Bonjour, bonsoir à vous.
Alors, voici une fic qui trotte dans ma tête depuis la diffusion de "I am no Angel", l'épisode 3 de la saison 9 de Supernatural. C'est la première fic Destiel que je posterais, sûrement pas la dernière en revanche :-)
Elle sera en 2-3 chapitre je pense, pas plus.
Warning : Ceci est une fic contenant du slash (relation entre hommes). Il y a aussi de gros SPOIL sur tout le début de la saison 9.
Résumé : Dean s'en veut d'avoir mit Castiel à la porte du Bunker. Il ne supporte plus son absence, son silence, et décide finalement de l'appeler. Il va tomber sur un Cas' au bord de la rupture, et bien évidemment, il ira le retrouver.
Alors, pour ceux qui n'ont pas vu le début de la saison 9, mais qui veulent tout de même lire cette fiction, je fais un petit résumé de la situation : Les anges sont tombés, et la plupart d'entre eux ne rêvent que de mettre la main sur Cas' pour lui faire payer leur chute. Sam est dans un sale état après avoir traversé " les épreuves ", et un ange du nom d'Ezekiel (Zeke) leur vient en aide, proposant à Dean de soigner son frère en le possédant. Le petit Sam se retrouve donc avec un ange en dormance dans le corps, sans en avoir conscience. Ezekiel apparait à plusieurs reprises pour sauver les fesses des Winchester. De son coté, Cas' à expérimenté la vie humaine (pas que des bonnes expériences) Et Dean, avec l'aide de Zeke, finit par retrouver l'ange déchu, qui est en prise avec une ange en rogne. Il rentre tous les trois au Bunker, et c'est là que notre très cher nouvel "ange gardien" revient en force, posant un ultimatum à Dean. Soit Cas' s'en va du Bunker, soit c'est lui. Et si Zeke part, Sam meurt. Alors le choix est vite fait pour l'aîné des Winchester, il demande à Cas' de partir.
Voila où nous en sommes à la fin de cet épisode 3 (je ne prend pas en compte le 4 et le 5 qui ont étés diffusé depuis)
Donc, je vous laisse lire ce premier chapitre, en espérant que ça vous plaise.
Chapitre 1 :
Dean était sur son lit, triturant son téléphone entre ses mains tremblantes. Il s'était enfermé dans sa chambre une heure plus tôt. Sa chambre... C'était encore étrange comme pensée, avoir une chambre, un chez soi. C'était pourtant le cas, le Bunker était devenu leur maison, à lui et Sam, et pourtant... Pourtant il manquait une chose essentielle pour qu'il se sente réellement chez lui. Une chose qu'il pouvait avoir, du bout des doigts, si seulement il en avait le courage. Soupirant pour ce qui lui semblait la millième fois en une heure, il se redressa, s'adossant plus confortablement contre la tête de lit. Il avait fait le bon choix... N'est-ce pas ? Oui, oui, ça avait été le meilleur choix. Ezekiel avait eu raison, Cas' était en danger s'il restait ici, ils étaient tous en danger avec l'ange déchu au Bunker...
Mais qui pensait-il tromper franchement ?! Il se mentait à lui même, il ne croyait pas un mot de ses propres pensées. La vérité était qu'Ezekiel lui avait demandé de choisir entre son frère et son ami. Et de Sam et Cas', il avait choisi Sam. Il avait demandé à Castiel de partir, sans aucune explication. Il avait laissé le nouvel humain seul, livré à lui même. Il l'avait abandonné, encore...
Bon sang, il n'avait même pas pris la peine de lui exposer ses raisons, de lui parler de l'état de santé de Sam, ou de Zeke. Tout ce qu'il avait fait c'était le mettre dehors, lui glissant un téléphone portable dans la main en murmurant pitoyablement qu'il serait toujours là pour lui. C'était sans doute la pire chose à dire à quelqu'un qu'on abandonne littéralement. Ça faisait plus de deux mois maintenant, et Dean n'avait aucune nouvelle de Cas'. Il avait espéré chaque jour entendre son téléphone sonner, et voir s'afficher le surnom de son ami sur l'écran, mais rien.
L'aîné des Winchester se posait de plus en plus de questions, chaque jour passant serrant un peu plus son cœur de peur. Cas' allait-il bien ? Avait-il trouvé un abri ? De la nourriture ? Était-il seulement vivant ? Ça le bouffait, au point qu'il en ait parfois du mal à respirer, ses yeux le brûlant. Et il ne pouvait en parler à personne. Sam croyait dur comme fer à son mensonge, il était persuadé que Cas' était partit de son plein gré, ne voulant pas les mettre en danger. Son cadet avait bien posé quelques questions, les mêmes qui le hantait en somme. Mais Dean avait trouvé la parade, répondant à chaque fois que le nom de Castiel apparaissait dans la conversation, quelque chose qui s'apparentait à ça : « Cas' est un grand garçon Sam, il se débrouillera très bien. » Jamais il n'avait dit pire connerie. Cas' n'était pas un grand garçon, il n'était même pas un garçon. C'était un ange, un ange forcé de vivre en homme. On lui avait coupé les ailes, et balancé sans ménagement dans un monde inconnu, où ses frères le chasserait jusqu'à sa mort. Le livrer aux chiens de l'enfer n'aurait pas été pire. Et Dean, lui, avait souri avec sarcasme, avant de lui fermer sa porte au nez. Bordel, on ne faisait pas d'ami plus loyal, vraiment !
