N'ayez pas peur cher lecteur, cette fan fiction est terminée, oui je dis bien terminée. Je devais faire une petit one shot qui s'est transformée en une grosse one shot. Je pense la découper en quatre parties que je posterai dans la semaine, c'est un peu un cadeau en attendant que je continue mes autres fan fictions en cours... Dites-moi ce que vous en pensez ^^
Bonne lecture !
Pour information : les paragraphes en italique en dehors des dialogues sont les pensées des personnages. Il y aura quelques grossièretés ici et là, je préfère prévenir.
« Attends, s'il te plaît ne pars pas ! Shizuru, j-je t'aime ! » S'écria une jeune femme le regard vert empli de crainte mais surtout de certitude, la main suspendue dans les airs comme si elle voulait toucher l'autre femme, qui elle voulait s'en aller, mais qu'elle s'en empêchait.
J'étais sur le point de partir mais je ne pus que m'arrêter dans mon élan, contracter tous mes muscles et serrer les poings très forts, si fort que le sang quitta mes deux mains et qu'elles s'engourdissaient déjà, en entendant ces mots magnifiques que j'attendais qu'elle me dise depuis si longtemps et qui ne vinrent jamais. Si qui vinrent mais trop tard, c'est-à-dire en ce moment même donc, après qu'elle m'ait quitté sans véritables raisons, qu'elle soit revenue vers moi juste avant qu'elle ne couche avec une autre femme, et qu'enfin je l'apprenne et me fâche contre elle juste avant qu'elle se soit enfuit comme une lâche après s'être excuser en une simple petite phrase… Étais-je réduite à ça ? J'ai pourtant vu dans ses yeux qu'elle tenait à moi ? Oui ! J'en suis certaine, elle ne m'a jamais dit ces mots et elle était maladroite c'est vrai mais je savais que j'étais précieuse à ses yeux, n'est-ce pas ? Et là voilà aujourd'hui ici avec moi, de retour à Fuuka pour la rentrée. Mais mon cœur est chamboulé et à vif. Je baissai la tête et soufflai comme pour faire disparaître mon stress, ma haine, mon trouble et ma souffrance si lourde et pesante… Disait-elle ces mots pour me retenir, pour m'enchaîner à elle ou alors était-elle sincère ? Connaissait-elle véritablement la signification de ces mots ? Je commençais à en douter…
Mais je ne me retournerai pas, je reste là sur place, forte et déterminée, sentant son regard intense brûlant dans mon dos, me dévisageant dans l'espoir que je lui fasse face et que peut-être je lui saute dans les bras comme si de rien était, le sourire aux lèvres. Mais je ne le ferai pas, je continue mon chemin. Son regard disparut de mon dos, je pouvais le sentir.
L'autre jeune femme baissa la tête, défaite, perdue, honteuse de ne pas avoir compris et vu les choses plus tôt. Elle s'en voulait de son comportement et elle s'en voudrait peut-être toute sa vie, mais comment Shizuru pouvait-elle la pardonner ? Oui, comment ? Ce n'était pas si facile. Était-ce même tout simplement possible à nouveau, elle l'avait fait tellement de fois... La confiance entre elle avait été bafouée et elle ne tenait qu'à un fil si mince. Même si un pincement d'amour dans sa poitrine se fit, elle se refusa de l'écouter, pas cette fois.
Je ne lui ferai plus de cadeaux… Elle m'a brisée plus d'une fois et je suis revenue vers elle telle une folle d'amour sans aucun respect pour moi-même, prête à se faire piétiner sans rechigner pour une personne qui apparemment ne savait pas ce qu'elle voulait, qui changeait d'avis comme de chemises, un jour blanc, un jour noir, un jour gris et en passant par toutes les teintes de gris possibles et imaginables.
Un instant, mon esprit se bloqua et réfléchit. Et si elle disait vrai ? Et si elle était enfin sure de ses sentiments à mon égard ? Et si elle m'aimait vraiment et qu'elle avait changé, qu'elle avait grandi enfin ? Non ! Non ! Non ! Shizuru, arrête cette folie avant qu'il ne reste plus rien de toi ! Et puis, ma famille ne l'accepterait plus, pas après ce qu'elle m'avait fait subir, pas après qu'ils m'aient vu dans des états limite dépressifs… Ah, Natsuki, tu es une personne si séduisante et si venimeuse, pourquoi m'a-t-on mise sur ton chemin ? Est-ce que je méritais tout ça ? Est-ce parce que j'ai eu une enfance merveilleuse plongée dans le luxe et l'amour ? Peu importe ça n'a pas d'importance, elle ne m'aurait plus, même avec un « je t'aime » qu'elle ne m'avait jamais dit auparavant. Elle allait devoir ramer à son tour et puis, si elle dit vrai, elle devrait ressentir de la souffrance, n'est-ce pas ? Si elle ne souffre pas, c'est qu'elle ment, pas vrai ? Elle m'a changé. Suis-je devenue si méchante ? Non, Shizuru tu as le droit toi aussi d'être un minimum amer et rancunière.
