Disclaimer: les personnages ne m'appartiennent pas.

Loin de moi

Je rentre après une mission et comme d'habitude tu es là à m'attendre. Mais ce soir c'est différent, tu es différente. Ou bien c'est moi peut-être, je vois plus clairement le mal que je nous inflige.

Je te regarde passer devant moi. Tu traverses la pièce, le nez plongé dans un livre d'informatique. Tout est silencieux autour de nous et tu ne me remarques pas.

La lumière électrique de la cave blafarde ne porte pas atteinte à ta beauté. Tes cheveux blonds lâchés se balancent à chacun de tes pas. J'observe tes jambes, les talons aiguilles que tu portes et mes yeux se perdent sur tes courbes que j'aimerais découvrir avec mes mains.

Je reste subjugué par tes mouvements gracieux et le calme que tu dégages. Tu n'es pas consciente de mon regard, c'est peut-être pour ça que tu es si calme. Tu ne t'inquiète pas pour moi et tu ne crains pas de souffrir.

Tu mordilles ta lèvre avant de la lécher et je sens mon corps se réchauffer. Je m'imagine mordiller tes lèvres, ma bouche embrasser ton corps.

Tu relèves la tête et ton regard se pose enfin sur moi. Tu me demande ce que je fais et je vois se dessiner une inquiétude sur ton visage et je m'en veux de te faire ressentir du souci. Tu t'approches et te place face à moi, tu fronces les sourcils et tentes de lire en moi en plongeant ton regard dans le mien.

Je baisse les yeux pour que tu ne puisses pas y lire mon envie. Tu m'appelles et ta voix se remplit d'un questionnement inquiet. Je me sens encore plus mal. Tu t'inquiètes pour moi alors que je ne réussis qu'à te faire du mal.

Je ne te réponds pas. Qu'est-ce que je pourrais te dire ? Que je t'aime mais que je ne peux pas être avec toi. Que je rêve de te toucher et de t'embrasser mais que ma seule présence près de toi est trop risquée. Je t'ai déjà tenu ce discours et tu m'en as voulu. Tu ne veux pas comprendre que je tiens trop à toi pour te mettre en danger et que la seules solution c'est que je reste éloigné de toi.

Le silence nous enveloppe toujours, tout comme mes doutes.

Tu m'as dit que je te faisais du mal mais je ne peux rien faire d'autre. Et même si je m'en veux de te faire supporter ça, c'est le mieux. Je n'arrive pas à ne plus t'avoir dans ma vie et je ne peux pas te laisser en être le centre. J'ai même honte de vouloir te garder près de moi alors que la situation te fait plus de mal que de bien.

Tu finis par poser ta main sur ma tête en répétant mon prénom. Je garde la tête basse et savoure les caresses douces que je me permets de recevoir. Je sais qu'un jour tu en auras assez de tout ça et ce jour-là tu partiras, me laissant seul avec mes résolutions, mes souvenirs et mes regrets.

A cette idée, je sens mes yeux se remplir de larmes. Je les ferme fortement et une larme coule sur ma joue. Tu m'appelles à nouveau d'une voix brisée. Tu sais que je souffre, tout comme toi. Et tu m'en veux de ne pas accepter l'amour qui nous lie.

Tu restes silencieuse, je sais que tu en as assez de me dire que nous nous aimons et que mon refus ne réussis qu'à nous torturer inutilement. Je t'entends pleurer doucement alors que tu essuies la larme sur ma joue.

Je prends ta main posée sur ma joue et l'approche de ma bouche. Je ne peux pas parler, ma gorge remplie de larmes que je ne permettrais pas de verser. Je dépose mes lèvres dans la paume de ta main. Je garde les yeux fermés, imaginant que la situation est toute autre. Tu pourrais être ma petite-amie et je serais libre d'embrasser ta peau. Libre de te caresser, libre de te prendre dans mes bras pour te montrer comme je tiens à toi.

Un sanglot de ta part me fait reprendre conscience que ce n'est qu'un rêve. Cela n'arrivera jamais. Je dépose un nouveau baiser dans ta main avant de soupirer et de m'arracher à ta chaleur.

Je n'ose pas relever les yeux pour te regarder, j'ai tellement honte de te faire subir tout ça. Je me lève et ta main se raccroche à la mienne. Tu gardes la tête baissée, tu sais que rien ne va changer. Je fais un premier pas pour m'éloigner de toi et ta main se resserre. Un autre pas et tes doigts glissent sur ma peau. Je ressens ce geste comme une déchirure, tu me laisses partir. Tu as en a assez de te battre contre moi.

Nous nous retrouvons dos à dos, regardant dans des directions opposées. Tu murmures que c'est fini, que tu ne peux plus supporter cette situation. Je ne peux qu'acquiescer même si je sens s'ouvrir en moi un trou béant. Nos vies vont s'éloigner irrémédiablement l'une de l'autre.

Quand je sors dans l'air froid, je ne parviens plus à respirer, mes sentiments me torturent et me rendent malade. La pluie fine qui tombe sur la ville me fait frissonner. Je me sens vide. Je n'arriverais plus à vivre sans toi à mes côtés mais je ferais semblant. Comme avant, je me composerai un masque et j'enfouirai un peu plus profondément mes sentiments.

Je pense que je pourrais être heureux. Heureux de savoir que tu as une vie sans danger et un homme capable de t'aimer. C'est tout ce que je peux t'offrir, le bonheur loin de moi.


J'ai tenté un autre genre pour le Olicity. J'espère que ça vous aura plu. Bises