Bonjour, bonsoir, et merci d'avoir choisi la compagnie Arkhanguelsk pour ce voyage. ... Eh qu'est-ce que je raconte ? Bref. Merci pour votre lecture et votre patience. :'3
Ensuite, je tiens juste à rappeler que les personnages en eux-mêmes ne m'appartiennent pas. Bien entendu, je ne reçois aucune rémunération.
Quoiqu'il en soit, bonne lecture !
DON'T WAKE ME
1
Awake and Alive
Appuyé à sa fenêtre, un large sourire aux lèvres, l'homme observait le paysage. Non, il observait les bâtiments, toisait ses habitants. Depuis son appartement, son promontoire, il pouvait tout voir, tout apercevoir, deviner. Il avait l'impression de pouvoir les manipuler depuis chez lui. Izaya posa sa main contre la grande baie vitrée. Froide, comme son cœur. Pourtant, un ricanement s'échappa de ses lèvres, avant qu'il ne s'éloigne du panorama pour s'approcher du canapé où il s'y laissa tomber :
─ Encore une journée bien remplie, annonça-t-il de manière joueur. Le petit Mikado ne cesse de m'impressionner. Et j'ai croisé ce cher Shizu-Chan. Il ne réfléchit jamais avant d'agir dès qu'il me voit, on dirait un animal en rut. C'est mignon venant de ce monstre.
Il n'eut pour réponse que l'écho du vide de son appartement. Ce silence. Il ne l'aimait pas. Peu à peu, son sourire disparut. Il posa sa main à son front tout en fixant le plafond. Doucement, un soupir franchit ses lèvres.
Cette solitude. Il se demandait si, en un sens, cela ne la pourrissait pas. Sans cesse, il était haït par autrui. Namie ? Elle ne l'appréciait certainement pas. Dès qu'elle le pouvait, elle s'en allait, le laissant seul face à lui-même.
Ses sourcils se froncèrent, alors qu'il claqua la langue. Parfois, ses pensées l'agaçaient. Surtout lorsqu'elles tournaient autour de lui. Cela l'ennuyait profondément. Et l'ennui, il en avait horreur.
Il se redressa sur les coudes, réfléchissant un moment. Son regard se tourna vers son portable, observant l'heure. A nouveau, un sourire étira ses lèvres alors qu'il bondissait hors du canapé. Trottinant joyeusement, il s'approcha de la porte d'entrée où il enfila son manteau. Il était tard, mais pas encore assez pour l'empêcher de sortir. En un rien de temps, il avait retrouvé toute sa joie de vivre.
Il sortit de chez lui.
Une fois au rez-de-chaussée de son immeuble, Izaya inspira un grand coup avant d'écarter les bras d'un air amusé :
─ Un peu d'air frais fait toujours du bien ! s'exclama-t-il d'un ton chantant.
D'un pas léger, il marcha vers le Sushi Russe. Il y avait toujours du monde là-bas. Il eut une pensée envers Kida. Il savait que récemment, ce dernier était revenu à Ikebukuro.
Au même instant, sur la route, passa une motarde. Le vrombissement de la moto était semblable à un hennissement. Il n'y avait aucun doute ; il s'agissait de Celty, la motarde sans tête. Légende urbaine ou pure fiction ? Certains se fichaient pas mal de connaitre la vérité. Mais là-dessus, l'informateur les avait presque tous devancé puisqu'il connaissait non seulement la vérité, mais aussi la position exacte du lieu où se trouvait la tête de la Dullahan.
Un sourire carnassier vint étirer la commissure de ses lèvres alors qu'il avançait à reculons dorénavant. Il observait, au loin, la motarde qui fuyait trois flics sur leur propre engin :
─ Inséparables ceux-là ! déclara-t-il tout en laissant son sourire s'agrandir. Shinra devrait être jaloux.
Il parlait tout seul, comme à lui-même. C'était devenu une sorte de réflexe. Même lorsqu'il y avait Namie, il avait surtout l'impression de se parler à lui seul. Parfois, elle lui donnait des conseils. Mais cela ressemblait plus à des remarques cinglantes sur son manque de contact humain.
Cependant, comment pouvait-elle dire cela alors que cet être adorait les humains ? Certes, dès qu'il ouvrait la bouche, il ne pouvait s'empêcher de s'amuser, de manipuler la personne avec qui il parlait.
C'était peut-être pour cela qu'il était tout seul, non ?
Lorsque cette idée lui traversa l'esprit, son sourire s'effaça alors qu'il laissait son regard fixer un point vide au loin. Même le plus cruel des hommes avait besoin de chaleur humaine. C'était tout à fait normal. Pas seulement le côté sexuel de la chose, mais une simple présence suffisait.
Hélas, qui pourrait supporter un type pareil ? Lui-même se savait insupportable.
