Chapitre 1

Le couloir à l arrière du plateau de télévision était bondé. L émission en question touchait à sa fin, et tous les artistes devaient se réunir sur le plateau pour le au revoir. Notre groupe, les Kanjani8, n échappait pas à la règle. Oui, mais voilà, le moment tardait à venir et le corps devant moi m attirait bien. N écoutant que mon envie, j'attrapai Tadayoshi, le batteur de notre groupe, par les hanches et l'attirai contre moi. Il poussa un cri de surprise mais se laissa faire, étant habitué à tout ça. Mes mains glissèrent sous son tee-shirt, caressant ses flans. Je le sentis se tendre et frissonner sous mes doigts. J adorais ça chez lui : il était très sensible à ces petites attentions, et son corps réagissait au quart de tour. Ça me plaisait vraiment.

- Tu viens chez moi ce soir ? lui demandais-je au creux de l oreille.

- C est quoi encore ces propositions salaces ?

- Baka ! Tu viendras ?

- Bien sûr !

Il tourna la tête pour me sourire. Je le lâchai alors, caressant ses fesses au passage. Il fronça les sourcils suite à mon geste ce qui me fit rire. Oui, vraiment, il était trop sensible à tout cela. Et c était vraiment plaisant.

Quand l'émission fût finie, nous pûmes rentrer chacun chez nous, et je me jetai volontiers dans mon canapé. Je n'y restais pas longtemps ; je préférais prendre une bonne douche pour ensuite ranger un peu mon appartement. Histoire de faire genre je suis ordonné devant Tacchon - qui savait de toute façon que ce n était pas le cas.

Sur les coups de 19h, la sonnerie de la porte d'entrée se fit entendre. Mon invité venait d'arriver. Je lui ouvris en souriant. Sourire qu'il me rendit. Après l'avoir débarrassé de son manteau, nous nous installâmes au salon, parlant de choses et d'autres.

- Sho-chan ! Tu sais bien que je déteste les films d horreur !

- Allez, fait pas ta mauviette. Mes bras forts seront là si tu as peur !

- Il fit exprès de tousser suite à mes paroles, ce qui nous fit rire.

- Bon, on regarde avant de manger alors ! Je veux pas être malade !

Et c était parti pour le film. Je n avais pas spécialement peur de ce genre de film, ils me faisaient même plus souvent rire qu'autres choses, mais Tacchon me faisait stresser à avoir peur comme ça. Il était casé au fond du canapé, les jambes repliés (bah oui, il ne voulait pas laisser dépasser quoi que ce soit du canapé ! « On sait jamais ! » comme il m avait dit) et la tête qui dépassait péniblement de derrière un coussin.

- Viens près de moi si t'as peur ! Baka !

Il ne répondit pas mais vint quand même vers moi sans quitter la télévision des yeux. Il s appuya alors sur moi et je passais un bras autour de lui. J aimais l avoir près de moi, et j aimais nos moments à tous les deux. En ce moment, nous étions quasiment toujours ensemble. Shopping, cinéma, restaurant, courses, nuit chez l un, nuit chez l autre. Non, non, nous n étions pas un couple, seulement que nous avions l envie d être toujours fourrés ensemble.

- Aaargh ! s écria Tacchon, me faisant sursauter.

Je ne dis rien mais le serra un peu plus ; il fallait bien que je serve à quelque chose. Le film parut durer une éternité. Mais Tadayoshi avait l air totalement dedans : sursautant au bon moment, lâchant des expressions de dégoûts. Il m avait même disputé quand j avais attendu le moment ultra critique pour lui faire peur en criant. Je fus plus qu heureux quand le film fût finis. Tacchon resta dans mes bras, sans bouger, continuant de triturer les doigts de ma main gauche.

- J'aime bien ça, dit-il.

- Quoi ?

- Ta bague au petit doigt. Elle est jolie. Ça te va bien.

- Toi, tu ne trouves pas que ça fait « de ce bord » ? demandais-je en riant.

- Non ! Et même si c était le cas, je m en foutrais. Elle te va bien et c est tout.

- C'est gentil, dis-je en plantant un bisou sur sa joue. On va manger maintenant ?