Le blond repensa à ce que lui avait dit Cas' juste avant qu'il ne le jette dehors. Il leur avait dit avoir compris ce que la vie pouvait apporter, et avait souri, disant sur un ton joyeux que Sam et lui feraient d'excellents professeurs pour pour son apprentissage de la vie humaine. Oh oui, la première leçon du professeur Dean Winchester : Comment essuyer un rejet, avait été pour le moins démonstrative. Alors c'était tout ce qu'il était capable d'apprendre à son ami, l'abandon, la solitude... Il se détestait, il se haïssait vraiment à cet instant.
Voulant sortir de ce cercle vicieux d'auto-flagellation qui n'apportait rien, ni à lui, ni à Cas', il se redressa, arrêtant enfin de faire tourner son portable entre ses doigts. Il soupira un grand coup. Spéculer sur l'état de son ami ne menait à rien, si ce n'est à resserrer un peu plus le pincement qui torturait son cœur. Il fallait qu'il ait des réponses, et, même s'il ne l'admettrait jamais, il voulait entendre la voix de Cas', simplement pour s'assurer qu'il allait bien se disait-il. Les mains légèrement tremblantes, il chercha le nom de Cas', qu'il avait entré dans son répertoire deux mois plus tôt, avant de donner le téléphone au brun. Le pincement de son cœur se fit plus présent encore lorsqu'il appuya sur le petit bouton vert. Les sonneries s'enchaînèrent, criardes, douloureuses. Deux, Trois, Quatre, Cinq... et puis plus rien. Dean allait raccrocher, pensant être tombé sur le répondeur, quand il entendit une respiration tremblante. Il attendit, le cœur battant, mais rien ne vint. Pas une parole, pas un bip annonçant la fin de la communication, juste cette respiration irrégulière.
« Cas' ? » Finit-il par murmurer, incertain.
Peut-être son ami avait-il jeté le téléphone, faisant le bonheur d'un sans abri. Ou peut-être était-ce son répondeur, la dernière fois où Cas' avait eu à enregistrer son annonce répondeur s'étant soldé par un : « Je ne comprend pas, pourquoi devrais-je donner mon nom ? » prononcé avec agacement. Dean entendit un nouveau souffle, un soupire cette fois. Puis cette voix, si profonde et bien plus rauque qu'avant finit par résonner à ses oreilles, comme la plus belle des mélodies.
« Pourquoi m'appelles-tu, Dean ? »
Le blond soupira, un immense soulagement s'emparant de lui. Il ne put retenir un léger sourire, malgré la voix clairement froide et distante de Cas'. Son ami était en vie, et c'était de loin la meilleure pensée qu'il ait eu depuis bien longtemps.
« Je... je voulais savoir comment tu allais. » Dit-il avec hésitation.
« Bien. » Répondit Cas' rapidement, sa voix froide et tranchante.
Dean n'en crut pas un mot (enfin, il ne crut pas ce seul mot), d'autant plus qu'une sirène de police se fit entendre au loin à travers l'appareil, et la seconde d'après, la respiration de Cas' s'était accélérée. Il courrait. Fuyait-il la police ? Dean se passa une main dans les cheveux, baissant le regard sur ses jambes repliées sur son torse, le téléphone fermement maintenu contre son oreille. Fut un temps où son ami était une entité vieille de plusieurs millénaires, craint par les démons, plus fort que bien d'entre eux. Et le voilà aujourd'hui, Dean ne savait où, à fuir quelques pauvres humains qui pensaient détenir la loi et l'ordre. Il entendit un crissement de gravier, des pas résonnants, et puis plus rien, Cas' s'était arrêté. Seule sa respiration, encore plus désordonnée, résonnait encore à l'oreille de Dean.
« Cas' ? Castiel ! »
Il attendit quelques secondes, mais l'ange ne répondait pas. Pourtant son souffle cognait contre le micro du téléphone, prouvant à Dean qu'il l'entendait belle et bien.
« Cas' écoute, je suis désolé. J'aimerai pouvoir t'expliquer tout ça, mais je ne peux pas. Cas' ? Cas', répond moi bordel ! »
Il entendit de nouveau des pas faisant crisser du gravier, puis un bruissement étrange, comme si l'homme à l'autre bout du fil s'était laissé glissé contre un mur.
« J'ai... tellement froid, Dean... »
Dean ferma les yeux, à la fois soulagé, et horrifié. Cette voix tremblante, si fragile, si humaine... Elle aurait pu à elle seule tuer le chasseur sur place. Bon dieu, qu'avait-il fait ? Qu'avait-il fait à Cas' ? Il l'imaginait, seul, dans un coin désert, recroquevillé contre un mur sale, remplit de tags en tout genre, une odeur de mort et de pisse emplissant l'air. Il pouvait presque voir son visage, ses pommettes ressortant bien trop, une barbe sale recouvrant son menton et ses joues... Et ses yeux, ses yeux étains, même plus bleus, même plus beaux.
« Où es-tu ? »
« Dean... »
« Où es-tu Cas' ?! »
Cas' garda le silence, puis soupira longuement.
« Quelque part dans le Michigan. »
« Où exactement ?! » S'énerva Dean, à bout de nerf.
« Detroit. »
Detroit... Il faudrait plus de 15 heures de route pour y arriver. Dean se redressa, mué par la respiration difficile de Cas' et quelque chose qui ressemblait à un claquement de dents. Il se baissa pour récupérer un sac sous son lit, et commença à le remplir d'armes et de vêtements, gardant le téléphone collé à son oreille.
