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Résumé : Atsumu est le meilleur alchimiste, après tout. / FMA AU

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Furudate Haruichi.

Helloo

FMA un jour, FMA toujours, n'est-ce pas ? Cette série de vignettes se base légèrement plus sur 2003 que sur mangahood. Elles sont toutes d'abord écrites en anglais, puis traduites en français !

Bonne lecture ! :)


Chapitre 1 : Ailes brûlées

Tu sais que tu as toujours été le plus puéril, du moins c'est ce que tout le monde n'arrête pas de dire ; tu parles le plus fort, tu te plains, tu fais des farces à ton frère, en résumé tu es le petit frère, bien que tu sois né avant Osamu. Techniquement, tu es le grand frère, mais beaucoup de personnes ignorent cette notion parce que vous êtes jumeaux, ça n'a pas d'importance qui est sorti du ventre de votre mère en premier, vous êtes identiques de toute façon. Ouais. Ouais, identiques, cheveux identiques, visage identique, jusqu'à la fossette droite de votre sourire, jambes identiques qui courent pareillement vite, mains identiques qui dessinent des symboles et des cercles pour pratiquer la meilleure alchimie.

Vous aimez tous les deux l'alchimie, vous avez commencé à l'étudier ensemble et continuez de le faire, mais à un moment donné cela s'est transformé en compétition – qui peut transmuter le plus rapidement, qui peut ajouter le plus de détails, qui peut apprendre une technique le plus facilement. Osamu a toujours été le plus réfléchi, mais tu es fier de proclamer que tu es le plus concentré quand l'alchimie est concernée. Tu peux, et tu cites Tobio, « absorber n'importe quoi comme une éponge », alors qu'Osamu a besoin d'un peu plus de temps pour saisir le concept que tu as compris vingt minutes plus tôt. Tu ne peux pas t'empêcher de t'en vanter, parce que hey, vous n'êtes plus identiques ! Tu es clairement un alchimiste supérieur, tu en sais davantage qu'Osamu et tu lis plus que lui, personne ne peut te dire que c'est pas impressionnant.

— C'est bien pour toi, 'Tsumu, dit Osamu avec l'expression la plus neutre qu'il ait jamais osée.

— Allez quoi, me dis pas que t'es pas jaloux !

Parce que c'est impossible que 'Samu ne soit pas un tantinet frustré. Vous vous êtes battus pour la dernière part de gâteau, vous vous êtes battus pour le lit du haut, vous vous êtes battus pour rentrer dans le bain le premier, c'est impossible que le sujet de l'alchimie soit négligé de cette façon.

— Ben, je suis un peu envieux, c'est vrai.

'Samu hausse les épaules et prend une bouchée de son pudding (hey, quand est-ce que Maman a acheté des puddings ? Tu en veux un aussi !).

— Mais je suis pas aussi passionné par l'alchimie que toi, tu sais ? Je veux dire, comprendre et créer des trucs c'est cool, je suppose, mais je vais pas t'étouffer avec un coussin parce que tu es meilleur que moi.

Tu restes silencieux. Ce... n'est pas ce à quoi tu t'attendais. Osamu a l'air parfaitement calme, te fixant avec ses yeux endormis, comme s'il venait te t'annoncer qu'il était quatre heures et que vous pouviez avoir votre goûter. C'est déstabilisant. Ça te satisfait pas.

— Attends, t'es prêt à m'étouffer avec un coussin pour d'autres raisons ? tu soulignes, avec un cri de surprise et un écarquillement d'yeux.

'Samu lève les yeux au ciel.

— Si tu descends encore une fois pour me réveiller et raconter une de tes blagues, je vais pas me gêner.

— C'est un fratricide, 'Samu !

Osamu hausse les épaules une nouvelle fois et décide que son pudding est plus intéressant. Aujourd'hui encore, tu ne sais pas s'il a délibérément laissé tomber le sujet parce qu'il a senti que quelque chose n'allait pas.


Tu as douze ans quand tu trouves une formule pour la transmutation humaine. Maman est morte il y a deux ans ; tu as l'impression que tu aurais dû étudier plus ardemment, aurais dû creuser davantage les livres de Papa, parce que deux ans semblent bien trop longs pour se retrouver avec une seule et unique formule dont tu n'es pas sûr du résultat. Osamu a aidé un peu, bien que tu ne lui aies pas dit ce sur quoi tu faisais tes recherches ; tu as déblatéré à propos d'une alchimie curative pour empêcher la maladie de tuer d'autres personnes, et Osamu t'a cru ou peut-être pas, mais au bout du compte tu as réussi à accomplir ce que tu avais prévu.

Un matin ensoleillé à la table à manger des Kageyama, tu chuchotes à ton frère :

— Je sais comment ramener Maman.

'Samu ne bouge pas. Il ne lâche pas sa fourchette, ni ne détache son regard de son assiette.

— C'est ce que tu cherchais, il déclare.

— Oui.

Lentement, lentement, il tourne la tête vers toi.

— La transmutation humaine est impossible.