Le repas se passa sans encombres majeures. Nous continuions de parler de tout ce qu il nous passait par la tête. Ça aussi était une chose qui me surprenait au sein du groupe : nous avions toujours quelque chose à dire.

Seulement, alors que je débarrassais la table, je fis tomber un verre et m écorchai la main en voulant ramasser les débris. Mayday mayday, plusieurs doigts étaient touchés. Tadayoshi se précipita sur moi alors que j enlevais bagues et bracelets pour ne rien salir. Et il joua l infirmière. Il désinfecta chaque coupures puis mit des pansements. Et tout ça avec douceur, totalement concentré sur sa tache. Il était trop mignon.

- Voilà, c'est finis ! dit-il en levant la tête.

Je le remerciais d'un nouveau baiser sur la joue et lui tendis un de mes bijoux fétiches.

- Qu est-ce que c est ? demanda-t-il en ouvrant les mains. Ta bague ?

- Mon petit doigt est temporairement indisponible. Mets-la. Je sais qu elle sera en sécurité avec toi.

Il rougit un peu mais passa ma bague au petit doigt de sa main gauche. Je souris en voyant qu elle lui allait parfaitement bien.

- N'empêche que tu vas te faire engueuler demain à la répétition !

Hein ? Pourquoi ?

Bah ! Ta main est toute écorchée, tu ne vas pas pouvoir faire de guitare. Je les entends d ici : « Tu n aurais pas pu faire plus attention ? La tournée approche ! ».

Je soupirais ; il avait raison. Mais bon, j avais une arme infaillible : un regard de chien battu, peut-être une petite larme, et personne ne résisterait.

La répétition du lendemain fût horrible. Le groupe - en particulier Ryo - s était énervé contre moi pour m être blessé. Comme si je l'avais fais exprès ! Nous avions alors répété les moments de danse. À l heure du midi, nous nous étions assis à même le sol pour manger nos bentos. Mais un cri nous fit tous sursauter.

- Eeeh ? s écria Hina en prenant la main de Tadayoshi entre les siennes. Tu as la même bague que Sho-chan ?

Je le vis rougir sans répondre. Subaru se leva et prit ma main gauche pour vérifier.

- Eeeh ? s écria-t-il à son tour. C'est carrément celle à Sho-chan ?

- Vous nous cachez des trucs les gars ? ricana Ryo. Avouez ! En fait, vous y avez été trop fort hier et vous avez cassé des trucs. C est pour ça que Shota s est coupé !

- N importe quoi ! lâchais-je en reprenant ma main.

Je me levai, pris mon bento et partis m asseoir à une table plus loin. De là où j étais, je n'entendais pas leur conversation, seulement leurs rires. Mais les regards suppliants de Tacchon me firent bien comprendre qu'ils le charriaient avec ça. Désolé Tacchon.

- Vous saoulez à la fin ! cria-t-il au bout d un moment.

Il finit par se lever - énervé - et s élança vers moi. Avant que je ne comprenne quoi que ce soit, il tapa du point sur la table.

- Tiens ! Comme ça ils me feront plus chier avec ça !

Et il quitta la salle, nous laissant tous bouche bée. Mon regard se tourna vers la petite chose brillante sur la table. Ma bague. Il me l'avait rendu. Je soupirais et regardais mes amis. Ce qu ils pouvaient être chiant parfois. Toujours à penser à mal.

L'après-midi fût encore plus atroce que la matinée. Tadayoshi faisait la tête à tout le monde et boudait dans son coin ce qui énervait un peu plus Ryo. Enfin, si c était encore possible. Et Baru et Yuu fixaient toujours Tacchon en souriant. Et si ce n étaient pas eux, c était moi. À la fin de la répétition, Baru me tendit le journal intime que nous partagions. Son regard insistant me disait qu il fallait que je m explique. Je soupirais. C était certain qu il avait perçu dans mes gestes des changements. Et puis, le connaissant, je savais bien qu il était vexé - limite jaloux - des moments que je passais avec Tadayoshi, le délaissant un peu.

Je lus donc le petit mot qu'il avait écris avant de me rendre aux douches.

« Yasu-chan !