Un faible ricanement franchit ses lèvres alors qu'il reprit sa marche. Très vite, son agacement se transforma en une joie de se retrouver parmi la foule où il pouvait se mêler à tout ce monde. Depuis son promontoire, dans son appartement, il pouvait certes observer ces personnes, cependant, il manquait quelque chose… Le son. Le brouhaha de la ville. D'aussi haut, il ne pouvait entendre une conversation distinctement. Il risquait surtout d'entendre le bruit de klaxons, de moteurs, ou juste de voitures.
Ainsi, il se sentait bien. Cela contrastait avec le silence pesant de son appartement. Il était difficile à croire qu'il aimait autant les humains, mais que son foyer était aussi vide de bruit. Quoique, cela ne l'étonnait pas tellement, puisqu'au fond, il avait parfois besoin de calme.
Sortir ne lui permettait pas seulement d'écouter, ou d'aller à la pêche aux infos, cela lui facilitait la tâche pour agacer son entourage. Comme, par exemple, Anri. Il se souvint de la fois où elle avait tenté de le couper avec son sabre.
Le brun manqua de pouffer en y repensant. Si Shizu-Chan peine à me toucher, alors toi, ma petite Anri, tu n'y arriveras probablement jamais ! aurait-il voulu lui dire en cet instant-même. Il s'imagina la croiser dans les rues du quartier. Gloussant à l'idée de la voir, son regard se mit à parcourir chacun des passants avant de réaliser l'heure qu'il était.
Sur le coup, il pensa que la voir à l'extérieur en des heures aussi tardives ne seraient pas digne d'elle, avant de se souvenir de la Saika qui vivait en elle. Au final, la croiser ne serait pas une surprise.
Alors qu'Izaya s'engouffrait sur un passage clouté, il sortit son portable afin de vérifier ses mails. Ses sœurs semblent avoir vu le frère de Shizuo. Il avait toujours trouvé cela étrange, et amusant à la fois. Le fait que Shizuo et lui éprouvent une haine réciproque, alors que ses sœurs étaient fans de Kasuka Heiwajima.
Un rictus aux lèvres, il ricana tout en rangeant son portable dans la poche de son manteau. Au même instant, au milieu du passage piéton vide de monde, l'informateur se sentit observé. Depuis la rue face à lui, un distributeur vola. Du coin de l'œil, le brun put habilement esquiver la menace. Mais il savait que ce n'était que le début. Il entendait déjà le cri de sa Némésis au bout de la ruelle.
Toujours les mains dans les poches, ses doigts vinrent rencontrer son cran d'arrêt, prêt à riposter au cas où l'ex barman ne l'approche de trop près.
Heureusement pour ce dernier, l'informateur avait de bons réflexes, mais aussi une bonne endurance. Alors que le cri du blondinet se rapprochait dangereusement, le jeune homme ne put s'empêcher de se montrer taquin :
─ Shizu-Chan ! Quelle bonne surprise ! railla-t-il, un sourire narquois déformant les traits de son visage. Je t'ai manqué depuis ce matin ?
─ Je t'ai déjà dit de plus jamais remettre les pieds dans ce quartier !
Au même instant, Izaya partit au pas de course tout en riant au nez de son ennemi. Son cœur se réchauffa. En un sens, il savait que même si les humains le détestaient, c'est qu'il comptait un minimum pour eux, puisqu'ils ne l'ignoraient pas. L'ignorance. Il en avait horreur.
Et voir cette sorte d'attirance chez Shizuo lui faisait du bien en un sens. Il n'aimait pas le personnage. Un monstre. Et c'est pour cela qu'il ne le supportait pas. Il ne comprenait pas comment cet animal pouvait avoir des amis. Il voulait prouver à Ikebukuro que cette personne que la plupart des gens appréciaient n'était d'autre qu'un monstre qui obéissait plus à son instinct plutôt qu'à ses principes. Ou du moins, quand il s'agissait de l'informateur.
Ce monstre n'avait pas le droit d'être aimé par autrui.
Pas à cause de ce qu'il faisait.
Pas avec cette force surhumaine.
C'était inhumain. Mais au fond, si sa Némésis venait à disparaître, il se demandait comment il pourrait continuer à faire son footing habituel. Cette idée ne fit qu'agrandir son sourire. Tout en courant, il tourna son visage vers lui, les yeux rieurs :
─ Allons, allons, ne plus revenir dans la quartier… Tu voudrais garder ses habitants pour toi tout seul ? Je suis jaloux, ironisa-t-il tout en lâchant un rire sarcastique.
Au vue du bruit métallique qui venait de se produire parmi la foule, l'ex barman venait de saisir un panneau de signalisation :
─ Tu dégrades toujours ta ville pour saluer tes amis ou c'est juste que tu es content de me voir ? le nargua-t-il tout en tournant dans une rue bondée de monde.
Sans cesser de courir, Izaya traversait une multitude de rues différentes. Ainsi, il se sentait vivre. Cette adrénaline qui le saisissait à chaque fois, à chaque course, était un vrai bol d'air frais pour lui. Il adorait cela.
