Bien le bonsoir mesdames et peut-être messieurs!

je poste une nouvelle fiction, tout simplement parce qu'encore une fois, comme pour l'effet boomerang, c'est une idée qui me trotte dans la tête, et que j'ai besoin d'exorciser sinon je ne serai pas capable de réfléchir convenablement à mes autres récits.

cette fiction me tient à coeur, c'est une histoire que je développe depuis un moment mais ça ne fait que deux jours que j'ai réalisé qu'elle pouvait coller aux personnages de twilight.

je vous la propose donc, en espérant que vous l'aimerez tout autant que moi, même si ce premier chapitre qui sert plus d'avant goût qu'autre chose compte tenu de sa faible longueur, ne vous en dévoile certainement pas suffisamment pour vous faire une réelle idée au sujet de l'histoire.

je vous demanderai donc, en tout cas pour ceux qui suivent mes autres fictions, de me faire confiance. je sais ce que je fais, je sais où je vais, tout ce que je vous demande, c'est un peu de soutien. je ferai en sorte que vous ne le regrettiez pas.

pour ce qui est de cette fiction précisément, elle est donc centrée sur Rosalie, personnage que j'aime énormément, qui va quelque peu se faire malmener puisque c'est une fiction avant tout dramatique.

La plupart des personnages que l'on connait seront présents dans cette fiction, mais certains arriveront bien plus rapidement que d'autres.

voilà.

pour l'instant je ne vois pas quelles autres renseignements je pourrais vous donner donc si vous avez des questions, n'hésitez pas.

disclaimer: ces personnages ne m'appartiennent pas, je m'amuse avec, simplement.

bonne lecture, enfin j'espère...


Chapitre 1

Leçon n°1 : Attiser la jalousie

[California dreaming –The Mamas & the Papas]

Entendons-nous bien. Je ne suis pas de celles qui se cachent derrière de faux prétextes bien-pensants pour oser affirmer leurs opinions. Je me fous des bien-pensants, les faux-culs ne m'intéressent pas. Je ne constate pas, moi, je critique. Et j'assume.

Je suis une pute. Non pas au sens premier du terme, bien que d'ici quelques heures je ne doute pas le moins du monde que la rumeur va commencer à circuler. Moi je suis la pute figurée. L'ennemie. En tout cas ça ne va pas tarder à être le cas. Mes futures camarades de lycée le confirmeront sans doute.

Mes talons aiguilles claquent d'un bruit sec sur les dalles du long couloir glauque et à la limite du nauséabond.

Je suis en retard. Ca n'est pas voulu, même si ça aurait pu être le cas dans d'autres circonstances. Ce lycée me file déjà la gerbe alors que je n'y suis que depuis trois minutes et vingt-cinq secondes exactement.

Mon jean m'irrite les cuisses et je regrette, c'est la quinzième fois aujourd'hui, ma Californie et ses températures vivables. Ici, il fait un froid polaire et j'ai dû ranger mes jupes et robes au fond de mon dressing. Mon décolleté reste sage, par rapport à ce que j'ai déjà pu porter dans ma vie. Pourtant j'ai la nette impression qu'ici je représente à moi toute seule le délit d'atteinte à la pudeur. Les filles doivent sortir en doudoune et après-ski. Je sais que les campagnardes du coin s'offusqueront sûrement de mon absence de tissu au niveau de la gorge mais franchement, j'aurais pu m'affubler d'un horrible col roulé que ma réputation n'en aurait pas été plus épargnée. Je suis blonde, j'ai la peau mate, je suis bien foutue en mini-jupe comme en jogging, j'allais nécessairement passer pour la pimbêche de service. Et ce serait parfaitement justifié. Mieux valait passer pour une pouf que pour un homme.

Je me demande si de son côté, Bella a réussi à trouver sa classe en un laps de temps relativement décent. Si j'étais sympa, je me serais levée à temps pour affronter l'adversité avec elle. Si la vie était sympa avec moi, elle m'aurait laissée fille unique.

Je dépasse une porte moisie sur ma droite avant de revenir sur mes pas, soulagée de ne pas avoir à monter encore un escalier. Ce foutu bled avoisine les dix habitants et le lycée est presque aussi grand que l'international de LA. Je ne sais pas si je dois entrer ou partir en courant. Je ne suis pas timide, j'ai seulement peur de tomber sur des bouseux. Je colle mon oreille droite à la porte, prenant bien soin à ne pas trop toucher ce bout de bois vieux des années 70. Tout ce que je distingue c'est une sorte de brouhaha qui m'indique que le cours n'a pas encore vraiment commencé. Ou alors que je vais particulièrement aimer les maths cette année si le prof est aussi laxiste.

