Bonjour à tous !
Ceci n'est qu'une humble traduction en français de la fanfiction It Rained That Day écrite par Windimere Wellen. Vous pourrez trouver la version originale (en anglais) sur la page de l'auteur ;) J'ai beaucoup aimé cette histoire narrant la rencontre entre Aragorn et Legolas, ce qui m'a poussée à la partager avec vous. Tout commentaire constructif et d'encouragement est le bienvenu et n'hésitez pas à me dire si la suite de cette aventure vous intéresse ^^
Bonne lecture !
Chapitre 1 : Ils étaient neuf
La route était inhabituellement silencieuse et une légère pluie tombait à l'approche de la nuit. Aragorn était seul sur le chemin, emmitouflé dans sa longue cape elfique de voyage, trempée par de longues heures de route. La fatigue rendait sa démarche lente, tout comme celle de son cheval, qui suivait fidèlement le rôdeur. Son arc était accroché sur son épaule et son carquois était encore plein. Une épée elfique se balançait à sa taille, et un poignard orné de pierres précieuses pendait de l'autre coté. Il avait voyagé de nombreux jours, chevauchant et marchant sans arrêt pour atteindre Fondcombe avec un important message du Roi Elfique de Mirkwood. Aragorn était pressé d'arriver, impatient de revoir son père adoptif, le seigneur Elrond, ainsi que ses frères Elladan et Elrohir. Il était proche maintenant, peut être à une journée de voyage, mais son inquiétude n'en était pas moins forte. La route était trop calme.
Aragorn ralentit son allure et tendit l'oreille. Il n'y avait aucun autre bruit que la pluie. Il était troublant qu'il n'y ait pas un bruissement de vent ou un son d'oiseau. Son cheval hennit, soudainement nerveux. Aragorn se figea et se laissa tomber dans la boue pour écouter le sol. Le moment suivant, il était sur ses pieds, épée dégainée. Il se tourna vers sa jument, décidant sans tarder qu'elle était trop épuisée pour l'emporter où que ce soit suffisamment vite. Aragorn avait senti le sol humide trembler. De grands chevaux, peut-être dix, chevauchaient rapidement dans sa direction. Il se pouvait qu'ils soient inoffensifs, mais il avait le sentiment que quoi ou qui que se soit, un aura maléfique les entourait. Frémissant, il resserra sa cape autour de lui et mit sa capuche. Il murmura de l'elfique dans l'oreille de sa jument, lui ordonnant d'aller se cacher et de revenir une fois les cavaliers passés. Le cheval sembla comprendre et quitta la route.
Aragorn pouvait entendre les cavaliers approcher et quitta à son tour la route pour se cacher dans la broussaille, accroupi à terre. Son épée était rengainée et il tenait son arc, une flèche en main. Quand les cavaliers arrivèrent en vu, Aragorn eu l'impression que la pluie s'était mue en neige et que son sang s'était glacé. Quelque chose chez eux le frappa de terreur. Il y avait en effet dix chevaux. Sur neuf des chevaux, qui étaient d'énormes monstres noirs avec des armures de métal, se trouvaient neuf cavaliers, habillés de grands manteaux entièrement noirs. Leurs capuches étaient relevées, il ne pouvait donc pas distinguer leurs visages. De longues, cruelles épées pendaient à leur taille. Aragorn se demanda brièvement s'ils avaient un visage. Le dernier cavalier guidait un cheval bai protégé d'une armure que le Rôdeur reconnu comme appartenant à Mirkwood.
Sur le cheval, était assise une silhouette attachée, habillée de vert et de marron. Aragorn supposa que c'était un elfe. Alors que les cavaliers s'approchaient, il sentit le mal se propager autour de lui, et il devina que c'était probablement la menace dont parlait le message qu'il portait, car ces créatures étaient pleinement maléfiques et semblaient sortir tout droit de la main de Sauron. Ils étaient presque à son niveau quand Aragorn eu l'impression que le cheval leader l'avait en fait repéré. Avec un hurlement céleste, le cheval se cabra, forçant les autres à faire de même, hormis le cheval de l'elfe qui pour sa part était complètement désorienté. Les chevaux noirs semblaient tous agir comme s'ils étaient aveugles et les cavaliers tentèrent de les contrôler. Aragorn savait que d'une façon ou d'une autre, il avait été découvert.
