Titre: Le Chaperon Rouge

Auteur: Ptit Pingouin

Disclaimers: Rien n'est à moi, la fabuleuse histoire d'Harry Potter appartient à J.K Rowling

Bêta: Thecrasy

Rated: M, relations sexuelles explicites entre hommes! Angoisse, OOC, bestialité...

Pairing: Divers et variés...

Résumé: Drago Malfoy porte une cape rouge. Rouge comme le sang. Et le loup rôde dans la forêt...

NDA: Merci à ma petite Crasy et à ma vache Milka pour leur soutien!

Chapitre 1:

Narcissa Malfoy s'avança jusqu'à la petite fenêtre de la maison. Elle jeta son drap par-dessus et tapa fermement le tissu contre la façade. Devant elle, dans la maison voisine, Romilda Crabbe faisait de même. Les deux femmes se saluèrent d'un hochement de tête. Romilda ouvrit la bouche pour parler mais la fenêtre de la maison d'à côté s'ouvrit, dévoilant les cheveux de feu de Lily Potter.

Romilda et Narcissa échangèrent un même regard dédaigneux et rentrèrent rapidement leur linge avant de fermer brutalement les volets en bois. A Pré-au-Lard, peu de gens aimaient Lily Potter, la Poudlardienne.

Chaque année, avant l'hiver, les habitants de Pré-au-Lard devaient se rendre dans la ville la plus proche, Poudlard, afin d'acheter les provisions nécessaires pour l'hiver. Pendant la saison froide, la neige tombait durement dans les montagnes et le village de Pré-au-Lard se retrouvaient inévitablement coupé du monde par une lourde couche de neige pour au moins trois mois. Tout ce qu'ils ne pouvaient pas produire pendant ce laps de temps, il fallait donc l'acheter avant.

Les habitants se relayaient, la part est de Pré-au-Lard y allait une année, la suivant c'était au tour de la part ouest, et ainsi de suite.

La maison de James Potter, tout comme celle de Lucius Malfoy et des autres habitants les plus riches, se trouvait dans la part sud du village. Lorsque cela avait été à leur tour d'aller à Poudlard, Narcissa avait été contente. C'était l'occasion de s'acheter du tissu précieux pour de nouvelles robes et des bijoux. Ils étaient dix familles à être parties pour Poudlard ce jour-là. Seulement neuf étaient revenues.

James Potter avait fini ivre dans une taverne et n'était pas réapparu au matin. On disait qu'il s'était fait détrousser et tuer. Charlène, sa mère, avait été inconsolable.

Mais un beau jour, presque une semaine après la sortie à Poudlard, James Potter était revenu au village, plus fringuant que jamais. Avec une femme à son bras. Une femme inconnue.

Le village de Pré-au-Lard était tout petit, un peu moins de deux cent habitants. Tout le monde se connaissait ici. On naissait à Pré-au-Lard, on se mariait à Pré-au-Lard, on donnait naissance à Pré-au-Lard et on mourait à Pré-au-Lard. C'était comme ça que les choses marchaient depuis des siècles.

Mais James Potter avait cassé l'ordre établi en ramenant une étrangère et en l'installant chez lui, disant à qui voulait l'entendre que Lily était désormais chez elle et qu'elle deviendrait sa femme. Charlène avait pleuré encore plus que lorsqu'elle pensait que son fils était mort. Lotter, son mari, disait qu'il aurait préféré que ce soit le cas.

Seize ans avaient passé.

Lotter avait fini par mourir, tué par l'alcool et la colère. Charlène l'avait vite suivi, de chagrin et de honte.

Et Lily Potter marchait toujours à Pré-au-Lard, la tête haute sous ses cheveux couleur du diable, et le sourire moqueur aux lèvres. Sorcière, pensa Narcissa en crachant par terre pour conjurer les mauvais sorts que Lily aurait pu jeter sur sa maison.

Elle prit son châle bleu poussiéreux et son panier puis sortit. Elle descendit les marches en bois de sa maison avant d'aller toquer à la porte de Romilda. Cette dernière était déjà prête à aller au marché. Elles s'y rendirent, bras dessus-bras dessous, montant vers la partie nord du village.

Romilda se plaignit du prix des œufs et Narcissa marchanda celui du lait.

Elles croisèrent Prune Zabini et Sissy Goyle. Elles s'arrêtèrent et cancanèrent, bien vite rejointes par Blette Bulstrode et les sœurs Doloria Nott et Dolores Parkinson.

Un peu plus loin, le vieux Abelforth Dumbledore enchaînait une chèvre qui serait sacrifié à la pleine lune afin d'éloigner les mauvais esprits.

"C'est plutôt cette sorcière qu'il faudrait sacrifier," murmura Sissy en faisait signe du menton vers le puits.

Le groupe se retourna pour voir Lily Potter, Molly Weasley et Alice Londubat autour du puits, remplissant leurs seaux. Le groupe de femmes cracha par terre à la mention de la Poudlardienne.

"Je suis sûre que son morveux est un serviteur du diable lui aussi," souffla Romilda. Il a les mêmes yeux couleur de mort.

Elles se retournèrent, vers la taverne cette fois. Devant l'établissement, assis sur un immense tonneau, Harry Potter était entourés des rejetons Weasley, Granger, Londubat, Finnigan et Thomas.

"Et le même sourire pernicieux," renchérit Doloria. "Regardez-moi ça, à croire que le monde lui appartient."