Elle avait vécu bien des tourments à cause de cette femme à la fois fatale et glaciale. Même si elle savait parfaitement que l'autre femme avait vécu un véritable enfer toute son enfance sans un moment de répit, son père l'abandonnant et soi-disant recommençant une nouvelle famille loin d'elle, perdant sa mère dans un accident de voiture à l'âge de huit ans, passant des années dans un orphelinat avec des camarades pas toujours bienveillants, puis dans plusieurs maisons d'accueils sans succès, et s'émancipant pour devenir autonome enfin quand bien même cela ne pouvait pas l'excuser de tout. Pas vrai ? Lui pardonner, elle l'avait tellement fait et maintenant qu'elle était arrivée à sa limite, qu'elle n'arrivait plus à la pardonner, elle était là dans la salle du conseil des étudiants à se donner à elle, complètement mise à nu, à lui donner son cœur pour qu'elle en fasse ce qu'elle veut et à lui dire je t'aime, mais comment Shizuru pouvait-elle la croire ? Certes, Natsuki c'est une femme solitaire qui ne fait confiance à personne, qui ne dis jamais je t'aime, à personne même, qui ne peut pas le dire, ce sont comme des mots interdits et perdus au fond d'elle depuis bien des années de solitudes et de mises à l'écart. Les bras ballants et pendants le long de son corps tendu, le cœur ouvert et battant, la jeune femme aux cheveux couleur jais releva la tête, le regard vert plus que déterminé et hurla pour faire s'arrêter l'autre jeune femme aux cheveux couleur miel, qui déjà avait la main sur la poignée de la porte, prête à s'éclipser de cette situation délicate.
« Ne me fuis pas, je ne pourrais pas le supporter ! Je suis désolée… Je suis tellement désolée. Ce que je t'ai fait c'est atroce... Mais je suis là aujourd'hui et je suis capable de te dire que je t'aime et je le pense jusqu'au plus profond de mon âme. Tu m'as manqué pendant les vacances… » Elle se fit couper par l'autre jeune femme et sursauta au ton si sec et cassant, elle ne l'avait jamais vu dans un tel état. D'où lui venaient cette hargne, cet aplomb et cette froideur qu'elle ne lui avait jamais montrés ?
Je ne pus tenir une seconde de plus en entendant ses mots, je me retournai d'un coup rapide pour lui faire face, mais la colère s'empara entièrement de moi à sa vue, j'avais besoin de vider mon sac, de lâcher du lest, de laisser sortir un peu de ma haine enfouie. Elle le méritait, non ? Pourquoi devrais-je me retenir si ça me libère un peu de mon tourment, celui dont elle en est l'origine ? Mon ton rude me surprit, pas étonnant qu'il surprenne MA Natsuki, non Shizuru ce n'est pas la tienne et ça ne la jamais était… Rentre-toi le dans la tête une bonne fois pour toute.
« Ne PAS te FUIR mais toi, qu'as-tu fait ? ARRÊTES ! Tu n'as PAS le droit de faire ça maintenant après TOUT ce que tu as fait ! Tu crois que c'est SI simple, tu débarques pour la rentrée scolaire après être partie pendant DEUX MOIS sans aucune nouvelle, parce que quoi ? Tu avais besoin de temps pour TOI ?! Et tu reviens avec un « je t'aime » et « je suis désolée, pardonne-moi » mais tu crois vraiment que c'est si simple que CA ?! ET bien, NON ! NON, ce n'est pas si simple ! Si tu m'avais VRAIMENT aimé comme tu le prétends aujourd'hui, tu ne m'aurais jamais fait de mal de cette manière et surtout tu t'aurais confié, je ne connais que si peu de choses de toi. J'aurais du accepter quand Reito m'a demandé d'être sa petite amie il y a un an. Lui, il m'apprécie sincèrement et il ne m'aurait jamais fait souffrir ! »
« Oui, tu as raison, c'est vrai qu'il ne séduit pas toutes les filles qu'il croise, et qu'il n'est pas un Don Juan. Et si je suis partie si longtemps ce n'était pas seulement parce que j'avais besoin de comprendre ce que je ressentais… J'avais… » Elle ne put finir sa phrase, elle se fit couper net.
« ARRÊTES ! Tais-toi ! Tu ne le connais pas, tu n'as pas le droit ! Et prends tout le temps que tu veux pour comprendre ce que tu veux, c'est trop tard… » Ses yeux brillèrent fortement, elle luttait pour ne pas verser une larme.
Natsuki vit dans ses yeux que la Shizuru qu'elle aimait été encore là, mais qu'elle luttait pour ne pas s'écrouler devant elle et laisser parler son cœur. Elle eut mal à la poitrine, l'avait-elle fait souffrir au point qu'elle ne veuille plus jamais lui parler ?
Nao, une camarade de classe peu recommandable, lui avait répété à longueur de journée que la présidente du conseil n'était pas accro à elle, qu'elle était sûrement fausse comme elle l'est la plupart du temps avec tout le monde, que dire « je t'aime » à tout va ne voulait quelques fois rien dire, que dès qu'elle serait sortie de sa passade « lesbienne chic à la mode », elle reprendrait les choses dans les traditions des familles fortunées et qu'elle trouverait un homme avec qui se marier. Cette petite peste aux cheveux bizarrement rouge l'avait-elle si influencée que ça ?
