Origine : Gundam Wings

Disclaimer : Les personnages principaux ne sont pas à moi, mais à leurs auteurs respectifs. Quand on voit la vie que je leur fait mener, c'est pas plus mal...

Genre : shonen-ai

Couples : 1+2+1

Remarque : Bonjour à tous. Voici de petits OS faisant suite à la fic Chien de Combat. Ce sont de petites scènes qui me sont venues lors de l'écriture de la première fic, mais que je n'ai pas pu insérer dans l'histoire. Ça n'a aucune prétention, juste des petits bouts de la vie de Duo et Heero.

D'abord, une série de 4 OS, dont la première Automne a lieu après le combat de Heero et Zechs, mais avant l'anniversaire de Duo. Les suivantes ont lieu après la fin de l'histoire principale. Je vous conseille de la lire avant, ne serait-ce que pour comprendre le contexte.


Le tour du lac en 4 saisons : Automne

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Je le regarde dormir, comme chaque matin de week-end depuis qu'il a reprit son travail. J'ai pris l'habitude de me réveiller avec lui en semaine, alors les samedi et dimanche, je continue à me réveiller à la même heure. Lui, au contraire, dort encore une ou deux heures, blotti contre moi. On dirait un chat quand il fait ça.

Je ne pense pas qu'il soit feignant, c'est juste qu'il aime dormir. Et je ne vais pas le priver de ce plaisir juste parce que j'ai besoin de moins de sommeil que lui. Il m'a dit hier que je n'étais pas obligé de l'attendre pour me lever, mais je me suis rendu compte qu'il se réveille toujours lorsque je quitte le lit. Il doit avoir froid. Alors je reste et je le regarde.

Il est presque 10h lorsqu'il émerge enfin. Comme chaque matin, il me sourit avant même d'ouvrir les paupières.

- Ohayo Tenshi.

- 'lut. L'est quelle heure ?

- Bientôt 10h.

- Faut qu'on se lève...

Dit-il en se mussant encore plus contre ma poitrine... Comment veut-il que j'ai envie de me lever quand il fait ça, franchement ? Je lui laisse quelques minutes de plus, et lorsque je me rends compte qu'il ne va pas tarder à se rendormir, je me lève doucement. Il râle un peu, mais fini par se redresser également.

Je vais me doucher et je sais que lorsque je descendrais, il aura préparé le petit déjeuner. Effectivement, le café est prêt lorsque je descend et Shinigami a reçu sa poignée matinale de croquettes. Duo commence à babiller au moment où j'apparais et je me laisse bercer par ses paroles. Je lui répond rarement, mais ça n'a pas l'air de le gêner.

À la fin du petit déjeuner, il va se doucher tandis que je m'occupe de la vaisselle. On a mis en place cette petite routine la deuxième ou la troisième semaine après mon arrivée. Ça s'est fait tellement naturellement que je me demande quelques fois comment il faisait lorsque je n'étais pas là.

La vaisselle est lavée et rangée avant que Duo ne soit redescendu. Je vais donc m'asseoir sur le canapé et je reprend mon carnet. J'ai commencé hier une illustration de Duo. Je l'ai représenté assis au bord du lac, mais je souhaiterais le faire avec les cheveux détachés. Il faudrait que je lui demande quelle est leur longueur réelle car depuis que je le connais, il n'a jamais arboré une autre coiffure que sa natte.

- Toi, y'a quelque chose qui te chiffonne.

Je ne l'ai pas entendu approcher. Je relève les yeux et le regarde d'un air interrogateur. Il me fait un grand sourire avant de préciser :

- Quand tu réfléchis, ou que y'a un truc qui t'embêtes, tu te mordilles légèrement la lèvre inférieure.

Je n'avais jamais remarqué que je faisais ça... Duo me sourit toujours et, comme je ne réponds pas, il continue :

- Alors, qu'est-ce qui t'embêtes ?

- Quelle est la longueur de tes cheveux ?

Il a l'air abasourdi quelques secondes et fini par exploser de rire. J'aime son rire, il est communicatif. Un jour, j'aimerais vraiment pouvoir rire aussi facilement que lui, mais pour l'instant, je me contente de sourire légèrement. Quand il est un peu calmé, il consent enfin à m'expliquer la cause de son hilarité.

- Je ne m'attendais pas à cette question. T'avais l'air tellement sérieux que je pensais que c'était plus grave que ça... J'en sais trop rien, en fait. Je les laisse toujours nattés pour ne pas avoir trop de nœuds. Pourquoi ?