Tout en riant un peu, le brun s'arrêta brusquement, faisant volte-face tout en sortant le cran d'arrêt de sa poche, assénant un coup latéral à sa Némésis, le touchant au niveau du poitrail. Shizuo grimaça, alors que ses mains se crispèrent autour de la barre de fer, la tordant. Il répliqua d'une attaque latérale à son tour, mais l'informateur semblait l'avoir devancé puisqu'il esquiva sans mal, bondissant en arrière, provoquant un gloussement de la part du brun :
─ Tu te fais vieux, Shizu-Chan ! Tu es tout rouillé !
─ La ferme, vermine !
Nouveau ricanement s'émanant du jeune informateur alors qu'il évita une nouvelle attaque de son ennemi :
─ Tu n'as donc aucun autre vocabulaire ?
Il adorait le taquiner. Non. Le titiller sur des choses qu'il savait agaçantes. Le provoquer était comme une passion. L'ex barman n'était pas humain, et cela, il pouvait le prouver rien qu'on observant le panneau de signalisation transformé des suites de la course poursuite.
Le cœur battant, Izaya finit par arriver dans une ruelle où il repéra une voiture qui roulait. Il en profita pour traverser au dernier moment, semant au mieux le blond. Il n'était pas essoufflé, mais il avait déjà pris sa douche après cette matinée de course poursuite. Il n'avait pas non plus envie d'y passer la nuit.
Une fois assuré que sa Némésis ne le suivait plus, et avait abandonné ses recherches, il put rentrer tranquillement. Fier de sa virée du soir, il retourna dans son appartement froid, et vide. Il retrouva le calme. Le silence. Le mutisme de ce lieu au panorama magnifique.
Mais ce n'est qu'une fois arrivé qu'il se rendit compte à quel point il avait déjà envie de retourner dehors.
La solitude le rongeait-elle ? Il en doutait. Cependant, ce genre de question ne cessait de le traverser, de l'embêter, de le taquiner. Il claqua la langue contre son palais, provoquant un bruit qui fut amplifié par le vide de la pièce.
S'avançant dans la nuit, il marcha d'un pas lent dans son appartement, son regard allant et venant dans le salon. La pièce était éclairée par les lumières de l'extérieur. Cela plongeant l'endroit dans une atmosphère aussi fascinant que lugubre. Il aimait cela comme il le détestait.
Un long frisson le parcourut alors que l'adrénaline retombait doucement. Il vivait dans un foyer sans amour. Il savait parfaitement qu'il n'en avait pas besoin. Et pourtant… Il y avait un certain manque. Il manquait quelque chose chez lui.
Énième ricanement, bien que plus faible qu'à l'ordinaire :
─ C'est ridicule... tenta-t-il de se convaincre tout en se dirigeant vers la salle de bain.
Là, il prit une longue douche chaude. Sous l'eau qui lui brûlait la peau, il posa son front contre la paroi froide, laissant l'eau ruisseler sur son épiderme.
Izaya resta ainsi durant de longues minutes, les yeux clos. Il aimait les humains, mais parfois, il avait envie d'échapper à cette réalité. La banalité s'était confondue avec l'originalité. L'étrange n'avait plus rien de bizarre. C'était quelque chose de normal à Ikebukuro.
Entrouvrant les yeux, il observa un long moment un point vide devant lui alors qu'il essayait de s'efforcer à quitter ce moment de bien-être. Cette course poursuite avec Shizuo l'avait épuisé. Ou du moins, l'accumulation des courses dans la journée. Il ne s'épuisait pas pour si peu, mais cela faisait un moment qu'il n'avait pas dormi.
Il éteignit l'arrivée d'eau. Son corps eut un frisson alors qu'il réclamait un peu plus de cette sensation de ce luxe. Cependant, l'informateur sentait les bras de Morphée le gagner.
En sortant de la douche, il s'essuya avant d'enfiler un simple boxer. Il préférait dormir ainsi, souhaitant pouvoir sentir la douceur des draps sur son épiderme, et non se sentir emprisonné dans des vêtements qui ne feraient que lui donner plus chaud.
D'un pas plutôt lent, et tout en se limant un peu les ongles, il se dirigea vers ce lit qui l'appelait. Un lit double, bien entendu. Il aimait avoir un grand espace personnel.
S'allongeant dans les draps froids, il fut saisit par un nouveau frisson alors qu'il se coucha sur le flanc. Peu à peu, la chaleur de son corps put réchauffer le matelas comme la couverture. Et pourtant, il savait qu'il manquait quelque chose.
Encore et toujours la même chose.
Cela lui faisait cela depuis peu. Une sensation de manque. Une personne qui devrait être à ses côtés, mais qui n'était pas là.
Mais c'était normal.
Il n'était pas aimé.
Il était juste détesté.
Et plus le temps avançait, plus cette idée lui faisait mal. Bien qu'il ne montrait rien aux autres.
Poussant un soupir, le jeune homme s'efforça à penser à quelque chose de plus joyeux pour ne pas s'endormir sur de mauvaises pensées. En vain. Une larme perla au coin de ses conjonctives, et il s'endormit.