Comme s'il savait qu'elles parlaient de lui, Harry se tourna vers le groupe de femmes et leur offrit un sourire narquois avant de leur tirer la langue.

"Sale gosse."

"Enfant de Satan."

"Fils de sorcière."

Les femmes hochèrent la tête entre elles et crachèrent de nouveau.

"Ils brûleront tous en Enfer," conclut Dolores en réajustant son châle, ses petits yeux noirs fixés sur le fils Potter.

Ce dernier, le pied sur le tonneau, le bras posé nonchalamment sur le genou, la tête rejeté contre la façade de la taverne, regardait ses amis rire et discuter avec un petit sourire supérieur. Soudainement, ses yeux se fixèrent au loin comme ceux d'un aigle sur un lapin. Son regard se fit affamé comme celui d'un chien.

Sur le chemin menant à la partie ouest du village, les chasseurs revenaient, portant trois énormes cerfs. Des cris de joie et de félicitations fusèrent à travers le marché mais s'éteignirent bien vite en voyant la mine sombre des hommes. Les chasseurs lâchèrent les immenses carcasses au centre de la place et Lucius Malfoy, d'un coup de pied, en retourna une. Des cris résonnèrent de nouveau, d'horreur cette fois.

Le ventre de la bête avait été arraché, vidé et dévoré à coup de griffes et de dents. Il en était de même pour les deux autres.

"Les loups," vitupéra le vieux Mulciber.

Albus Dumbledore, le chef du village, observa le corps de l'animal avant de se tourner vers le groupe de chasseur.

"Où les avez-vous trouvés ?"

"Juste à l'entrée de la forêt," apprit Lucius d'un ton haineux. "Ils ne sont jamais venus aussi près."

"Le vieux Fudge dit qu'il en a vu un rôder près de son troupeau," dit Amos Diggory, le forgeron.

Les murmures se répandirent sur la place et Romilda murmura :

"Mais l'hiver n'a même pas encore commencé. Les premières neiges n'arriveront pas avant plusieurs jours. Pourquoi ils s'approchent comme ça ?"

"Demain, nous organiserons une battue," annonça fermement Dumbledore, ses yeux bleus fixés sur le groupe de chasseurs. "Que tout ceux qui veulent y participer se préparent. Nous devons régler ce problème avant l'hiver."

Lucius et ses chasseurs hochèrent la tête alors que plusieurs hommes du village s'exclamèrent qu'ils les accompagneraient. Le vieux Fudge clamait que ses fils y participeraient aussi pour protéger le troupeau familial. Quand au vieil Abelforth, il dit qu'il sacrifierait sa chèvre, non pas pour éloigner les mauvais esprits, mais pour éloigner les loups.

Lily Potter darda son regard vert de mort sur l'homme et dit d'un ton sans appel, d'une étrange voix grave :

"Il n'y que le sacrifice d'un agneau qui peut apaiser un loup."

Un léger silence plana sur le village alors que les habitants regardaient la rousse. A côté d'elle, James semblait mal à l'aise. Il finit par emmener sa femme à l'écart, lui murmurant à l'oreille.
Les conversations reprirent peu à peu, et les villageois se dirigèrent vers la taverne de Rosmerta.

Toujours assis sur son tonneau, sourd aux murmures excités ou apeurés de ses amis, Harry avait un sourire carnassier aux lèvres. Depuis que les chasseurs étaient arrivés, il n'avait pas écouté un mot de ce qui s'était dit, il n'avait d'yeux que pour la fine silhouette qui se tenait à peu à l'écart du cercle formé autour des carcasses de cerf.

Une silhouette drapée dans une étoffe rouge comme le sang du diable.

Drago Malfoy, se sentant observé, se tourna vers lui, ses yeux gris couleur de pluie rencontrèrent les siens derrière le rideau de ses cheveux blonds. D'aussi loin qu'Harry s'en souvenait, Malfoy avait toujours été vêtu de blanc ou de gris, jamais d'une autre couleur. Avec sa peau ivoire, ses lèvres pâles, et ses cheveux couleur d'or blanc, il ressemblait à un fantôme insaisissable.

Harry aimait l'été, en été la forêt était verte, pleine d'herbe et de fleurs, et sa mère l'emmenait chercher des plantes mystérieuses en lui racontant des histoires de sorcellerie qui mettait toujours son père mal à l'aise. Mais Harry adorait l'hiver parce qu'en cette saison, Malfoy mettait sa cape rouge qui le drapait de la tête au pied, lui donnant l'air d'avoir plongé dans une rivière sanglante.

Harry se lécha les lèvres.

Malfoy détourna le regard.

Il regarda le blond s'éloigner vers la partie sud du village alors que tous les autres habitants entraient dans la taverne. Sans répondre aux questions de Ron ou d'Hermione, il se leva de son tonneau et suivit Malfoy.

Le vent se levait et agitait les pans de la cape du jeune homme, les faisant s'enrouler et claquer autour de ses pieds. Alors qu'il dépassait la forge des Diggory, Harry accéléra brutalement et, vif comme un serpent, agrippa l'épaule de Malfoy, le retourna brutalement avant de le clouer au mur de la maison des Parkinson.

Le blond écarquilla les yeux avant de froncer les sourcils, ses lèvres se pinçant en une fine ligne agacée.

"Qu'est-ce que tu me veux, Potter ?"

