Salut à tous, je reviens avec une nouvelle histoire qui a finalement pris forme. Beaucoup de chapitres, beaucoup de temps, une intrigue plutôt complexe, je vous laisse découvrir cela au fur et à mesure. Thème plus sombre que mes précédentes fictions, j'espère que cela va vous plaire. Ce premier chapitre est assez court mais ça changera au fur et à mesure.
« Maman ! »
Une fillette blonde courut dans les bras de son homologue adulte, qui n'attendit pas une seconde pour lui embrasser ses cheveux courts.
« Hey, mon chaton ! Ça s'est bien passé l'école ?
— Oh, oui ! On a fait de la peinture, regarde ! »
Elle tendit ses doigts verts et bleus devant les yeux de sa mère, qui rétorqua d'un air suspicieux :
« Tu ne t'es même pas lavé les mains ?
— Non, je voulais te peindre mais c'est tout sec maintenant » bougonna-t-elle.
Quinn rit doucement avant de la prendre par la main.
« Un jour on fera de la peinture à la maison, et tu me peindras comme tu voudras ! »
L'enfant retrouva immédiatement le sourire et sautilla gaiement tout au long du trajet. Marchant aux côtés de sa mère, elle lui raconta sa journée dans les moindres détails, qui l'écoutait attentivement et riait aux remarques boudeuses de sa fille. Jamais elle n'arborait de sourire plus sincère que dans ces moments-là.
« Putain, pas un seul programme potable en semaine, c'est quoi ce bordel ? » ragea la jeune femme.
Elle envoya la télécommande à l'autre bout de la pièce, qui se cogna violemment contre une orchidée qui n'avait rien demandé. Elle soupira d'exaspération et se dirigea vers la cuisine, bien décidée à ne pas se laisser pourrir sa journée par les — mauvaises — nouvelles, sitcoms à deux francs, clips de filles dénudés et autres idioties qui daignaient passer à la télé. Fallait qu'elle se détende. Après tout, elle aurait pu être dans une situation bien pire, comme avoir perdu son boulot. Bon Dieu, non, heureusement, elle n'en était pas là ! Riant jaune, elle ouvrit le frigo et les placards, résolue à cuisiner pour celle qui l'hébergeait depuis maintenant quatre mois. C'était la moindre des choses.
La porte claqua violemment, faisant sursauter la seule occupante de l'appartement. Des voix familières, puis une furie blonde se rua sur elle et la serra de tout son petit corps.
« Tatie San, tu m'as manquééééé ! »
Santana n'eut pas le temps de dire un mot qu'elle se retrouva avec une deuxième blonde collée à elle, l'encerclant de ses bras fins, ne lui laissant que peu de place pour respirer. On dirait des mouches attirées par le miel, pensa-t-elle. Elle tenta vainement de se dégager de la poigne de fer des Fabray — pas de doute, elles faisaient bien partie de la même famille, ces deux-là ! — avant que son esprit ne trouve rapidement une solution et que ses yeux ne se mettent à briller de malice.
« Tatie, qu'est— ahhhh ! »
Sans aucun ménagement, la jeune hispanique souleva Beth et Quinn à la force de ses bras, remerciant mentalement les trois années de souffrance qu'elle avait subies par Sue Sylvester. Bras incroyablement fins qu'on ne pouvaient soupçonner si puissants au vu d'une fille de sa carrure. Elle les traîna dans sa chambre, les lâchant sur le lit uniquement pour se mettre à les chatouiller sans relâche. Le temps qu'elle comprenne le but de Santana, Quinn se tordait de rire sous les mains et les ongles de la brune, la suppliant d'arrêter, les larmes aux yeux. Cette dernière ne le voyait pas de cet œil là, et continuait de torturer les deux blondes, surtout Quinn. Elle avait légèrement pitié de Beth, en revanche, pour l'autre, c'était une toute autre affaire... Aucune pitié ne pouvait l'atteindre lorsqu'il s'agissait de Quinn Fabray.
Après une bonne dizaine de minutes de rires et tout autant à reprendre leur souffle, d'un commun accord, les trois filles eurent vite fait de se rassasier dans la cuisine. Beth courut se mettre devant les dessins animés aussitôt son goûter avalé.
« Elle te ressemble de plus en plus, fit Santana.
— Dans le bon ou dans le mauvais sens ?
