PROLOGUE
Bienvenue, cher lecteur !
Sachez que vous venez de cliquer sur une fanfiction dites "DEFI". C'est à dire que l'histoire ne peut se faire sans vous.
Oui.
WE NEED YOU.
Vous êtes donc invité à poster, dans la catégorie reviews, les défis saugrenues qui vous viendrons à l'esprit. N'importe lesquels. Faites vous plaisir. Cela peut concerner un élément d'intrigue à ajouter, des phrases à incorporer, des personnages à faire apparaître...
Bref !
Ca; ce sera votre boulot durant cette lecture !
C'est votre MISSION... si vous l'acceptez.
Que dire d'autre ?
Cette fanfic' a de forte chance de finir en yaoi. Vraiment. Je vous préviens.
Ah, et, elle est en grande partie inspirée par "Le Jour du Docteur".
CE SERA TOUT, LECTEUR !
Bonne lecture !
Le Docteur rouvrit les yeux. Il était étendu de tout son long à même le sol. Il se sentait étonnamment… léger.
Il se redressa sur son séant, encore groggy. Son regard vaseux se posa sur le splendide ciel fuchsia qui s'étendait au-dessus de sa tête.
Il se trouvait au milieu d'une grande plaine d'un excentrique bleu turquoise qui s'étendait à perte de vue. Il ne voyait personne. Il semblait seul.
Il fronça les sourcils. Il ne connaissait pas cette planète.
Il tourna la tête. Son Tardis se tenait là, dressé innocemment. Au moins une chose de familière. Il sentait également le poids rassurant de son tournevis sonique contre sa poitrine.
Il se releva avec difficulté, ses genoux semblant très occupés à danser le houlà. Il chuta en avant, se réceptionna maladroitement sur sa cabine téléphonique.
Comment était-il arrivé là ?
Il fouilla dans ses souvenirs confus. Le problème avec le fait d'avoir vécu plusieurs siècles, c'est que notre mémoire avait tendance à tout mélanger.
Mais il trouva finalement ce qu'il cherchait.
Bien sûr.
Il s'était régénéré. Encore.
Est-ce que cela voulait dire… qu'il était mort ? D'une certaine manière ?
Parfaitement réveillé à présent, il se retourna, scruta désespérément l'horizon.
Seul, il était seul.
Il tenta d'ouvrir la porte du Tardis. Il échoua. Elle semblait désespérément fermée.
Il sortit son tournevis, le pointa sur la porte.
Rien n'y faisait.
Un étrange sentiment lui tordit les entrailles.
Lui, le Docteur, n'avait même plus accès à son Tardis. Lui, le Onzième d'une longue liste, avait proprement été rayé de la carte, sans même connaître son remplaçant.
Il se laissa glisser le long de la porte en bois, vidé de l'intérieur.
Qu'allait-il faire, maintenant ?
Il se prit la tête dans les mains.
Alors ça y est ?
C'était fini ?
Il grimaça. Son double passé avait eu raison.
Il détestait l'idée de la fin.
Il ne sait pas combien de temps il resta là, prostré, comme un chiot malheureux, les yeux fixés sur le sol.
Il sait juste qu'il finit par s'endormir. Comme ça. Comme un bébé.
Après tout, ce n'est pas comme s'il avait grand-chose d'autre à faire.
Il n'existait plus.
OoOooOooOoo
Il fut cavalièrement réveillé par une main très impolie qui le secoua comme un prunier.
Sa réaction ne se fit pas attendre : il repoussa le propriétaire de la main, sauta sur ses pieds et brandit son tournevis en direction de l'intru.
Il fut surpris de voir que celui-ci avait eu le même réflexe final, et qu'ils étaient désormais deux à se viser avec de malheureux tournevis comme si c'était des armes.
Le regard de l'autre se posa, ébahi, sur l'objet qu'il tenait en main.
« Mais, articula-t-il. Tu es… »
Le Onzième Docteur ne le laissa pas finir.
Il venait de reconnaître son interlocuteur, et ses deux cœurs en avaient bondis dans sa poitrine.
Le soulagement se mêla çà l'enthousiasme et à la joie.
« Toi ! compléta-t-il. Enfin, je serais toi, et tu as été moi. »
Il abaissa son tournevis, le visage rieur.
L'autre fit de même, un peu méfiant. Et peut-être un peu perdu, aussi.
Le Onzième -que nous allons maintenant désigner ainsi, pour des causes de lisibilité évidente- tendit la main vers son interlocuteur. Celui-ci la saisit avec une certaine lenteur. Son regard se posa sur le Tardis qui les surplombait. Une ombre nostalgique passa dans ses yeux.
« Ravi de te revoir, Chaussures de Plage, s'exclama le Onzième, tout sourire. »
La première réaction du Dixième Docteur fut de fixer ses pieds, sourcils froncés, tentant d'évaluer si ses pauvres chaussures méritaient une appellation aussi ingrate.