Harry ne fit que sourire et se rapprocha un peu plus du blond, plantant ses deux poings de chaque côté de sa tête, bloquant son corps contre le sien. Il se sentit durcir en voyant l'étincelle de peur dans les yeux gris. Mais ce fut aussi fulgurant qu'un éclair dans un ciel d'orage et disparut bien vite.

"Alors Malfoy, tu participeras à la chasse, demain ?"

Le blond lui jeta un regard de pur dédain avant de détourner la tête, comme si la vue de Potter lui donnait la nausée. Entre ses longues mèches pâles et la capuche rouge, il dévoila son cou blanc aux veines légèrement bleutées. Harry en eu l'eau à la bouche.

"On a peur du grand méchant loup, Malfoy ?" susurra le brun en se collant un peu plus à lui.

Drago écarquilla les yeux en sentant son érection se caler contre son aine. Un nouvel éclair de peur passa dans son regard, suivit d'un tonnerre de frayeur. Harry dû retenir le gémissement de plaisir qui tentait de franchir la barrière de ses lèvres.

La main de Malfoy se faufila jusqu'au couteau de chasse attaché à sa cuisse mais, d'un mouvement digne d'un prédateur coupant la sortie à sa proie, il attrapa le poignet du blond et l'épingla contre la façade des Parkinson comme si il s'agissait d'un simple papillon. Dans un geste désespéré, Drago tenta de lui donner un coup de genou mais, encore une fois, Harry anticipa son geste et écrasa son pied sur le sien, clouant sa jambe au sol.

La lutte était contenue et silencieuse mais elle les laissa légèrement essoufflés et un filet de sueur colla les cheveux de neige de Malfoy à ses tempes. À chaque fois qu'il tentait de faire un mouvement, Harry le piégeait un peu plus contre la façade, jusqu'à ce qu'il finisse pratiquement enroulé autour du blond, les muscles bandés pour l'empêcher de bouger.

Drago finit par s'immobiliser, haletant et le cœur battant à tout rompre. L'ourlet rouge de sa capuche lui tombait un peu sur les yeux, l'empêchant de voir au-delà du menton de Potter. Ses doigts commencèrent à le picoter tellement Potter serrait son poignet, empêchant le sang de circuler.
Ils restèrent ainsi un moment, leurs respirations sonores comme seule conversation, Harry les yeux fixés sur le mur de la façade des Parkinson, savourant le frisson d'excitation de la capture, Drago les yeux fixés sur l'ourlet de sa capuche, tremblant de peur et de douleur.

Des bruits à leur gauche les firent se figer tous les deux. La réunion à la taverne avait dû se terminer et les villageois commençaient à rentrer chez eux pour se préparer au soir.

Le temps d'un battement de cœur, Harry envisagea de relâcher Malfoy. Les Weasley les avaient invités, lui et ses parents, à dîner chez eux. Il devait donc retrouver Ron et Hermione avant le coucher du soleil.

Harry jeta un bref coup d'œil au ciel qui s'assombrissait de minute en minute. Ses instincts de prédateur prirent finalement le dessus. Juste quelques instants, pensa-t-il en raffermissant sa prise sur le poignet de Malfoy, l'entraînant brutalement à sa suite. Ils coururent à travers les maisons, sautant adroitement au-dessus des cages à poules de la mère Chang et évitant les pièges de cordes que Dubois oubliait toujours de ranger.

Ils arrivèrent finalement à l'étable sud-ouest et, d'une seule main, Harry poussa le lourd panneau de bois qui en fermait la porte. Drago écarquilla brièvement les yeux, se rappelant comment, chaque jour, Adam Brown devait bander ses deux bras imposants pour le soulever.

À leur entrée, les deux vaches qui habitaient l'étable relevèrent la tête et mugirent avant de retourner à leurs mangeoires. D'un geste sec, Harry poussa Drago dans un tas de paille, délogeant les mulots et une oie qui s'y cachaient. Du coin de l'œil, Drago aperçut une petite colonie d'oisons se dandiner à la suite de leur mère vers l'autre bout de l'étable avant que Potter ne se couche sur lui.

Il tenta une nouvelle fois de se débattre mais, cette fois-ci, Potter détacha sa ceinture et, d'un mouvement si rapide, il jeta le morceau de cuir de chaque côté de la poutre derrière la tête de Drago et lui attacha les poignets.

- Qu'est-ce que tu... commença le blond avant de pousser un couinement lorsque Potter attrapa ses hanches et le souleva, collant ses fesses contre l'érection du brun. Drago lâcha un sifflement de colère et lui donna un coup de pied mais sa jambe s'emmêla dans sa cape, bloquant en partie son attaque.

Potter eut un sourire mauvais et donna un brusque coup de rein, cognant presque la tête de Drago contre la poutre où ses mains étaient liées. Dans un geste saccadé, il fit glisser sa main de la hanche à la cuisse du blond, la plaquant contre son flanc. Rapidement, il en fit de même pour l'autre, enroulant les jambes de sa proie autour de son torse. Il s'allongea un peu plus sur Malfoy, sentant ses fesses se presser contre son sexe et son cœur s'affoler contre le sien.

Harry grogna de plaisir.

Insensible aux gesticulations du blond pour se défaire de son étreinte, il commença à se mouvoir rapidement, faisant glisser leurs deux corps. À travers le battement sourd du sang qui pulsait à ses tempes, il entendit Drago le maudire et siffler des insultes entre ses dents. Un petit rire démoniaque lui échappa et il arrêta un instant ses coups de boutoirs pour presser son visage contre la gorge pâle du garçon. La paille lui chatouilla la joue alors qu'il dardait une langue étonnement pointue et léchait la peau crémeuse.

