Bonjour tout le monde !
Voici ce qui au départ ne devait être qu'un OS, mais parti comme c'est, je vais en faire une bébé-fic. L'épisode double de la saison 4 m'a beaucoup inspirée, et en voici un aperçu.
J'espère que vous prendrez plaisir à me lire, et n'hésitez pas à me faire part de vos avis, cela ne pourra que m'aider à améliorer mon écriture.
Les personnages de cette série ne m'appartiennent pas, et je ne suis pas payée pour écrire. Le seul salaire qui m'est octroyé, ce sont les messages que vous me laisser!
Je vous souhaite une bonne lecture !
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Le gagnant remporte tout
J'adorais l'ambiance qu'il y avait sur les circuits de course. Tout y était plus intense, c'était comme si je pénétrais dans un autre monde. Même l'odeur de kérosène me donnait envie de sourire. Je me souvenais de la première fois que papa m'avait emmenée assister à une course. Ce n'était pourtant rien d'extraordinaire, même pas une course professionnelle, mais la petite fille que j'étais avait été immédiatement fascinée par ce qu'elle voyait. Et ma passion pour les voitures ne s'était jamais amoindrie. Petite, j'adorais passer des heures à écouter papa me parler des voitures, m'apprenant à reconnaître le modèle d'une voiture rien qu'au son de son moteur. Et adolescente, j'avais voulu passer de l'autre côté de la barrière. J'avais voulu conduire moi-même. Expérimenter cette montée d'adrénaline dont les pilotes parlaient tous, cet état de transe dans lequel tu entrais lorsque tu étais au volant d'un de ces bolides.
Papa n'avait tout d'abord rien voulu entendre, mais il s'était finalement laissé convaincre. Surtout parce que maman lui avait fait remarqué qu'il valait mieux que je m'adonne à cette passion avec lui plutôt qu'avec une bande de jeunes têtes brûlées. L'idée l'avait tellement effrayée qu'il avait aussitôt accepté et m'avait inscrite dans un club. C'était un de mes meilleurs souvenirs d'adolescente, et je savais que papa chérissait tout autant ces instants de complicité. La moto était venue remplacée les voitures dans mon cœur, mais j'aimais encore me rendre sur un circuit de temps en temps pour brûler de la gomme. Il faut dire qu'il était difficile de piloter une voiture de course en dehors d'un circuit, ce qui n'était pas le cas d'une moto. Je ne pilotais plus autant que je le désirais, préférant prendre ma moto lorsque j'avais besoin de me vider la tête, mais j'étais toujours membre de mon club, et pouvais donc m'y rendre quand bon me semblait.
Assise à mon bureau, finissant de taper mon rapport, je songeais à la surprise qui s'était peinte sur le visage de Castle lorsqu'il m'avait entendu vanter les mérites de la GTO de Tracy. C'était incroyable comme j'arrivais encore à le surprendre après toutes ces années. Mais c'était rassurant d'une certaine façon, parce que cela signifiait qu'il n'allait pas se lasser, décidant qu'il avait fait le tour de la question et passer à autre chose. Découvrir l'existence de Sophia m'avait fait douter, d'autant qu'il était clair que leur séparation était du fait de Rick. Et la souffrance qu'il lui avait infligée en la quittant, elle la lui avait fait payée au centuple. Mais j'avais également compris qu'aux yeux de Castle, j'étais irremplaçable. Ne m'avait-il pas dit que déjà avec Derrick Storm, c'était moi qu'il cherchait ? C'était assez flatteur de savoir que je représentais son absolu féminin. Même si c'était angoissant. Il m'idolâtrait tellement que je ne pouvais que le décevoir.