« Bon, écoute-moi, je vais venir te chercher, en att... »
« Non Dean, ne fais pas ça. »
« Ferme-la un peu, tu veux ? Je ne te demande pas ton avis. »
« Dean... »
« Ta gueule Cas' ! J'en ai marre de toute cette merde, de ces foutus anges et de ces putains de démons, j'en peux plus ! Je les laisserait pas briser ma famille une nouvelle fois, je les laisserait pas dicter ma vie, et me prendre encore quelqu'un. Il est hors de question que je te laisse crever, tu m'entends ?! »
« Dean... »
L'interpellé se figea. Cette fois son nom n'était pas prononcé dans l'expectative de le faire changer d'avis. Cette fois la voix de Cas' était entrecoupé par il ne savait quoi, et il y lisait la peur. Dans sa colère et sa hâte, Dean n'avait pas entendu les pas de Cas' se remettre en route, bien plus rapides. Il s'était remit à courir.
« Cas' ? Qu'est-ce qui se passe ? »
« Oh non... » Entendit-il son ami murmurer, avant qu'un boum sonore de l'oblige à reculer le téléphone de son oreille.
« Cas' ? Cas' ! »
Plus rien, la communication avait été coupée. Dean se mit à grogner, un son torturé qui remontait le long de sa gorge, menaçant. Il pris son sac et quitta la chambre sans attendre. Il trouva Sam dans la grande salle, occupé avec d'anciens ouvrages.
« Je dois te parler. »
Annonça l'aîné, posant son sac sur la grande table ovale. Sam leva le nez du manuscrit, et fronça les sourcils en apercevant le visage torturé de son frère.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Les yeux du cadet passaient du visage de Dean, au sac qu'il avait posé devant lui, sans pour autant en lâcher les lanières, une main toujours dessus. Dean se pencha au dessus de la table, regardant son frère droit dans les yeux, le regard intense.
« Je dois te parler. »
Répéta t-il, détachant chaque mot. Il n'eut à attendre qu'une seconde avant que le corps de son frère ne se redresse rapidement, ses yeux s'illuminant de bleu.
« Que veux-tu, Dean ? » Demanda gentiment la voix de son frère, plus profonde qu'à l'ordinaire.
« Zeke... » Dean soupira un peu, sur les nerfs, avant de poursuivre. « J'ai besoin que tu me conduise quelque part, tu peux faire ça ? »
L'ange le regarda à travers les yeux de son frère, semblant réfléchir une seconde.
« Je ne crois pas qu'il soit prudent de... »
« Est-ce que tu peux le faire, oui ou non ?! » S'impatienta Dean, peu enclin à recevoir le sermon de l'ange pour le moment.
« Tu vas le rejoindre, n'est-ce pas ? »
« Bon sang, pourquoi tous les anges sont aussi casse-couilles ?! Ma question est simple, as-tu la force de me transporter jusqu'à Detroit ? La raison, ça te regarde pas. »
L'ange habitant le corps de son frère sembla réfléchir à nouveau, le regard dans le vide, avant de se tourner de nouveau vers lui.
« Oui, je pense en être capable, mais je ne pense pas... »
« Écoute Zeke, je t'aime bien, et je te suis reconnaissant pour tout ce que tu fais pour moi, pour Sam. Mais honnêtement, j'en ai rien à foutre de ce que tu penses ! Tu veux rester loin de Cas pour être en sécurité, très bien, je ne te demande pas de m'accompagner, simplement de me déposer. »
« Très bien, je te conduirais à Detroit. » Conclu Ezekiel, semblant pas le moins du monde affecté par les mots du blond.
« Bien... merci. Fais revenir Sam s'il te plais, je dois lui explique la situation. »
L'ange acquiesça, et l'instant d'après, c'était les yeux de son petit frère qui étaient posés sur lui avec incompréhension.
« Je t'écoute Dean, dis moi ce qui se passe. »
Reprit Sam, inconscient du temps qui s'était écoulé depuis que Dean avait répété avoir besoin de lui parler. Dean ne savait pas comment expliquer la situation. Il avait trop de choses à cacher à son frère, et il se demanda s'il ne devait pas lui mentir également sur les raisons de son départ. Mais finalement, il se dit que mentir de lui apporterait rien, il se contenta donc de la vérité, évitant tout de même soigneusement tout ce qui avait un rapport avec Ezekiel.
« Cas' m'a appelé, il ne s'en sort pas aussi bien qu'il le pensait sans nous finalement. » Dit-il avec un sourire forcé, faisant toujours passer le départ de Cas' pour une décision de l'ange. « Je vais aller le chercher. »
« Oh, heu... ok, laisse moi le temps de préparer quelques affaires et... »
« Non, Sam. » Dean s'arrêta, ne sachant comment faire comprendre à son frère qu'il ne pouvait pas venir. « Je... j'ai besoin de faire ça tout seul, tu comprends ? »
Sam pencha légèrement la tête sur le coté, observant longuement son frère, les sourcils froncés. Il se demanda s'il n'y avait pas anguille sous roche, le comportement de son aîné était étrange ces temps-ci. Mais il finit tout de même par acquiescer.
« Oui. Oui, il s'agit de Cas' après tout » Dit-il, comme si cela justifiait tout. Comme si cela justifiait le comportement de son frère, son envie d'accomplir cette mission seul.