Sous lui, Malfoy se cambra brusquement faisant glisser sa capuche de ses cheveux et exposant un peu plus sa gorge aux morsures voraces d'Harry. Il ferma brièvement les yeux, ses cils blancs frôlant ses pommettes rougies, avant de les rouvrir et de hoqueter, bougeant de nouveau afin de se libérer. Harry lâcha un grognement et cala son front humide de sueur contre la gorge ivoire. Il ferma les yeux et laissa son esprit s'intoxiquer à l'odeur de sueur et de sexe qui émanait du blond. Harry reprit ses coups de reins, plus puissants cette fois, butant férocement contre Malfoy, savourant la pression rapide qui en résultait, avant de se reculer pour mieux le pilonner. Il enfonça ses doigts dans les cuisses du blond, s'agrippant au tissu de son pantalon et soulevant un peu plus ses jambes pour mieux s'enfoncer, se reculer, s'enfoncer, se reculer, s'enfoncer...

Il n'entendait pas les menaces de Malfoy qui lui ordonnait, le suppliait presque de le détacher. Il n'écoutait que son plaisir et l'appel de son corps qui le poussait à s'enfouir plus loin dans ce corps chaud et tendre. L'idée de retirer leur pantalon, à lui et à Malfoy, pour y plonger complètement traversa son esprit. L'idée de cette chaleur étroite et étouffante le fit frissonner et il se pressa un peu plus contre le blond. Mais cela impliquerait de cesser, ne serait-ce que pour une seconde, ce mouvement de balancier qui le menait vers la libération.

Jamais, pensa-t-il en accélérant ses coups de reins.

Il remarqua distraitement que Malfoy s'était tu. Avec curiosité, Harry releva un peu la tête et vit que le blond avait de nouveau les yeux fermés, la fine membrane translucide des ses paupières révélant que ses yeux s'agitaient même s'ils étaient clos. Ses rougeurs s'étaient étendus jusqu'à ses joues et ses lèvres étaient roses.

Il n'avait jamais vu Malfoy aussi coloré.

Mais, étendu ainsi sur la paille, entouré de sa cape grenat, Malfoy lui faisait penser à une fleur écarlate miraculeusement éclose au milieu d'une plaine enneigé. D'un rouge profond et lumineux. Rouge d'un sang fraîchement révélé.

Harry imagina un instant ce qu'il se passerait si Malfoy se trouvait éventré comme les cerfs qu'avait ramenés les chasseurs. Il imagina l'odeur métallique du sang se mêler à celles, chaudes et salés, de la sueur et du sexe. Traversé par une flèche de plaisir, il hissa un peu plus les jambes de Malfoy et fit glisser la bosse de son érection tout le long du sillon qui séparait les fesses du blond.

Malfoy gémit et se cambra, faisant glisser un pan de sa cape sur son ventre.

Comme si une mare de sang en sortait.

Harry jouit avec un grondement sourd.

Il relâcha brutalement les jambes du blond et s'allongea sur lui, posant sa joue rouge et humide contre son estomac. Le torse de Drago se relevait convulsivement au son de sa respiration saccadée et Harry fut un moment bercé par ce mouvement sporadique et par les battements affolés du cœur qu'il entendait.

Le pas de Lavande Brown résonna devant l'étable avant de s'éloigner.

Drago se gela.

Harry ouvrit brutalement les yeux.

Il y eut un instant de silence, uniquement perturbé par le masticage des vaches et leur respiration.

Puis Harry finit par se relever, fronçant le nez lorsque ses sous-vêtements humides glissèrent contre sa peau. Il détacha les poignets rougis de Malfoy et remit sa ceinture avant de sortir de l'étable. Il soupira en voyant que la nuit était sur le point de tomber, les premières étoiles apparaissant sur le fond orangé du ciel. Il était en retard.

Il se mit à courir à travers les rues pour se rendre chez les Weasley et ne s'excusa pas lorsqu'il renversa la brouette du vieux Flitwick. Les châtaignes qui remplissait cette dernière se renversèrent dans le passage sous les jurons du vieil homme. Une châtaigne roula jusqu'au pied de Narcissa qui serra un peu plus son châle contre elle.

Il faudrait qu'elle aille voir les bûcherons pour avoir sa réserve de bois pour l'hiver. Elle monta les marches jusqu'à chez elle et ouvrit la porte avant de poser son panier sur la grande table en bois. Elle fronça les sourcils en voyant que Drago n'était pas encore rentré.

Elle ouvrit les volets de bois de la fenêtre et regarda le ciel. Le bleu couleur d'encre prenait peu à peu la place sur le rose-orangé du crépuscule. Elle frissonna en voyant qu'un groupe d'étoiles avait la forme d'une tête de loup. Elle baissa les yeux et vit que sur sa droite, Lily Potter l'observait. Les yeux verts de la femme brillaient d'un air mystérieux, comme si elle se délectait de quelque chose que Narcissa ignorait.

Soudainement, Lily baissa les yeux et Narcissa suivit son regard. La silhouette écarlate de Drago se dirigeait vers la maison.

"L'agneau rentre à la bergerie," dit Lily Potter en dardant de nouveau son regard sur elle.

Narcissa cligna des yeux.

