Chères lectrices, bonjour !

Avant d'entrer véritablement dans ce 4ème opus, je tiens à vous présenter mes plus plates excuses. En effet, suite à quelques soucis d'organisation de ma part, je me suis trouvée dans l'incapacité de publier dimanche. Je l'avoue, je n'ai aucune excuse. Valable tout du moins. Ça ne vous paraît peut-être pas, pour certaines, essentiel mais je tiens à faire preuve de ponctualité et surtout tenir mes promesses, ce qui est pour moi un gage de fiabilité et surtout le moyen de créer une marque de confiance entre vous et moi. C'est pourquoi je tiens à m'excuser alors que j'avais affirmé poster dimanche…

Bon, c'est pas tout ! Mais vous voici face au premier chapitre de ce 4ème opus !

Bienvenue dans cette aventure !

Alors, alors, pour celles qui ne comprendraient pas tout ce petit charabia, je m'explique : ceci est la 4ème fanfiction d'une tétralogie des Cinq Légendes. Les précédents sont dans l'ordre l'Etoile-Guide, Cupamor et Desidone et l'Ami Imaginaire. Si les deux premières peuvent se lire indépendamment des autres, peut-être lire l'Ami Imaginaire ainsi que cette fanfiction sans les autres peut poser certains soucis de compréhension. Je ne m'empêcherai pas de faire un peu de pub en vous proposant d'aller les lire ! =D

Cependant, je sais que certaines s'en sorte très bien sans avoir lu les fanfictions précédentes (cf. Miki Peach =D) et chaque histoire a été écrite indépendamment les unes des autres ;)

Que vous dire de plus ? J'espère pour les supers lectrices qui me suivent depuis le début, ou presque, seront satisfaites, que celles qui sont arrivées là par hasard ou par curiosité y trouveront leur compte également. Mais surtout j'espère que vous passerez un agréable moment et que nous pourrons encore échanger des questions/réponses au fil des reviews ! \o/

Disclaimer : l'univers des Légendes ©William Joyce, Les Cinq Légendes ©Dreamworks, Anastasie (alias Stacy) ©moi-même

Bonne lecture !


Chapitre 1 :"Tout bonheur est un chef-d'œuvre : (...) la moindre hésitation l'altère" (M. Yourcenar)

- Tiens, ton thé glacé.

La jeune femme aux longs cheveux roux foncé tendit au jeune homme un verre remplit aux trois-quarts.

Ce dernier suffoquait, étendu sur le ventre comme une grosse larve agonisante sur le parquet. Il était beaucoup moins affecté que la normale par la chaleur, néanmoins cette canicule là atteignait des sommets et même lui ne la supportait qu'à peine. Il se retourna et contempla le plafond immaculé. A ce moment précis, il ne pensait qu'à la fraîcheur qui devait s'en dégager. Il aperçut sa petite amie, au-dessus de lui, en train de le dévisager, une carafe dans une main, son verre dans l'autre.

Le jeune homme se redressa d'un coup, attrapa le récipient le plus large et avala d'un trait tout le contenu. La jeune femme écarquillait les yeux à mesure qu'elle voyait le thé glacé disparaître. Rafraîchi, le jeune homme exulta et se laissa de nouveau tomber sur le parquet frais.

- Jack ! s'écria enfin sa petite amie outrée

Un large sourire avec une pointe d'insolence s'étira le long du visage de Jack, à la fois grave et marqué par l'immaturité. La jeune femme soupira et porta le verre initialement prévu pour lui à sa bouche.

- T'étais pas obligé de tout boire, marmonna-t-elle en posant le verre sur son bureau, au milieu de diverses feuilles millimétrées, schémas et autres papiers griffonnés de calculs.

Jack se roula alors sur le sol comme un enfant.

- Mais, Stacy, rechigna-t-il puérilement, fait trop chaud !

Stacy ne prêta aucune attention à son commentaire et retourna à ses devoirs. Elle avait désormais l'habitude du comportement parfois frivole de son petit ami. En même temps, elle avait eu le temps de s'y habituer depuis un an et trois mois. Alors qu'elle avait empoigné sa calculatrice, la jeune femme aux longs cheveux roux foncé percuta qu'une telle durée était passée.