Je lui montre alors l'esquisse que je tiens dans mes mains. Il sourit puis me demande en me rendant le carnet :

- Veux-tu que je pose pour toi avec les cheveux détachés ?

Je hoche légèrement la tête. Je ne sais pas pourquoi, mais cette proposition me gêne un peu. Il ne va pourtant pas poser nu ! Mais ça me semble tout aussi intime. Personne ne l'a jamais vu ainsi, s'il est toujours natté.

Il se lève, et commence à dénatter sa chevelure. Les longues mèches coulent le long de son dos, accrochant la lumière d'une façon différente. Ils semblent plus clairs de façon générale et quelques reflets roux éphémères apparaissent ici et là. Il se penche sur moi pour regarder la position de l'esquisse et je me retrouve enveloppé d'une matière soyeuse et parfumée. Quelques mèches viennent balayer le carnet, produisant un bruissement étouffé. Duo se redresse brusquement et se détourne pour aller se placer sur le canapé. Ses joues sont un peu rouge et je pense que les miennes doivent être de la même couleur.

Je respire un grand coup pour calmer les battements affolés de mon cœur et je reporte mon attention sur mon crayon. Dès que je commence à dessiner, j'arrive à oublier mon trouble et je me concentre pour arriver à reproduire le plus fidèlement possible les ondulations de sa chevelure.

Je ne sais pas depuis combien de temps nous sommes ainsi quand un gargouillis sonore me fait relever la tête. Duo me fait une grimace d'excuse.

- Désolé, Hee-chan, mais je commence à avoir faim.

Je regarde la pendule et m'aperçoit avec stupeur qu'il est largement plus de 14h. Je referme mon carnet et remercie Duo en me relevant.

- Tu auras encore besoin de moi comme modèle ?

- Non, ça ira. J'ai fini le croquis, il ne me reste plus qu'à le mettre en couleurs.

- Tu me le montreras quand il sera fini ?

- Hn.

Il monte dans la salle de bain pour se recoiffer et je commence à préparer le repas. Je fais quelque chose de simple et rapide et lorsque Duo revient, paré de sa fidèle natte, nous pouvons passer à table.

Une fois le repas expédié et la vaisselle nettoyée et rangée, je retourne à mon carnet, pendant que Duo s'occupe de diverses tâches ménagères. Je le vois passer et repasser à la limite de mon champ de vision. Je ne sais pas trop ce qu'il fait, mais lorsque je lui ai demandé s'il voulait de l'aide, il a décliné mon offre. Je continue donc à mettre mon dessin en couleur, tant que la vision de Duo les cheveux lâchés est encore fraiche dans mon esprit.

Je suis enfin satisfait du rendu des reflets de sa chevelure lorsqu'une ombre obscurcit mon carnet. Je relève les yeux et voit Duo debout entre moi et la lumière. C'est le moyen le plus simple qu'il ait trouvé pour me faire sortir de ma concentration, car s'il ne fait que m'appeler, je ne l'entends pas.

- On va faire un tour tant qu'il fait encore jour ?

- Hn.

Je range mes crayons et le suit pour me préparer à sortir. Encore une petite routine à laquelle on ne déroge que rarement. Chaque dimanche, nous allons faire le tour du lac près de la maison. Aujourd'hui, le temps est couvert et la température bizarrement chaude pour une fin d'octobre, mais comme il ne pleut pas, nous nous contentons de mettre une veste légère sans prendre de parapluie.

Comme toujours, Duo se charge de la majeure partie de la conversation. De temps à autres, il se tait et nous écoutons la nature environnante, le bruissement des feuilles mortes sous nos pas, le cri d'alarme d'un geai dans un arbre proche ou encore le souffle du vent dans les branchages décharnés.

- Vivement qu'il se mette à neiger. J'en ai marre de ce temps pourri.

- Il neige beaucoup ici ?

- C'est vrai que tu as toujours vécu dans le sud. Ici, il commence généralement à neiger mi-novembre, mais ça ne tient pas. Les premières neiges durables apparaissent vers Noël et restent jusqu'au printemps. Et oui, il neige beaucoup, entre un et deux mètres en moyenne. Mais comme les communes sont équipées, les routes sont dégagées. Le seul problème, c'est que le col de la Faucille est fermé aux premières neiges. Il faudra que je parte plus tôt pour prendre une autre route.

- Mais ce n'est pas un peu dangereux, de rouler sur la neige en moto ?

- