Résumé: Stiles Bennet a deux sœurs et une mère qui ne songe qu'à les marier. Quand deux jeunes et riches loups-garous emménagent à Beaconshire, la vie des Bennet est chamboulée. Enfin... surtout celle de Stiles.

Disclaimer: Les personnages ainsi que l'univers utilisés ne m'appartiennent pas.

Cette histoire est inspirée du roman Orgueil et préjugés de Jane Austen ainsi que de ses multiples adaptations.


Chapitre 1

« John ! T'as entendu la nouvelle ? »

Mr Bennet se trouvait dans son bureau quand sa femme arriva en courant lui apporter les derniers commérages du comté. John était assis dans un vieux fauteuil en cuir brun, à côté de l'unique fenêtre de la pièce, et avait les yeux rivés dans un roman. Il finit la page qu'il était en train de lire puis la tourna, avant de secouer légèrement la tête pour répondre à sa femme.

« Le manoir Halebourne de la réserve a enfin été loué ! » s'exalta Mrs Bennet, le sourire aux lèvres.

John ne répondit pas.

« C'est un certain Mr Bingley, continua Mrs Bennet dont la réaction de son mari ne l'affectât pas. J'ai entendu dire qu'il était riche, célibataire et loup-garou ! »

Mr Bennet roula des yeux face à tant d'enthousiasme et se résolut finalement à parler.

« Ma chère Melissa, en quoi ça pourrait m'intéresser ?

-Pense à nos enfants ! Nos deux filles et notre fils ont désormais l'âge de se marier, si un homme riche arrivait dans la famille, adieu les problèmes d'argent. Et si en plus c'est un loup-garou, on rendrait jaloux tout le comté !»

Stiles Elizabeth Bennet décolla son oreille de la porte et s'en alla vers le salon d'un pas pressé. Il venait tout juste d'avoir vingt ans, mais ses réflexes d'enfants -c'est-à-dire espionner ses parents- ne l'avaient pas quitté pour autant. Son physique, au contraire, avait bien changé depuis son enfance. Il était maintenant grand, fin et avait les cheveux bruns coupés en brosse. Ses yeux noisette pétillaient constamment de malice et de curiosité. Ses parents, ses deux sœurs -Allison et Lydia- et lui avaient toujours vécu à Beaconshire, petite ville paisible composée de personnes ayant suffisamment de rente par an pour ne pas avoir à travailler. Le temps libre des habitants se comblait donc avec la recherche d'un mari ou d'une femme qui puisse répondre à leurs critères, c'est-à-dire principalement celui d'être riche ou d'être un loup-garou. De nos jours, tout le monde rêvait de rencontrer -et plus si affinités- un loup-garou, qui représentait tout ce qu'un simple humain pouvait espérer. Ils avaient la réputation d'être fortunés, aimables, forts et cultivés. Ils avaient surtout ce statut de créature surnaturelle qui séduisait automatiquement les humains. Pourtant il n'était pas facile de trouver ces créatures à Beaconshire car, en dehors de la splendide forêt où l'on pouvait se balader, il n'y avait rien à faire et donc rien qui puisse les attirer dans les environs.

Stiles fronça les sourcils en repensant à ce qu'il venait de découvrir. D'après sa mère, le nouveau locataire du manoir Halebourne était un loup-garou. Qu'était-il venu faire là ? Etait-il seul ou avait-il emmené de la famille ou des amis avec lui ? Quel âge avait-il ? Combien de temps comptait-il rester à Beaconshire ? Le jeune homme n'eut pas le temps de chercher des réponses à ses questions car il était déjà arrivé dans le salon, où ses deux sœurs regardaient tranquillement la télévision. Il allait leur annoncer ce qu'il venait d'apprendre quand la voix de sa mère se fit entendre dans le couloir.

« Les enfants où êtes-vous ? s'écria-t-elle.

-Dans le salon, maman ! répondit Lydia. »

Melissa Bennet entra dans la pièce, les joues rouges et le sourire jusqu'aux oreilles.

« Avez-vous entendu la nouvelle ? » s'exalta-t-elle.

Stiles rit doucement dans son coin. Depuis son enfance, il aurait pu apprendre la leçon : écouter aux portes ne servait à rien quand on avait une mère comme la sienne.


« Mon maquillage a coulé ? Comment vous me trouvez ? Ma robe n'est pas trop courte ? »

Lydia assaillait de questions son frère et sa sœur depuis une vingtaine de minutes, déjà.

