Bonjour a tous ! Me revoilà pour une nouvelle fanfiction sur le couple Severus/Hermione. Je vous préviens tout de suite, j'ai quelques chapitres d'avances, mais la fic n'est pas finie. J'essayerai de publier au moins une fois par semaine, selon l'inspiration et temps que j'aurai. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous oublierai pas. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que cette nouvelle fiction vous plaise.

Disclaimer : L'univers et les personnages sont a J.K. Rowling.

Kiss,

Eternely Snape.

Chapitre I :

Le sauver

« Seigneur, ne te tais pas devant mes larmes,

je suis un exilé en ce monde éphémère. »

Mesrop Matchtots.

C'était le chaos. Il n'y avait plus rien. Tout n'était que fumée, brûlure, douleur, pleurs et colère. Poudlard était dévasté. Tout n'étais plus que ruine, un cimetière humain. Voldemort n'était pas encore mort et Harry était partit en direction de la Forêt Interdite. Les morts et les blessés avaient été rapatriés à l'intérieur du château, dans la Grande Salle. Il n'y avait plus personne dehors, plus personne que les cadavres des Mangemorts, plus personne, hormis Hermione Granger qui, seule et dans une course haletante, se précipitait vers la cabane hurlante. Son visage était pâle et ses joues ruisselaient de larmes silencieuses. Ron était encore à l'intérieur, pleurant la mort de son frère, celles, aussi, de Lupin et de Tonks, qui faisaient de Ted un orphelin. Elle aurait dû se préparer, elle le savait, à la bataille qui allait, elle l'espérait, bientôt prendre fin. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne voulait. Le laisser là-bas, mourir seul comme il avait vécu. C'était au-dessus de ses forces. Harry et Ron disaient qu'il était mort, mais elle le sentait, au plus profond de son être, qu'il était toujours en vie. Elle l'avait entendu, son souffle, quand ils avaient prit la fuite et elle était persuadée qu'il n'était pas mort. Pas déjà. Ce n'était pas son heure et il ne pouvait pas être mort. Ce n'était pas possible. Alors, sans rien dire à personne, elle s'était éclipsée de la Grande Salle, faisant un rapide détour par son laboratoire personnel et courant à vive allure vers l'endroit où il était supposé être mort.

Lorsqu'elle arriva, elle monta rapidement les marches, ouvrit la porte de la pièce dans laquelle elle l'avait vu pour la dernière fois et le découvrit là, à la même place où elle l'avait abandonné lâchement, se vidant doucement de son sang. Elle s'approcha lentement de lui, s'accroupit à son côté et posa ses doigts sur son cou ensanglanté. Elle le regarda longuement, attendant de sentir son pouls. Il était affreusement pâle. Plus que d'ordinaire du moins. Ses cheveux était collants du sang qui affluait sur son visage et sur tout son corps. Ses yeux étaient fermés, alors qu'ils étaient ouverts lorsqu'il avait, soit disant, donné son dernier souffle. Et alors que ses yeux parcouraient son corps, elle vit son torse se soulever légèrement. Avec précipitation, Hermione plongea la main dans son sac de perle, en ressortit un fiole d'essence de dictame ainsi qu'un bézoard. Elle enfonça ce dernier dans la gorge de Severus Rogue, lui faisant avaler et, ce faisant, versa quelques goûtes de dictame sur la plaie qui traversait la gorge du Professeur des Potions. Après quoi, elle fit léviter Severus sur un lit qui se trouvait plus loin, le mettant dans une position plus confortable qu'il ne l'était auparavant.

Elle resta auprès de lui, debout, observant son torse se soulever sous l'effort de sa faible respiration. Mais que pouvait-elle faire d'autre ? Elle ne pouvait pas rester près de lui alors que Harry risquait sa vie pour eux, alors que la Bataille allait bientôt reprendre. Mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas non plus le laisser là, seul et vulnérable, en proie à tous ceux qui le trouveraient et voudraient lui faire plus de mal encore. Alors que faire ? Elle pouvait le transporter ailleurs le temps qu'il se remette, parce qu'il allait se remettre, et le rejoindre une fois tout ce chaos terminé. Oui, elle devait faire ça. Mais où allait-elle l'amener ? Certainement pas chez lui. Tout d'abord parce qu'elle ne savait pas où il habitait, mais en dehors de cela, s'il se réveillait avant son retour, même si elle verrouillait toutes les portes et les fenêtres, c'était chez lui et il trouverait un moyen de partir. Si elle l'emmenait dans un endroit inconnu, il ne pourrait pas partir tout en sachant qu'il ne savait absolument pas quels dangers pouvaient rôder. Elle ne pouvait pas non plus l'emmener à Sainte-Mangouste et elle pouvait encore moins le ramener au château. C'était trop tôt et Madame Pomfresh était bien trop débordée pour avoir le temps de s'occuper d'un autre patient. Elle devait attendre que les choses s'apaisent et que Harry dévoile toute la vérité sur Severus Rogue. Pour le moment, elle devait simplement le mettre en sécurité, à labri de tous les dangers. Elle devait le sauver.