Puis, en voyant que Drago venait d'entrer, elle se reprit et lança un regard noir à la rousse avant de claquer sèchement les volets de bois.

Sorcière, pensa-t-elle en crachant par terre.

Elle se hâta d'allumer une bougie et fit brûler un peu de sauge dans l'espoir d'écarter les mauvais sortilèges de Lily Potter. Après s'être retournée, elle réprimanda sèchement Drago de rentrer aussi tard et lui rappela tous les dangers qu'il y avait à être en-dehors de chez soi à la nuit tombée, surtout lorsque des loups traînaient dans les parages. Son fils lui lança un regard étrange avant de se détourner sans un mot et de monter l'échelle en bois qui menait à la mezzanine. Il s'allongea sur le lit, sa cape enroulée autour de lui comme seule couverture.

Narcissa le regarda avec étonnement mais ne le questionna pas. Elle avait des choses plus importantes à faire. La blonde commença à préparer le repas dans la cheminée à foyer ouvert qui trônait au centre de la maisonnette.

Quelques minutes après le coucher du soleil, Lucius ouvrit rapidement la porte, laissant un vent glacé s'engouffrer dans l'habitation et faire vaciller les flammes de la cheminée. A l'extérieur, les derniers retardataires se hâtaient de rentrer chez eux à travers le chemin désert. La porte se referma brutalement, l'anneau de fer heurtant le bois en un claquement sourd. Le blond referma le verrou, le bruit du métal s'entrechoquant résonnant longtemps dans le silence de la maisonnée.

Lucius lui adressa à peine un regard et se tourna vers la mezzanine, ses durs yeux gris fixés sur la silhouette écarlate.

"Tu n'étais pas à la taverne," accusa-t-il d'un ton coupant.

Si Drago avait entendu, il n'en montra aucun signe.

"Tu iras chasser les loups avec nous," claqua son père. "Qu'il ne soit pas dit que j'ai un lâche pour fils."

Cette fois, les épaules de Drago se rétractèrent et il se roula un peu plus en boule, leur tournant toujours le dos. Narcissa aurait souhaité dire quelque chose, une partie d'elle ne pouvait concevoir que son bébé soit taillé pour la chasse aux loups. Mais elle se rappela qu'ils étaient à Pré-au-Lard et que, dans ce village perdu au milieu des montagnes, les faibles ne survivaient pas. Si Drago voulait vivre, il fallait qu'il soit fort.

Elle et Lucius mangèrent en silence et, une fois les assiettes lavées, Narcissa alla souffler les bougies, les braises de la cheminée devenant la seule protection contre les ténèbres de la nuit et le hurlement du vent au-dehors.


Le lendemain, une étrange effervescence s'était emparée de Pré-au-Lard. La plupart des hommes bien portant s'étaient rassemblés devant la palissade qui protégeait le village des animaux sauvages. L'attention avait été au discours de Dumbledore jusqu'à ce que Myrtille Brown ne commence à hurler et à pleurer, retenant tant bien que mal son mari Aaron. Elle le suppliait de rester, disait qu'il allait se faire tuer, qu'il finirait comme les cerfs trouvés par les chasseurs. Mais l'imposant fermier restait sourd à ses supplications et finit par la gifler pour la calmer. Myrtille tomba à terre et Lavande et sa soeur Lilas l'aidèrent à se relever avant d'entraîner la femme sanglotante à l'écart.
Lorsque les portes du village s'ouvrirent, une fine neige se mit à tomber et un vent glacé souffla à travers les branches nues des arbres de la forêt.

Drago regarda le ciel clair mais couvert, battant des paupières lorsque des flocons venaient se poser sur ses cils.

Une main vint soudain lever la capuche de sa cape, dressant un rideau écarlate devant ses yeux.
Le blond se retourna rapidement, son cœur battant la chamade. Potter, se dit-il.

Mais devant lui se tenait Fenrir Greyback, le prêtre du village. L'homme lui fit un sourire moqueur avant de caler son immense hache sur son épaule et de monter vers la tête de l'expédition avec Lucius et Rodolphus Lestrange, le boucher de la ville.

Drago suivit du regard le mouvement des muscles impressionnants de Greyback sous son manteau de cuir sans manches. Fenrir était un prêtre singulier si on le comparait à ceux que Drago avait pu apercevoir à Poudlard ou dans les pèlerinages qui passaient parfois par Pré-au-Lard le temps d'un repas chaud et d'une nuit. Mais Fenrir Greyback n'était pas un prêtre comme les autres, il avait été un chasseur de l'Obscur. Sorcières, loup-garous, vampires, croquemitaines, Fenrir Greyback en avait tué plus d'un avant de s'installer dans la minuscule chapelle de Pré-au-Lard.

Personne ne savait pourquoi il avait arrêté de chasser les créatures démoniaques mais on chuchotait qu'une blessure d'une bête plus puissante que les autres l'avait empêché à jamais de redevenir Chasseur.

En dehors des messes et des confessions, Drago n'avait jamais vraiment parlé à Greyback, mais il savait que c'était à lui qu'il devait sa cape. Depuis qu'il était prêtre, Greyback offrait à chaque enfant né à Pré-au-Lard une cape de couleur pour son baptême. Celle de Pansy était violette, celle de Lavande Brown d'un rose pâle, celle de Ginny Weasley d'un ocre poussiéreux, celle d'Hermione Granger était bleu pervenche, celle de Ron Weasley d'un gris mystérieux et celle d'Harry Potter d'un vert mortel.