La jeune fille n'avait que dix-huit ans et passait déjà son temps à séduire et faire la fête. Elle voulait toujours paraître la plus jolie et attirer tous les regards. Elle tentait constamment d'élargir son cercle de connaissances et ce soir-là, son envie de faire de nouvelles rencontres allait être plus que largement comblée.

Une semaine plus tôt, le nouveau locataire du Halebourne s'était rendu chez les Bennet et s'était entretenu avec John. Ils avaient échangé quelques minutes des banalités et, avant de se quitter, Mr Bingley avait invité tous les Bennet à sa pendaison de crémaillère suivit d'un bal chez lui, le week-end suivant.

John, Melissa, Allison, Stiles et Lydia se retrouvaient donc en ce moment devant le manoir Halebourne. De l'extérieur, le bâtiment était très imposant avec ses trois étages et sa bâtisse en bois sombre. La forêt de Beaconshire l'entourait de toutes parts et lui donnait un aspect chaleureux elle semblait encercler le manoir comme une mère borde son enfant. Des lanternes posées à même le sol indiquaient aux invités le chemin à suivre pour entrer dans le bâtiment. La famille Bennet se laissa donc guider par la lumière et pénétra dans le manoir. Ils arrivèrent dans la salle principale, qui devait être un salon en temps normal mais qui s'était transformé en grande salle de bal pour l'occasion. Beaucoup d'invités étaient déjà arrivés et dansaient par couple sur une musique entêtante. Lydia ne perdit pas un instant et se dirigea tout de suite vers la piste de danse, mais elle resta tout de même à l'écart et attendit qu'un jeune homme l'invite à danser. Allison et Stiles, quant à eux, se dirigèrent vers le fond de la salle là où une majorité des invités étaient assis et discutaient. Le jeune homme observa autour de lui et en put s'empêcher de se moquer. Tous les danseurs sur la piste n'étaient là que pour une chose : se trouver un futur conjoint. Il trouvait tous ces gens tellement ridicules qu'il dut se mordre la langue pour ne pas éclater de rire.

Stiles n'était pas vraiment comme eux. Pour lui, l'amour arrivait comme ça, sans prévenir et surtout sans le vouloir à l'avance. De toute façon, même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu le trouver aussi facilement car les garçons aimant les garçons (et quelques fois les filles) à Beaconshire, ça ne se trouvait pas à tous les coins de rues. Il était même le seul, à vrai dire. Toute la ville était pourtant au courant de son orientation sexuelle, et de nos jours cela ne dérangeait plus personne, mais il y avait tout de même des moments où il se sentait bien seul.

« Stiles ! »

Celui-ci se retourna et aperçut Isaac Lucas arriver vers lui. C'était un jeune homme avec des boucles dorées, toujours vêtu d'une écharpe. Il était mignon, toujours souriant et avait beaucoup de succès auprès des femmes, même s'il le niait constamment.

La famille Lucas était la voisine des Bennet depuis leur arrivée en ville il y a une dizaine d'années. Isaac et Stiles se sont donc connus enfants et sont aujourd'hui encore de très bons amis.

« Isaac ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda le jeune homme d'une voix assez forte pour que, par-dessus la musique, il puisse l'entendre.

-Mr Bingley a invité tout Beaconshire pour connaître un maximum d'habitants. Il espère sûrement trouver sa future femme ce soir ! Tout le monde dit qu'il est célibataire, il tombera peut-être sous le charme d'Allison !

-Qui sait, répondit Stiles en riant. Espérons seulement qu'il sera plus intelligent que tous ces idiots qui se dandinent devant nous !

-Stiles, comment tu peux dire ça ?! s'indigna Allison qui venait d'entendre la conversation. Je suis sûre qu'ils ont tous quelque chose de particulier qui les rend très attachants.

-Oui attachants, collants, visqueux, dégoûtants, peu importe ! Tu mérites un homme aussi beau que toi, avoua-t-il à sa sœur en passant un bras par-dessus son épaule.

-Tu dénigres les hommes à ce point, Stiles, mais un jour l'un d'entre eux accrochera ton regard et tous tes préjugés disparaîtront comme par magie, lui sourit-elle.

-Dans ce cas il faudrait qu'il soit… »

Stiles s'arrêta en plein milieu de sa phrase car trois personnes descendaient les escaliers d'un pas lent, ce qui attira l'attention de tous les invités. La musique s'arrêta comme s'il fallait rendre la scène encore plus théâtrale qu'elle ne l'était déjà, et des murmures commencèrent dans la salle.

