivain, la tête toujours baissée. Il prit le visage de sa muse entre ses mains. Celle-ci leva la tête et le fixa.

Richard se pencha et déposa un doux baiser sur les lèvres de Kate. Ils fermèrent les yeux pour savourer ce moment qu'ils avaient tant de fois imaginé. Elle enroula ses bras autour du cou de cet homme qu'elle aimait tant, toute sa honte s'étant envolée. Il passa ses mains autour de la taille de la jeune femme. Lorsque le baiser prit fin, ils restèrent front contre front.

«-Je t'aime aussi ma Kate, Always.»

Un sourire étira les lèvres de Kate. Il venait de l'appeler ''Ma Kate''. Elle se sentait tellement bien à ce moment-là. Rien n'aurait pu troubler leur bonheur, le halo de félicité dans lequel ils venaient de plonger.

Elle l'embrassa une nouvelle fois, tout aussi tendrement. Il répondit à son baiser qu'il fit plus profond, plus passionné, plus fougueux. Leur baiser traduisait leur amour, leur éternel Always ettout ce qui faisait de leur amour quelque chose de magique et d'unique.

Ces baisers étaient le commencement d'une belle histoire qui les attendait. Quelque chose qu'ils auraient à construire, ou plutôt, à continuer de bâtir.

Ils passèrent la nuit ensemble, concrétisant tout ce qui avait été dit, se prouvant à quel point ils s'aimaient.

Kate remercia Royce de lui avoir écrit cette lettre, de l'avoir aidée à ouvrir les yeux comme il le fallait, à cesser de croire que jamais elle n'aurait la chance d'être heureuse et d'être aimée.

Comme quoi, parfois il suffit simplement de regarder ce que l'on a, de trouver ce qui pourrait compléter ça, et de se demander: If only.