Et si Nao m'avait raconté que des mensonges depuis le début et qu'en fait Shizuru était sincèrement amoureuse de moi ? Qu'ai-je fait ? J'aurais du couper les ponts avec cette Nao plus tôt, je savais qu'elle était mauvaise et que c'était une fille perdue dans son mal-être, mais parce qu'elle avait vécu le même calvaire que moi, je la voyais comme une camarade de mal fortune. Pourquoi est-ce que je m'entoure souvent de petits malfrats, d'idiots, de violents, de drogués ou de tarés qui me mènent à chaque fois à ma perte ? Shizuru est tout ce que j'avais avec ma demi-sœur et ma mère d'adoption, Mai Tokiha, la directrice adjointe de l'orphelinat. Shizuru a toujours été là pour moi, et je n'ai pas su être là pour elle, parce que quoi ? J'avais peur ? Je ne lui faisais pas confiance ? Ou pire, que j'ai cru davantage les dires de Nao… Elle doit penser que je l'ai utilisée, mais je ne ferais jamais ça. La fille avec qui j'ai couché, je ne me souviens même pas d'elle et je venais d'apprendre que des mauvaises nouvelles, je ne sais rien faire d'autre que des conneries dans ces moments là…
« Pas besoin de le connaître ce Reito, je l'ai vu avec plusieurs filles différentes dans le lycée et dans plus d'un bar et ils ne révisaient pas pour leur examens trimestriels. Il ne pourra t'apporter ce que tu demandes. Il t'utilisera et te jettera comme toutes les autres. Il ne te mérite pas, il ne cherche qu'à courtiser et te mettre à son tableau de chasse. »
« NATSUKI ! Qu'est-ce que tu racontes comme inepties ! Il n'est pas vraiment comme ça… Il est charmeur, ça ne veut pas dire qu'il couche avec toutes. Mais que cherches-tu à la fin, bon sang ? TU reviens pour quoi marquer ton territoire comme un mâle juste avant que l'année scolaire recommence ? Un territoire que tu n'as jamais revendiqué avec ferveur, d'ailleurs. Et tu vas me dire que quoi ? Que tu es jalouse de Reito, c'est ça ? Et tu penses que tu peux m'apporter ce que tu n'as jamais pu ? C'est-à-dire de la stabilité et de la confiance ? Et, tu as bon dos pour parler d'utiliser quelqu'un… »
« NON, ça tu n'as pas le droit, je te l'ai déjà dit maintes et maintes fois, je ne t'ai pas utilisé, je ne ferai jamais ça. Je suis juste une handicapée du sentiment, qui apprend lentement et qui fait que des erreurs comme une pommée de la vie, ça par contre c'est vrai tu peux le dire. Et puis, je te le répète cette fille à la soirée de Nao, c'était la seule, j'étais perdue dans mes problèmes et mon job à mi-temps dans ce restaurant qui en plus me saoulait… J'avais bu pour oublier surement et je ne me souviens même pas de la nuit avec elle. C'était une erreur stupide, je suis très influençable mais je ne traîne plus avec Nao si tu veux savoir. Tu me faisais perdre la tête, je perdais tous mes repères, je n'avais jamais ressenti ça pour quelqu'un et je ne savais pas si je pouvais vraiment te faire confiance… Je ne savais pas comment réagir, j'avais trop de questions dans ma tête et trop de problèmes à régler, ça me tuait. Alors oui, j'ai bu et j'ai fait une connerie. Mais je ne me souviens plus de cette fille et je ne l'ai jamais revu. »
« Yumi Nakani. »
« Quoi ? »
« Cette fille aux cheveux rose avec qui tu as passé la nuit s'appelle Yumi Nakani et elle fait partie des premières années. Reito m'a répété qu'il en avait entendu parler et que cette Yumi avait déjà des vues sur toi. »
« Et bien, cette Yumi ne m'intéresse pas, elle est même jamais revenue me voir. Elle voulait peut-être juste me rajouter à sa liste. Bref, de toute façon ça ne compte pas, cette soirée de Nao était une grosse folie. Tu es la seule femme qui compte pour moi. Et non, je ne suis pas là pour marquer mon territoire, je veux juste te dire qu'aujourd'hui je sais enfin ce qui me détournait d'être bien avec toi, j'avais peur qu'en te faisant entrer dans mon cœur, tu le mettes en pièces, que si je te disais je t'aime, tu finirais par m'abandonner… comme presque tout le monde fait depuis que je suis sur cette terre. Je pensais que m'éloigner de toi m'empêcherait de te voir le faire, oui c'est idiot et oui je suis une lâche… Et pendant ces deux mois, j'ai réglé bien des choses, j'ai enfin quitté mon job, trouvé un emploi beaucoup plus décent et qui me passionne dans un garage automobile et j'ai été rendre visite à des personnes qui me sont chères dont ma mère d'adoption qui… Elle s'arrêta et sa voix se brisa, puis se reprit, enfin j'ai beaucoup cogité et fais le point. Et oui, pour répondre à ta question, je suis jalouse de ce Reito, puisque je ne pensais pas qu'il pouvait te plaire de cette manière...»
Vraiment ? Tu es jalouse de Reito ? C'est vrai qu'il est mignon, mais tu es bien plus jolie… Je n'aurais jamais pensé que tu pourrais l'être à mon égard… Une victoire, tout de même. Non, Shizuru, qu'est-ce que tu racontes ?! Reprends-toi ! Arrête, c'est trop tard maintenant, elle n'a pas le droit de te dire qu'elle est jalouse, c'est trop simple.
« Et bien, je t'ai fait entrer dans mon cœur et tu la mis en pièces, je t'ai dis je t'aime plus d'une fois et je t'ai demandé de te confier, de me parler de toi, de tes problèmes, de tes soucis, ceux qui te tourmentaient et tu m'as abandonnée en t'enfuyant loin de moi sans m'expliquer pourquoi, tu ne me faisais pas assez confiance apparemment... »
« Mais je suis prête à… » Coupa Natsuki en avançant d'un pas dans sa direction, ce qui fit reculer Shizuru.