Et le pire dans tout ça, c'est que c'était vrai. Ça avait été comme ça depuis que Castiel était entré dans leur vie. Aussitôt que son nom était mit sur le tapi, Dean réagissait au quart de tour, plongeant la tête la première dans le danger si c'était nécessaire pour récupérer Cas'. Lorsqu'il s'agissait de l'ange, c'était comme si plus rien n'existait pour Dean, il n'y avait plus de frère, plus d'affaire familiale, il y avait juste lui et Castiel. Sam s'était souvent demandé pourquoi tout les deux partageaient ce lien si particulier, pourquoi Cas' n'avait jamais été aussi proche de lui qu'il ne l'était de Dean. Cas' avait sorti Dean de l'enfer bien sur, mais il doutait qu'il s'agisse là de la vraie raison de leur lien. Et puis Sam avait fini par arrêter de s'interroger, justifiant leur comportement en se disant simplement qu'il s'agissait de Dean et Castiel, et qu'il ne pouvait pas en être autrement. Dean aussi en avait conscience, ce qu'il avait fait pour Cas', ce qu'il était capable de faire pour lui... il ne savait pas où étaient ses limites, et ça lui faisait peur.
« Fais attention, d'accord ? »
Dean acquiesça d'un léger mouvement de la tête, puis porta son sac jusqu'à son épaule. Cependant il ne fit pas un geste pour s'en aller, attendant là sans bouger. San n'eut guère le temps de s'interroger, que Zeke refaisait surface. Il se leva, regardant Dean avec cette intensité qui faisait toujours frissonner l'aîné des Winchester.
« Il faudra que Sam se souvienne de m'avoir vu partir, tu pourrais... ? »
« Bien sur. Tu es prêt ? »
« Allons-y. » Soupira Dean, son sac fermement maintenu sur son épaule.
L'ange agrippa le bras du blond, et baissa la tête, les yeux fermé. Dean l'observait se concentrer, il avait l'air de souffrir, faisant un effort pour les transporter tout les deux, malgré sa faiblesse. Il mit plus de temps qu'il n'en fallait d'ordinaire, mais ses ailes blessées finirent tout de même par lui obéir. Le temps d'un clignement de paupière, Dean se retrouva en plein milieu d'une rue sombre et déserte. Sa tête se mit à tourner violemment l'espace d'une seconde. Le chasseur n'aimait vraiment pas ce mode de transport, mais il se rendait compte que c'était étrangement pire lorsque ce n'était pas Castiel qui le 'zappait' d'un endroit à l'autre. Ezekiel lâcha son bras, et le blond tourna le regard pour voir l'ange vaciller, les mains sur ses cuisses dans l'espoir de garder un semblant d'équilibre. Dean l'agrippa à l'épaule des ses deux mains pour l'aider à se redresser.
« Hey, ça va mec ? »
« Je vais bien. J'ai sûrement un peu surestimer l'état de mes ailes. » Murmura t-il doucement, se relevant.
« Ça va aller ? Tu vas pouvoir retourner au Bunker et gérer tout ça ? »
Zeke se contenta d'un hochement de tête, son souffle encore un peu difficile. Dean le lâcha alors, rassuré.
« Tu vas réussir à trouver Castiel dans cette grande ville ? »
« Oui, t'en fais pas pour ça. Merci Zeke... pour tout. »
L'ange acquiesça une nouvelle fois, son regard intense toujours dans celui du chasseur.
« Aide mon frère, je m'occupe du tiens. » Dit-il avant de se concentrer sur sa prochaine destination.
Il mit moins de temps à disparaître cette fois, sûrement parce qu'il n'avait plus un autre corps à transporter. Dean regarda le vide où se trouvait le corps de son petit frère un instant plus tôt, puis soupira.
« Je te fais confiance pour veiller sur mon frère Zeke, évite de me donner tort ok ? » Demanda t-il dans le vide, regardant légèrement vers le ciel, sachant bien qu'Ezekiel l'entendrait.
Puis son regard se posa sur le bas de la rue, et il soupira de nouveau, formant un nuage de buée devant lui. Seul dans cette grande ville, il ne savait par où commencer pour trouver Cas'. Resserrant son sac contre lui, il avança vers le bas de la rue pour rejoindre le boulevard. Il commencerait par les refuges de sans-abris, Cas' y était allé à plusieurs reprises dans les différentes villes qu'il avait traverser lors de sa première fuite. Peut-être trouverait-il quelconque indice là-bas, ou une personne qui saurait où son ami avait bien put aller.
Ce fut le début d'une très, très longue nuit. Dean passait de foyers pour SDF en refuge, jusqu'aux rues les plus mal famés. Le soleil commençait à éclairer le ciel sombre, il était épuisé, ses nerfs allaient lâcher, et il tournait plus ou moins en rond. Il était bien tombé sur deux-trois barbus ou vieux fous qui lui avaient dit reconnaître vaguement sa description, mais rien qui pouvait le conduire à l'ange déchu. Le seul vrai indice sur sa présence dans la ville restait la directrice d'un refuge, qui lui avait affirmé que l'homme qu'il cherchait avait passé trois jours dans son foyer, avant de disparaître, il y avait de ça deux jours. Les yeux du chasseur s'étaient agrandit de stupeur lorsque le vieille femme s'était innocemment exclamé : « Oh, vous parlez du jeune Dean ?! Un homme charmant. La vie peut être bien cruelle parfois... » Cas' avait changer de nom, ce qui rassurait Dean. Mais il avait abandonné 'Clarence' pour 'Dean' Ce qui eu pour effet de faire culpabiliser le jeune homme encore plus.