Alors sans plus y penser, mais espérant que les Mangemorts n'y avait pas fait trop de dégâts en y allant, elle lui prit la main et transplana jusqu'à la maison de ses parents, oubliétés et partit faire leur vie ailleurs. Lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre d'Hermione, cette dernière déposa Severus sur le lit et, lentement, parcourut la maison, vide et silencieuse. Tout était comme avant et personne ne semblait être venu ici. Tout était comme avant. Tout sauf ses parents. Ils n'étaient plus là ni eux, ni rien d'autre. Les cadres avaient disparu, emportés certainement par les anciens propriétaires, les vêtements, la vaisselle, les souvenirs, les photos...plus rien n'était là. Il ne restait plus qu'elle, seule dans cette grande maison qui fut la sienne, berceau de son histoire, de sa magie, de ses débuts, cette maison qui l'avait portée, aidée, soulevée. Mais tout cela ne signifiait plus rien si ces parents n'étaient plus là. Alors après une dernière vérification, après s'être assurée que Severus Rogue allait à peu près bien, elle jeta plusieurs sorts de protection sur la maison, verrouilla tout et tranplana une nouvelle fois en direction de Poudlard.

Hermione retourna en direction de la Grande Salle dans laquelle elle retrouva Ron et les autres.

« Où étais-tu ? » l'interrogea Ron, les yeux rougit par la force des larmes qui en avaient coulé.

Hermione ne répondit pas, regardant autour d'elle, tendant les oreilles. Un certains nombres de personnes commençaient à sortir du château, se regroupant dans le Parc. Elle attrapa Ron par le bras et l'incita à la suivre. Et alors qu'ils arrivaient dehors, alors que Ginny criait pour demander qui se trouvait dans les bras du demi géant, Hermione plissa les yeux pour voir Harry, son meilleur ami, son presque frère, inerte dans les bras d'Hagrid.

« Harry Potter est mort ! »

La voix cinglante de Voldemort résonna dans toute la cours, glaciale et cynique. Et Hermione n'entendit plus rien. Les larmes coulèrent de ses yeux sans même qu'elle ne s'en rende compte. Ginny hurla et le reste de l'assemblée sembla se figer. Il n'y avait plus rien qui ne comptait à présent et Hermione, pendant un cours instant, oublia Severus. Il n'y avait plus que Harry, son corps sans vie, son visage pâle et ses lunettes cassées. Harry Potter était mort et Hermione mourrait aussi. Plus rien n'avait de sens. Le Mal avait vaincu le Bien et tout ce qu'ils avaient envisagé, tous les projets qu'ils avaient fait tombaient à l'eau. Ils seraient bientôt tous asservis par les Mangemorts, par ce vil et malsain personnage qu'était le Seigneur des Ténèbres. Et il n'y aurait plus jamais d'espoir. Et Hermione continuait de pleurer cet ami qui n'aurait jamais les honneurs mérités, qui ne sera sans doute jamais enterré et dont le corps finirait elle ne savait où. Et elle sentait Ron, à son côté, qui serrait les poings, le regard vide, sans expression, les larmes dégoulinant le long de ses joues sales et creusées. Molly semblait avoir perdu un autre enfant, Arthur était dévasté et Minerva...Minerva était stoïque, telle une statue de marbre, les yeux écarquillés. Elle paraissait complètement déboussolée. Elle qui, d'ordinaire, était si froide, si sévère, si droite, tellement forte, semblait totalement désemparée, détruite, ruinée. Elle avait perdu des élèves, des enfants et maintenant, alors qu'elle pensait ne plus pouvoir perdre plus que ce n'était déjà le cas, Harry Potter venait de mourir. Le fils de ses deux anciens élèves préférés venait de mourir.