« Laisse-moi finir, s'il te plait. Natsuki, je veux du temps pour moi, et pour moi seule, comme le temps que tu as eu pour toi. Pardonner n'est pas si facile, alors s'il te plait reste loin de moi, je te le demande. Fais-ça pour moi, pour une fois fais ce qui est bon de faire. Laisse-moi partir... » Sa voix se brisa sur ses derniers mots, son regard et son cœur flanchaient en voyant Natsuki si près d'elle.
Natsuki avança d'un pas et lui agrippa le bras désespérément. Le regard fixe sur celui chancelant de Shizuru. Elle se tendit lorsque les doigts de sa camarade encerclèrent doucement son poignet, elle pouvait sentir sa chaleur.
« Lâche-moi, je t'en pris… » Son regard luisant s'humidifia mais aucune larme ne coula, elle ne les laisserait pas tomber ici devant elle.
Oh, comme j'aimerais te renvoyer ton « je t'aime » Natsuki, il y a deux mois je t'aurais surement rendu ton « je t'aime », mais aujourd'hui j'ai réfléchi et cogité dans tous les sens, j'en ai parlé à des amis, à ma famille. Et je ne peux pas te dire ces mots même si une partie de moi en meure d'envie, si tu savais comme j'attendais ce moment avec impatience… Malgré ce qu'il en est aujourd'hui, mon cœur bat encore pour toi, cessera-t-il un jour d'ailleurs ? Mais sache que tu l'as brisé et qu'il a besoin de recoller les morceaux et pour cela il ne faut plus que tes yeux, que tes lèvres, que tes mains ou que ton corps s'approche trop près de moi ou que ton parfum enivrant boisé et épicé me rappelle des souvenirs plaisants pendant une certaine période… Et si je ne guérissais jamais ? Devrais-je changer de ville ? J'espère ne pas en avoir besoin, après tout même si je suis originaire de Kyoto, j'aime profondément cette ville.
A contrecœur, Natsuki ne put que la lâcher. Mais sa poitrine se serra, elle voudrait tant lui enlever toute cette peine, celle qu'elle lui avait fait endurer, celle qu'elle ressentait en ce moment même. Shizuru se retourna vers la sortie avant que Natsuki n'émette un seul mot, au fond elle savait que la belle Fujino avait raison. Mais comment laisser partir cette femme pour qui elle avait ressenti un manque, oui un manque. Elle qui n'aimait que très peu de gens, et bien oui elle lui manquait. Et en plus de ça, elle avait envie de se révéler, de tout lui dire, de lui faire confiance et même de lui confier sa vie. Elle voulait enfin construire, mais elle avait échoué lamentablement.
« S'il te plait, ne t'approche plus de moi. Si tu viens me voir, ce ne sera qu'en temps que Fujino présidente du conseil des étudiants, pour des raisons administratives et scolaires uniquement, et n'en profite pas pour inventer des excuses pour me voir. Je te précise que je ne ferais surement plus la surveillance des heures de colle. » Rajouta-t-elle avant de quitter la pièce rapidement et de claquer la porte faisant vibrer le cadre accroché au mur.
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Dans le couloir, Shizuru marchait rapidement et expirait tout l'air qu'elle avait du retenir dans la salle du conseil. Elle se retint de pleurer, mais une larme solitaire traça tout de même son chemin. Elle l'essuya du revers de la main. Non, elle ne se laisserait pas aller, elle ne pleurera plus pour Natsuki et surtout pas au lycée.
Tu es la présidente du conseil des étudiants Shizuru Fujino ! Tu es calme, forte et sereine. Natsuki Kuga n'est qu'une élève comme les autres dans cette école. Enlève-toi cette fille de ta tête, il y en a surement plein d'autres qui aimeraient te connaitre davantage. Raaaghh… Arrête de te mentir, tu n'y crois pas toi-même. Natsuki, reste Natsuki… Évite-la, c'est le mieux à faire…
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Natsuki attendit une minute ou peut-être deux, là ne bougeant pas d'un centimètre, le cœur au bout des lèvres, complètement abasourdie et ces larmes qui ne demandaient qu'à tomber mais cela n'arriva pas. Natsuki n'est pas une fille qui montre ses émotions si facilement. Elle se retint mais envoya son poing violemment contre la table.
Mais qu'ai-je fait, Shizuru… A quoi je pensais en venant te voir, le sourire aux lèvres, le cœur moins lourd, l'esprit plus léger après mon séjour dans la région d'Osaka. Je suis arrivée trop tard, tu es trop dense, trop longue à la détente, Natsuki. Tu es juste trop bête, trop conne ! Tu as loupé le coche, elle ne te pardonnera jamais et elle ne voudra plus jamais te voir. Cette manie de ne parler à personne, de ne jamais te confier… Ses parents te détestent surement, alors qu'ils sont des gens de la haute et toi des bas quartiers. Tu dois la laisser partir, elle a fait son choix et tu n'as plus le droit de la faire souffrir et de lui courir après.
Mais je ne veux pas qu'elle s'éloigne de moi, c'est la dernière année avant son départ pour l'université. Elle voulait aller à l'université de Fuuka, mais je pense qu'elle choisira l'université de Kyoto. A ce moment précis, je ne la verrai plus jamais, elle ne me parlera plus jamais, elle ne me sourira plus jamais, elle ne m'écrira plus jamais, elle ne me touchera plus jamais.