Tout ça ne le menait à rien cependant, et il se retrouvait aux premières lueurs de l'aube, à traîner sur les rives d'un vieux canal à sec depuis plusieurs années probablement. Dean ne savait plus quoi faire, il tombait de fatigue, n'avait plus aucune idée de l'endroit où chercher, et sentait des larmes traîtresses de désespoir et d'impuissance menacer de tomber pour remplir ce foutu canal. Le regard baissé, il continuait d'avancer, sachant que s'il s'arrêtait, ses jambes le lâcheraient, et ses pieds douloureux refuseraient de le porter à nouveau. Mais quelque chose le fit se figer une seconde. Il refit un pas, lentement, et puis deux. Et il se mit à courir, le regard toujours au sol, les sourcils froncés, avant de s'arrêter tout aussi brusquement. Ce son, ce crissement... Il avait entendu le même quelques heures plus tôt, lorsqu'il avait son ami au téléphone. Il leva les yeux pour regarder tout autour de lui. Il était sous un pont, à l'abri des regards et du vent, les murs étaient couvert de tags et il y avait cette odeur, une odeur de pisse et de mort. Combien y avait-il de chance pour que ce soit cette endroit ? Une sur un million ? Peut-être moins, dans une ville aussi immense. Hormis le bruit du gravier, Dean n'avait aucun indice quant à l'endroit où Cas' s'était trouvé la veille. Mais il l'avait imaginé, seul, perdu, dans un endroit comme celui-ci. Non, il l'avait imaginé exactement ici !
Comment cela pouvait être possible, le chasseur n'en savait rien, mais il n'avait aucune envie de perdre du temps à tenter de trouver une réponse. Il se mit à avancer rapidement, cherchant un indice, une trace de Cas', ou Cas' lui-même. Le pont était long, formé de plusieurs arcades, et c'est au bout de la troisième que Dean trouva enfin quelque chose. Là, à quelques pas de lui, un petit objet brillait légèrement dans l'obscurité. Il traversa les quelques pas restant à la hâte et se saisit du téléphone portable qui gisait au sol. C'était bien celui qu'il avait donné à Cas', et c'était donc bien ici qu'il se trouvait hier. Dean se mit à courir, traversant le pont de long en large, ses yeux scrutant le moindre recoin, la moindre ombre qui pourrait être son ami. Puis il se figea à nouveau, ses yeux se verrouillant sur une forme allongée au sol. Une forme humaine. Une forme d'homme. Il ferma fort les yeux, sa gorge se serrant d'un coup, et son cœur sembla s'arrêter net. Il voulait prier, pour que cet homme ne soit pas Cas', et pour que, si c'était le cas, il ne soit pas mort. Mais il n'y arrivait pas, et puis à quoi ça servirait de prier, personne ne l'entendrait, personne ne l'écouterait. Alors il s'avança, lentement, sentant bien malgré lui un liquide chaud s'échapper de son œil pour venir tracer une marque brûlante sur sa joue, et terminer sa course dans son cou. Il arriva à la hauteur de l'homme, et s'accroupit face au corps. L'homme était tourné contre le mur, et Dean avança une main tremblante pour le retourner. Les yeux de Dean se fermèrent à nouveau, une nouvelle larme venant s'écraser sur le sol. Un long souffle s'échappa de ses lèvres alors que l'homme devant lui se redressait, tentant de se fondre contre le mur, ses mains en avant dans une tentative de protection.
« Qu'est-ce que vous voulez ?! » S'exclama alors le jeune homme, d'une voix rauque qui ne cachait rien de sa peur.
Dean rouvrit ses yeux brillant de soulagement pour les poser sur le jeune sans-abri.
« Excusez-moi, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre. »
Dean se releva difficilement, la fatigue, le stresse, tout retombait sur lui d'un seul coup, le laissant chancelant. Il s'éloigna du SDF, tentant d'établir un nouveau plan d'action pour retrouver son ami. Il intercepta les grommellements du jeune homme alors qu'il allait sortir de sous le pont.
« D'abord les flics, maintenant ce taré, je vais jamais pouvoir dormir tranquille moi ! »
Dean revint rapidement vers lui, se souvenant des sirènes de police qui avaient fait réagir Cas' la veille.
« Des flics ? Les flics sont venus ici cette nuit ? »
« Ouais. Trois voitures au moins, ils cherchaient un homme. »
« Ils l'ont trouvé ? »
« Ouais, ils l'ont arrêté juste devant mes yeux. Ils se sont même pas soucié de moi, ça m'fait des vacances tiens ! »
« L'hom... l'homme qu'ils ont arrêté, il ressemblait à quoi ? »
« J'en sais rien moi, à un clochard, comme moi. Bon, vous allez me foutre la paix maintenant ?! »
« Attendez, c'est très important. Est-ce qu'ils ont dit pourquoi ils l'arrêtaient, est-ce qu'il y a quelque chose dont vous vous souvenez ? »
« J'en sais rien moi, j'étais stone . Enfin, pas autant que ce mec, parce qu'il délirait grave le type. Il s'est mit à hurler qu'il n'avait tué personne, que c'était les anges ou une connerie comme ça. »
Le cœur de Dean fit un bon. Alors c'était lui, c'était Cas' que la police avait arrêté. Bon, tout n'était pas si horrible, le chasseur avait eu peur que son ami soit tombé entre les mains d'anges en rogne. C'était certain qu'il ne serait pas au chaud dans une cellule du commissariat si c'était le cas, il serait mort. Mais si ce que le sans-abri junkie disait était vrai, alors Cas' était accusé de meurtre... Et ça, ça n'avait rien de rassurant.