Et tandis que Voldemort parlait de sa voix glaciale, ordonnant à tout le monde de se joindre à lui, promettant que personne ne mourrait s'ils faisaient ça, Hermione avait les yeux rivés sur le corps de Harry, sur le visage dévasté de Hagrid. Elle devait à tout prix rejoindre Severus, le mettre en sécurité. Parce que si le Mal l'emportait, si Voldemort découvrait toute l'histoire, s'il découvrait que Severus Rogue n'était pas mort, ce dernier serait en grave danger. Alors elle attendit, attendit que Neville, Choixpeau en main, finisse de parler, de défendre la mort de Harry, de hurler que tout n'était pas fini. Et alors que personne ne s'y attendait, il sortit l'épée de Gryffondor du vieux chapeau ridé, la pointa sur Nagini et Harry, bien vivant, sauta des bras de Hagrid, lança un Confringo sur le serpent et se mit à courir. Hermione se mit à rire, au même instant que tout le monde, remplit d'espoir, soufflait une exclamation de surprise. Et tout le monde se remit en scène, se battant contre la dernière vague de Mangemorts qui décidaient de ne pas quitter leur Maître. Tout le monde rentrait de nouveau dans le château, ne sachant pas vraiment que faire, mais décidé à gagner cette bataille. Hermione suivit la famille Weasley dans la Grande Salle, lançant des sorts à ceux qui attaquaient.

Mais elle ne pensait à rien d'autre qu'au Professeur Rogue. Il était seul, vulnérable et, égoïstement, elle voulut que Harry en finisse au plus vite. C'était long, c'était angoissant et elle n'attendait qu'une seule chose, pouvoir le guérir, faire appel à Madame Pomfresh, si cela était nécessaire. Alors elle se défendait, elle défendait ses proches, elle regarda Molly tuer Bellatrix Lestrange. Mais plongée qu'elle était dans cet état second, elle ne vit pas le sort que lança un Mangemort en sa direction, elle ne vit pas le Professeur McGonagall se dresser entre elle et le sort. Elle ne vit pas Minerva s'éfondrer sur le sol, touchée par une lumière bleutée. Et elle attendait simplement, sans rien voir d'autre, sans penser à rien d'autre. Elle attendait cet instant où, devant tout le monde, au milieu de la Grande Salle, Harry affronterait Voldemort. Elle attendait l'instant où, défendant qui que se soit de venir à sa rescousse, Harry anéantirait le Seigneur des Ténèbres à jamais. Mais il y avait ce discours, long et pénible, où Harry disait la vérité sur Severus, sur son plan pour sauver le Monde Sorcier, sur celui pour gagner, plus que jamais, la confiance du Seigneur. Il y avait ce moment angoissant où les deux Sorciers se tournaient autour, jouant à celui qui sortirait la plus grande, la plus terrible vérité. Et Voldemort riait, de sa voix glaçante, perçait Harry de son regard de feu, les yeux plus rouges qu'ils ne l'avaient jamais été. Et puis, enfin, il y eu ce moment où Harry et Voldemort lancèrent leurs sorts qui étincelèrent dans toute la Salle d'un grand rayon lumineux rouge. Il y eu cet instant fatal où Voldemort tomba à terre, où la baguette de Sureau s'envola en direction de Harry, son véritable propriétaire. Et tout le monde retint son souffle, figé dans l'espace temps, complètement abasourdi. Était-ce vrai ? Le Mage Noir le plus dangereux de tous les temps était-il vraiment mort, étalé sur ce sol froid et humide, sans vie ? Sans doute rien de tout cela ne paraissait réel et pourtant. Pourtant le Bien avait triomphé. Pourtant, le Mal était réduit à néant. Pourtant, ils étaient enfin libre, enfin sauvés.

Et Hermione, malgré toute l'agitation qui commençait à s'élever dans la Grande Salle, s'approcha de Harry, les lèvres pincées, la mine angoissée.

« Je dois partir, » annonça-t-elle sans préambule.