— Rien en toi n'est bon, Fabray ! »
Un "Eh !" de protestation se fit entendre, et Quinn asséna une tape sur le bras de sa colocataire.
« Oh, ça va, je déconne ! Elle est adorable, reprit-elle en regardant la touffe blonde s'agiter au rythme des rires secouant son petit corps.
— Ouais. Je suis heureuse de l'avoir eue. »
La latina acquiesça. Elle se mit à observer son amie attentivement, son expression de béatitude heureuse quand elle voyait sa fille, le sourire qui étirait ses lèvres en un mince sourire. Depuis quatre ans. Santana se demanda si elle était vraie, à cet instant, ou si elle jouait parfaitement bien la comédie, feignant le bonheur. La question lui revint plusieurs fois cette nuit sans qu'elle puisse y répondre.
Non, elle ne put définitivement pas répondre à cette question, et elle n'était pas sûre de pouvoir y apporter une réponse un jour. Saloperie d'actrice née. Impossible de dire à quoi elle pensait quand elle arborait son mince sourire, les yeux perdus dans le vide, ou lorsqu'elle les plissait en se frottant distraitement le menton quand elle réfléchissait. Ses yeux étaient vides. Pétillaient parfois, s'illuminaient en présence de Beth, s'assombrissaient quand elle se donnait un air menaçant, mais rien n'y faisait. Ils restaient uniformément et constamment vides. Vides de quoi, ça, elle n'en savait rien. Elle ne savait même pas si Quinn en avait conscience. Bien sûr, elle n'a pas toujours été comme ça, au contraire. Mais quant à savoir quand est-ce que son regard souriant changea en un regard vitreux, perdu dans le vague, Santana ne s'en souvenait plus. Un an, trois ans, deux mois, hier ? Cela faisait au moins deux mois. Au moins un an. Plus d'un an ? Rien n'était moins sûr.
Pourquoi ? Qu'est-ce qui avait changé dans son comportement, ses habitudes, son sourire ? Se retournant dans son lit, elle se promit d'y réfléchir à tête reposée le lendemain. La nuit porte conseil, se dit-elle ironiquement.
« Tu ne peux pas me faire ça, Finn ! Pas maintenant !
— Je suis désolé, mais je n'en peux plus de cette vie !
— Attends ! On va trouver une solution. Dis-moi qu'on peut trouver une solution !
— Il n'y a rien à faire, soupira le grand garçon. On ne peut plus rien y faire, c'est comme ça et pas autrement.
— Finn, tu— ne me laisse pas, sanglota la jeune femme. J'y arriverai pas si je suis seule. Je regrette ce que je t'ai dit, je suis tellement désolée. Tu peux— tu dois rester avec moi. C'est ce qu'on avait prévu depuis le début, hein ?
— Non, c'est ce que tu avais prévu. Pas moi. Pardon Rachel, mais là, c'en est trop. »
Cinq minutes plus tard, la porte de l'appartement claqua sans bruit. Les pleurs de Rachel avaient redoublé d'intensité et résonnaient dans l'espace vidé des effets personnels de son fiancé. Ex fiancé. Elle n'arrivait pas à s'y faire. Elle aurait dû s'y attendre, pourtant, tout prouvait que leur histoire ne pourrait pas durer. Elle le savait. Mais elle pensait qu'elle tiendrait encore un peu, juste un peu, que Finn serait là au moment où elle en avait le plus besoin — maintenant. Et, d'un coup, Rachel prit conscience du déroulement de ces vingt dernières minutes dans le salon de son appartement. Son mari venait de la quitter. Finn l'avait quittée. Finn l'a quittée. Mon Dieu, ça n'était pas possible. Ça ne devait pas se passer comme ça ! Non, non ! Il ne peut pas me faire ça ! Il ne peut pas...
Les sanglots avaient depuis longtemps été rejoints par de chaudes larmes roulant sans répit sur ses joues, tout comme elle s'était laissé glisser contre le mur le plus proche, ses jambes ne pouvant plus la soutenir. Les genoux ramenés entre ses bras, la tête baissée vers la poitrine, Rachel pleura silencieusement pendant plus d'une heure, sourde à tout ce qui l'entourait si ce n'est la douleur transperçant son cœur de part en part. Ses prières ne firent rien pour calmer ses soubresauts, et elle finit par s'endormir de fatigue et de dessèchement dans une position fœtale, se protégeant du mieux qu'elle le pouvait du vide envahissant l'appartement.
