Imaginez une tout autre histoire. Imaginez qu'à la mort de Mana Walker, le comte Millénaire ait tout de suite perçu le Noé habitant Allen. Imaginez qu'Allen Walker ait été élevé en tant que Noé, et non en tant qu'exorciste.
Ce qui nous fait trembler
Chapitre 1
-Bon bon, récapitula Road, nous en avons fini avec : les maths, la littérature, l'histoire et le japonais…Quelle chance que tu aies déjà lu ce livre, quand même ! Il nous reste …
-Rien. C'est fini. J'ai tout fait. Je veux dire : nous avons tout fait. Je peux m'en aller maintenant ? demanda poliment, mais fermement Allen.
-Ah non ! Papa a dit qu'on pouvait jouer dans le jardin après les devoirs. Tu vas m'aider à promener le chien !
-J'ai horreur des chiens Road, tu le sais. Et particulièrement le tien.
-Je ne vois pas du tout pourquoi.
-Hum, réfléchissons…Peut-être parce que la dernière fois que j'ai essayé de le faire sortir, il m'a coursé pendant plus d'une demi heure ?
-Mais je suis là cette fois ! On pourrait…
-Road, appela une voix derrière la porte.
La petite fille alla docilement ouvrir. Sheryl entra à toute vitesse dans la chambre, une tasse de thé à la main.
-Alors, comment se passent les dev…
En l'espace d'une seconde, Sheryl décrypta le regard de Allen. Puis ses yeux filèrent sur les cahiers de Road. Ce n'était pas l'écriture de la jeune fille.
-Hum, bon. Nous n'allons pas te retenir plus longtemps Allen. Merci pour ton aide. Le comte Millénaire est venu te chercher. J'allais lui proposer une tasse de ce succulent thé, mais puisque vous avez terminé, je ne vois pas…
-Le chien, s'exclama Road. Tu as dit qu'on pouvait promener le chien tous les deux !
Sheryl lança un bref coup d'œil au jeune homme. Allen lui lançait un regard noir, très évocateur. Le célèbre « Attention-à-ce-que-tu-dis ». Seule Lulubell avait l'étonnante capacité de l'ignorer…
-Mais Allen a certainement beaucoup de choses à faire…N'est-ce pas mon garçon ?
-Exact.
-Mais…
-Entre autre acheter le cadeau d'une certaine personne pour un certain anniversaire, déclara mystérieusement Allen.
-Ooooooooooooh ! Bon, je ne te retiens plus ! s'exclama Road. N'oublis pas que ma couleur préférée c'est le rose. Je n'ai pas de poupée brune !
Allen sourit à la petite fille. Il avait déjà acheté le cadeau un mois auparavant, mais nul n'avait à le savoir. Il se rendit dans le salon du rez-de-chaussée, et avant d'entrer, rajusta sa veste. Le comte avait horreur qu'on se présente négligé devant lui. Dans la petite pièce se trouvait un homme d'âge moyen, très bien habillé, un chapeau sur la tête, une paire de lunettes sur les yeux.
-Ah, Allen ! Et bien, nous pouvons y aller.
-Revenez nous rendre visite quand vous aurez le temps, comte, dit Shéryl. La campagne vous ferait du bien. C'est très agréable, l'été.
-J'y songerai, répondit l'homme, mais je préfère la demeure principale, c'est plus pratique pour travailler, si tu vois ce que je veux dire, Sheryl.
Un sourire moqueur apparut sur le visage du Kamelot.
-Je vois parfaitement, rigola-t-il.
Sheryl raccompagna le comte et Allen jusqu'à la porte d'entrée du manoir.
-Bien sûr, nous rejoindrons la demeure principale pour l'hiver. J'attends juste que ma Tricia reprenne des forces. Son état s'est beaucoup amélioré depuis le mois dernier.
-Je viendrai lui rendre visite prochainement.
-Et n'oubliez pas d'emmener Tyki avec vous. Qu'il cesse de rester enfermé dans cette bibliothèque.
-C'est que, vois-tu Sheryl, la bibliothèque est juste à côté de la salle de musique.
Allen se sentit rougir. Les Noé ne cessaient de lui rappeler l'étonnante influence qu'il avait sur le marquis Mikk.
-Ah, je le sais, je le sais même très bien. La jeunesse, soupira-t-il en ébouriffant Allen.
-Mais pour l'instant, Tyki n'est pas avec nous. Il semble qu'il se soit encore rendu…là-bas.
-Oh, je vois…dit gravement Sheryl.
Le jeune homme et le comte montèrent dans la diligence qui les attendait. Sheryl les salua, et ils partirent.
-Vous savez, prince, j'aurais pu utiliser l'arche pour rentrer. Vous n'aviez pas à vous déranger pour moi.
-Allen, dit doucement l'homme, j'aurais un petit travail pour toi. Il y a une innocence perdue dans les rues de Paris. Mes akuma l'ont trouvée, mais ils ne peuvent pas l'approcher. J'aimerais que tu la détruises pour moi.