À la pensée du brun, Drago resserra sa cape autour de lui et accéléra un peu le pas, une couche de neige commençant à craquer sous ses bottes. Un mouvement au coin de son œil attira l'attention de Drago et il sentit son pouls battre à toute vitesse en croisant les yeux malicieux de Potter, à quelques mètres de lui, entouré par les garçons de sa bande. Les lèvres du brun s'étirèrent lentement en un sourire carnassier, dévoilant des dents pointues et brillantes.

Cours, petit agneau, cours, avant que le loup ne t'attrape...

Un frisson remonta le long de l'échine de Drago, parcourant son corps de chair de poule. Il se détourna, non sans croiser le regard jaune affamé de Weasley. Le blond se figea, les yeux fixés sur les sapins enneigés, la dernière image montant lentement jusqu'à son esprit... et se retourna rapidement.

Mais Weasley était en train de plaisanter avec Finnigan et Thomas. Lorsqu'il tourna la tête dans sa direction, ses yeux bleus passèrent distraitement sur Drago avant de faire un signe à Londubat qui se faufila derrière le blond pour les rejoindre.

Seigneur, il devenait fou... Qu'est-ce que Potter lui faisait ?

Drago se secoua.

Les hommes autour de lui avançaient rapidement à travers la forêt, vers les cavernes de River Fog. Avec la neige qui commençait à tomber, c'était l'endroit le plus proche où les loups pouvaient s'abriter.

La couche de neige sur le sol s'épaississait de plus en plus et craquait sous ses pieds. Les hommes durent ralentir en arrivant à la rivière, l'habituelle et mystérieuse brume qui s'y trouvait toujours s'enroulant autour de leurs pieds et cachant le pont. Les berges étaient gelés et seul le centre de l'eau continuait à circuler, emportant parfois avec lui des petits morceaux de glace qui venaient ensuite se coller aux rochers pointus et glissants. Ils avancèrent prudemment sur le pont en bois rendu blanc par les flocons avant d'arriver sur l'autre rive. Ils continuèrent ensuite vers le nord-ouest, vers les montagnes.

Les cavernes de River Fog se trouvaient à flanc de montagne, là où l'herbe se transformait en roche et où les arbres ne poussaient plus. Lucius, qui était en tête de l'expédition, arrêta le groupe juste devant l'entrée. Dans la grotte, l'obscurité était totale. Même alors qu'il faisait plein jour, Drago aurait été incapable de remarquer un dragon à deux pas de l'entrée.

Les torches furent allumées rapidement et Drago serra les doigts autour du bois, frissonnant doucement en dessous de sa cape. Il se retourna vivement lorsqu'une main vint frôler le couteau à sa cuisse.

Greyback avait une expression moqueuse sur le visage alors qu'il regardait le couteau sanglé autour de sa jambe.

"Ta lame t'est peut-être utile pour aider ta mère à cuisiner un lapin, mais elle ne te servira à rien contre un loup," persifla le prêtre.

Greyback ouvrit un pan de son long manteau en cuir tanné et en sortit un stylet dans son fourreau. L'homme le lui présenta, manche en avant, comme s'il défiait Drago de le prendre.

Drago observa Fenrir un long moment avant d'avancer sa main et d'enrouler ses doigts autour de la poignée, étonnement lourde. D'une pression dans le sens inverse, Greyback tira un peu le fourreau, dévoilant le début d'une lame mate mais étincelante.

"Argent pur," murmura Greyback, sa voix de basse roulant doucement à travers le sifflement du vent qui se levait.

Le prêtre planta ses yeux bruns-dorés dans ceux, gris comme le ciel, de Drago, piégeant le blond comme s'il était un simple lapin devant un prédateur.

"N'hésite pas à t'en servir... même si tu ne vois pas de loup."

Drago cligna des yeux et fronça les sourcils, confus, mais déjà Greyback se redressait et repoussait le fourreau sur la lame avant d'entrer dans la grotte.

Et soudainement, Drago réalisa que de plus en plus d'hommes disparaissaient dans les ténèbres des cavernes, le laissant presque seul à l'orée de la forêt.

Drago n'était pas peureux, contrairement à ce que son père pouvait penser. Comme tous les autres enfants de Pré-au-Lard, il avait été entraîné à la chasse et avait apprit les rudiments du combat contre l'Obscur lors d'une courte classe avec Fenrir Greyback. Sans compter qu'il avait découvert que certaines créatures ne pouvaient simplement être repoussées par des gousses d'ail ou de l'eau bénite.

Comme s'il lisait dans ses pensées, Potter choisit ce moment-là pour le dépasser, lui faisant un clin d'œil avant d'entrer dans la grotte avec ses amis. Entrer dans une grotte sombre avec Potter le terrifiait bien plus que n'importe quel loup.

"On dirait que ce n'est plus le moment pour reculer," murmura pensivement quelqu'un à côté de lui.

Drago se tourna et reconnu la haute et maigre silhouette de Cédric Diggory, le fils du forgeron. Le blond ne répondit rien mais remarqua que Cédric et lui étaient les derniers à être devant l'entrée. Prenant une profonde inspiration, Drago baissa la capuche de sa cape et sortit le stylet que lui avait donné Greyback de son fourreau.

Il pénétra dans la grotte, Cédric à sa suite.