Je suis ton meilleur ami, n est-ce pas ? Alors pour cette fois, je vais faire court ! Qu est-ce que tu me caches ? Je suis certain que tu comprends de quoi je veux parler !Ne tarde pas à me répondre !

Ton meilleur ami que tu aimes de tout ton cœur ! ^_^ »

Je souris. Quel idiot !

Je me dépêchai de rejoindre les autres pour la douche, me déshabillant rapidement. J'adorais ce moment de détente. Pourtant, avec des gars comme les Kanjani, il n'était pas facile de se relaxer. Je les regardais alors se chamailler pour un rien, ou s'envoyer de l'eau. Mon regard finit par tomber sur Tadayoshi qui se lavait un peu à l'écart, décidant de nous bouder jusqu'au bout. Les autres quittèrent les douches en même temps, aillant tous finis. J'observais alors un peu plus le seul qui restait. Son corps me surprendra toujours : ce qu'il pouvait être mince, malgré tout ce qu'il mangeait. L'eau glissait le long de son dos, suivant parfaitement sa colonne vertébrale pour finir sur ses fesses. Il se retourna alors et nos regards se croisèrent, ce qui le fit rougir de gêne. Il n'y avait pourtant pas de quoi. Il avait un corps dont on ne pouvait pas avoir honte. Et nous étions deux hommes. Il se tourna de nouveau pour ne plus me voir et cacher sa gêne sûrement. Je fermai alors mon jet d'eau et m'avançai vers Tadayoshi et posai une main sur son épaule. Il sursauta et me regarda.

- Je rejoins les autres, dis-je à son oreille.

Il acquiesça et je le laissai donc seul après avoir récupéré ma serviette.

- Alors ? commença Yuu. C'était bien cette douche avec Ohkura ?

Je fronçais les sourcils. Ils leur arrivaient quoi à Yuu, Hina et Ryo à rire comme ça ?

- Encore cette histoire ? Bon sang, Tacchon n'a pas été assez clair tout à l'heure ? On n'est pas de ce bord, alors stop !

- Ok, ok… conclut Hina. On mange soba ce soir ?

- Manger ? Soba ? Je suis partant !

Nous nous tournâmes d'un même mouvement vers un Tadayoshi déjà séché que personne n'avait vu revenir. Quelle discrétion ! Sauf que son estomac le trahissait tout le temps.

La soirée s'était éternisée et même à plus de deux heures du matin, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. En soupirant, je me mis à fredonner un air qui me passait par la tête. La voix de Baru irait parfaitement avec cet air. Baru ! Notre journal ! Je lâchai ma guitare et pris notre cahier. Que pouvais-je donc lui répondre ?

« Shibunyan !

Bien sûr que tu es mon meilleur ami ! Et ce, pour toujours ! Et… Je ne te cache rien ! Je sais que tu te demandes pourquoi je vois de plus en plus Tacchon, et pourquoi il a réagit bizarrement tout à l'heure. Si tu crois que nous avons une… relation ? Tu te fourres le doigt dans l'œil ! Et pour l'histoire de ma bague, il n'y a rien à dire ! Je me suis coupé, il l'aimait bien, je lui ai prêté le temps que mes coupures guérissent. Pas de quoi en faire un film, tu vois ? Mais bien sûr, vous pensez toujours à mal ! Tacchon est un ami, rien de plus !

Le plus beau, le plus fort : ton Shot'ami ! »

Le lendemain, je fus réveillé par la sonnerie de mon téléphone, c'était Tadayoshi. Il me signalait que j'étais en retard à notre point de rendez vous. En effet il était 9h05 et nous devions être à une émission de radio pour 9h30. En un temps record, j'étais arrivé au niveau d' Ohkura. Il me sourit et me lança :

- Va t-il falloir que je m'installe chez toi pour te réveiller et te rappeller tes rendez vous ? Un jour tu oublieras ta tête Sho-chan !

- Désolé, mais c'est pas une mauvaise idée !

Nous nous mîmes à rire et rejoignîmes le studio. Une fois terminé, je proposai à Yoshi de manger au grill avec moi. J'aimais lorsque nous étions que tout les deux. Il était assez calme comparé aux autres, et nous nous entendions de plus en plus. Après manger, il voulait faire un tour au centre commercial, ce que je ne pouvais pas lui refuser étant donné que j'adorais ça.