Puis il tiqua sur le mot « revoir » et fixa son lui futur avec une attention accrue.
Puis, enfin, sa mémoire s'affaissa pour libérer tout un pan de sa vie qui était passé aux oubliettes, et il ouvrit une bouche en « o » en reconnaissant à son tour le Docteur qui lui faisait face.
Toute trace de méfiance s'envola miraculeusement, et il s'autorisa à son tour à sourire.
« Eh bien, ça alors ! Gros Menton qui nous fait le plaisir de se joindre à nous ! »
Le Onzième fit la moue à l'entente de ce petit surnom affectueux. Surnom qui ne lui avait pas manqué.
Contrairement à ce double de lui-même.
Il n'aurait jamais cru ça possible, de pouvoir se manquer à soi-même.
« Nous ? s'enquit-il, soucieux d'éloigner le sujet de la conversation du bas de son visage. »
L'autre confirma d'un hochement de tête, rangeant son tournevis bien à sa place.
« Nous, oui. Toutes les différentes versions du Docteur. De Nous. Bref. »
Il épousseta son manteau plein de poussière bleue. Il s'était visiblement retrouvé étalé par terre quand le Onzième l'avait rudement poussé.
Cependant, malgré ça, sa tenue semblait plus miteuse que dans son souvenir. Les pans de son manteau étaient effilochés et abimés. Son costume rayé était déchiré et reprisé par endroit. Il avait enveloppé sa main gauche dans un tissu d'une blancheur douteuse qui avait pris une légère couleur rougeâtre. Ses cheveux étaient pleins de poussière et plus ébouriffé encore que d'habitude.
Cependant, il avait conservé sa prestance et son regard vif, caractéristique de tout Docteur qui se respecte.
Le Onzième secoua légèrement la tête, balayant une nouvelle fois l'endroit du regard.
« Alors, c'est ici que nous finissons… lâcha-t-il. »
L'autre fourra ses paluches dans ses poches, l'air grave.
« En effet. C'est ici. »
Un certain silence finit par prendre place.
« C'est très… bleu, déclara-t-il au terme de sa réflexion. »
Le Dixième Docteur le fixa avec des yeux ronds, s'attendant à tout sauf à cette remarque.
Son air de merlan frit amusa beaucoup son double futur qui éclata d'un rire bien sonore.
« Tu es complètement malade dans ta tête, affirma Chaussures de Plages. »
Le rire du Onzième se fit bien plus tonitruant.
« Alors tu l'es aussi, rétorqua-t-il entre deux crises de rire. C'est probablement une maladie inerrante aux Docteurs de tous les Temps. »
Le Dixième se mordit l'intérieur des joues, maîtrisant visiblement un fou rire.
« La situation est très sérieuse, rappela-t-il, plus pour lui-même que pour son lui futur. Ce n'est pas le moment de faire le singe. »
Le Onzième sembla entendre raison, retrouvant lentement son souffle, essuyant ses yeux larmoyants. Il pouvait entendre l'autre prendre de profonde inspiration, probablement pour se calmer aussi.
L'homme au nœud papillon n'arrivait pas à mesurer sa chance d'être tombé sur ce Docteur-là. Il avait toujours haï la solitude, et l'univers lui envoyait le double de lui-même avec lequel il se sentait le plus à l'aise, voir complice.
Enfin un coup de chance dans l'adversité.
Bon sang, ce qu'il était CONTENT de revoir ces abominables chaussures blanches.
« Tu sais où nous sommes ? finit-il par articuler. »
Le Dixième prit une légère inspiration, les yeux un rien écarquillés, alors qu'il réfléchissait probablement à ce qu'il allait dire.
« Je n'en ai aucune idée, avoua-t-il en toute sincérité. Mais je bourlingue ici depuis assez longtemps pour savoir que cet endroit n'est pas PRECISEMENT la place rêvée pour des vacances bien méritées, tu peux me croire. »
Le regard du Onzième se posa de nouveau sur la main bandée de son vis-à-vis.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il, tout son sérieux retrouvé. »
L'autre rentra un peu la tête dans les épaules, se balança sur ses jambes, le regard planté dans le ciel violacé.
« Eh bien, outre l'absence complète d'infrastructures sanitaires, de bon restaurant et de machines à laver, je dirais que les créatures qui se promène un peu partout et qui veulent vous tuer UNE DEUXIEME FOIS sont un inconvénient des plus désagréable, énuméra le Dixième, fronçant machinalement les sourcils. »
Le Onzième comprit un peu mieux les allures de clochard futuriste de son double passé.
« … Quel genre de créature ? s'enquit-il presque timidement, ne pouvant s'empêcher de penser à ces chers Daleks. »
Ceux-ci pouvaient-ils les avoir suivis jusqu'ici ?