« Merci. » Dit-il seulement.
Il amorça un pas pour partir avant de changer d'avis et de revenir sur ses pas. Il sortit quelques billets de sa poche et les tendit au jeune homme.
« Tiens, et paye-toi plutôt une chambre d'hôtel pour dormir dans un vrai lit et prendre une douche, plutôt qu'un fix d'héro ok ? »
« Heu... merci mec ! » Murmura t-il, les yeux pleins de reconnaissance.
Dean s'en alla cette fois pour de bon. Il suivit ses propres conseils et se prit lui même une chambre dans un motel du centre ville. Il avait besoin d'une bonne douche, d'un hamburger et d'une heure de repos. Ceci fait, il quitta la chambre, vêtu d'un costume à la 'men in black' pour se rendre à la bibliothèque, il avait plusieurs choses à vérifier. Il s'installa devant un ordinateur et entrepris de chercher les plans de la ville et les différents commissariats . Selon l'emplacement, c'était celui de l'avenue Woodward qui avait pris en charge l'arrestation de Castiel, il devait donc se trouver là bas. Dean chercha une autre info, qui pourrait lui être grandement utile, avant que quitter la bibliothèque.
Il n'était pas loin de l'avenue en question, et il arriva devant le commissariat très rapidement, juste le temps pour lui d'envoyer un message à Sam. Il gonfla ses poumons, releva ses épaules pour se donner un maximum de prestance, et passa la porte de l'établissement. Il avait fait ça des centaines de fois, mais étrangement, lorsqu'il s'agissait de Cas', les choses étaient nettement moins faciles. Il ne s'agissait plus de se faire passer pour un agent du FBI afin d'obtenir des informations, mais de sortir son ami de prison. Mais il rempli son rôle à la perfection, malgré l'enjeu, malgré la pression qu'il faisait lui-même peser sur ses épaules. Il se présenta devant une jeune femme noire de l'accueil, qui semblait plus faite pour les podiums que pour l'uniforme de police. Elle lui adressa un grand sourire et Dean sut qu'il serait facile d'obtenir tout ce qu'il voulait d'elle. Il sortit sa fausse plaque avec un sourire mesuré et la présenta devant les yeux noisettes de la femme.
« Agent Kellan, FBI, département de New-York. Je viens pour le jeune homme que vous avez arrêté pour meurtre la nuit dernière. »
« Oh, oui, John Doe, l'arracheur de globes oculaires. Pourquoi New-York s'intéresse à un cas pareil ? »
Dean se racla légèrement la gorge, sortant son plus beau sourire. C'était le moment d'être le pure menteur qu'il savait être parfois.
« L'inconnu que vous détenez se nomme en réalité James Mcfee, il est recherché depuis près de sept ans dans l'état de New York, pour triple meurtre, avec le même mode de fonctionnement. »
« Oh... laissez-moi appeler mon supérieur. » Murmura t-elle, plus vraiment d'humeur à rire.
« Oui, faites donc ça. »
Dean attendit plus de dix minutes, la posture parfaite, le regard droit et sérieux, alors qu'il bouillonnait de l'intérieur. Quelque part dans cet établissement se trouvait Castiel, sûrement épuisé physiquement autant que mentalement, mort de faim, terrorisé. Et on le faisait patienter. Bordel, il avait envie de tout casser, de sortir son flingue pour tirer sur quiconque se mettrait entre lui et Cas'. Mais il resta là, les mains proprement croisées devant lui, la jambe lourde de sentir son arme le démanger à ce point. Puis finalement, un gros bonhomme moustachu vint le rejoindre, le regardant avec suspicion. Dean n'aimait pas les étiquettes qu'on collait à tort et à travers sans raison, mais là, il imaginait sans mal le gobelet de café chaud et la boite de donuts pleins de sucre et de gras sur le bureau de ce commissaire.
« Alors, New York hein ? Je peux voir votre insigne monsieur ? »
« Bien sur. » Dit poliment le chasseur, s'empêchant de grincer nerveusement des dents.
L'homme haussa un sourcil, examinant la plaque avec attention avant de la rendre au blond.
« Cet homme est donc recherché ? Pourquoi votre département vous a t-il envoyer seul si ce prisonnier est si dangereux ? »
Le mensonge bien révisé dans sa tête, Dean fit un sourire poli à l'homme. Il savait à ce stade que le commissaire avait déjà fait ces recherches concernant ce James Mcfee. Il était donc tomber, tout comme lui, sur les avis de recherche, sur des rapports de police, sur des photos montrant différents visages, comme ce fameux James Mcfee, toujours selon les rapports de police, s'en sortait toujours avec des opérations chirurgicales clandestines, visant à transformer son apparence. Seul son mode de fonctionnement restait toujours le même.
« James est un génie monsieur, un cerveau torturé par la folie. Il manipule les esprits, les retourne les uns contres les autres. Je connais bien cet homme, je le traque depuis des années, je connais sa façon de penser et d'agir. Et si je suis seul, il ne peut m'utiliser que contre lui-même monsieur. »
L'homme fit un bruit étrange, entre méprit et admiration.
« Bien. Peut-être devrais-je m'entretenir avec votre supérieur pour convenir de la marche à suivre ? »
« Oui, bien sur, tenez. » Le chasseur plongea lentement sa main dans la poche intérieur de sa veste, mesurant chacun des ses gestes pour tenter de garder le contrôle des ses nerfs au bord de la rupture.