« Isaac, lequel de ces loups-garous hautains est notre Mr Bingley ? chuchota Stiles.

-C'est celui à droite, au sourire éclatant. La jeune femme blonde qui l'accompagne est un membre de son ancienne meute, Erica Reyes il me semble.

-Et celui qui ne regarde personne et qui a les sourcils tellement froncés que s'il continue ils pourraient bien tomber ?

-C'est Mr Dracy, un très bon ami à Bingley, répondit Isaac en pouffant. Je crois qu'il vit plus ou moins avec eux. C'est un des loups-garous les plus riches du pays, mais en dehors de ça, il n'a pas beaucoup de qualité. Il ne parle quasiment jamais et n'apprécie pas les humains, d'après ce qu'on m'a dit. »

Les trois loups-garous traversèrent à ce moment-là la salle et passèrent devant eux. Mr Darcy regarda Stiles et, quand leurs regards se croisèrent, le loup-garou détourna instantanément les yeux. Stiles haussa les sourcils, étonné, mais n'eut pas le temps de se poser la moindre question car Allison l'amena sur la piste de danse. Ils dansèrent tous les deux pendant une dizaine de minutes quand Mr Bingley arriva vers eux, un sourire chaleureux aux lèvres. Allison le salua en soulevant légèrement le bas de sa robe et Stiles inclina sa tête.

« Je m'appelle Scott Bingley, je suis ravi que vous soyez venus. Je suis désolé de vous déranger, mais j'essaie de faire connaissance avec tous mes invités ce soir.

-Stiles Bennet, enchanté. Voici ma sœur, Allison. Merci de nous avoir invités, ta maison est superbe !

-Oh vous êtes… frères et sœurs, au temps pour moi ! rit-il d'une manière gênée.

-Oui ça ne se voit peut-être pas beaucoup, mis à part notre beauté incomparable, blagua Stiles. »

Scott éclata de rire avant de se reprendre finalement :

« Ai-je donc le droit de danser avec la beauté la plus incomparable de la soirée ?

-Désolé je suis déjà pris, mais je suis sûr qu'Allison se fera une joie de danser avec toi, répondit Stiles en leur faisant un clin d'œil. »

Scott éclata à nouveau de rire puis tendit sa main vers Allison, qu'elle n'hésita pas à saisir.

Stiles les laissèrent tous les deux et quitta la piste de danse, partant à la recherche de la cuisine où se trouvaient les boissons et la nourriture. Il ne savait cependant pas où elle était et se retrouva dans un petit salon éclairé uniquement par le feu d'une cheminée.

« Mais c'est pas vrai, elle est où leur foutue cuisine ?! » dit-il à voix haute.

« Traverse la grande salle, longe le couloir de gauche et c'est la première porte à droite. »

Stiles sursauta et faillit tomber par terre. Que voulez-vous, la théâtralisation a toujours fait partie de sa personnalité. Transmis génétiquement par son père, il paraît.

« J'ai failli faire une crise cardiaque ! Je ne vous avais pas vu Mr euh… »

Une silhouette se releva d'un canapé qu'il n'avait pas remarqué et se retourna vers Stiles.

« Mr Darcy », répondit-il.

Stiles rougit quasiment instantanément et le salua de la tête aussitôt. Il avait devant lui une des personnes les plus riches du pays et il s'était comporté comme un idiot, pour changer. Le loup-garou ne se donna pas la peine de le saluer et sembla attendre que l'humain s'en aille.

« Pourquoi n'êtes-vous pas dans la salle avec les autres ? Si vous n'avez personne avec qui danser, je peux vous accompagner si vous voulez. Bon c'est vrai, je ne suis pas un très bon danseur, d'après Lydia c'est pas très beau à voir mais d'après Allison ça a un certain charme. Mais de toute façon il vaut mieux danser avec moi que rester seul dans son coin comme vous le faites maintenant non ? Qu'est-ce que vous en dites ? demanda Stiles en faisant ce qu'il savait le mieux faire quand il était embarrassé : raconter n'importe quoi.

-Pas si je peux y échapper, répondit Mr Darcy froidement. »

Il y eut un instant de silence où Stiles ouvrit puis ferma la bouche plusieurs fois, avant de finalement lui reposer une nouvelle question.

« Vous vous échappez souvent comme ça ? Parce que ça fait un peu loup solitaire, et je ne pensais plus que ça existait les gens comme ça. On m'a souvent dit que les loups-garous d'aujourd'hui n'avaient plus grand-chose en commun avec les loups originaux enfin je veux dire les vrais loups, pas les semi-humains comme vous. »

Darcy ne répondit pas.