En un an, tellement de choses étaient arrivées. Shizuru est un modèle de bonté et de beauté pour notre lycée. Je dois la laisser partir pour le bien de cette femme formidable, quant à moi, je survivrai encore après ce nouvel échec. Je ne savais pas ce que voulait dire aimer quelqu'un, et maintenant que je l'ai compris, je me retrouve seule, seule avec ma souffrance bien méritée.
NON ! NON ! Ce n'est pas trop tard, ça ne peut pas l'être. Natsuki, tu attendais ça depuis tant d'années quelqu'un qui t'aime de cette manière, tu ne peux pas laisser la peur de détourner d'elle. Je dois me battre encore, tout n'est pas perdu… Je l'ai vu dans ses yeux pourpres, ils oscillaient, ses jambes si crémeuses flageolaient, ses lèvres si suaves et ses mains tremblaient à mon toucher. Je dois tout faire pour qu'elle me pardonne et qu'elle ne tombe pas dans les griffes de ce Don Juan de Reito à deux balles… Et si après tous mes efforts, elle me rejette encore et m'ordonne de ne plus jamais l'importuner et bien soit je ferai comme elle le désirera. Je ne l'approcherais plus et la laisserai partir. Mais pourrais-je ne plus prononcer ton prénom que je trouve si beau à ta simple vue. Shizuru… Je t'aime vraiment, laisse-moi te le montrer s'il te plait… Donne-moi encore une chance, s'il te plaît ?
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« Shizuru ?! Ça va ? »
« Oui, ne t'inquiète pas. »
« C'est encore cette délinquante de malheur ! Oublie-là, ce n'est qu'un voyou égoïste et sans cœur, elle ne te mérite pas ! »
Shizuru ne prit pas en compte les mots insultants que venait de prononcer son amie d'enfance, Haruka. Elle n'avait jamais aimé Natsuki et ça à la minute où elle avait mis les pieds dans le lycée de Fuuka. Depuis un combat sans fin se jouait entre les deux femmes à qui clouerait le bec en premier à l'autre.
« Je viens justement de mettre les choses au clair avec elle, c'est complètement terminé. »
« Très bien, tu as fait le bon choix. Tu viens, on rentre ensemble ? »
« Où est Yukino ? »
« Elle devait passer à la bibliothèque pour rendre des livres, elle est sûrement déjà en train de m'attendre à la sortie du lycée pour rentrer. Tu n'as pas vu Reito ? Il était dans la salle du conseil avec toi ? »
« Non, je ne l'ai pas vu aujourd'hui au conseil. Je me demande bien ce qu'il peut faire. Enfin, rentrons. J'ai besoin d'un bon bain relaxant et de repos. »
« Si tu as besoin de parler, je suis là. Si tu veux, on peut sortir demain soir comme après-demain c'est férié ? On peut aller boire un verre au Kyohime coffee bar? »
« Merci d'être là. Et oui, pourquoi pas sortir un peu me changera les idées. »
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Deux personnes discutaient dissimulées derrière des arbres dans le grand parc du lycée. De l'endroit où ils étaient, personne ne pouvait les voir.
« Alors Nao, il parait que Natsuki est revenue à Fuuka ? Et qu'elle a rampé pour ravoir une deuxième chance avec Shizuru et qu'elle a dit non ? »
« Oui, mais par contre elle ne veut plus me parler ou me voir, j'espère juste que cette Shizuru ne retombera pas dans ses bras comme une chienne en chaleur. Elle ne me veut plus comme amie, si elle savait comme je m'en fiche d'avoir son amitié ou pas, elle aussi je la déteste. Natsuki a vécu l'enfer comme moi dans cet orphelinat de malheur, alors pourquoi elle aurait le droit elle d'être heureuse et pas moi ? Je fais deux pierres deux coups, je fais mal à Natsuki la délinquante en rédemption et Shizuru la sainte tant adulée. Elle m'en veut d'avoir pratiquement jeté cette nymphomane de Yumi dans ses bras alors qu'elle était au bord du coma éthylique. Mais bon, elle ne se doute pas que je l'ai fait vraiment exprès pour qu'ensuite tu puisses tout raconter à Shizuru de ce que sa chère Natsuki avait pris plaisir à faire. Maintenant, tu as quartier libre si tu veux te la faire. Tu serais amoureux d'elle je te jure que je ne t'aurais pas fait cette fleur, mais si ton but c'est juste de pouvoir te vanter dans le lycée d'avoir sauté la sainte beauté parfaite et riche héritière Fujino histoire de la faire redescendre de son gros nuage doré, tu as tout mon soutien et plus encore. Fais la souffrir. Mais comment tu arrives à lui faire croire si facilement que tu es un saint, alors que tu couches avec tout ce qui bouge ? »
« Je ne sais pas, je suis juste doué. Elle me sait charmeur et charmant donc elle n'est pas si étonnée que des filles différentes soient pendues à mon cou, la bave aux lèvres voilà tout ou peut-être qu'elle a un faible pour moi, qui sait ? Ça serait encore plus délectable de l'avoir si elle en pinçait un peu pour moi... »
« Tu détestes vraiment les femmes… »
« Tu peux parler, tu n'aimes personnes à par toi-même et tu détestes tout le monde. »
« Pas faux, j'utilise les gens comme toi tu utilises les femmes. »
« On peut dire ça, même si je pense que c'est plus compliqué et plus profond que ça. Ceci-dit, je ne veux pas y penser. Je suis juste étonnée qu'aucune des filles avec qui j'ai couché n'aient pas encore fait courir de bruit à mon sujet. Mais comme je suis aussi très bon manipulateur, il suffit que je leur fasse jurer de ne pas parler de nos ébats secrets si elles veulent que je les prenne et le tour est joué. Bon, je ne choisis pas n'importe qui, ce ne sont que des filles qui veulent seulement un coup comme ça, je n'ai encore jamais couché avec une fille, dans ce lycée en tout cas, qui m'aimait vraiment et qui aurait pu faire voler en éclat mon image si parfaite et me faire démasquer. Je sais que Shizuru a refusé mes avances parce qu'il y avait cette Natsuki sur mon chemin mais je me demande si elle aurait accepté ? Les choses sont différentes maintenant, elle pourra peut-être dire oui par dépit ou par vengeance, dans les deux cas ça me va, surtout si je peux me la faire. Elle a un corps sublime et tellement excitant que la chose emprisonnée dans mon boxer en frétille d'avance rien qu'à la pensée de la faire mienne. C'est le premier nom en haut de ma liste, c'est la cerise sur le gâteau en quelque sorte pour moi. Shizuru Fujino. » Il sourit en pensant à elle.