Plus d'un an…

C'était surprenant comme le temps passait vite, pensa-t-elle. Tant de choses étaient arrivées. Sans compter le fait qu'elle ait rencontré Jack, elle avait découvert tout un monde qui vivait en parallèle au sien, mais invisible ou presque aux yeux des humains. Elle avait pu en prendre conscience car elle croyait déjà aux esprits depuis belle lurette, même si elle n'avait jamais envisagé que des êtres comme les jumelles qui se cachaient derrière le nom de Cupidon puissent exister.

Par la suite, elle avait perdu son frère. Elle l'avait cru mort pendant près de trois mois, mais il s'était révélé qu'il était également devenu une légende suite à un contrat qu'elle avait passé avec l'Homme de la Lune pour qu'on lui fiche la paix, qu'on fiche la paix à Jack et accessoirement à leur couple également. Elle n'avait pas mesuré que ce filou envisageait les mots « morceau de vie » comme autre chose que des années comme elle, elle le pensait. Du coup, Timothée, son grand frère, en avait pâti. Il était mort et était devenu l'Ami Imaginaire.

Stacy culpabilisait encore en y repensant. Mais Timothée, lui, ne semblait pas trop souffrir de sa nouvelle vie. Il avait toujours été un peu comme ça aussi : une vie ou une autre, il s'en moque un peu. Du moment que ses proches vont bien et qu'il se sent à l'aise, c'est tout ce qui compte. En plus de ça, il avait l'air d'autant plus heureux que son nouveau rôle lui permettait de voyager où bon lui semblait sans avoir à passer par les restrictions budgétaires et politiques humaines.

Stacy avisa toutes les cartes postales alignées sur son mur, au-dessus de son bureau. Envoyées des quatre coins du monde, Timothée lui en écrivait toujours. Tout le monde était persuadé que ces cartes étaient rédigées de la main de Stacy même et qu'elle palliait ainsi un vide affectif depuis la perte de son frère. Mais depuis le temps, ces critiques ne l'affectaient même plus.

Dans ces cartes étaient toujours adressée une petite note à Jack. La jeune femme n'en revenait toujours pas que ces deux là puissent autant s'être lié. Le souvenir de son frère, dans sa vie d'humain, ne croyant guère à tous ces esprits et autres fantaisies, comme il le disait alors, refit surface. Mais à partir du moment où il était passé dans ce monde, Jack Frost et l'Ami Imaginaire s'entendait comme les meilleurs amis du monde. Quelque part, quand Stacy y songeait, ce n'était pas très étonnant : l'un comme l'autre était farceur, ou tout du moins plaisantin, s'inquiétaient facilement pour les autres et pouvaient se montrer d'une puérilité affligeante tout en restant mature et responsable au moment importun.

Stacy jeta un œil sur Jack qui s'éventait avec le premier objet qui traînait, en l'occurrence une feuille.

Mais bizarrement, ces changements n'avaient pas autant perturbé la jeune femme que son entrée à l'université et son brusque déménagement de Burgess, en Pennsylvanie, à Seattle. Autant dire que c'était le parfait opposé. Heureusement que Jack pouvait être n'importe où.

La jeune femme aperçut son livre d'exercices. Enfin… elle restait par contre totalement seule pour faire ses devoirs de vacances. Elle soupira en pensant à son cours du lendemain. Les cours comme les examens s'étaient achevés deux semaines auparavant mais elle avait, comme plus des trois-quarts des américains, des classes estivales auxquelles elle se devait d'assister de peur d'être complètement larguée à la rentrée. Stacy décida de se remettre au travail.