Dans les ténèbres profonds de la caverne, la lumière des torches n'éclairait qu'à un mètre. Déjà, la file des hommes avait disparu dans les profondeurs, et Drago devait se tenir près de Cédric s'il ne voulait pas le perdre aussi.

Ils avançaient lentement, se figeant dès qu'ils entendaient un bruit autre que leurs pas sur la roche ou le grésillement des torches. Les cavernes de River Fog étaient de véritables labyrinthes qui s'étendaient sous les montagnes et, même en étant sur le bon chemin, on pouvait avancer durant des mois avant de déboucher sur les gisements toxiques de réalgar.

Drago marchait prudemment, la dague serrée fermement dans son poing, lorsqu'il sentit soudain un vent glacé s'engouffrer dans la grotte, menaçant d'éteindre sa torche. Un manque de lumière au coin de son œil lui apprit que celle de Cédric ne brûlait plus et il tenta de placer son corps en tant que barrage entre le vent et la torche.

La seconde d'après, il était plongé dans l'obscurité.

Pendant un instant, la terreur fit monter brusquement tout son sang à sa tête, faisant siffler ses oreilles et il n'entendit plus que le son erratique de sa respiration. Puis, un grondement monstrueux monta derrière lui et une masse gigantesque le plaqua à terre.

Un hurlement de frayeur pure lui échappa lors de sa chute, abruptement interrompu par sa collision avec le sol. Les pensées de Drago se réduisirent alors à des signaux d'une fraction de seconde, le poussant à ignorer le souffle rauque dans sa nuque, à se retourner sur le dos, et à planter sa dague dans son adversaire.

Encore, et encore, et encore et encore...

Au début, la lame ne rencontra que de l'air, puis elle s'enfonça dans quelque chose, mais ne sembla pas pour autant blesser la créature qui continuait à exhaler son souffle brûlant dans le creux de son cou. Mais, à un moment, Drago sentit la dague traverser quelque chose de rêche et un liquide chaud coula le long de son poignet.

Un jappement aigu résonna dans la grotte, rebondissant sur les parois et s'étendant presque à l'infini avant que le poids qui oppressait son corps ne disparaisse, le laissant seul et tremblant dans le noir.

Durant un temps indéfini il resta là, étendu, avec son souffle haché et les battements affolés de son cœur pour seul compagnie, les yeux grands ouvert dans le noir. Puis, soudain, des bruits de pas précipités se firent entendre et les lumières vacillantes de torches s'approchèrent peu à peu.

"Il est là !" s'exclama Cédric en guidant la file des hommes, pointant sa forme étendue par terre du doigt.

Aussitôt, les hommes se rassemblèrent autour de lui, formant un cercle serré dont Lucius et Greyback se détachèrent. Alors que le prêtre se laissait glisser à genoux à côté de lui, soulevant doucement sa tête, son père tâtait frénétiquement son corps d'un air hystérique, les yeux écarquillés.

"Est-ce que tu es blessé ?" demanda furieusement Lucius, "est-ce que tu es blessé ?"

Drago voulut répondre mais sa voix lui manquait. Il secoua alors simplement la tête, laissant Greyback poser sa main sur sa gorge pour calmer sa respiration. Son regard parcouraient les visages des hommes autour de lui, certains inquiets, d'autres tremblants - comme Londubat, certains impassibles - comme Potter. Du coin de l'œil, Drago vit Weasley émerger d'un embranchement et se glisser silencieusement dans le cercle, sans que quiconque d'autre ne le remarque. Le blond se demanda brièvement d'où il venait avant que son regard ne tombe sur le visage pâle et en sueur de Diggory.

Il planta ses yeux dans ceux, presque jaunes à la lueur des torches, de l'apprenti forgeron, n'ayant aucun mal à faire passer son message: où étais-tu ?

Mais le jeune homme ne répondit pas, déglutissant simplement et détournant les yeux.

"Il saigne," remarqua Potter d'une voix étonnement grave, les pupilles étrangement dilatées et le souffle court.

Drago baissa les yeux et vit qu'il serrait toujours la lame dans son poing mais que celle-ci était couverte d'un épais sang rouge sombre, tout comme sa main et la manche de sa cape. Drago vit les doigts de Greyback glisser jusqu'à son poignet et presser les articulations avec une force inattendue, forçant le blond à décrisper ses doigts et à lâcher la dague.

"Bien joué, petit," souffla le prêtre à son oreille, son haleine brûlante chatouillant les cheveux collés par la sueur sur ses tempes. Puis, plus fort:

"Ce n'est pas son sang, mais celui d'un loup."

"Est-ce qu'il l'a tué ?" demanda Arthur Weasley.

"Non," remarqua Potter. "Il n'y a pas assez de sang pour ça."

Près de lui, Drago vit son père se redresser, toujours très pâle, mais prenant la parole d'une voix plus ferme :

"La chasse est terminée pour aujourd'hui. Rentrons au village."

Alors que les hommes se mettaient en chemin vers la sortie, murmurant entre eux, Drago sentit Greyback l'enrouler dans sa cape rouge et le soulever de terre, marchant à la suite des autres.

"Ma cape est tachée," chuchota-t-il faiblement, ayant du mal à garder les yeux ouverts.

"Je t'en ferais une autre", répondit simplement le prêtre en lançant un regard pensif vers Cédric Diggory qui marchait d'un pas raide à côté de son père.