« Euh, ouais je suis contente pour toi, enfin non je m'en contre-fous complètement. J'ai pas besoin de savoir les noms faisant partie de ta « to fuck list ». Tu sais, on pourrait presque croire que tu l'aimes… enfin avec ta façon bien tordue et machiste, bien sûr. Bref, débrouille-toi avec elle et surtout viens pas me raconter les détails, je ne veux pas savoir les positions qu'elle préfère et la façon dont elle gémit et crie ton nom, pigé ? Utilise-la tant que tu veux, si ça peut la faire chialer encore plus, pour moi ça sera que du bonus. Bon, notre pacte est terminé donc il n'y a plus aucune raison qu'on se revoit. »
« Ça marche pour moi, merci pour tout ma très chère Nao. » Lui répondit-il avec un clin d'œil.
« Arrête ça avec moi, tu ne me foutras jamais dans ton pieu, pervers de gosse de riches ! Ne rêve pas ! J'aime les vrais bad boys qui ont trimé pour devenir des hommes, toi tu n'es qu'une petite merde qui se la pète juste parce que tu as la tune et la renommée sinon tu pisserais dans ton froc à coup sur, gamin ! »
Il rit de bon cœur aux jolis mots d'argots utilisés par Nao. Il aimait sa fougue et sa hargne car aucune femme ne lui parlait de cette manière généralement, ça changeait. Il la connaissait maintenant, et savait très bien que c'était sa façon de s'exprimer, elle était toujours sur la défensive et ne baissait jamais les armes. Et puis, rien ne pouvait offenser le grand Reito Kanzaki surtout pas une Nao inconnu au bataillon, ne portant qu'un nom anonyme mais déjà présent sur l'étiquette d'un casier judiciaire bien fourni.
« Pense ce que tu veux, je n'aime pas les tarées dominantes de toutes les façons et puis, soit dit-en passant tu n'as pas assez de formes et surtout au niveau de la poitrine, gamine ! »
« Eh oh ! Arrête ça ! »
« Désolé, je ne voulais pas t'offenser. Alors, on est quitte ? »
« On est quitte. Tu as de la répartie, je dois l'avouer. Allez salut ! » Dit-elle avant de se retourner et de quitter le parc, puis le lycée.
Nao est une fille solitaire et qui ne fait confiance qu'à elle même, elle n'a pas d'amis, elle n'a que des contacts et des connaissances seulement par intérêt donc Reito n'est pas un ami pour elle, juste un moyen pour mettre à mal la vie de cette si parfaite Shizuru qui lui faisait mal aux yeux avec son argent, sa vie sans encombre et son sourire d'hypocrite. Elle était une personne jalouse et envieuse mais maladive, et quand une personne ne lui revenait pas elle l'éliminait tout simplement. Au sens figuré, bien sûr… C'est une peste sans cœur, une sorte de maniaque narcissique sans aucun sentiment ayant vécu dans le malheur, les magouilles, avec la drogue et les malfrats qui vont avec. Mais il y avait une autre raison à sa haine contre cette jeune femme faisant se tourner en sa direction tous les regards, Nao avait appris grâce à une de ses connaissances travaillant en tant que détective privée que Shizuru appartenait à la famille possédant l'hôpital de Fuuka, ce même hôpital où la mère de Nao était morte. Cet hôpital où les docteurs n'ont pas voulu lutter contre sa maladie plus longtemps et ont abandonné son cas qu'ils disaient désespéré, soit disant dans une phase beaucoup trop avancée. Ils ont fini par la débrancher sans son avis car elle était beaucoup trop jeune pour donner un avis légal et sensé, et de cette manière l'emportèrent loin des yeux de sa fille à jamais. Il lui restait seulement ses souvenirs et quelques photos vieillies. Nao fut ensuite très rapidement placée dans l'orphelinat de Fuuka pour ses onze ans parce qu'il ne lui restait aucune famille pour la recueillir. C'est dans ce lieu de tourmente qu'elle rencontra Natsuki qu'elle embrigada dans ses escapades délictueuses, la poussant vers le bas depuis toujours plutôt que vers le haut, mais la jeune fille aux yeux émeraude avait coupé tout contact avec elle pour son propre bien, il y a quelques semaines. Nao avait beaucoup trop d'emprise et de mauvaise influence sur elle. Natsuki, elle, voulait avancer dans sa vie et non finir derrière les barreaux, comme Nao un jour futur si elle continuait dans cette voie en compagnie d'hommes peu recommandables, voire dangereux.