Mais je ne devais pas penser à ça. Je devais arrêter d'imaginer le pire et croire que pour une fois dans ma vie, une chose pouvait bien se dérouler. Et s'il y avait une chance que cela puisse se produire, je devais la saisir. Castle le méritait. Il avait été bien plus patient que je ne le méritais, et il était temps que je lui donne plus que de vague espoir. Et quoi de mieux que de lui faire découvrir cette facette de ma personnalité que personne en dehors de mon père ne connaissait. Même Josh n'était pas au courant de mon amour pour les courses de voiture. Notre passion de la moto nous avait beaucoup rapprochés, mais cela était resté très superficiel. Mais Rick méritait que je m'ouvre totalement à lui, comme lui-même le faisait avec moi. Nous étions vendredi, et je n'étais pas d'astreinte ce week-end, donc je pouvais me permettre de quitter la ville. Mais oserais-je inviter Castle à m'accompagner ? Comme s'il avait compris que je pensais à lui, il faisait son apparition, rangeant son téléphone dans sa poche.
« Alexis est rassurée ? » l'interrogeais-je alors qu'il s'asseyait sur sa chaise.
« Oui. Elle est contente que cette enquête soit terminée et est impatiente que je rentre à la maison. Probablement pour me faire subir un nouvel interrogatoire. Je trouve qu'elle fréquente un peu trop Lanie à mon goût » soupirait-il en secouant la tête d'un air désespéré.
« Vous ne pouvez pas lui reprocher de se poser des questions. Pas après ce qu'elle a entendu. » grimaçais-je en me rappelant de ce que j'avais crié dans la morgue.
« Quand je disais que ce stage n'était pas une bonne idée ! Elle en apprend bien plus que ce qu'elle devrait ! » grognait-il en affichant une moue boudeuse qui me faisait sourire.
« Rentrez le plus tard possible, elle sera couchée comme ça ! » lui proposais-je, sachant qu'Alexis ne laisserait pas tomber aussi facilement.
« Sûrement pas. Elle a trop de questions. Elle doit être assise sur le sofa, m'attendant de pieds ferme, épaulée par mère » soupirait-il en se massant les tempes d'un air désespéré.
« Alors faites comme moi. Quitter la ville pour le week-end » lançais-je d'un ton nonchalant.
Pas tout à fait une proposition, mais je lui tendais la perche pour s'inviter de lui-même.
« C'est une proposition Kate ? » s'enquérait-il en tournant la tête vers moi, ancrant son regard au mien.
« Pourquoi pas ? Nous détendre nous ferait le plus grand bien, et il y a un endroit qui me tient à cœur que j'aimerais vous faire découvrir » déclarais-je avant de changer d'avis.
Le cœur battant, j'attendais sa réaction. Les yeux légèrement écarquillés par la surprise, il restait là à me fixer, et je commençais à désespérer d'avoir une réponse lorsqu'une lueur incandescente irradiait son regard, et qu'un immense sourire adoucissait les traits de son visage. Me mordillant la lèvre, je me retenais de me jeter à son cou. Cet homme avait l'incroyable pouvoir de me faire perdre toute rationalité, et avec lui je redevenais l'adolescente intrépide et fonceuse que j'avais été, et je devais admettre que j'adorais ça.
« Je dois avoir peur ? » me taquinait-il sans se départir de son sourire tout en se penchant vers moi, frôlant ma cuisse de la sienne.
« Tout dépend de vos intentions Castle… » soufflais-je en lui adressant un clin d'œil coquin qui le faisait déglutir difficilement.
« Mais je suis à vos ordres Miss Beckett… » répliquait-il en se penchant un peu plus.
Perdue dans un monde où plus rien d'autre que cet homme n'existait à mes yeux, je me passais la langue sur les lèvres, le dévorant du regard. Comment avais-je fait pour ne pas céder plus tôt à la force d'attraction qui m'attirait vers cet homme merveilleux ? Comment avais-je pu m'emmurer à ce point que j'avais nié l'évidence ? Mais Castle, par sa patience et son soutien indéfectible, avait fait tomber mes murs un par un. Bien sûr, mes barrières intimes n'étaient pas toutes à terre, mais il en avait suffisamment détruites pour que je me sente prête à faire un pas dans la bonne direction. Et avec lui de préférence. En fait seulement avec lui.