— Tu peux pas savoir avant d'avoir essayé, tu argumentes en fronçant les sourcils. Le monde est grand, y'a au moins une personne qui y est parvenu.

— Et pourquoi on en a pas entendu parler ? Si cette personne a réussi l'impossible, je suis sûr que tous les alchimistes le sauraient.

Tu serres les dents. Non, tu peux pas hésiter maintenant, pas après avoir cherché et cherché et enfin trouvé le dernier éclat d'espoir.

— Peut-être qu'elle voulait pas que les gens le savent, avec la notoriété et tout, tu suggères.

'Samu pose enfin sa fourchette dans son assiette et soupire lourdement, te regardant avec inquiétude, anticipation, confusion ? Y'a trop d'émotions, 'Samu.

— Je sais pas, 'Tsumu. Je vois pas ce qui serait assez équivalent pour le corps et l'âme de Maman.

— J'ai la solution, t'en fais pas, okay ?

Tu lui offres un large sourire, celui que tu montres à chaque fois que tu as pensé à une bonne farce à faire à Tobio, et c'est apparemment suffisant pour que 'Samu te rende l'esquisse d'un sourire qui fait apparaître sa fossette.

— Je me suis douté que tu voulais ramener Maman. Je suis pas à cent pour cent sûr, mais je te fais confiance, 'Tsumu. Et t'es meilleur que moi en alchimie, après tout.

Oh que oui tu es meilleur. Tu sais que tu l'es. C'est pour ça que tu as endossé la responsabilité de restaurer la famille heureuse que tu as perdue.

Tobio revient de la cuisine, et fronce adorablement les sourcils quand il voit que tu n'as toujours pas fini ton petit-déjeuner.

— On va être en retard à l'école, il murmure. Vous parliez de quoi ?

— Ta petite tête va pas comprendre, Tobio ! tu rétorques joyeusement.

— Encore d'alchimie ?

— C'est pas comme si tu passais pas tes journées à inhaler de l'huile ou de la poussière dans ton atelier !

— Bah on est pas si différents alors !

— 'Tsumu, arrête d'embêter Tobio et mange, il a raison, 'Samu interrompt.

— Ouais, ouais, l'école.

Qui a besoin d'aller à l'école quand tu as le plan le plus génial au monde ?


Non. Non. Non, non, non, non.

Non non non non non non non—

Ce n'est pas ce que tu voulais. Ce n'est pas ce qui devait se passer. Non. Bordel, le sang. Il y a du sang partout, éclaboussant le sol, les murs, tes vêtements, ton visage et—

Une douleur rouge et enflammée se propage depuis ta jambe qui traîne cette peinture à travers la pièce alors que tu rampes, tes joues tachées de larmes et ta gorge juste assez puissante pour laisser passer une respiration rapide et étouffée. Tu ne peux pas réfléchir, tu ne peux pas comprendre ce qui se passe, et pourtant ton cerveau est rempli, rempli, rempli, sur le point de prendre le contrôle de ton corps pour continuer à te mouvoir, pour faire quelque chose.

Tu es en train de mourir.

— 'Samu...

Osamu ne se trouve nulle part, et seule une pile de vêtements est jetée là où il se dressait. Tu t'étrangles avec l'odeur du sang et de la bile que tu viens de vomir, les yeux picotant et les oreilles bourdonnant, ta tête nageant dans une brume que tu ne peux dégager.

Ce n'est pas ce que tu voulais.

— 'Samu...

Tu rampes, les ongles s'enfonçant dans le béton du sous-sol, les coudes s'éraflant avec les moindres gravats. Le trou béant laissé par ta jambe manquante te maintient dans cette réalité, et puis tu lèves la tête et des yeux vides te fixent en retour. Ton esprit vacille ; tu as vu des choses, des vrilles noires s'étirant vers toi, des yeux te regardant avec avidité, et ils se rassemblent tous pour éclater dans ton cerveau et c'est là que tout devient lucide.

L'armure tombe au sol après que tu l'aies frappée. Le casque roule. Te mordant la lèvre, dans la souffrance, le regret, l'espoir, tu trempes ton doigt dans ton sang et tu traces un cercle à l'intérieur de l'armure, sur tes bras, sur ton torse, sur ton front, les symboles et la forme jaillissant comme si tu les connaissais depuis toujours. Tu penses que le tremblement de tes mains est dû à l'adrénaline (pas à la peur, pas à la peur).

— Ramenez Osamu. Rendez-moi mon frère !

Tu plaques tes mains sur le cercle. Une vive lumière bleue t'enveloppe, t'emmenant dans un endroit blanc et aveuglant.

La Porte noire te ricane à la figure.

Tu lui rends un regard enragé. Tu exiges l'âme de ton frère – tu te tiens fier, inflexible, tandis qu'Elle se saisit du prix.

Tout va bien. Tu vas arranger ça. De vous deux, tu es le meilleur alchimiste, après tout.

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Osamu se réveille avec des connaissances qu'il n'a pas demandées.