Le bruit du métal tombant à terre fit se retourner le prêtre et il vit Ronald, blanc comme un linge et les traits crispés, les poings serrés, des yeux rageurs fixés sur la dague ensanglantée au sol.

"Touches pas à ça, gamin," gronda Greyback. "Londubat, cesse de faire ta fillette et ramasse moi ce couteau, il vaut son pesant d'or, pas question de le laisser ici."

Londubat émit un son entre le couinement et le grincement mais se hâta de récupérer la dague avant de suivre les hommes. La dernière chose que vit Drago avant de sombrer dans l'inconscience fut les yeux affamés de Potter sur lui.


Drago reprit conscience avec le bruit de l'eau allant s'écraser contre les rochers. Le froid de l'air qui fouettait son visage contrastait avec le cocon de chaleur dans lequel son corps était enfoui. Le blond papillonna des yeux, tentant de chasser la brume qui les obscurcissaient, en vain.

River Fog, comprit-il finalement.

Ils devaient être au niveau de la rivière. Cela étonna Drago. Il avait l'impression d'avoir dormi pendant des heures. Greyback, remarquant qu'il était réveillé, le posa à terre, s'assurant que Drago pouvait marcher avant de le lâcher complètement.

Ses jambes tremblaient sous lui et la neige sous ses pas ne facilitaient pas sa marche. Mais Drago sentait déjà ses joues rougir à l'idée de s'être évanouit devant tous les hommes du villages. Nul doute qu'une fois que son père se serait remis de ses émotions, il punirait Drago d'avoir été ainsi la honte de sa famille.

Le retour au village se fit dans un silence complet.

Maugrey Fol'Oeil, le guet, avertit Dumbledore de leur arrivée et, bien vite, tout le village les attendait devant les portes, l'air anxieux ou impatient. La déception fut générale lorsqu'il se fit clair qu'aucun cadavre de loup n'était à l'ordre du jour.

"Que s'est-il passé ?" demanda Dumbledore, ses yeux perçants parcourant le groupe.

"Malfoy est tombé comme une donzelle," siffla l'un des jumeaux Weasley.

"Heureusement que le chevalier Greyback était là pour le rattraper," ricana l'autre.

Drago sentit ses joues s'échauffer et un coup d'œil vers son père lui indiqua qu'il en était de même pour Lucius. Mais alors que le chef de famille blond s'apprêtait à riposter, Greyback asséna deux grands coups aux rouquins, leur arrachant des couinements de douleur, avant d'enrouler son bras autour de la taille de Drago. Le blond n'eut pas le temps de se débattre, déjà le prêtre agrippait son bras et présentait sa manche tâchée de sang à Lily Potter.

Si les femmes autour d'elle reculèrent devant le geste brusque et inattendu, la rousse ne cilla même pas.

"Que sens-tu, sorcière ?" demanda Greyback d'un ton sans appel.

James émit un son étranglé derrière eux.

Lily soutint un instant le regard du prêtre, l'air suspicieux et vaguement étonné, mais finit par se pencher en avant et renifler la manche noircie. Elle fronça le nez avant de passer un coup de langue étonnement pointu sur le poignet blanc du garçon. Drago frissonna de dégoût, de brefs souvenirs de l'incident avec Potter dans la grange s'imposant à ses yeux.

"Ce n'est pas parmi les loups qu'il faut chercher un coupable," dit lentement Lily, ses yeux fixés dans ceux du prêtre, "mais parmi les hommes."

Il y eu un moment de silence, le temps que chaque villageois prenne conscience de ce que cela signifiait, avant que Narcissa ne souffle :

"Loup-garou."


Drago remarqua à peine que Lavande Brown s'était évanouie, tout comme il ne remarqua pas les murmures affolés ou les cris de terreur qui parcouraient Pré-au-Lard, sourd aux paroles d'apaisement de Dumbeldore qui enjoignait la population au calme.

Ses yeux se posèrent sur Potter.

Harry fronça les sourcils, une expression indéchiffrable sur le visage mais lança un regard soupçonneux à Ron. Ron sembla soudain mal-à-l'aise et fit un pas en arrière, butant contre Cédric. Diggory avait la pâleur d'un fantôme et jetait des regards de bête traquée aux alentours, inconscient du coup d'œil calculateur de Greyback sur lui.

Personne ne remarqua le départ précipité de Remus Lupin qui alla s'enfermer chez lui, la porte claquant sèchement sur son passage.

Personne, sauf Lily Potter, droite au milieu du chaos qui régnait dans le village, ses yeux verts couleur de poison glissant sur la silhouette sanglante de Drago Malfoy.

Inutile de ta cacher, petit agneau. Le loup sait déjà où te trouver...

To be continued...


Hello, tout le monde ! Tout d'abord, je vous félicite d'être arrivé jusqu'à cette note d'auteur, cela signifie que vous avez le coeur bien accroché :)

Je suis heureuse de vous présenter ma toute nouvelle fiction qui est déja pratiquement finie au niveau écriture. Vous pouvez constater que c'est d'un genre tout à fait différent de d'habitude ! Mais si vous êtes venu jusqu'ici, j'imagine que ça ne vous déplaît pas ^^

Pour ceux qui seraient inquiets, je vous rassure, non, Drago ne sera pas violé par Harry. Il n'y aura pas de viol dans cette fiction. Alors détendez-vous et profitez de l'ambiance sombre et glauque :)

N'oubliez pas: les reviews font sortir le Grand Méchant Loup des bois ! :D