Il était pire que Baru, ses vêtements étaient d'un classique ! Je lui montrai des affaires, mais étrangement, il les refusaient catégoriquement. Ce fut une bonne partie de plaisir lorsque j'arrivai à lui faire essayer des tenues quelques peu excentriques. Ensuite, il insista pour que j'aille chez lui passer la soirée. Je devais normalement rejoindre Baru mais après un bref appel pour me désister, j'acceptai la proposition.

- Shotaaaaaaa à table !

J'étais stupéfait par la quantité de nourriture qu'il avait préparé. Comptait il inviter tout l'immeuble ? Cependant, c'est avec un grand sourire que je le rejoignis et le pris dans mes bras pour le remercier. Un simple geste amical pour le remercier de cette attention. Il rougit de nouveau. Je ne le comprendrai jamais. Faisait-il ça avec les autres ? Vers la fin du repas, je constatai qu'il regardait souvent ma main blessée. S'inquiétait-il ? Trop sensible le Yoshi !

- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas grand chose. D'ailleurs, demain je reprend la gratte !

- Non, c'est juste que ça me fait penser à la bague.. et .. je voulais m'excuser.. j'aurai dû faire plus attention, et ne pas trop l'afficher.. les/

- EHH ? Mais on s'en fout de cette bague ! T'es vraiment qu'un idiot. Tu les connais, demain, ils trouveront autre chose pour nous taquiner.

- Hm tu as sûrement raison.

L'espace d'un instant, un air triste s'était peint sur son visage. Il se leva pour chercher les petites douceurs qu'il avait préparé et les rires reprirent vite avec un Tacchon qui se retrouva par terre en s'asseyant à côté de sa chaise. La soirée s'était terminé par le nouveau film de Ryo. Il est vraiment doué pour nous faire pleurer, autant de tristesse que de rire dans la vie réelle. Ohkura s'était endormi sur mon épaule, des larmes séchées sur ses joues. Vraiment trop sensible. Je ne voulais pas le réveiller, alors je l'allongeai doucement dans le canapé et partis sans faire de bruits.

Cela faisait deux semaines que j'observais les moindres faits et gestes de Tadayoshi. Je voulais savoir si c'était moi qui le rendait vraiment mal à l'aise. Son comportement était tout à fait normal avec Maru, puisque c'était son meilleur ami. Par contre, j'ai remarqué qu'il ne parlait presque pas aux autres. Il riait et participait aux plaisanteries de You sans toute fois trop s'afficher. En ce moment, nous étions dans notre salle de répétition, Il était assis sur le sofa à côté de Ryo pour revoir Torn. Avec cette chanson, ils s'étaient beaucoup rapprochés surtout avec cette chorégraphie. Je ratai un accord quand je vis Ryo prendre Tacchon dans ses bras. En plus, Tacchon ne rougissait pas. Baru me dévisagea et sourit.

- Shota ! On reprend ! Il faut qu'on boucle ce passage avec les guitares pour revoir le chant.

- Oui Shibunyan. Répondis-je avec un grand sourire .

Il fallait que je sache si j'étais le seul à le faire rougir. Alors que nous allions prendre l'air sur le toit, Yoshi s'écria qu'il avait oublié son portable. Redescendant les marches, je le laissai passer lui caressant les fesses. Je sentis son regard dans mon dos alors que je suivais les autres. Serait-il intéressé par moi ? Cela expliquerait son comportement avec la bague et qu'il veuille souvent sortir avec moi. Je ne savais pas comment réagir alors je décidai de l'éviter pour le moment. Le soir même, il me demanda de passer la soirée chez lui ce que je refusai. Après plusieurs refus de ma part, il cessa de m'inviter. Je retrouvais donc mon meilleur ami, et dépensai mon argent dans le shopping. Le temps passait et un vide commençait à se faire ressentir.

- Hey Shota, c'est pas Ohkura et Maru là bas ?