Et devant l'air étonné de son ami, elle ne pu qu'ajouter : « Je ne peux pas déjà te dire ce qui m'oblige à m'en aller. Plus tard. On se retrouve chez les Weasley. »

Et, sans laisser le temps à Harry de dire quoi que ce soit, Hermione s'en alla rapidement.

xx0xx

Il n'y avait pas grand chose dont Severus se souvenait. En vérité, il ne se souvenait de rien du tout à part la sensation terrible des crocs insupportables de Nagini tranchant son cou ensanglanté. Il avait du mal à respirer, il avait du mal à bouger et pourtant, de ce qu'il pouvait sentir, il n'était ni mort, ni complètement vivant. Il savait qu'il n'était plus sur le sol poussiéreux de la cabane hurlante et cela, c'était un point qu'il ne pouvait s'expliquer. Il ne savait pas où il était mais, étonnement, il n'avait plus peur. Il avait bien assez risqué sa vie pour être effrayé par la sensation douillette et chaude d'un lit à son réveil. Il n'était pas bien, ça non. Il avait mal de partout, au crâne, au dos, aux jambes, aux bras et au cou. Il ne sentait pas vraiment la douleur – il devait sans doute être drogué – mais il savait qu'il avait mal. Il le sentait. Sans ouvrir les yeux, il fit courir ses doigts longs et pâles sur son cou, à l'exact endroit où la plaie, toujours rougeâtre et gonflée, se trouvait. Elle partait du bas de l'oreille droite et se terminait à la fin du cou, quasiment vers la gorge. Comment avait-il survécu, fut la seule question qu'il se posa. Il s'était sentit mourir, partir loin, très loin de ce monde terrible qui l'avait rendu si mauvais. Il avait été prêt. Prêt à mourir, parce qu'il avait fini ce qu'il devait faire, parce qu'il avait payé sa dette et qu'il pensait mériter un peu de repos. Et pourtant il était là, dans un endroit totalement inconnu, bien vivant.

Était-il heureux d'être en vie ? Il n'en n'était pas sûr. Il ne voulait plus faire partit de ce monde, ça c'était sûr. Que le Seigneur des Ténèbres soit vaincu ou pas, il n'avait plus l'envie de se battre contre quoi que ce fut. Alors, évidemment, il était en colère. En colère contre la personne qui l'avait sauvé, si tel était le cas, mais également en colère contre lui-même, de s'être inconsciemment battu contre la mort. Car c'était bien cela. S'il était encore en vie, c'était bien parce qu'il n'avait pas voulu mourir. Son esprit était brouillé et il n'avait pas les idées claires, mais effectivement, il n'était pas heureux d'être là. Il ne voulait pas vivre une minute de plus dans un monde où Lily Potter était morte. C'était parfaitement insurmontable pour lui. Il ne voulait plus vivre dans un monde où ses erreurs, aussi affreuses les unes que les autres, avaient causé tant de pertes, avaient fait tant de mal. Il ne voulait plus vivre dans un monde où il était le meurtrier d'Albus Dumbledore et, à moins d'un miracle, c'était bien le cas. Il n'était certainement pas dans un monde parallèle où Severus Rogue était tout beau tout gentil. Non, certainement pas. Il était toujours Rogue, le détestable et honni Professeur de Potions, le meurtrier, le traître, l'homme aux cheveux gras, à la voix huileuse et au regard abyssal. Et il ne voulait plus vivre dans un monde où il était tout ça. C'était fini. Il avait assez donné, assez souffert, assez vu et causé de morts pour toute une vie. Il savait pertinemment, au plus profond de son être, que jamais le monde Sorcier ne pourrait le pardonner pour toutes les erreurs qu'il avaient commises. Et, de toute façon, il n'en avait pas envie. Il n'attendait absolument aucun pardon, aucune reconnaissance, même, pour ce qu'il avait fait. Car, il le savait, quand son histoire serait révélée au Ministre de la Magie ainsi qu'à toute la population magique, si ce n'était pas déjà le cas, il recevrait sûrement des éloges. Parce qu'il en faut toujours très peu aux gens pour oublier votre passé et vous élever au rang de héros quand ils se rendent compte à quel point ils se sont trompés sur votre compte.

