Auteur : Fania
Fandom : Le Seigneur des Anneaux.
Genre : Réunion Familiale ?
Disclaimer : Non, Legolas n'est pas à moi, et l'idée de le faire vivre à notre époque non plus. D'ailleurs, les livres ne sont pas à moi non plus, même si je vais tenter ici de leur être le plus fidèle possible, en espérant que Tolkien ne se retourne pas (trop) dans sa tombe à cause de moi =)
Note : C'est un OS, et pourtant ça ne fait pas très « finit » je trouve. Il se peut que j'écrive une suite, un jour, mais bon, rien n'est certains… n'hésitez pas à me dire si une suite vous intéresse, on ne sait jamais, ça pourrais me motiver =)
Plus Seul.
Legolas s'agita sur le siège de la petite Audi, torturant sans pitié la lanière de son sac à dos.
Il était arrivé en Autriche la veille, avec tout juste de quoi s'habiller pour la semaine, quelques euros en poche et, pour toute destination, une adresse hâtivement recopiée sur un vieux post-it : de toute l'histoire des Elfes, c'était sûrement le départ le plus précipité qu'on ait jamais vu.
D'ailleurs, pour autant qu'il sache, c'était aussi la première fois dans l'histoire des elfes que l'un des leurs se montrait parfaitement incapable de rester immobile plus de trente secondes d'affilée, au point de parvenir à agacer même le conducteur de l'automobile, qui n'était pourtant qu'un humain.
Miraval766 était plutôt petit, brun, et dégageait une forte odeur de parfum pour homme, d'une fragrance musquée qui faisait tourner la tête du prince elfique assis à côté de lui. Pour autant, Legolas n'aurait échangé sa place dans cette voiture pour rien au monde.
Avec un soupir nerveux, il tira de sa poche la coupure de journal froissée qui ne le quittait plus depuis deux ans, à laquelle il avait agrafé un agrandissement de la photo accompagnant l'article.
Non pas que le sujet en lui même fut particulièrement intéressant, après tout il ne s'était jamais vraiment intéressé au phénomène des Rave Parties (il voulait bien expérimenter les activités humaines, mais pas à ce point là, merci bien !) mais l'arrière plan de l'image recelait, pour lui, une information plus que capitale, qui lui avait coupé le souffle : il n'était pas seul.
En effet, derrière les tentes montées à la va-vite au milieu d'un champ fraîchement défriché, on pouvait avec beaucoup d'effort distinguer deux silhouettes élancées aux cheveux bruns identiques, les oreilles disparaissant sous leurs casquettes… à moins bien sur qu'il ne s'agisse d'un effet d'optique, mais Legolas avait tout simplement refusé de considérer cette option.
Il avait lancé des appels à l'aide dans les journaux, sur d'innombrables forums internet, et consulté toutes les bases de données auxquelles il avait pu penser pendant deux ans, jusqu'à ce qu'un mail finisse par lui parvenir d'une petite ville située dans la campagne Autrichienne, annonçant que les fameux jumeaux avaient été aperçus quelques semaines plus tôt.
« Das ist es. »
Miraval766 (Legolas n'avait pas pris le temps de retenir son véritable nom) arrêta l'Audi face à une longue allée qui s'enfonçait dans les bois et, après l'avoir rapidement remercié, Legolas descendit de la voiture et s'engagea sur le chemin, le cœur battant à tout rompre.
Il poursuivit sa marche, ses inquiétudes s'apaisant à mesure que l'air changeait autour de lui, se chargeant de parfums anciens qu'il n'avait plus senti depuis ce jour ou, quelques mois après la mort d'Aragorn, il avait traversé Imladris pour la dernière fois en direction de l'Ouest. A présent, remonter cette voie lui donnait l'impression de rajeunir et de vieillir tout à la fois, remontant le temps en direction d'une époque que les hommes avaient depuis longtemps oublié.
Il finit par atteindre le gué de Bruinen, et fut surpris de se souvenir aussi bien du son que produisaient les eaux en coulant sur les rochers. Traversant le pont, il fut rapidement arrêté par un haut portail habilement forgé, ou il découvrit, non sans surprise, le bouton d'un interphone, qu'il activa sans hésiter.