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Il était environ 21h00, il faisait déjà nuit. Les lampadaires de style ancien du centre ville s'allumèrent un à un et éclairaient maintenant d'une faible lumière les petites rues piétonnes et les trottoirs bien entretenus de cette petite ville de Fuuka. Shizuru arriva au bar Kyohime en compagnie d'Haruka et de Yukino. C'était une soirée entre filles, elles n'avaient donc pas convié Reito et son assistant à mi-temps plus jeune d'un an, Tate. Elles étaient toutes les trois apprêtées et toutes jolies, elles avaient l'allure de vraies ladies. Mais de loin, Shizuru était celle que l'on remarquait de suite, quoique les beaux cheveux blonds et la forte poitrine d'Haruka pouvait tout autant attirer l'œil, et l'air timide mais fragile de Yukino pouvait également rendre fou. Shizuru avait coiffé ses cheveux en un somptueux chignon où quelques mèches s'échappées, elle avait choisi de mettre une petite robe plissée rouge vintage à col rond, cintrée d'une fine ceinture noire pour mettre en valeur sa taille de guêpe et ses formes harmonieuses, elle portait aux pieds de belles chaussures noires ouvertes à talons hauts. Elle était maquillée, mais juste ce qu'il fallait pour mettre davantage en lumière son regard déjà si envoûtant. L'élégance et la beauté même…
Elles rentrèrent toutes les trois dans le bar et trouvèrent une table ronde vide plutôt bien située. A peine assises, le serveur arriva le sourire aux lèvres et la carte des boissons en main. Il avait l'air un tantinet charmeur. Après un bref regard sur l'ample choix de boissons, elles commandèrent leur breuvage. Le serveur reprit les cartes et repartit avec un clin d'œil pour Shizuru, ce que Haruka et Yukino notèrent.
« Alors Shizuru, comment se passe les surveillances des heures de soutien des premières années ? »
« Bien, je dois dire ça me change des heures de colle où je devais constamment élever la voix ou jeter des regards noirs. Ils sont très calmes. Et toi ? Tu ne t'emportes pas trop j'espère car c'est exactement le comportement qu'il faut éviter… Mais je pense que Yukino t'accompagne ? »
« Oui, Yukino me permet de me calmer sinon je les écorcherais tous vifs, ces délinquants et ces idiots. »
« Est-ce que… Est-ce qu'elle… »
Shizuru n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Haruka la devança.
« Non, je ne l'ai pas vu en heures de colle mais la semaine n'est pas terminée, il parait qu'elle n'est pas venue en cours aujourd'hui donc si elle n'a pas d'excuse valable, elle aura droit à son lot d'heures de colle comme les autres et je lui annoncerai moi-même. Il faut qu'elle prenne enfin conscience que ses actes ont des répercutions et elle doit prendre ses responsabilités, elle ne peut pas agir comme un singe toute sa vie. Je me ferai un plaisir de lui rabaisser son caquet. Et puis d'abord, je croyais que tu ne voulais plus parler d'elle et avancer. Il te faut une personne stable et aimante, pas une rustre doublé d'une handicapée des sentiments comme elle. Tu l'as rejetée et elle va vite t'oublier, alors s'il te plaît pour ton bien fait de même. »
« Haruka, ne soit pas si dure avec elle, l'amour ne se contrôle pas et ne se gère pas comme un conseil des étudiants. Puis, plongeant son regard dans celui peinée de Shizuru. Mais elle a raison sur le fait que Natsuki n'est pas assez stable et beaucoup trop irresponsable pour toi, votre couple battait de l'aile et plus d'une fois. Elle te rendait triste, reconnais-le, même si je me doute que vous avez eu de très bons moments toutes les deux. Mais c'est en ce raccrochant à ces souvenirs plaisants que tu ne pourras pas tourner la page. »
« Je sais tout ça, Yukino. C'est juste qu'il me faudra du temps, beaucoup de temps, je me bas entre mon cœur et ma raison, jour et nuit. Je me rends compte qu'elle a une forte emprise sur moi, que j'étais complètement accro à elle, et je le suis encore. Je ne pensais pas cela possible. La fille Fujino mise à genoux, le cœur à vif si facilement par une fille qui ne mérite pas mon amour. Je suis contente de ne pas l'avoir recroisée depuis notre altercation tumultueuse. J'ai peur de ne pouvoir me retenir si elle m'approche, me touche ou me prend dans ses bras. La vérité, c'est qu'elle me manque… »
« Tu auras besoin de temps et d'aide, nous serons là pour toi si tu as besoin de soutien, de te changer les idées ou tout simplement de te confisquer. » Ajouta Haruka.
« C'est confier, Haruka. » Corrigea la jeune fille à lunettes.
« C'est pareil, Yukino. Enfin, bref tu m'as comprise. »
« Merci les filles, vous êtes très chère à mon cœur. Merci d'être là pour moi. »
« C'est normal, on est amie. » Lui répondit Haruka et Yukino.
Le serveur revint avec leurs boissons et envoya un compliment tout particulier à Shizuru avant de retourner travailler. Elle fut flattée mais pour le pauvre jeune homme c'était peine perdue d'avance.
« Regarde ce jeune homme charmant te fait de la drague, on dirait. Tu ne le trouves pas mignon ? » Lui fit Haruka.