« J'espère que vous savez dans quoi vous vous engagez Castle… » murmurais-je en lui souriant d'un air coquin.
Je voulais qu'il comprenne que ce week-end serait aussi l'occasion de faire avancer notre relation, et pourquoi pas d'en poser les fondements, ou du moins de les consolidés, puisque si j'étais objective, nous battissions les bases de notre histoire depuis notre rencontre. Je souriais à cette idée et observais mon partenaire qui trépignait d'impatience sur sa chaise.
« Tant que je m'y engage à tes côtés Kate, je veux bien traverser l'Enfer » m'assurait-il en m'adressant ce tendre sourire qu'il ne réservait qu'à moi.
« Alors allons-y avant qu'une nouvelle enquête ne nous tombe dessus, nous coinçant ici pour le week-end ! » déclarais-je en fermant le dossier que je venais de finir de compléter.
Je souriais doucement en sentant ma veste se poser sur mes épaules et la chaleur des mains de Castle à travers l'étoffe de mes vêtements. Un frémissement me traversait lorsque ses doigts caressèrent la peau soyeuse de mon cou, et je fermais les yeux, savourant la proximité de nos corps. Le claquement d'une porte et les vociférations d'un prévenu me rappelaient où nous nous trouvions, et je me dégageais doucement de l'emprise de mon partenaire. Ce n'était ni le lieu ni le moment de me laisser aller.
« Je vais quand même devoir passer chez moi… » soupirait Castle alors que nous pénétrions dans l'ascenseur, rompant ainsi le silence complice qui s'était installé entre nous.
« Pourquoi ? » m'enquérais-je distraitement en jouant avec une mèche de cheveux.
« Pour prendre des affaires. Alexis va en profiter pour me cuisiner à feux doux… » Grommelait-il avec une moue dépitée qui m'arrachait un sourire.
« Passons d'abord chez moi. Je prends mes affaires et ensuite nous allons chez vous. Ma présence dissuadera peut-être Alexis de laisser libre cours à sa curiosité » lui proposais-je alors que les portes s'ouvraient permettant au dernier occupant de la cabine de sortir.
Alors que la cabine poursuivait sa descente, il se tournait vers moi, me fixant de son regard lumineux, un sourire aux lèvres, et lentement, il s'avançait vers moi. J'esquivais un mouvement de recul, mais me rappelant du but de ce week-end, je restais où j'étais, le défiant d'aller au bout de son geste. Son sourire s'accentuait, et il s'approchait si près que mes seins touchaient son torse au rythme de ma respiration saccadée, et je me mordais la lèvre pour retenir le soupir de désir qui manquait s'échapper de ma gorge.
« Tu sais que tu es extraordinaire ? » me demandait-il en me caressant la joue du revers de la main.
« Si tu continues à me le dire, je vais finir par y croire… » murmurais-je en penchant légèrement la tête pour accentuer le doux contact qui m'électrisait.
« Alors je vais continuer de te le dire encore et encore, parce que je veux que tu en sois convaincue » rétorquait-il en posant son front contre le mien, mêlant nos souffles.
Mais alors que j'allais succombée et l'embrasser, le ding retentissait, nous tirant de notre bulle de béatitude. Fermant les yeux, je prenais une profonde inspiration et rouvrais les yeux au moment où Rick me faisait un baiser esquimau. Je souriais, attendrie par ses manières. Quel gamin il faisait, mais c'était exactement ce qui m'avait tant fait craquer chez lui. Mais il était tellement plus que ça, et j'aimais chacune des facettes de sa personnalité riche et attachante. Et il était plus que temps que je le lui montre avant qu'une autre bimbo ne lui mette le grappin dessus. Me redressant, je posais mes lèvres à la commissure des siennes, et souriant tout contre son visage, je m'écartais et sortais de l'ascenseur en souriant fièrement. Après quelques minutes de flottement, je l'entendais accourir derrière moi, et je me retenais de rire en imaginant sa tête.