L'humain soupira, désabusé face au comportement si peu aimable de son interlocuteur.

« Vous réagissez peut-être de cette façon parce que je ne me suis pas présenté. Désolé, j'ai tendance à oublier les bonnes manières et les coutumes que nous sommes obligés d'appliquer en haute société. Je m'appelle Stiles Bennet, enchanté, dit-il en s'avançant et en tendant sa main.

-Derek Darcy, répondit-il en ne jetant pas un regard à la main du jeune homme. »

Stiles retira sa main et soupira. Il inclina à nouveau sa tête et s'en alla sans un mot. Il ne voyait pas pourquoi il perdrait son temps avec un homme aussi peu loquace et qui semblait le prendre de haut de cette façon.


Stiles retourna dans la salle de bal, lassé de chercher de quoi se désaltérer. Sa rencontre avec Mr Darcy lui avait donné un coup au moral et confirmait bien les rumeurs qui couraient au sujet du loup-garou. Il n'avait eu aucune raison de lui répondre si méchamment ou du moins en montrant à ce point qu'il n'avait pas envie de discuter. Les gens de la haute société sont censés au moins feindre leurs émotions pour les rendre agréables aux autres, non… ? Stiles savait qu'il n'était qu'un simple humain, mais il restait tout de même une personne dotée d'une sensibilité. Et Derek venait de le piétiner, avec toute sa supériorité.

Isaac interpella le jeune homme, le ramenant brusquement à la réalité.

« Stiles, tu as vu ta sœur ? Elle danse depuis le début de la soirée avec Mr Bingley, ils sont si mignons, tu devrais les voir ! Allison rend jalouse toutes les filles de la soirée, s'enthousiasma-t-il.

-C'est vrai ? Scott m'a semblé quelqu'un de très gentil, comme elle, sourit-il. »

Stiles ne s'en rendit même pas compte, mais Isaac venait de l'emmener à la cuisine, là où le buffet se trouvait. Une multitude d'amuse-gueules étaient posés sur la grande table en bois qui trônait au centre de la pièce. Les boissons, quant à elles, étaient posées sur le bar, en face des appareils électroménagers. Le jeune homme ne se fit pas prier et se jeta sur le punch. Il but un verre d'une traite et le remplit une nouvelle fois quand des voix s'élevèrent dans le couloir.

« Je n'ai jamais vu d'aussi jolies jeunes filles ! s'exalta Scott Bingley.

-Tu danses avec la plus jolie de la soirée, répondit Derek Darcy d'une voix monotone.

-Je suis d'accord. Son frère est très sympa, tu sais ? Il est tellement drôle !

-Son frère n'est que passable, il parle beaucoup trop. »

A ces mots, Stiles faillit s'étouffer avec sa boisson. Il ne savait pas s'il devait se sentir plus en colère que blessé. En tout cas ce qui était sûr, c'est qu'il était les deux à la fois. Isaac lui posa une main sur l'épaule, comme s'il avait compris ce qu'il ressentait.

« Ne te fais pas de bile pour ça, Stiles. Si tu lui avais plu, tu aurais été obligé de lui parler. Quelle horrible torture ce serait, n'est-ce pas ? tenta-t-il en souriant.

Le jeune homme se contenta d'acquiescer et afficha un léger sourire. Les deux amis sortirent de la cuisine quelques instants après et retournèrent à la salle de bal. Ils y retrouvèrent Allison qui était en compagnie de Scott et de Mr Darcy. Ils parlaient de la soirée quand Isaac et Stiles arrivèrent.

« Je passe une super soirée, il faut dire, je suis en très bonne compagnie ! avoua Scott en ne quittant pas Allison des yeux.

-Eh ben, vous vous entendez drôlement bien tous les deux ! sourit Stiles en tapant Scott dans le dos.

-Voilà au moins deux personnes qui se sont trouvées et qui passent une bonne soirée, dit Derek de but en blanc.

-Vous ne passez pas une bonne soirée ? C'est vrai que rencontrer des personnes passables et qui parlent trop, ça gâche vite une fête. »

Stiles fixa Derek quelques instants, plein d'amertume, pour vérifier s'il avait bien compris la référence. Le loup-garou baissa les yeux et avala sa salive, soudain mal à l'aise. Sa réaction satisfit l'humain, qui salua rapidement les personnes autour de lui et s'en alla, fier de lui. Il venait de piétiner Derek et toute sa supériorité. Chacun son tour.