Voilà, ce n'est pas la première fic que j'écris mais c'est la première que je publie. Euh… il faut savoir que c'est vraiment une pure fiction, et que ça colle très peu à l'esprit de la série en fin de compte. Je m'efforce de coller aux personnages, même si ce n'est pas toujours évident. L'intrigue est un peu inspirée du film Fatale, de Louis Malle (sorti en 1992 et nominé aux Oscars de 1993), mais en moins dramatique. En fait c'est surtout inspiré d'un cauchemar que j'ai fait il y a peu de temps et que j'ai adapté au Huddy (c'est gagné, z'allez me prendre pour une vraie malade maintenant !!). Bon, trêve de blabla inutile, et bonne lecture ! J'espère que ça vous plaira (même si c'est tordu), n'hésitez pas à commenter !
Ermitage
Chapitre 1
House avait passé une sale journée, et de façon générale une sale semaine. Il n'y avait pas eu de cas vraiment intéressant à traiter, il avait du faire ses quatre heures de consultations hebdomadaires. Bref, il s'était ennuyé à mourir. Pour passer le temps, il était allé chiper le déjeuner de Wilson plusieurs fois (voire deux fois dans la même journée), il avait fait tourner Cuddy en bourrique, il s'était ouvertement moqué de ses trois mousquetaires. Mais il s'ennuyait terriblement. Autrefois, il serait allé courir toute la soirée pour se distraire. Il aimait sentir l'air frais lui lacérer le visage jusqu'à faire pleurer ses yeux et tirailler sa peau, il aimait sentir tout son corps uni dans l'effort, sentir ses muscles se tendre et se détendre. Il se sentait vivant, et plus il courait vite, plus un sentiment d'invincibilité l'envahissait. Dans les lignes droites, il aimait fermer les yeux pour avoir l'impression de s'envoler. C'était un moment de solitude et de plénitude qu'il appréciait particulièrement. Mais il ne pouvait plus courir. Sa cuisse l'avait abandonné. Pour tenter de diminuer sa frustration, il décida de rentrer à pieds, et tant pis si sa jambe refusait, il le ferait quand même. Le ciel était dégagé, c'était le printemps. Une fine brise venait le rafraîchir de temps à autre. Il fit un détour par les petites rues, pour éviter l'agitation des grands axes et la foule qu'il détestait tant. Il était tard et les passants étaient rares. Il tourna devant un restaurant qui faisait l'angle. Il vit son reflet dans les grandes baies vitrées et jeta un furtif coup d'œil à l'intérieur. Il y avait déjà pas mal de clients pour un début de soirée, c'était un endroit plus chic et côté. Il n'était jamais passé par là et ignorait totalement l'existence de ce resto. Il allait détourner son regard quand une table au fond de l'établissement retint son attention. C'était un couple en tête à tête, plutôt rapproché. Il s'arrêta pour mieux les distinguer. Il ne rêvait pas : c'était Wilson qu'il voyait, sourire jusqu'aux oreilles, en compagnie d'une femme qui n'était autre que… c'était Cuddy. House réalisa qu'il était planté en évidence devant la baie vitrée et qu'il n'allait pas tarder à se faire remarquer. Il se dissimula derrière une poutre à la jonction entre deux vitres et les observa un instant. Cuddy avait revêtu une robe de soie noire qui épousait parfaitement ses formes. Elle avait remonté ses cheveux en chignon, seules quelques boucles brunes tombaient majestueusement sur ses épaules. Elle portait quelques bijoux en argent, mais rien d'excessif. Juste de quoi faire ressortir la clarté de ses yeux. Et elle souriait comme il ne l'avait vu sourire. On aurait dit le plus beau jour de sa vie. House se recula et voulut s'éclipser quand un détail retint de nouveau son attention. Cuddy avait les jambes croisées, et l'une d'elles effleurait la jambe de Wilson. Il releva son regard sur la table et vit que ce dernier caressait le bras de sa convive. Comme si ce n'était pas encore assez, il se rapprocha doucement d'elle, elle ferma les yeux et se pencha légèrement en avant. House aurait voulu crier « Coupez ! » pour que la scène qui suivit n'arriva jamais. Wilson déposa un baiser affectueux sur les lèvres de Cuddy. Le cœur de House s'emballait, et il déglutit difficilement. Il aurait voulu entrer et hurler au scandale, rien que pour voir leurs têtes éberluées. Cuddy était aux anges. House crut sentir son cœur se serrer, mais il se reprit très vite. Ca lui était bien égal ce qui arrivait là, mais il allait se faire une joie de briser tout ça, comme à chaque fois que Cuddy avait un compagnon. Il se remit en route, songeant qu'il en avait assez vu pour la soirée. Mentalement, il échafaudait déjà un plan machiavélique pour les rendre dingues. Et pendant qu'il pensait, son amusement devenait petit à petit de l'exaspération, puis de la déception, et finalement de la colère. Il n'était pas jaloux, il se répétait qu'il s'en fichait. Mais il ne comprenait pas pourquoi le bonheur tournait en rond autour de lui sans jamais l'atteindre. Cuddy et Wilson paraissaient très heureux, et lui il se sentait désespérément seul. Maintenant, il était seul chez lui. Chaque fois qu'il regardait l'heure, il imaginait où ils en étaient et ça le rendait d'autant plus malade que la soirée avançait. Il ne trouva pas le sommeil, mais il avait un plan pour le lendemain.