Je frappe deux coups assez francs contre la porte, attendant le signal. Un grognement, j'en déduis que c'est celui que j'attendais et j'ouvre la porte. S'il y avait eu la moindre animation dans la pièce avant que je n'entre, mon apparition les a tous calmés. La salle entière est plongée dans le silence, alors que je m'avance, pas déstabilisée pour deux sous vers mon professeur, moche, vieux et probablement gros connard sur les bords. Certaines penseraient sans doute à cambrer le dos, de manière à faire ressortir seins et fesses et ainsi faire forte impression. Honnêtement, je n'ai pas besoin de ça. Les premières réactions ne se font pas attendre. Les mecs mâtent, les filles pestent.

- Vous êtes ?

Je me tourne vers ce vieux quinquagénaire à la limite de la retraite qui n'a plus un poil sur le caillou. A ton avis, connard ?

- Rosalie Hale, et vous ?

Ma réponse le perturbe. Tant mieux, c'est ma vengeance personnelle face à sa pauvre tentative d'intimidation.

J'en ai longtemps voulu à la planète entière de m'appeler Rosalie. Putain de prénom de fleur bleue. J'aurais encore préféré m'appeler Isabella. Puis un jour j'ai tapé ce foutu nom sur Google, pour avoir sa foutue signification et j'ai alors découvert que les Rosalies étaient généralement mignonnes mais sans plus, sentimentales, cuisinières dans l'âme et tellement obsédées par la sécurité que l'infidélité relevait du blasphème pour ces braves filles. Je me suis alors rendue compte que ce prénom, parfaitement contraire à ma personnalité, m'allait tellement mal qu'il m'allait bien. Depuis, pas un jour ne se passe sans que je ne remercie mon père de ne pas m'avoir appelée Kate ou Jessica.

- Monsieur Reynolds, apparemment votre professeur de maths. Je peux savoir ce qui vous a pris tant de temps pour arriver ?

Une flémingite aiguë.

- Je me suis perdue…

Je lui sors mon plus beau sourire d'excuse, soudainement docile comme un agneau et ça y est, j'ai monsieur Reynolds dans la poche. Celui-ci consent enfin à m'adresser un rictus, je ne parlerai pas de sourire à ce niveau, conciliant et m'indique où m'asseoir après m'avoir finalement souhaité la bienvenue. Je ne suis pas timide, mais je lui suis reconnaissante de ne pas m'avoir obligée à me présenter publiquement. Que ceux qui ne savent pas encore qui je suis prennent la peine de se renseigner.

Ma place est au dernier rang. Tant mieux, je vais pouvoir observer. La plupart des mecs ne cachent même pas leur volonté de me mâter les fesses dans un semblant de discrétion. Ca ne m'étonne pas, les poupées barbie on ne trouve ça qu'à LA. La plupart d'entre eux conduisent des tracteurs et n'y ont jamais mis les pieds.

Au moment où j'atteins quasiment mon sanctuaire, une chevelure cuivrée, rattachée à des pectoraux comme je les aime, attire mon attention. Heureusement pour moi, ma place est juste derrière. Monsieur muscle me suit du regard, un magnifique regard aux éclats verts d'après ce que je peux voir et me gratifie d'un non moins somptueux sourire en coin lorsque mes fesses arrivent à destination.

- Salut, moi c'est Edward.

Je lui souris, mais pas du genre de sourire dont il doit être habitué avec les poules du coin, le sourire de l'amoureuse transie. Je lui souris amusée. C'est tout. Après tout il est canon, mais je le suis au moins tout autant que lui. Je ne lui réponds pas, ils sont 25 personnes ici à savoir comment je m'appelle. Je fais même semblant de l'ignorer.

Je prends le temps de fixer tout le monde. Ca les met mal à l'aise et j'aime ça. Ces débiles, surtout les filles, se sentent insultées que je les dévisage et croient avoir le dernier mot en m'observant comme j'ai pu le faire précédemment. Sauf que j'aime qu'on me regarde. Les filles n'ont rien d'exceptionnel, habillées sans aucun style, on dirait des copies conformes de Bella, les garçons non plus à part deux ou trois spécimens, à commencer par Edward.

Je ne suis pas le cours de toute l'heure, trop occupée à critiquer intérieurement tous ces campagnards qui me scrutent comme si j'étais le monstre d'Alien. Ou Jesus en personne. Cette matinée me gonfle déjà alors qu'il me reste trois heures de cours. Je sors enfin un stylo, et joue au morpion avec moi-même. Mon iphone serait le bienvenu mais la gourde que je suis l'a oubliée dans sa voiture.

Je soupire et Edward machin chose semble tenté de me faire la conversation sans pour autant oser se retourner franchement. Dommage, ça m'aurait permis de découvrir à quel point les gars d'ici sont prudes. Ou casés.

La cloche ou ce qui s'en rapproche le plus sonne, dans un bruit strident à en déclarer des crises d'épilepsie. Je prends bien évidemment mon temps pour sortir, hors de question de marcher devant ces filles qui doivent déjà avoir envie de me poignarder dans le dos tant que je ne sais pas à qui j'ai affaire. Au moment où je franchis l'encadrement de la porte, je sens mon bras se faire happer par quelque chose ou surtout quelqu'un. J'ai tord de penser que c'est ma petite sœur, en fait c'est Don juan.