La voix qui lui répondit lui rappela des après-midi ensoleillés passés à courir dans les bois et à tenter d'éviter ses gardes, qu'il jugeait, à l'époque, bien trop ennuyeux pour s'en encombrer lorsqu'il parcourait les différents recoins de la Dernière Maison Accueillante en compagnie des Peredhil. Melpomaen se méfiait, ce la s'entendait à sa voix. Chose étrange, il semblait encore plus méfiant qu'à l'époque ou Sauron étendait son règne sur les Terres du Milieu... mais en y réfléchissant, Legolas se souvint que la Seconde Guerre Mondiale était malheureusement passée par la, et qu'il était normal, après tout, que les elfes se montre plus réticents que jamais à laisser des Hommes pénétrer sur leurs territoires… même lorsque ceux-ci avaient été des endroits aussi accueillant que la demeure d'Elrond.
« Imn Legolas Thranduilion. »
Cette simple phrase suffit à provoquer l'ouverture du portail, et Legolas s'engagea sur la pente sinueuse qui menait aux bâtiments principaux… ressemblerait-ils encore à ce dont il se rappelait ? Imladris semblait, certes, être resté intouché des Hommes, mais qui pouvait certifier que d'autres modifications n'avaient pas précédé (ou suivit) l'installation de l'interphone ?
Legolas allongea le pas, remontant la route qu'il avait déjà emprunté pour visiter ses amis, puis se rendre au Conseil d'Elrond, il y avait si longtemps de cela.
Il sentait sans tout à fait le savoir, qu'il aurait l'air déplacé lorsqu'il rejoindrait les autres elfes : son jean passé, ses baskets usées et son vieux t-shirt des Interceltiques de Bretagne ne manqueraient pas d'attirer le regard, presque autant que le feraient ses cheveux coupés à la mode « surfer ». Peut-être lui reprocherait-on même de s'être laissé aller, qui savait ? On pourrait même lui faire remarquer que laisser ses oreilles à la vue de tous n'était pas une bonne idée.
A cette pensée, le meilleur guerrier qu'on eût jamais vu dans tout Vertbois-le-Grand ne pu s'empêcher de tirer sur une mèche blonde pour tenter de la faire redescendre et dissimuler la pointe de son oreille… en vain.
Il avait presque atteint l'arche de pierre qui marquait l'entrée du domaine d'Elrond à proprement parler lorsqu'une voix profonde qu'il connaissait bien le tira de ses pensées, lui coupant presque le souffle tant l'émotion qu'elle provoquait était forte.
« Legolas… ion-nîn !
-Ada ! »
Legolas se défit de son vieil Eastpack rapiécé, qui tomba au sol avec un bruit mat, et se précipita vers Thranduil, qui lui tendait les bras.
Comme un enfant, il se jeta au cou de son père, qui fut tout d'abord trop surpris pour réagir : Legolas avait toujours été un elfe plutôt démonstratif, mais rarement à ce point. Cependant, après quelques instants, il retrouva suffisamment de présence d'esprit pour rendre son étreinte à son fils.
Alors, à sa propre surprise, Legolas fit quelque chose qu'il n'avait plus fait depuis la mort de Gimli : il pleura.
Pour la première fois depuis quatre millénaires, il n'était plus seul.
Note 2 (Mise à jour du 28-02-2011)
Vocabulaire Elfique :
Imn Legolas Thranduilion. = 'Je suis Legolas Thranduilion.' : construction de mon cru, basée sur la réplique d'Arwen dans La Communauté de l'Anneau lorsqu'elle secourt Frodo dans la forêt, après le Mont Venteux (pour le 'Je suis') puis sur le texte original qui présente bien Legolas comme 'Thranduilion', découpable en Thranduil-ion (Le mot ion signifie 'fils'. Accolé en tant que suffixe au nom du père, il prend la valeur de 'le fils de')
Ion-nîn = Mon fils : Ion signifie fils, et nîn est un pronom possessif (probablement masculin, quoique je ne puisse pas l'affirmer à coup sûr) comme indiqué par l'expression 'mellon-nîn' qui signifie 'mon ami'.
Ada = Père.