« Si nous nous dépêchons, nous arriverons à destination dans la nuit » déclarais-je en ouvrant les portes de ma Crown Victoria.
« Fais diversion auprès de mère et d'Alexis pendant que je fais mon sac. Que dois-je emporter au fait ? » approuvait-il en grimpant avec entrain dans la voiture.
« Des jeans feront très bien l'affaire. » souriais-je en me mordillant la lèvre, imaginant le derrière de mon partenaire moulé dans un jean.
Rick acquiesçait d'un hochement de tête, me scrutant comme il le faisait si souvent. Mais son regard insistant sur moi ne me dérangeait plus. Au contraire, j'aimais être l'unique objet de son attention, savoir qu'il était tout entier concentré sur moi. Sa présence à mes côtés me paraissait si naturelle, que j'étais toujours surprise lorsque de retour chez moi, je me retrouvais seule dans mon appartement. Et je ne voulais plus être seule, surtout pas alors que je savais que je n'avais qu'un mot à dire pour que Rick ne me quitte plus jamais. Et je savais que même si je n'avais pas encore vaincu mes peurs, celle-ci ne devait plus m'empêcher de profiter de ma vie. Si l'existence de Sophia m'avait appris une chose, c'était que je n'étais pas à l'abri de voir un des nombreux fantômes du passé sentimental de mon écrivain ressurgir et risquer de le détourner de moi. Castle avait eu beau m'assurer qu'il n'éprouvait plus rien pour elle, j'avais lu le contraire dans ses yeux.
Et ça m'avait fait l'effet d'une claque en plein visage. J'avais déjà connu ça avec Kyra, mais là, c'était autre chose. Sophia avait suffisamment comptée pour lui pour qu'il créer un personnage autour d'elle. Et la revoir l'avait rendu plus nostalgique qu'avec Kyra. Je pense que même s'il avait flirter avec Kyra, la revoir lui avait prendre conscience que même s'il éprouverait toujours de la tendresse pour elle, rompre avait été une bonne chose. Alors qu'avec Sophia, la rupture avait été plus floue, et certaines choses étaient restées en suspend entre eux. Un frisson me traversait en imaginant ce qu'il serait arriver si Sophia n'avait pas été la taupe, si ce n'était pas elle qui était derrière Pandora. Mais je me reprenais immédiatement. Même si elle n'avait pas trahie son pays et la confiance de Castle, elle n'aurait eu aucune chance. Parce que si Castle avait semblé heureux de la revoir, elle avait visiblement perdue au jeu de la comparaison. Et j'en étais sortie victorieuse. J'ignorais pourquoi, mais c'était comme ça.
Et il était temps que je m'assure que plus aucune femme ne viendra menacer ma place dans la vie de mon partenaire. Il était la personne en qui j'avais le plus confiance. J'avais appris à lui confier ma vie sans hésiter, et progressivement, même si plus difficilement, j'avais appris à lui confier mon cœur. Et il s'était révéler un gardien sans pareil. Même si parfois il avait heurté mes sentiments, il avait plus souvent qu'à son tour fait naître des sentiments que je pensais morts à jamais en moi, me ramenant progressivement à la vie. Il m'avait rendu le sourire et un futur en entrant dans ma vie, et je devais à présent lui faire savoir que j'étais prête à marcher à ses côtés vers cet avenir aux couleurs riches et chatoyantes dont il me peignait le tableau. Je savais que la vie à ses côtés ne serait pas rose bonbon, mais ce n'était pas ce que je voulais. Notre vie commune serait à la hauteur de notre partenariat. Explosive, passionnée, fusionnelle, vivante.