« Haruka… Tu sais très bien que je ne suis pas prête pour être de nouveau en couple, surtout que Nat… enfin elle occupe encore mes pensées. Mon cœur n'est pas prêt et puis, ce n'est pas mon style. »
« Oui, ton style c'est plus les filles inaccessibles et délinquantes… »
« Haruka ! » Coupa Yukino.
« Laisse Yukino, elle n'a pas tout à fait tord. C'est vrai que j'ai un faible pour les filles inaccessibles, on dirait. »
« Pourquoi tu n'essaierais pas avec Reito ? »
« Haruka ! » Coupa de nouveau Yukino.
« Mais quoi, je demande c'est tout. » Reprit Haruka.
« Je ne sais pas pourquoi mais mon instinct me dit que je le regretterais si je sortais avec lui… Nous sommes à la fois si semblables et si différents. »
« Ton instinct ne t'a pas prévenue pour la reine des glaces donc tu ne devrais pas trop l'écouter. »
« C'est différent, je me demande s'il ne joue pas un rôle dans cette école alors qu'il est un tout autre homme. » Révéla Shizuru.
« Ah bon et qu'est-ce qui te fait dire ça ? Tu as vu ou entendu des choses suspicieuses à son sujet ? » Demanda Yukino intéressée.
« Non, enfin c'est Natsuki qui m'a prévenue… »
« Ne l'écoute pas, elle dit ça pour que tu restes accro à elle. » Lui fit Haruka.
« Tu n'en sais rien, Haruka. Je… J-j'ai entendu quelque chose une fois par une élève de notre classe. »
« Oui ? On attend la suite là, tu en as trop dit ou pas assez. » Supplia Haruka.
« Que sais-tu ? » Ajouta Shizuru devenue curieuse également.
« Et bien, Hikari Minota… » Elle vit les regards de Shizuru et Haruka se froncer, ce nom leur était inconnue à toutes les deux apparemment.
« Bref, cette camarade a un jour dit qu'elle avait une amie faisant partie d'un autre lycée qui avait elle-même une amie légèrement obsédée et portée sur « la chose » qui avait couché avec un homme qui ressemblait énormément à ce Reito Kanzaki. Elle l'aurait reconnu sur une photo de nous posant pour le conseil des étudiants l'année dernière. Je ne sais pas si c'est vrai mais elle n'en a jamais reparlé ensuite… » Raconta Yukino.
« Mouais, je n'y crois pas trop. Ce cher Reito serait en fait un salaud de première ? On l'aurait remarqué depuis le temps, non ? Et puis, l'avis de l'amie nymphomane de l'amie d'une de nos camarades de classe qu'on ne connait pas, franchement ? Arrête Yukino, toi-même tu n'y crois pas. » Fit Haruka.
« Ça pourrait correspondre à ce que Natsuki m'a confié l'autre jour… »
« Tu ne vas pas t'y mettre aussi ? Vous délirez les filles. Et puis, toi arrête de croire ce que raconte la reine des glaces, après tout ce qu'elle t'a fait je ne comprends pas que tu puisses encore lui accorder du crédit ? »
« Elle n'a pas tout à fait tord, Shizuru. Mais je lui accorde tout de même le bénéfice du doute… » Parla Yukino.
« Mais… Est-ce que… Oui, vous avez raison les filles. Ça ne peut être que des mensonges. » Finit par dire Shizuru tout en finissant son verre muni d'une petite ombrelle et d'une tranche de citron.
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Après une heure plaisante passée dans ce bar à parler sans retenue, elles décidèrent de partir. Le temps filait et il se faisait tard. Shizuru offrit à ses amies de payer la note, malgré quelques réticences au début, les filles finirent par capituler. Elle alla au comptoir pour payer l'addition auprès du serveur qui avait l'air de bien se rincer l'œil, lorsque son regard écarlate tomba sur une jeune femme au corps athlétique et aux cheveux sombres tout au bout du comptoir sur lequel elle était accoudée. Elle se crispa de suite.
Non, pas toi Natsuki… Pas ici… Pas maintenant…
La jeune femme prenant toute son attention se retourna tout en disant bonjour à un homme brun plus âgé.
Ouf ! Ce n'est pas elle… Mon dieu, j'ai l'impression de la voir partout. C'est insoutenable… Pourrais-je ne plus supporter d'admirer ton joli visage, passer ma main dans ta chevelure si douce et tes lèvres si… Shizuru, ton cas est irrécupérable. Natsuki, pourquoi est-ce que j'ai ce sentiment que tu me suis peu importe où je vais. Peut-être est-ce parce que ton image est gravée dans mon esprit et qu'elle ne me quitte jamais. Puis-je ne plus t'aimer et tout oublier ? Existe-t-il une potion anti-amour ?
« Table 8, ça fera 2 500 Yen s'il vous plait. Euh, mademoiselle ? Mademoiselle, vous allez bien ? »
« O-oui, veuillez m'excuser j'étais partie dans mes pensées. Voici pour les boissons et le service. Gardez la monnaie. »
« Merci, jolie demoiselle. J'espère vous revoir très bientôt. » Ajouta le serveur avec un grand sourire, tout en remettant une de ses mèches brunes tombant devant ses yeux, lui cachant la belle vue surement.
Ah si tu étais Natsuki, mon cher… Mon sourire n'aurait pas été faux et je ne porterais pas ce masque de courtoisie hypocrite. Elle était la seule à me rendre si vulnérable, si embrasée, si complète, si moi… Shizuru, oublie-là ! C'est un ordre ! Un ordre que je n'arriverai malheureusement pas à tenir…