Et il ne voulait certainement pas recevoir une quelconque récompense pour ce qu'il avait fait. Il ne voulait plus rien de qui que ce soit. Il ne voulait plus recevoir quoi que ce soit de qui que ce soit et surtout, surtout, il ne voulait plus rien devoir à personne. Il aurait simplement voulu mourir en paix, être libre, lavé de tous ses pêchés, de tous ses crimes. Mais, encore une fois, il était condamné à vivre une vie dont il ne voulait pas, dans un monde qui n'avait jamais voulu de lui et dont lui, Severus Rogue, ne voulait plus. Une fois de plus, il n'avait pas le droit au repos. Aucun de ses souhaits ne serait jamais réalisé et même mourir ça ne lui était pas permis. Alors il ne voulait pas ouvrir les yeux. Pas maintenant. Pas déjà. Il était en colère et il méprisait déjà la personne qui ne l'avait pas laissé mourir. Et il ne voulait mépriser personne. Du moins, il ne s'en sentait pas la force. Pas encore. Alors plutôt que d'incendier la personne qui franchirait cette porte, plutôt que de l'insulter, de lui dire toutes les horreurs possibles et imaginables, il préférait garder les yeux fermés et dormir. Dormir pour rattraper toutes les heures d'insomnies et de cauchemars qu'il avait déjà vécu. Dormir pour...mourir, peut-être.

xx0xx

Cela faisait maintenant 10 jours que Severus Rogue dormait. Lorsque Hermione était arrivée chez elle, elle avait trouvé Severus plus pâle qu'il ne l'avait jamais été. En fait, il était presque mort. Certes, son bézoard avait réussi à vaincre le poison qui s'insinuait dans ses veines, mais le peu de temps qu'elle avait eu pour le soigner ne lui avait pas permis de lui donner une Potion de régénération sanguine, moins encore de soigner véritablement la plaie, autrement qu'avec de l'essence de dictame. Alors oui, Hermione avait paniqué en retrouvant Severus Rogue à l'agonie, mourant à petit feu, presque vidé de son sang. Bien sûr, elle avait tout. Tout pour soigner Rogue. Toutes les potions existantes, tous les sortilèges, toutes les connaissances nécessaires pour le sauver et, bien sûr, elle l'avait fait. Mais il était resté tant de temps inconscient que, même après plus d'une semaine passée à son chevet, elle doutait qu'il se réveille un jour. Bien qu'elle ne fut pas certaine que le réveil du Serpentard soit bénéfique pour elle. Car, pour sûr, il allait l'attaquer, la piquer de son venin, la transpercer de son regard. Et pourtant, malgré tous les risques qu'elle avait prit, malgré toutes les insultes insupportables qu'elle devrait subir, elle voulait qu'il se réveille. Parce qu'elle avait besoin de constater que tous ses efforts n'avaient pas été vain.

Elle ne savait pas réellement quels avaient été les véritables sentiments de Ron et Harry lorsqu'elle leur avait annoncé que Severus Rogue était chez elle, inconscient, mourant, mais vivant. Harry avait dit que c'était génial, qu'après tout, il méritait de vivre, peut-être même qu'il méritait une récompense pour sa bravoure et sa loyauté. Mais il était hypocrite et parfaitement rancunier. Oui, Rogue avait aimé sa mère, oui Rogue l'avait sauvé à maintes reprises et sans doute devrait-il le remercier pour cela, un jour, mais Harry Potter était Harry Potter et jamais Hermione ne pensa que celui-ci pourrait mettre sa haine de côté pour faire ami-ami avec celui qui l'avait haït plus que Harry l'avait haït. Était-ce une simple impression où tout ce qu'elle pensait avoir lu dans les yeux de son meilleur ami était réel, elle n'en savait toujours rien. Harry ne parlait pas beaucoup ces temps-ci. Sans doute la révélation de la survie de Rogue l'avait chamboulé et peut-être réfléchissait-il à la meilleur façon de prendre la chose, mais Harry était faible et il ne réussissait pas à se remettre totalement de son combat contre Voldemort. Bien sûr, il faisait croire à tout le monde qu'il allait pour le mieux, que, de jour en jour, sa magie affluait de nouveau en lui et qu'il reprenait des forces, mais Hermione n'était pas dupe. Personne ne l'était, d'ailleurs. Mais c'était Harry Potter et on ne pouvait faire comme s'il était encore un enfant, le mettre au lit et lui ordonner le repos. C'était impossible et totalement suicidaire.