Les yeux bleu océan de Jack observait la rigueur de Stacy. Il fit la moue. Cette atmosphère studieuse n'était décidément pas à son goût. Il avisa la fenêtre par laquelle il pouvait s'échapper. Celle-ci était grande ouverte mais pas une seule petite brise ne venait s'engouffrer dans la pièce. Le ciel était d'un bleu azur pur sans aucune traînée de nuage effiloché. Il faisait réellement une chaleur atroce à l'extérieur et l'esprit de l'hiver, tout de même plus sujet à la chaleur qu'il ne l'était au froid, avait l'impression de s'embraser à peine m'était-il un pied dehors. Raisons pour laquelle, malgré son ennui total, il préférait rester ici, à dégouliner de sueur étendu sur le sol que de tenter une sortie dans un brasier infernal.

Il tourna à nouveau le regard vers Stacy.

Souvent, il se demandait comme il en était venu à sortir avec elle. Non pas que cela lui pèse, bien au contraire ! Mais il ne comprenait pas bien la notion de sentiment. Pour lui, tout ceci était flou, abstrait. Il se souviendrait toute sa vie de la déclaration de Stacy. Et de la question qu'il s'était posé par la suite aussi : c'est quoi aimer ? A dire vrai, aujourd'hui encore il ne savait pas trop. Il avait juste pu constater que cela lui faisait horriblement mal dans tout son être lorsqu'il ne pouvait ressentir l'affection de la jeune femme. Il se sentait étrangement rattaché à elle par un lien invisible, et plus ce fil s'étirait, plus cela faisait mal.

Il aurait bien aimé lui sauté au cou mais, déjà, d'une part vu la chaleur harassante, il se voyait mal ne serait-ce que bouger le petit doigt, et d'autre part, il savait pertinemment qu'il se ferait envoyer balader s'il avait le malheur de perturber l'étudiante en pleine ébullition cérébrale.

Il soupira et se tourna à nouveau vers la fenêtre ouverte. Il aperçut alors des vagues colorées dans le ciel. Ça y est, pensa-t-il. Il devait avoir tellement chaud que son esprit lui jouait des tours. Cependant, à mesure qu'il les observait, il avait de plus en plus l'impression de voir les aurores boréales que Nord envoyait aux Gardiens lors des réunions d'urgence.

Mais pourquoi le Père Noël voudrait-il les contacter ? Que se passait-il ? Jack doutait de ses propres yeux, d'autant plus que si l'hypothèse se vérifiait, il devrait bouger son arrière-train et sortir sous ce Soleil de plomb.

- Stacy ?

- Hum ? répondit l'interpellée

- Qu'est-ce que tu vois dans le ciel en ce moment-même ?

Stacy délaissa ses exercices d'algèbre et se tourna vers Jack, haussant un sourcil interrogateur. Puis, elle s'exécuta.

- Euh… tu veux dire à part le soleil et le ciel ?

- Oui.

- Rien.

Jack fronça les sourcils. En même temps, il était un peu bête de demander à une humaine. Sa réponse ne résoudrait jamais son problème. Illusion ou appel des Gardiens, les traces colorées étaient invisible pour l'œil humain.

Il jeta de nouveaux un œil par-delà la fenêtre. Non. Il ne rêvait pas. L'esprit de l'hiver se persuada que c'était bel et bien les aurores boréales du Père Noël. Le bruit de la chaise de bureau de Stacy interrompit le cours de ses pensées

Lorsqu'il se tourna vers elle, elle s'assit à ses côtés, passant une main dans ses longs cheveux roux foncé et les rejetant en arrière.

- Tu as l'air préoccupé, lui dit-elle

Jack s'assit en tailleur. Il jeta un coup d'œil aux aurores boréales. Il faisait tellement chaud.

- Un peu…

Stacy se pencha vers lui, cherchant une bribe de réponse dans son regard bleu océan. Jack lui sourit.

Malgré un caractère un peu bougon, qu'elle tenait de famille comme l'esprit de l'hiver avait pu constater avec son frère, elle s'inquiétait du monde qui l'entourait et des gens qui lui étaient chers. Cette tendresse qui se cachait sous un fort caractère têtu n'en était que plus attirant.

Trop heureux de la connaître et d'être avec elle, le jeune homme attrapa sa petite amie et l'étreignit. Il huma le parfum de ses cheveux. Il n'avait pas vraiment d'odeur particulière mais le fait que ce soit le shampoing de Stacy paraissait à l'odorat de Jack comme le plus doux et le plus exquis des parfums.