Il lui tendit une carte, ayant bien évidement prévu cette situation. Le commissaire passa derrière le bureau de l'accueil, derrière lequel la jeune femme n'avait cessé de jeter des regards brûlant à Dean. Il saisit le numéro inscrit sur la carte et attendit de nombreuses sonneries avant que quelqu'un ne décroche enfin.
« Bonjour, Commissaire Dencan du département de Detroit, à qui ai-je l'honneur ?... J'appelle concernant le transfère Du détenu Mcfee, monsieur Finigan... Oui, l'agent Kellan, oui... Oui...Oui, j'ai pu remarqué ça... Mais certainement monsieur... Oui, bien sur. Merci monsieur. »
Le commissaire raccrocha, un peu rouge et transpirant. Dean eu du mal à retenir un sourire. Il ignorait ce que Sam avait bien pu lui dire, mais son petit frère s'était débrouillé comme un chef. Heureusement qu'il avait pensé à lui envoyer un message lui expliquant la situation avant d'entrer dans le commissariat. Un peu penaud, Dencan repassa devant le comptoir de l'accueil.
« Bien. Suivez-moi agent Kellan. »
Dean obéit, ne prêtant aucune attention à la femme de l'accueil qui lui fit un signe de main en souriant bêtement. Il arriva bientôt devant une longue enfilade de cellules, où ivrognes, prostituées, junkies et autres âmes perdues attendaient là qu'on les libère ou les transfère. Cas' n'avait rien à faire avec tous ces gens, son âme n'était pas perdue, elle était pure, belle, et Dean du se retenir à grande peine de pousser le gros bonhomme devant lui pour courir dans ce couloir et enfin sortir son ami de là. Mais finalement, il arriva devant la dernière cellule, la plus reculée des autres. Le chasseur ne pu retenir un souffle, de soulagement ou d'angoisse, il ne savait pas. Cas' se tenait là, assit sur le seul banc en pierre de la minuscule pièce, la tête baissée, les mains liées, les bras en appui sur ses cuisses. Une chaîne reliait les menottes retenant ses mains, à celles retenant ses chevilles. Il paraissait calme, bien trop calme, ça n'était pas normal. Puis Dean vit un éclat étrange passer devant son ami, et venir s'écraser au sol, et il comprit. Cas' pleurait, il pleurait depuis un bon moment vu la petite flaque d'eau qui traînait à ces pieds. Il n'était pas calme, il était inactif, il avait simplement arrêté de se battre. Il avait perdu espoir. Le chasseur sentit son cœur se tordre, et il eu du mal à ravaler ses larmes. Voila deux mois qu'il ne l'avait pas vu, et il se retrouvait à présent devant lui, devant ce qu'il avait fait de lui... Cette vision était bien trop dure à supporter, bien trop douloureuse. Le brun ne releva même pas la tête lorsque Dencan ouvrit la cellule.
« Je vous laisse vous occuper de ça. J'ai quelques papiers à remplir et à vous faire signer pour le transfère. Ensuite je vous conduirez à l'arrière, il y a une voiture banalisée qui conviendra très bien à ce que votre supérieur m'a demandé. »
Dean se contenta d'acquiescer distraitement, les yeux fixés sur Cas', qui n'avait pas bougé. Le commissaire partit et le chasseur s'avança dans la cellule, le cœur de plus en plus meurtri de ne voir aucune réaction chez son ami. Ce pourrait être un ange, armé jusqu'aux dents, qu'il ne le verrait pas. Où alors il se fichait bien que ce soit un ange, qu'il soit venu le tuer, il s'en fichait bien...
Dean arriva à sa hauteur et s'accroupit devant lui. Toujours aucune réaction. Ne supportant plus cette situation, Dean passa son index sous le menton barbu de l'ange, pour le forcer à enfin le regarder. Cas' n'opposa aucune résistance, et c'est un regard vide qui se posa sur le blond. De longue secondes passèrent, avant que les yeux bleus du brun ne changent, comme s'illuminant un instant. Il venait tout juste de le reconnaître.
« Dean... » Murmura t-il, comme un supplice, son visage se tordant douloureusement, avant que plus de larmes encore ne viennent perler le coin de ses yeux.
Le chasseur, incapable de voir le visage de son ami si torturé, se releva légèrement pour venir enlacer l'autre homme. Cas' tremblait dans ses bras, sa tête venant tomber lourdement sur son épaule.
« Hey... Je suis là, ça va aller Cas', je vais te sortir de là. »
Il se recula légèrement, pour plonger son regard dans les yeux mouillé du brun, gardant ses mains sur ses épaules. Bon sang, c'était une vraie torture. Dean était à la fois soulagé et heureux d'avoir retrouvé son ami, et rempli de culpabilité et de peine, face à son état. Et ce mélange était insupportable. Le voyant toujours aussi inactif, presque absent si ce n'était son regard qui ne quittait pas celui du chasseur, Dean pose une main sur sa joue, espérant le faire réagir.