Je ne voulais pas me réveiller un beau jour avec le regret de ce qui aurait pu être. Je ne voulais pas ouvrir un jour mon journal et découvrir que Castle s'était marié, et avait fondé une famille avec une autre que moi. Castle était mon « one and done » et il ne tenait qu'à moi de le lui faire savoir. La balle était dans mon camp, et comme au poker, il était temps que je fasse tapis et que je rafle la mise. Et savoir que Rick était le grand prix me motivait plus que n'importe quoi d'autre.
« Pourquoi souriez-vous aussi largement ? » m'interrogeais soudain Castle, me tirant de mes pensées.
« Je pensais à notre week-end » lui révélais-je sans trop entrer dans les détails.
« Je dois bien reconnaître que l'idée de le passer en ta compagnie m'enchante également » approuvait-il en souriant niaisement.
Avec amusement, je constatais qu'il passait du vouvoiement au tutoiement sans vraiment s'en rendre compte. Mais je savais que cela prendrait quelque temps avant que nous nous habituions à ce changement dans notre relation. Mais je ne m'inquiétais pas. Ce ne serait sûrement pas ce qui nous poserait le plus de problème. Secouant la tête d'amusement, je profitais de ce qu'une place libre me tendait les bras au pied de l'immeuble de Rick pour me garer et sortir de la voiture en même temps que mon partenaire. Dans un synchronisme parfait, nos portières claquèrent dans un bel ensemble, et nous échangions un sourire complice, comme si nous partagions un secret connu de nous seul. Ce qui était un peu le cas. J'avais bien conscience que parfois les gars se sentaient exclus de nos échanges, comme si nous entrions dans un monde dont nous leur interdisions l'accès.
« Prête à affronter les femmes de ma vie ? » s'enquérait Castle me faisant réaliser que nous étions arrivés devant la porte du loft.
Décidément, il fallait vraiment que j'arrête de rêvasser, j'allais finir par m'attirer des ennuis. A moins que je ne laisse Castle conduire. Ca pourrait être amusant, juste pour voir sa tête, moi qui refusait toujours de lui laisser le volant.
« Que n'affronterais-je pas pour toi Rick » lui souriais-je en plantant mon regard dans le sien.
« Je ne sais pas ce à quoi ce changement de comportement est du, mais je ne vais définitivement pas m'en plaindre ! » remarquait-il en secouant doucement la tête, vaguement incrédule.
« Même si je décide d'avance doucement ? » l'interrogeais-je légèrement incertaine.
« Avancer doucement est toujours mieux que de faire du surplace Kate. Nous irons au rythme qui te conviendra » me rassurait-il en pressant doucement ma main entre les siennes.
« Et si je décide qu'il est temps de transformer l'essai et de marquer un home run ? » voulais-je savoir en jouant avec ses doigts.
« Alors tu me verra plus qu'enthousiaste à l'idée de rejoindre la team Beckett ! » rigolait-il alors que son regard s'illuminait de désir et d'amour.
« Il te faudra passer des essais pour ça ! » le taquinais-je en m'approchant de lui jusqu'à coller nos corps.
« Je suis tout à toi Kate, c'est quand tu veux ! » m'assurait-il en passant son bras autour de ma taille, me collant un peu plus à lui.
« Allons chercher tes affaires, nous poursuivrons cette discussion sur la route » décidais-je, sachant que nous ne pouvions pas céder à nos envies sur le palier de son appartement.
Le sourire entendu que m'adressait Rick me faisait froncer les sourcils. Comme s'il s'attendait déjà à ce que je mette un terme à notre échange de cette façon. Redressant la tête d'un air provoquant, je lui lançais mon regard le plus coquin, et sans le quitter des yeux, j'approchais mon visage du sien. Avec satisfaction, je vis ses iris se dilatées et ses narines frémirent. Et avec une lenteur délibérée, je posais mes lèvres sur les siennes. A peine un frôlement, avant de rompre le contact. Il grogna de mécontentement et tenta de s'emparer de mes lèvres, mais je le stoppais en posant mes doigts sur sa bouche si tentante.