Stacy apprécia l'étreinte et laissa sa tête, fumante de calculs, se reposer sur l'épaule du jeune homme. Bon sang ce que c'était bon d'avoir un petit ami esprit de l'hiver ! Elle bénissait sa relation sous cette chaleur intenable. En effet, Jack apportait une fraîcheur, et se reposer sur lui était encore mieux que s'enfiler trois litres de citronnades et passer sous une douche froide.

Elle s'écarta légèrement et ils plongèrent dans le regard l'un de l'autre.

Lorsque Stacy se demandait comme elle en était arrivée à sortir avec un esprit, il lui suffisait de contempler ses deux iris bleu océan, de s'y noyer littéralement, et de se rendre compte combien son sourire était charmeur pour effacer toutes questions superficielles. Même lorsqu'elle s'interrogeait sur l'amour qu'elle portait au jeune homme, elle se disait que c'était bien plus qu'une simple attirance physique. Certes, elle n'allait pas le nier : Jack était très, très bien fait. Sans compter le fait que pour trois cent et quelques années, il s'en sortait vraiment bien. Vive l'éternité ! Elle avait eu plusieurs fois l'occasion d'admirer un torse parfaitement dessiné et des muscles fins roulants sous les épaules.

Cependant, la jeune femme restait frustrée : Jack ne comprenait aucun des signes qu'elle lui envoyait. Rester toute son éternité à jouer avec les enfants n'aidait en rien, bien évidemment. Elle le savait pertinemment et elle aimait Jack quand même, mais… elle avait souvent espéré qu'à défaut du premier pas, Jack comprendrait certaines allusions ou certaines attitudes. Sauf que Jack était parfois long à la détente, sans compter le fait que tout ça lui était parfaitement inconnu.

Elle dégagea une mèche de cheveux blancs du visage de Jack.

Pourtant, son cœur se gonflait d'une étrange adrénaline, qui aurait pu lui faire soulever des montagnes et sûrement semblable au bonheur, dès qu'elle le voyait et elle souriait immanquablement d'un sourire béat en découvrant son visage. Et bien plus encore en observant l'être qui se reflétait dans ces yeux. Elle ne saurait décrire ce qu'elle y voyait précisément sinon qu'elle en était quasiment hypnotisée.

Dans un sourire malin, il se saisit brusquement des lèvres de Stacy.

Jack ne semblait connaître que les baisers.

Elle se remit de sa surprise et partagea ce baiser avec bonheur. Elle se dit qu'elle pouvait bien attendre encore un peu.

Alors que les mains de Jack restaient fermement appuyées sur les omoplates de la jeune femme, cette dernière ne se privait pas de descendre vers le bas des reins.

Mais au fond d'elle-même, elle savait qu'un jour elle ne supporterait plus de rester confiner à ce simple geste.

Jack se raidit brusquement en sentant le contact de l'épiderme des paumes de Stacy sur son pantalon. Il recula légèrement. A dire vrai, il n'eut pas le temps de réagir d'autres façons que ce soit qu'il sentit soudain le sol se dérober sous lui et son corps tomber. La dernière image qu'il eut fut celle de Stacy, incapable de bouger sous le coup de la surprise mais les yeux exorbités de stupeur.

Jack pensa à cet instant qu'il aurait peut-être dû l'informer pour le Lapin de Pâques et les terriers.

oOoOoOo

Ombric était un magicien de la cité perdue de l'Atlantide. Il avait vécu le grand cataclysme qui engloutit l'île du savoir et de la connaissance dans les eaux sombres de l'océan. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé de prévenir ses concitoyens. Adepte de nécromancie et de divination alors, il avait entrevu un grave évènement. Mais les hautes instances, bien trop arrogantes pour accorder un quelconque intérêt à une science dont elles n'avaient pas la maîtrise, eurent bien trop d'orgueil et d'ego pour prendre en compte avec sérieux la déclaration d'Ombric. Le magicien, tout penaud, était d'ailleurs sur le chemin du retour quand il vit l'énorme vague s'abattre sur la ville. Atlantide, puits de la connaissance, venait d'être détruite par des hommes qui n'avaient pas voulu reconnaître leurs limites. C'était sur cette dernière pensée que le magicien à la barbe grisonnante avait senti l'écume l'emporter au loin comme un vulgaire grain de sable. C'en était fini.