Saisissant ce moment de confusion, Aragorn encocha une flèche et tira. Sa visée était précise et la flèche coupa la corde qui retenait le cheval de l'elfe au cavalier noir. Son mouvement attira l'attention des cavaliers, qui après avoir contrôlé leurs montures effrayées, mirent pied à terre. Aragorn encocha une autre flèche et visa le premier cavalier puis laissa la flèche partir. Celle-ci toucha le manteau noir de la silhouette, qui hurla tel un oiseau torturé, comme s'il avait été brûlé vif. Tous les neuf semblèrent devenir furieux et dégainèrent leurs épées. Aragorn était stupéfait que le cavalier qu'il avait touché ne faiblisse même pas dans sa marche.
Sachant qu'il était horriblement surpassé en nombre, il réfléchit à la tactique à employer ici, la première qui lui venait à l'esprit étant de fuir à toute jambe. Il n'en eut hélas pas la chance. Les créatures furent sur lui en un moment et ils attaquèrent sans merci. Aragorn se défendit du mieux qu'il put, ses capacités étant poussées à leurs extrêmes limites. À chaque fois qu'il croyait en avoir touché un, il se rappelait aussitôt qu'ils étaient neuf. Il ressentait chaque coup, paré ou non. Les attaques des cavaliers ne faiblissaient pas alors qu'Aragorn lui se fatiguait. Il était taillé et saigné par ses créatures qui ne cherchaient qu'à le détruire. Il commençait à trébucher et les épées le touchaient ici et là. Il se rendit rapidement compte que sa vision commençait à se brouiller et il savait qu'il était en train de perdre le combat. Le coup de grâce fut donné quand l'un des cavaliers trouva un trou dans sa défense et frappa. L'épée traversa la poitrine d'Aragorn, brisant peau et os. Le coup lui coupa la respiration et sa poitrine s'enflamma. Trébuchant, il tomba à genoux. Il avait du mal à respirer et sa vision s'assombrissait. Un autre coup vicieux le frappa dans le dos. Aragorn n'eut pas le temps de crier de douleur avant de perdre connaissance et s'écroula au sol, lâchant son épée. Il tomba sur le côté, brisant son arc.
Les cavaliers contemplèrent la forme inerte d'Aragorn fils d'Arathorn, héritier du trône du Gondor. Aucun d'entre eux ne semblait vouloir le toucher, pas même pour vérifier s'il était toujours en vie. Tous se retournèrent et s'éloignèrent, abandonnant son corps étendu au sol, dans la boue, caché dans les bois, là où ils espéraient que personne ne vienne le trouver.
Ces chevaliers noirs étaient des Nazguls, spectres de l'anneau, suppôts de Sauron qui n'était ni mort ni vivant, servant le mal après avoir échoué à leur tache. S'ils avaient reconnu dans le jeune homme qu'ils venaient juste de combattre l'héritier d'Isildur, ils l'auraient sûrement achevé pour s'assurer de sa mort. Cependant, pour eux il n'était qu'un rôdeur indiscret qui leur avait coûté un prisonnier elfique. Rejoignant la route, ils ne virent pas un signe du cheval bai ou de son cavalier. Après de rapides recherches, ils abandonnèrent et remontèrent en selle, reprenant leur chemin sans jeter un regard en arrière.
La pluie tombait toujours, de plus en plus fort, et la route fut vite inondée. Aragorn était étendu dans la boue, à l'écart du sentier où s'était passé le combat. Il reposait sur le côté, son arc brisé sous lui, les flèches de son carquois disséminées dans la vase. Son épée était près de lui, abandonnée dans la boue à laquelle se mêlait le sang d'Aragorn qui recouvrait la lame.
Le rôdeur ne bougeait plus et la forêt était une fois de plus bien trop silencieuse…