Relevant la tête immédiatement, je le vis tout sourire avec Maru en train de manger une glace. J'étais à la fois heureux de les voir et anxieux. Cela faisait une semaine qu'on ne s'était pas vu, Ryo étant en tournage pour son drama nous faisions une petite pause.

- Tu devrais discuter avec Ohkura, tu ne crois pas ?

Je le regardai surpris. Baru était la personne qui me connaissait le mieux.

- Je ne sais pas, je/

- Agis comme tu le sens, mais ne l'évites plus, il mérite au moins une discussion.

- Tu as raison, mais promets moi de garder le secret, je ne sais pas encore ce que je ressens vraiment.

- T'inquiète pas mon Shota.

Nous terminâmes le reste de la journée à quatre. Yoshi et moi n'osions pas nous regarder, c'était frustrant de ne pas être celui qui le faisait rire. Alors que Maru devait partir, Baru proposa à Yoshi de rester avec nous pour le souper. Il fut évidemment de la partie, j'aurai parié qu'il était content d'être près de moi. Cette soirée me permit d'éclairer mes sentiments, je savais qu'à présent j'avais besoin de lui. Cependant, je voulais m'amuser un peu, et le séduire à ma manière.

Au retour de Ryo à Osaka, nous avions du travail à rattraper et de ce fait, une semaine complète auprès de cet idiot de Tadayoshi. Les premiers jours, je lui lançais quelques pics, je lui refaisais prendre des mesures à la batterie, je lui faisais des petits sous-entendus. Puis l'anniversaire de Maru approcha, les uns et les autres commencions à lui manigancer une surprise party . Pour se faire, You se chargea de tout avec Hina. Si quelqu'un pouvait réaliser une fête géniale, c'était lui. You donna nos rôles, et par le plus grand des hasard, je devais former équipe avec Yoshi pour ce qui était de la déco. Ryo et Baru étaient chargé de la musique et des invités, et You et Hina devaient prévoir la nourriture et la mise en place de tout ça. Le lendemain, Yoshi et moi quittions la répétition plus tôt que les autres, prétextant une réunion avec Johnny-san. Seuls dans les douches, je ne pus m'empêcher d'approcher Yoshi, et coller mon torse à son dos.

- Tu as un corps magnifique Yoshi...

Je le sentais se crisper sous mes caresses le long de ses flancs. Je ne manquais pas d'expirer mon air chaud à son oreille. Cela m'amusait de le faire languir, lorsque je sentis l'excitation monter en lui, je sortis de la douche. Il ne voulait pas montrer sa frustration, mais je savais que la situation ne pouvait pas le laisser indifférent. Dehors, le soleil tombait déjà, il ne nous restait plus beaucoup de temps pour effectuer l' achat des décorations. J'en profitai donc pour prendre Yoshi par la main et le tirer à ma suite. Il me suivait sans rien dire, mais après quelques minutes, il retira vivement sa main de la mienne.

- Arrêtes !

Il n'attendit pas de réponse et poursuivit son chemin. Je le rattrapai et nous prîmes la direction des magasins en silence. Parmi tant d'éléments de festivités, je ne pouvais rester silencieux. J'étais redevenu un enfant oubliant le froid entre Yoshi et moi. Il fut bien vite pris par ma folie, et chacun passa une bonne soirée. Il ne le savait pas, mais j'étais heureux. Si bien que mon petit jeu devenait agaçant. J'étais impatient de le prendre dans mes bras et ..de l'embrasser. Cette idée m'embarrassait, je ne m'attendais pas à développer de tels sentiments envers lui. Au studio de danse le lendemain, j'étais d'humeur taquine. Tout d'abord, j'avais disposé 10 sucres dans le café de You pour tous les tours qu'il nous jouait. Puis, pendant la chorégraphie je me mis à rire, me moquant du pas de danse de Tadayoshi.

- Attendez ! C'était drôle ! Vous avez vu Ohkura ? Quand il fait ce pas, on dirait une strip-teaseuse !

- Maintenant que tu le dis !

Tous nous rîmes, alors qu'Ohkura se vexait encore une fois. Maru prit sa défense en pointant mon style du jour : années 70. Alors que tous me relookaient, Hina remarqua le manque de bague à ma main gauche.