Pour ce qui était de Ron...c'était une autre histoire. À l'annonce de la survie de Severus Rogue, il avait simplement répondu par cette moue boudeuse et pas très mâture qu'il avait l'habitude d'adopter auprès d'Hermione quand il voulait obtenir quelque chose d'elle, comme les réponses à un devoir sur les Potions. Il n'avait que très peu parlé de cela. La plupart du temps, il se contentait de marmonner à ce sujet comme un vieillard qui ne sait plus ce qu'il dit et de se murer dans un silence pitoyable. Il ne voulait pas en parler. La guerre avait fait de lui un autre homme. La perte de son frère l'avait éloigné de ses amis, de sa famille. Il n'était plus le Ron qu'il avait été, gentil, un peu idiot quelques fois, pas très sûr de lui. Maintenant, il ne mangeait que très peu, dormait rarement et ne parlait quasiment jamais. En fait, et ça ne plaisait pas du tout à Hermione, il devenait un Severus roux et pas assez expérimenté pour les regards noirs et les méchancetés gratuites. Mais, avec son air maussade, sa mine défaite et ses yeux vides de tout l'espoir et de tout l'amour qu'il avaient toujours eu, il ressemblait étrangement à un certain Maître des Potions. Alors il ne disait rien de ce sujet. Il était sûr qu'il n'était pas, au plus profond de lui, parfaitement heureux de savoir que celui qui avait pourri sa scolarité avait survécu à l'ironie de sa mort, mais il n'en était pas mécontent non plus. Personne ne pouvait plus l'être, c'était inconcevable.

Inconcevable parce que Severus Rogue était un héros de guerre, malgré ses crimes, malgré sa méchanceté, son mépris, son arrogance et tout ce qui faisait qu'il était Severus Rogue. Et alors qu'Hermione attendait, sur le canapé de son salon, le réveil dudit Severus Rogue, elle n'espérait qu'une chose : que ses amis sauraient faire la part des chose quand...quand elle aurait prit la rouste de sa vie pour avoir sauver la vie de l'ancien Mangemort. Mais, en dépit de tout ce qu'il pourrait bien lui dire, elle ne pouvait en rien regretter ce qu'elle avait fait. Elle avait sauvé l'homme qu'elle respectait le plus au monde, celui qu'elle estimait qu'il méritait plus que n'importe qui d'avoir la vie qu'il aurait dû avoir. Alors comment aurait-elle pu le laisser mourir ? Comment aurait-elle pu vivre en sachant qu'elle ne lui était pas venue en aide ? Et aurait-elle pu se regarder dans un miroir ?

Et tandis qu'elle songeait à tout cela, alors que ses yeux balayaient la pièce de long en large, alors qu'elle pensait être seule, elle sentit un regard lourd et gênant posé sur elle. Lentement, elle se leva, les mains tremblantes, et se tourna vers l'encadrement de la porte sur lequel Severus Rogue était appuyé, le regard plus noir que jamais. Son visage était pâle, il avait l'échine courbée et sa mine transpirait l'épuisement. La plaie de son cou, qui commençait à cicatriser, était cachée par les couches de vêtements qu'il avait revêtit. Son regard était effrayant. Ses yeux n'étaient plus seulement noir, ils étaient d'une profondeur abyssale, vide et à la fois terriblement expressifs. Il considérait Hermione avec le plus grand mépris dont il était capable, avec une haine innommable et l'évidente envie de lui sauter dessus pour la faire souffrir autant qu'il souffrait de se tenir là, debout, vivant.

Hermione n'osait plus bouger. Ce regard la figeait, la tétanisait sur place, comme si ses jambes ne pouvaient plus répondre à la volonté de son cerveau de fuir à toute vitesse. Pourtant, elle voulait partir, fuir. Elle était chez elle, mais Rogue, en cet instant, la terrifiait tellement, qu'elle aurait pu lui laisser la maison si ça signifiait ne jamais plus le voir. Pourtant, elle restait là, paralysée, soutenant le regard immuable de Severus Rogue. Il n'y avait pas un seul bruit que celui de la respiration sifflante du Maîtres des Potions. Mais quand Hermione décida que s'en était trop, quand elle soupira et tenta de dire quelque chose, la voix rauque et profonde de Severus retentit dans la pièce, résonnant comme un cri sourd aux oreilles d'Hermione.

« J'aurais dû me douter que c'était vous, Miss-Je-Sais-Tout ».

Et voilà pour ce premier chapitre. Il est un peu court, mais j'espère qu'il vous a quand même plu. N'hésitez pas à laisser des review, ça fait toujours plaisir.

À la semaine prochaine,

Eternely Snape.