-Paris, répéta Allen. Les jumeaux y sont actuellement, n'est-ce pas ?
-Oui. Mais j'aimerais mieux que ce soit quelqu'un de responsable qui s'occupe de cette affaire. Les jumeaux sont quelque peu…occupés.
Allen sentit un fou rire monter en lui.
-L'affaire Cross, encore et toujours.
-Et oui.
-Je vais me dépêcher d'y aller alors. Mais je ne pense pas être rentré pour dîner.
-Tu peux manger où tu veux.
-Y a-t-il une limite de budget ?
-Ne mange pas trop, soupira le comte. Et viens me faire un rapport dès que ce sera terminé. Je t'attendrai.
-A vos ordres, monsieur !
-Cependant, dit-il d'un ton très sérieux, si jamais des exorcistes devaient se montrer, je t'interdis de faire quoi que ce soit qui pourrait te faire repérer. Il ne doivent pas découvrir ton lien avec les Noé, et encore moins ton innocence. Si jamais la situation devient…Préoccupante…Rentre immédiatement. Compris ?
-Oui, monsieur.
-Bien. Fais attention à toi.
Allen inclina respectueusement la tête devant le comte et disparut dans l'arche.
Le soleil déclinait lentement dans le ciel bleu de Paris. Les pigeons pataugeaient près des terrasses et des cafés, les jeunes couples embarquaient sur les péniches restaurants, les bourgeois se rendaient à l'opéra, les travailleurs rentraient d'une dure journée de labeur…
Ah, Paris ! La ville de la gastronomie, aux multiples, mais oh combien délicieux, restaurants…
Allen respirait ce doux parfum de magret de canard, à proximité d'une terrasse au bord de la Seine. Du pont où il se trouvait, il regardait avec une concentration féroce les serveurs apporter les plats aux nombreux clients qui, eux, n'admiraient non pas leur assiette, mais le magnifique coucher de soleil aux lueurs d'or et de rouge écarlate…
Ah, Paris, ville de…
-Salut l'albinos ! cria une voix familière.
-C'est l'heure du bain !
Allen sentit quelque chose, comme une batte de baseball, se fracasser contre son dos, faisant craquer certains os au passage. Le jeune homme se retrouva une moitié sur le pont, l'autre dans le vide, et malheureusement pour Allen Walker, le centre de gravité de son corps ne se trouvait pas du bon côté. Il bascula lentement, juste le temps d'élargir les yeux et d'ouvrir grand la bouche.
Une bouffée d'air souleva alors ses cheveux, et malgré les efforts que déployèrent ses bras pour le maintenir en l'air, la douce brise qui soufflait n'arrêta pas sa chute, au contraire.
-…PLOUF !
La passage brutal d'un milieu aéré à un milieu quand même un peu plus humide et froid donna des frissons à Allen. Il tenta de hurler, ouvrant la bouche le plus possible, puis se rappela qu'il était dans l'eau. Il s'entoura la gorge de ses mains, battit des jambes comme un coureur de marathon et remonta enfin à la surface.
Allen inspira plusieurs goulées d'air avant de respirer normalement. Il se frotta les yeux avec insistance, n'arrivant pas à les rouvrir tant l'eau les lui brûlait. Il parvint finalement à les entrouvrir, pour distinguer quelque chose qui ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Une péniche lui fonçait droit dessus, telle une bicyclette à trois roues dans une pente.
-Foutue XXX !
Il se mit à nager à toute vitesse, tel un naufrager poursuivit par un requin blanc, la gueule bien ouverte, de sorte que le naufrager ait la possibilité d'admirer les longues dents bien pointues de l'animal. Quelqu'un cria :
-Si vous voulez vous baigner, allez plutôt à la plage ! La Seine c'est pour les bateaux, espèce de fou furieux.
Apparemment, il était rare que quelqu'un tombe d'un pont dans cette ville.
Allen nagea jusqu'à un petit quai. Là, il s'accrocha au rebord de toutes les forces qui lui restaient, et se hissa sur un trottoir.
Juste devant lui se trouvait une paire de bottes. Hum. Bonne qualité, se dit Allen. Il releva la tête pour croiser le regard d'un homme, japonais, et qui le regardait fixement, sans sourciller. Il avait une longue queue de cheval et un long manteau noir. Il fronçait les sourcils, se demandant certainement ce qu'Allen faisait là.
Il s'approcha lentement du jeune homme.
-Kanda ! Non ! hurla quelqu'un au bout de la rue.
D'un coup de botte bien placé, l'inconnu lui flanqua un méchant coup sur le crâne, et le re-balança dans la Seine.
FIN DU CHAPITRE 1
Voilà pour le premier chapitre. J'espère que ça vous a plu.
Je suis prête à écrire la suite, mais ça c'est à vous d'en décider. Voulez-vous la suite ou pas ?
Si oui, alors attention, tykixallen dans les prochains chapitres…