« Je ne vais pas faire marche arrière Rick. Mais je refuse de commencer quelque chose que nous ne pourrons pas terminer. Nous sommes suffisamment frustrés comme ça » soupirais-je, admettant ouvertement que j'avais moi aussi atteint les limites de ma patience.
Poussant un soupir à fendre l'âme, il opinait du chef et ouvrait la porte de son appartement, m'invitant galamment à l'y précéder. Je le remerciais d'un sourire et pénétrais dans cet appartement que j'avais appris à bien connaître, et où je me sentais comme chez moi.
« Ah papa ! Enfin te voilà, nous allons pouvoir poursuivre cette discussion à propos de cette femme mysté… » retentissait la voix d'Alexis.
Dans un ensemble parfait, Rick et moi nous tournions vers la cuisine de laquelle émergeait l'adolescente. Son regard passait de son père à moi, et ses joues prirent une teinte rosée. J'avais eu raison en disant que ma présence la dissuaderait de poser des questions, mais je ne voulais en aucun cas la mettre mal à l'aise.
« Bonsoir Alexis. Tu ne m'en voudras pas si je t'enlève ton père pour le week-end » déclarais-je donc sans préambule avant de faire signe à Rick d'aller faire son sac.
« Euh non, pas du tout, mais où allez-vous ? » s'étonnait l'adolescente en reprenant contenance.
« Au nord-ouest de l'état. Il y a un endroit que j'affectionne particulièrement que j'aimerais faire visiter à ton père » lui révélais-je en la suivant dans le living.
« Et est-ce que… ? » commençait-elle avant de s'interrompre, n'osant pas me poser une telle question.
« Disons que nous sommes en cours de négociation, et que ce week-end loin du quotidien devrait nous aider à mettre au point les termes de nos relations futures » souriais-je, espérant que tout se passerait bien.
« J'en suis heureuse, et j'espère que ces négociations seront concluantes» répliquait Alexis en secouant doucement la tête.
« Je l'espère Alexis. Et je t'assure que je m'en veux beaucoup d'avoir fait souffrir ton père. J'ai conscience de ne pas mériter un homme comme lui, mais… » soufflais-je en baissant les yeux, incapable brusquement d'affronter le regard de cette adolescente.
« Vous êtes la femme qu'il lui faut Kate. Vous le rendez plus heureux que je ne l'ai jamais vu l'être. Du moins lorsqu'il est à vos côtés. Mais dès que vous disparaissez du paysage, toute sa joie de vivre s'envole. Tout ce que je vous demande c'est de ne plus le laisser » me souriait-elle en pôsant sa main sur les miennes.
« Je ne peux pas te promettre que tout ira bien et qu'il n'y aura plus de disputes, mais je peux t'assurer que je ferais en sorte de ne plus ériger de nouveaux murs entre nous, et que les anciens sont sur le point de s'écrouler » avouais-je en rougissant de ce que mes paroles impliquaient.
« Je suppose que c'est suffisant pour le moment » me souriait-elle chaleureusement avant de venir me serrer dans ses bras.
« Merci Alexis, et si jamais quelque chose te gêne, ou bien si tu te sens délaissée, n'hésite pas à venir m'en parler. La dernière chose que je veuilles, c'est de me mettre entre ton père et toi » souriais-je à mon tour en lui rendant son étreinte.
« Merci Kate » acceptait-elle en s'écartant avant de me regarder, une lueur malicieuse dans le regard et un sourire espiègle jouant sur ses lèvres.
« Je connais cette expression, et généralement, elle n'annonce rien de bon pour moi… » constatais-je en lançant un regard suspicieux à la jeune fille.