Le Dixième poussa un très long soupir exagéré, tentant probablement de faire passer tout le poids de son lourd savoir et de son terrible vécu dans ce lieu par ce simple bruit.
Gros Menton se dit qu'il avait des airs de Drama Queen.
« Du genre monstrueux. Enormes. Pleines de dents. Et pleines de poisons, aussi. Elles se déplacent sous terre. Impossible de savoir quand elles approchent. »
Il se tourna vers son interlocuteur, prenant des airs de narrateur de film d'horreur.
« Il y en a peut-être même une en dessous de nous, en ce moment même. »
Le Onzième retient un déglutissement, mettant toute sa bonne volonté pour ne pas montrer que oui, l'autre avait réussi à lui faire peur. Mais il ne put s'empêcher de sonder le sol avec son cher tournevis sonique, histoire d'être bien SÛR qu'il n'allait pas mourir (encore) incessamment sous peu.
Le Dixième aborda un sourire narquois très satisfait, visiblement content de son petit effet.
« Et pour la nourriture ? relança mine de rien le Docteur à nœud papillon, désireux de faire l'impasse sur le sujet des créatures. »
L'autre sembla revenir en plan des priorités et reprit un air sérieux, qui jurait étrangement avec son visage habituel.
« Il y a des oasis, environ espacés de deux jours de marches chacun. On y trouve un peu d'eau et des sacs plein de vivre. Ne me demande pas ce qu'ils font là, je ne sais rien, le coupa-t-il avant qu'il n'ouvre la bouche. Je ne pense même pas que cette nourriture vient d'ici. Le sol est incultivable. »
Le Onzième fixa le sable turquoise qui s'étendait à perte de vue.
« Dommage, j'aime beaucoup le jardinage, soupira-t-il. »
L'autre haussa très haut un sourcil, une moue sceptique au visage.
« C'est vrai ? grimaça-t-il, visiblement ahuri à l'idée que quelqu'un puisse considérer le fait de tripatouiller dans la terre et les vers de terre comme un passe-temps. »
Nœud Pap' lui adressa son plus beau sourire.
« Absolument pas ! »
La main du Dixième fit une splendide envolée pour venir s'écraser sur son visage dans un splendide face-palm.
« Suis-je bête, soupira-t-il. Nos goûts ne changent pas AUTANT à chaque régénération. »
Le Onzième gloussa un peu, fier de sa blague.
« Je suppose que tu cherchais justement une oasis lorsque tu es tombé sur moi… je me trompe ? »
Le Dixième hocha la tête, pensif. Son regard se perdit à l'horizon, sur la ligne bien nette qu'avait tracé ses pas.
« En effet. Je vais tomber à cours de vivre. Et maintenant, à deux, il va en falloir plus- »
Il se stoppa au milieu de sa phrase, comme frappé par la foudre.
« Enfin, tu n'es pas obligé de venir, bien sûr. J'ai dit ça comme ça. »
Le Onzième décida de passer outre l'étrange rougeur qui colorait le visage pâle de son double passé.
Il était bien trop occupé à réfléchir à ce qu'il venait de dire.
Il n'avait nulle part où aller. Il n'avait pas la moindre envie de se trouver seul.
Mais abandonner son Tardis derrière lui lui coûtait. Réellement.
Il prit une inspiration.
Avait-il le choix, de toute façon ?
Non, bien sûr que non. Il ne pouvait tout simplement pas rester planté là.
Pour quoi faire, de toute façon ?
Il n'avait rien pour se nourrir.
Rien pour se défendre d'une possible arrivée de créatures « énormes, dentues ».
Sauf son tournevis sonique.
Et comme le disait si bien Grand-Père, « C'est un tournevis, pas un pistolet à eau ! ».
Il soupira, jeta un regard plein de regret à sa vieille cabine bleue, désespérément fermée. Sa main se posa contre le bois, lentement, sous le regard compréhensif de son double.
Son double.
Depuis combien de temps avait-il quitté son Tardis ?
Avait-il, lui aussi, reçu la visite d'un autre lui-même ?
Ou est-ce que la faim l'avait poussé à se déplacer, à abandonner sa cabine ?
Avait-il eu connaissance des créatures avant d'en croiser une ?
Il secoua la tête.
Il avait eu une chance déraisonnable de croiser un allié dans un endroit pareil.
Il ne pouvait pas laisser cette chance repartir toute seule sur ses chaussures de plages hideuse.
« Bien sûr, que je viens avec toi, répondit-il finalement d'un ton qui se voulait enjoué. Ne croît pas te débarrasser de moi aussi facilement ! »
Le Dixième ne put cette fois retenir son rire, soulagé d'avoir ENFIN trouver de la compagnie, et ils se retrouvèrent bientôt tous les deux à se bidonner allégrement au milieu de nulle part.