Enfin… c'était ce qu'il avait cru jusqu'à son réveil.

Seul dans un champ de ruines, il avait rapidement fait connaissance avec l'Homme de la Lune. Puis, les années et bientôt les siècles passèrent. Il avait vu naître bon nombre de légendes. Il s'était appliqué dès le début à préserver ce monde des humains et de leur orgueil. En effet, il avait refusé sa mission de protéger l'humanité et avait envoyé promener le monarque des légendes. Face à ce vieux magicien bourru, l'Homme de la Lune avait bien usé de toutes sortes d'artifice. Ils en vinrent à un compromis : Ombric serait le gardien des légendes. Dès lors, il fut en charge de tout ce qui sert désormais dans la vie quotidienne des êtres immortels. Sa plus grande création fut sans nul doute l'Atelier de Nord et la barrière qui la protégeait du regard humain entre autres.

Mais depuis quelques centaines d'années, Ombric avait ralenti le rythme, prenant goût à une vie simple et calme sans autres préoccupations que la recherche de nouveaux livres, la contemplation de l'univers avec le télescope de son invention, qui était donc bien plus puissant que celui du monde humain, la peinture de paysage, voire même la poésie et le théâtre. Parfois, il s'en allait avec sa machine à voyager dans le temps pour observer le passé. Il n'était alors qu'un fantôme et il ne pouvait voir que le monde des humains mais cela suffisait à assouvir sa curiosité scientifique. Il n'allait que très rarement dans le futur. Mais lorsque cela lui prenait, il était bien sûr tenu par le pacte du silence, lui-même n'ayant aucune envie de bouleverser l'ordre cosmique.

Pourtant, ce jour-là, lorsqu'Ombric revint de sa promenade matinale, comme il se plaisait à la nommer, son front était marqué par l'inquiétude et, bien qu'immortel, l'âge semblait l'avoir rattrapé.

Au sortir de sa machine à voyager dans le temps, qu'il avait d'ailleurs affublée du sobriquet ridicule et dont tout le monde se moquait Braoum, en référence au bruit du moteur en marche, le vieux magicien à la barbe grisonnante s'appuya sur sa cane. Il s'affala sur son fauteuil. Tout en lissant sa barbe d'une main distraite, il réfléchit intensément à la question suivante : devait-il ou pas briser le pacte qu'il s'était incombé ?

Jugeant l'affaire sérieuse, il décida de prendre conscience de l'ampleur de la situation. Il tenait à savoir s'il restait du temps au monde pour changer de voix ou pas. Il se dirigea vers sa bibliothèque et empila sur ses bras osseux plusieurs épais volumes. Il passa le reste de la journée à les étudier minutieusement. Dans l'après-midi, il sortit son cahier et griffonna toute la soirée. La nuit était bien avancée quand il délaissa sa paperasse pour son télescope. Le sommeil eut beau lui marteler les tempes, le vieux nécromancien était coriace. Éveillé toute la nuit, il passa son temps à scruter et déchiffrer les mystères de l'univers. Lorsqu'il prit une pause qu'il voulut de cinq minutes au levé du jour, malgré l'inquiétude persistante en lui, Ombric finit par s'endormir dans un ronflement pour le moins sonore.

Plusieurs heures plus tard, le vieil homme se réveilla en sursaut, réveillé par son subconscient. Il se précipita sur l'horloge la plus proche et constata que l'heure du déjeuner était déjà passée d'une bonne heure. Ses réflexions de la vieille lui revinrent en mémoire petit à petit et c'est alors qu'il prit sa décision : il fallait que les légendes soient informées. Ombric attrapa sa lourde cape en fourrure, l'enfila prestement et sortit en toute hâte.