« Je me disais juste que j'allais finalement avec ce frère ou cette sœur que je désespérais d'avoir ! » s'exclamait-elle en riant doucement.
Estomaquée, j'écarquillais les yeux, n'arrivant pas à croire à ce que j'entendais. Mais je devais avouer que l'idée était loin d'être déplaisante. Des bébés Castle… Une autre discussion autour de ce thème me revenait en mémoire, et je souriais à ce souvenir. Si je n'avais pas été aussi bête, je tiendrais peut-être déjà mon premier enfant dans mes bras à l'heure actuelle. Mais je ne devais pas me focaliser sur ce qui aurait pu être et me concentrer sur ce qui serait. Et Alexis avait raison. Il n'était jamais trop tard pour le mettre en route ce petit ange. Même si avant ça, Rick et moi avions encore du chemin à parcourir. Mais une fois que nous aurions abattu les derniers obstacles à notre relation, nous pourrions envisager de fonder notre propre famille. Juste pas maintenant.
« Tu sais Alexis, nous sommes encore très loin d'en arriver là ! » bafouillais-je en secouant la tête, remerciant le ciel que Rick soit à l'étage.
« Je sais bien, je ne suis pas idiote, mais j'ose tout de même espérer que vous ne mettrez pas quatre autres années avant d'en arriver là ! » répliquait-elle en levant les yeux au ciel.
Le retour de Rick me dispensait de répondre, et je me levais avec empressement. Remarquant mon mouvement, Rick m'interrogeait du regard, et je lui faisais comprendre que tout allait bien. Pas la peine de lui dire ce sur quoi avait portée notre discussion, il risquerait de prendre le parti de sa fille.
« Nous y allons ? » m'interrogeait-il en trépignant comme un enfant impatient près de la porte d'entrée.
Amusée, j'échangeais un regard rieur avec Alexis avant de rejoindre mon partenaire, accompagnée de la jeune fille.
« Amusez-vous bien, et soyez sages ! » s'exclamait-elle en serrant son père dans ses bras avant d'ne faire de même avec moi.
« Je suis toujours sage ! » fanfaronnait Rick, me tirant un rire incrédule.
Lui lançant un regard moqueur, je me contentais de secouer la tête en lui faisant signe d'ouvrir la voix. Sur un dernier au revoir joyeux à Alexis, il me guidait jusqu'aux ascenseurs, son sac dans une main et l'autre sur ma chute de reins.
« Je suis impatient de découvrir où tu as décidé de m'emmener pour notre premier week-end ensemble ! » souriait-il en s'adossant contre la paroi de la cabine.
« Tu verras bien lorsque nous serons arrivés sur place ! » m'amusais-je en avisant sa moue déconfite.
De retour dans la voiture, j'allumais le chauffage et enclenchais la radio dont je mettais le son au minimum. Le trajet serait long, et je voulais rester éveillée durant le voyage. Profitant de la circulation fluide à cette heure de la nuit, je m'engageais rapidement sur la voie rapide, souriant alors que le panneau indiquant que nous prenions la direction du Comté de Sschuyler. Curieuse, je jetais un regard à Castle, me demandant s'il avait noté ce détail, mais je constatais qu'il était trop occupé à me dévorer du regard pour faire attention à la route que l'empruntais. Souriante, songeant que je conserverais le lieu de notre destination secret plus longtemps que prévu, je reportais mon attention sur la route.
« Ok Rick, si tu veux que je reste éveillée, il va falloir me parler ! » déclarais-je alors que le silence s'installait entre nous.
« Et si je te lisais les premiers chapitres de mon dernier roman ? » m'interrogeait-il en sortant son portable de sa sacoche de protection.
« Shoot Ricky ! » souriais-je à pleine dent, ravie de la proposition.
Il riait doucement, et soudain sa voix chaude et veloutée s'élevait dans l'habitacle, et je me laissais emporter par les dernières aventures de nos alter égos de papier.
