"Nothing could tell the power of your smell" Lost Highway – Aaron

Disclaimer : Tout appartient à la Grande Prêtresse

Note : Cette fic est écrite dans le cadre de la nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème « Parfum ». Le but du défi était d'écrire une fic en 1 heure de temps, idée, écriture et postage compris.


Le Loup lui a tout pris – sa dignité, son humanité, sa normalité.

Le Loup lui a tout volé – ses espoirs, ses mérites, ses assurances.

Le Loup lui a tout anéanti – ses amitiés, ses amours, sa famille.

Alors Remus ne sait pas trop, en ce drôle de matin, pourquoi son cœur chante. Mais ce matin, ils dorment autour de lui, leurs visages épuisés abandonnés au sommeil. Et leurs odeurs de sang, d'animal, leurs odeurs du Loup, raniment au creux de Remus une puissance qu'il avait oubliée. Ce matin, Remus est aimé ce matin, il le sait.

Le Loup lui a offert des secrets – des parfums à apprendre par cœur, des rires dont les notes se gravent au fond du cœur, des mains sur sa peau aux caresses si tendres.

Le Loup lui a donné de sentir et d'entendre au-delà de ce qui est normal. Le Loup lui a offert Sirius, James et Peter comme personne ne les connaît.

Ce matin, Remus tout doucement glisse dans le sommeil, tout doucement aime le Loup.


« Je peux te dire un secret ? » La petite fille hoche la tête, ses cheveux blonds tombant sur son épaule, dévoilant son regard gourmand et sa mine sérieuse. Elle promet le silence, jure sur la tête de son petit frère qu'elle préfèrera mourir plutôt que de dévoiler l'information à quiconque.

« Je sens des choses. » L'air mystérieux du garçon emplit la phrase de couleurs et de sens, et la fillette ouvre des yeux rêveurs sur toutes les possibilités contenues dans ces quatre mots. Tant peut être en jeu ! Il y a l'odeur de la tarte que Mamie fait cuire en grondant Oncle Ron, et celle du linge qui sèche, claqué par le vent, qui lui porte le parfum de l'été, chaud, fleuri, lourd. Il y a les bonbons dans leurs poches dont le goût reste sur leurs lèvres.

Dix ans plus tard, Teddy voudrait répéter à Victoire qu'il sent des choses. Il voudrait lui dire ce qu'il n'a pas explicité alors, étourdi de ses sens grisants.

Ce que le jeune homme voudrait confier à Victoire, c'est plus compliqué encore.

Car hormis lui, qui connaît l'odeur de sa peau ? Personne ne sait le parfum tendre et entêtant qui l'enveloppe, cette douceur acide dont chaque effluve fait bouillir en lui une folie qu'il ignorait. Personne, à part lui, n'a cette tentation de chaque instant, cette envie de toucher – oh ! Se brûler enfin les doigts, à ce corps dont le parfum résonne en lui, musical.

Il ignore ce qu'est aimer, celui qui n'a jamais senti l'odeur de Victoire. Et Teddy silencieusement remercie le Loup, qui lui offre un délice dont le monde jamais n'aura conscience. Qu'il est doux, de s'enivrer seul !


Du bleu pour les paupières, du rose pour les joues – rien sur les cils, elle n'en a jamais eu besoin. Du reste non plus, elle le sait bien, mais elle ne peut s'empêcher cette coquetterie inutile qui fait soupirer sa mère – « Le naturel, Victoire ! ». Sa mère la fait rire, avec son naturel – est-ce donc naturel, de faire se tuer les hommes pour un regard ?

Une boucle à l'oreille, du parfum dans son cou.

Peut-être, ce soir, se retournera-t-il sur elle, et lui fera railleusement remarquer qu'elle n'a besoin de rien de tout cela. Peut-être, ce soir, l'enivrera-t-elle un rien, comme les autres. Peut-être, ce soir, brisera-t-elle la muraille qu'il a si bien construite, afin de toujours empêcher Victoire de l'atteindre. Cette facilité qu'il a de lui résister a rendue folle la jeune fille, désespérément folle.

Au point de lui faire celer, sous un parfum capiteux, l'odeur dont il raffole.