Il débarqua une heure plus tard à l'Atelier du Père Noël, le temps de traverser la forêt en somme. Tandis qu'il prenait la direction du grand salon de l'Atelier, au dernier étage, celui avec la vue imprenable sur toute la forêt, il mandata un yéti à la recherche de Nord. Ombric déposa sa cape contre le dossier d'un fauteuil à haut dossier rembourré et vint se réchauffer près du feu. L'été n'avait que peu d'emprise sur le pôle et ses vieilles mains rugueuses, aussi immortelles soient-elles, souffraient de telles températures.

Il entendit une grosse voix siffloter gaiement dans le couloir et bientôt deux larges mains poussèrent les battants de la porte en bois massif avec fermeté. Nord fit une entrée tonitruante, fidèle à ses habitudes.

- Ah ! Ombric ! Mon vieil ami, s'écria-t-il en apercevant le vieux magicien, comment te portes-tu ? Cela fait bien dix ans que je ne t'avais pas vu.

L'homme à la longue barbe blanche s'installa sur le sofa, un air jovial trônant sur son visage. Ombric, la mine pensive, répondit :

- Dix ans ? Il me semblait pourtant être venu récemment. Pour ton nouveau traîneau.

Nord s'esclaffa avec force voix et frappa même sa cuisse de son poing. Le vieux nécromancien vint s'asseoir à son tour.

- Précisément ! C'était il y a dix ans.

- Dix ans… bredouilla Ombric

- Alors ? Que me vaut l'honneur de ta visite aujourd'hui ? Un nouveau gadget ?

Le vieux nécromancien était encore plongé dans sa réflexion sur le temps qui passait toujours à une vitesse folle, malgré plus de trois millénaires sur cette planète. Lorsqu'il croisa le regard pétillant de Nord, les yeux grands ouverts révélant deux pupilles d'un bleu éclatant, et penché en avant comme un enfant le ferait dans l'attente d'une histoire, sa décision lui revint. Il se releva et, tout en lissant sa barbe grisonnante, lui conta :

- Braoum m'a emmené dans le futur hier matin…

Il senti le Père Noël se crisper à l'évocation de l'avenir, mais il poursuivit :

- … je sais que je devrais garder ce que j'ai vu pour moi mais ceci est trop grave pour que je n'en informe pas les légendes. Pendant ma promenade matinale, je… je suis tombé dans le néant. La Terre n'existait tout simplement plus. A dire vrai… je ne suis même pas sûr que la Voie Lactée elle-même existait encore. Il n'existe que deux raisons à la disparition pure et simple d'un système, tu sais : l'explosion solaire ou un trou noir.

Ombric sembla laisser sa phrase en suspend. Son front se plissait sous l'inquiétude et il lissait de plus en plus nerveusement sa barbe. Nord fronça les sourcils. Où voulait donc en venir Ombric ? Il se gratta le menton, perplexe. Le scientifique amateur continua :

- J'ai déjà vérifié le Soleil : il est en parfaite santé. Enfin… si on peut dire. Non. Ce que nous devons redouter…

Il se racla la gorge, mal à l'aise avec les grandes annonces. Surtout depuis qu'on l'avait envoyé paître il y a des milliers d'années et que le pire s'était quand même produit.

- … c'est le trou noir de notre galaxie, Sagittarius A*. Je ne sais pas de combien d'années en avant j'ai été propulsé mais il semble que ce soit une époque proche. Même plus proche qu'on ne pourrait le supposer. Ce trou noir est déjà entré en action. Je n'ai encore effectué aucun calcul quant à la date de l'évènement mais je compte m'y remettre dès que je serais de retour chez moi. Mais je préfère envisager le pire et me dire que dès demain, il peut nous tomber dessus.


*roulement de tambour… ah non, ce sont les battements de mon cœur, stressé de savoir ce que vous en avez pensé*

Oui, je stresse pour une fanfiction. Oui, je m'implique beaucoup dedans. Mais un lecteur est un lecteur… que ce soit un lecteur de fanfics, de mangas, de romans, de BD, d'essais, de doujinshi, j'en passe et des meilleurs.

A jeudi prochain pour le chapitre suivant ! ;)