- Dis donc Shota qu'est ce qui est arrivé à ta main ?

- Oh, bah l'autre bague me plaît plus, j'attends que Baru me cède les siennes !

- Eh ! Tu rêves mec !

Je remarquais son regard sur moi, j'étais persuadé que lui avait déjà vu que je ne portais plus la bague depuis quelques temps. Si je ne pouvais pas la partager avec lui elle n'avait plus de sens. Les jours suivants, Yoshi ne quittait plus Maru, et Maru ne quittait plus Yoshi. Il m'était impossible de lui parler ou même de l'approcher. Bien sûr, Maru prenait son rôle à la rigolade pour ne pas alarmer les autres. Cependant, je savais que Tacchon lui avait parlé de ses sentiments et de mes agissements. Maru protégeait son ami de moi. Cette constatation m'attristait, j'étais un idiot. Je n'aurai pas dû jouer avec les sentiments d'Ohkura et des miens comme je l'ai fais. Désormais, mon cœur se serrait à la vue d'Ohkura et de Maru. Leurs pitreries, leurs câlins, leurs rires m' insupportaient. Malgré cela, je restais moi-même, je ne voulais pas inquiéter les autres, surtout Baru. Je pouvais retirer ce sourire qui me collait au visage qu'en rentrant chez moi. Mon appartement n'était pas très grand, je disposais d'une chambre, d'une salle de bain et d'une grande pièce d'angle regroupant salon et cuisine. Un soir, je décidai d'inviter Baru, je ne voulais pas rentrer seul avec mon désespoir. Comme je le redoutais, il avait compris mon malaise.

- Tu te rappelles enfin que je suis là. Je suppose que le moral est au plus bas ne ?

- Je ne peux rien te cacher...

- Baka.

Il savait exactement quoi faire lorsque je déprimais. Après s'être déchaussé à l'entrée, il me fit couler un bain chaud. Nous étions tellement complice qu'il m'accompagna dans la salle d'eau et s'amusait à me pouponner. J'aimais qu'on prenne soin de moi, j'avais l'impression d'être une princesse à qui on cède tout. Quelques heures plus tard, j'étais en tenue décontractée, manucuré et un pot de glace dans les mains.

- Désolé de t'ennuyer avec mes histoires.

- T'en fais pas, c'était sympa de m'occuper de toi, mon petit Shota! Mais je veux que tu m'expliques maintenant...

- Hm.. je voulais m'amuser avec lui, ne dis rien, je sais c'était idiot. Maintenant, il ne traîne plus qu'avec Maru. Et.. ça me rend dingue ! Tu me connais, moi c'est tout ou rien. Il y a un mois, je n'éprouvais que de l'amitié pour lui, et là.. je l'aime. Je ne sais pas comment faire pour lui parler sérieusement. Je ne suis pas comme ça d'habitude ! Comment croire quelqu'un qui plaisante toujours ! Surtout après ce que je lui ai fais ! Il me manque, Baru..

- Dis donc, tu avais besoin de parler, encore un peu et ton cerveau explosait ! Sérieusement, l'anniversaire de Maru c'est après demain non ? Et n'es-tu pas en équipe avec Ohkura pour préparer la salle ?

Baru était génial, une vague d'enthousiasme m'envahit, et je le remerciais. La soirée pris alors une autre tournure, passant de la wii au twister, et d'un bon film à un sommeil bien mérité.

Enfin, le jour fatidique était arrivé, Ohkura et moi devions installer nos décorations. Nous étions que tous les deux dans cette salle relativement grande. Nous avions déjà gonflé tous les ballons, et installé toutes les tables ainsi que les chaises et les deux sofa. Les couverts étaient sortis, les chapeaux, sifflets et confettis aussi. Il ne restait plus qu'à accrocher les ballons et les banderoles. Je montais alors sur une chaise et accrochais les ballons tandis qu'Ohkura me les tendaient. Je ne parvenais pas à me concentrer avec lui si proche de moi. Je pouvais sentir son parfum, frôler sa peau, l'admirer. Puis, je me lançai, c'était le moment de passer à l'étape supérieure. Je m'abaissai et au moment où il se retourna pour me tendre un ballon, je l'embrassai.