« Écoute-moi, j'ai sorti un bobard monstre aux flics pour qu'ils te laisse partir avec moi. Alors contente-toi de rester derrière moi, ne dis rien, et dans quelques minutes on sera dehors et on partira le plus loin possible de cet endroit, ok ? »
Castiel fit un signe de tête, le visage toujours figé dans une expression douloureuse. Dean l'aida à se relever, le tenant par le bras. Il avait minci, semblait à peine tenir debout et, bon sang, il avait vraiment besoin d'une bonne douche et d'une séance de rasage intensif. Mais Dean craignait bien plus pour son mental, il semblait complètement éteint, anéanti. Il s'occuperait de ça, mais plus tard, quand ils seraient sortis de là. Il le sortit de la cellule et traversa le long couloir, sous le regard et les quelques insultes des autres occupants des cellules. Il se retrouva à nouveau devant l'accueil et le commissaire lui fit signe d'entrer dans son bureau. Dencan semblait ne pas vouloir poser le regard sur Cas', qu'il pensait être un tueur en série complètement dérangé. Et l'ange déchu, quant à lui, faisait exactement ce que Dean lui avait demandé. Le regard baissé, il restait mué, se tenant légèrement derrière le blond, bien que celui-ci n'avait pas lâché son bras une seule seconde. Le commissaire fit glisser plusieurs feuilles sur son bureau.
« Vous devez signer ça. Vous connaissez la procédure, en signant vous reconnaissez avoir prit en charge le prisonnier, et accepter la responsabilité du transport ainsi que des actes du détenu. »
Dean se conte,ta de signer aux endroit que lui indiquait l'homme sans rien dire, pressé d'en finir avec ça.
« Bien. » Dencan lui tendit plusieurs clés. « Les clés des menottes, ainsi que celle de la voiture qui vous attends à l'arrière. Je vais vous accompagner. »
Dean aurait voulu dire non, pour arrêter cette mascarade au plus tôt. Mais tout ça s'était tellement bien passé jusque là, ils avaient même droit, grâce à Sammy, à une voiture, le chasseur préférait ne pas tenter le diable comme on dit. Il reprit donc le bras de Cas', qu'il avait lâché le temps de signer les papiers, et suivit en silence le commissaire de police. Les regards se faisaient pesants sur Castiel, et il dut le sentir, car Dean sentit son ami se contracter, les muscles de son bras dans sa paume devenant aussi dur que la pierre. Presque inconsciemment, le chasseur fit glisser sa main jusqu'au poignet de Cas', dans une sorte de caresse maladroite destinée à le détendre et le rassurer. Cas' releva légèrement la tête pour regarder Dean, et après un instant, lui fit un sourire presque imperceptible, mais bien réel, sincère. Et le blond sentit son cœur se réchauffer considérablement à ce simple geste. Cas' restait Cas', même après deux mois de cavale par sa faute, même affaibli physiquement et mentalement, même humain, il restait Cas', son Cas'.
Ils arrivèrent dans l'arrière cour du poste de police, où des dizaines de voitures s'alignaient. Dencan s'arrêta devant une petite Polo noire, tout à fait banale.
« Voila, celle-ci devrait faire l'affaire Agent Kullen. Êtes-vous sur de ne pas vouloir que quelques uns de mes Agents vous accompagne ? Peut-être dans une voiture qui vous suivrez ou... »
« Non, c'est très aimable monsieur, mais la mission doit se passer exactement comme ça, je suis sur que mon supérieur vous l'a dit. »
« Oui, et bien... »
Le téléphone du l'homme se mit à sonner et il s'excusa au près du faux Agent du FBI avant de décroché.
« Commissaire Dencan... Oui, ils sont touj... pardon ?... »
Dean n'en écouta pas plus, il avait vu le regard du commissaire changer, se poser sur lui, et puis pour la première fois sur Cas', avant de retrouver subitement le sol. Quelque chose n'allait pas, c'était certain. Le chasseur leva les yeux sur Cas', qui le regardait avec supplice, presque peur. Il avait compris également. Dean resta une seconde perdu dans ces yeux bien trop bleus, qui lui avait tant manqué. Il évalua la situation, alors que l'homme enrobé devant lui semblait de plus en plus confus. Peut-être se trompait-il, peut-être cet appel n'avait-il rien à voir avec eux. Mais son instinct lui disait le contraire, et plus que tout, il lui criait qu'il allait perdre Cas' une nouvelle fois s'il n'agissait pas maintenant.
« Excusez-moi un instant Agent Kellan, je dois... »
Dean n'attendit pas plus pour réagir. Et puis merde, il ne permettrait pas à un putain de flic de lui prendre Cas', jamais. Il sortit son arme, coinçant l'homme contre le capot de la voiture pour lui pointer le flingue sur la tempe.
« Cas' ! »
Il lança la clé des menottes en direction de son ami qui réussi à grande peine à les rattraper au vol.
« Vous ne devriez pas faire ça, je suis commissaire de police bon sang ! » Réussi péniblement à prononcer l'homme, sa respiration rendu difficile par le bras de Dean, appuyé sur sa nuque pour le maintenir en place contre la voiture.
L'homme n'avait pas l'air très étonné de la tournure des événements, ce qui tendait à prouver au chasseur de son instinct était toujours aussi bon. Il avait raison cependant. Il menaçait un commissaire avec son arme, au beau milieu d'un poste de police. Il n'avait aucune intention de lui faire du mal, mais s'il le relâchait maintenant, ils n'avaient aucune chance de passer les portes du commissariat sains et saufs. Et quand bien même ils y arrivait, d'ici dix minutes toutes les sorties de la ville seraient bouclées, ils ne feraient pas dix kilomètres. Il jeta un regard à Cas', qui s'était libéré de ses chaînes et le regardait maintenant avec angoisse, immobile. Que pouvait-il faire pour s'en sortir maintenant ?
Alors, qu'en pensez-vous ? c'est pas trop mal ?
A votre avis, comment vont-ils s'en sortir ?
Le prochain chapitre demain ou Dimanche.
XoXo
Marjo.