- Alors comme ça on s'est perdue ?

Je distingue cette lueur de défi au fond de ses deux prunelles claires que j'admire sans en avoir l'air. Il a envie de jouer. C'est qu'il est donc parfaitement libre, ou parfaitement volage. Lui par contre ne se cache pas pour scruter mes yeux d'un noisette particulier dont je suis sacrément fière.

- Je suis blonde, j'ai l'habitude.

Un sourire se dessine, et je le vois lever les yeux vers mes racines… brunes.

- Pas tout à fait, si je comprends bien.

Je claque ma langue au palais, profondément agacée par cette inspection de ma personne. Non, je ne suis pas vraiment blonde mais je reste canon. Fin de la discussion. Je m'apprête à le dépasser non sans avoir roulé des hanches juste devant ses yeux quand il me retient, encore.

- Ce que je veux dire, c'est que je peux t'épargner des détours inutiles en t'accompagnant à ta prochaine salle…

Je pense que c'est le moment opportun pour répondre. Il me dévisage dans l'attente d'une réponse, seulement je ne le regarde même plus. Je suis bien trop occupée à observer cette fille, à trois mètres de nous qui nous épie sans même s'en cacher. Elle est blonde, plus que moi – surtout si on part du principe que je ne le suis pas tout à fait n'est-ce pas - légèrement plus fine, ce qui la prive d'une belle poitrine, d'une peau beaucoup plus pâle que la mienne, et malgré nos talons respectifs, je peux voir d'ici que c'est moi la plus grande. Bien sûr, elle est canon. Et visiblement ra-vie qu' Edward m'adresse la parole.

Je hausse un sourcil à son encontre, et je n'ai pas besoin d'entendre ce qu'elle raconte à une petite blonde elle aussi à ses côtés pour comprendre qu'elle a juste envie de me tuer. Son attitude de chienne en colère me fait sourire. Madame semble avoir décidé qu'Edward était chasse gardée. Qu'à cela ne tienne, le principal concerné n'a pas l'air d'être au courant.

- Edward…

Je pose à nouveau mon regard sur lui, plus précisément sur sa musculature impressionnante sans avoir l'air d'un bodybuildé et je le sens frémir. Je suis parfaitement consciente de mon pouvoir de séduction et ça m'enchante de savoir qu'en prononçant simplement le prénom d'un garçon d'un ton plus grave que celui de ma voix habituelle, il menace de faire exploser sa braguette.

- C'est ta copine cette charmante pom-pom girl qui a soit des crises de constipation, soit un sérieux problème de jalousie ?

Ma future conquête n'a même pas besoin de se retourner et me décoche un sourire en coin qui tue, auquel même moi j'ai failli succomber. Il est fort quand même ce type.

- C'est Tanya. Cette folle fait peur à toutes les filles qui m'approchent d'un peu trop près.

Il est donc célibataire. Pas que le contraire m'aurait rebuté, mais je n'allais pas devoir batailler dans la boue avec qui que ce soit. Ou peut-être cette Tanya qui m'a l'air sacrément remontée. D'un autre côté, je ne peux pas lui en vouloir, Edward est sans aucun doute le type le plus canon de cette ville.

- Elle est très belle.

Edward affiche une moue adorable et je dois presque me retenir de ne pas lui sauter dessus.

- Oui et c'est une vraie blonde, elle.

Je lève un sourcil, il en lève deux. Je le pousse, pas trop fort quand même, j'aurais des scrupules à lui faire des bleus.

- Alors amuse toi bien avec ta mauvaise imitation de Glenn Close dans Liaison fatale. Et surveille ton lapin.

Il me retient encore par la main et j'ai franchement l'impression que Tanya Close va faire une syncope.

- C'est une métaphore ?

Son air délicieusement et innocemment pervers m'arrache un rire. Oui, mon rire aussi est canon, c'est comme ça.

- J'espère que non. Pas si tu as vu le film.

Il me lâche, je me retourne. Monsieur est en train de mater ouvertement mon sculptural postérieur. Je préfère ça.

- Alors, ça vient cette visite guidée ?

Edward ne se fait pas prier et en deux pas se retrouve à ma hauteur. Je sens comme une légère pression dans le creux de mes reins et devine qu'il vient d'y poser sa main. Une vague de chaleur se fait ressentir le long de ma colonne rien qu'à ce bref toucher et mon regard se pose une dernière fois sur Miss Tanya qui est à la limite de baver de rage. Elle n'est pas prête de l'avoir celui là.

Leçon n°1 : Toujours attiser la jalousie des autres. C'est encore mieux lorsque ces autres sont généralement plus canons que soi, mais dans mon cas ça reste relativement difficile à trouver.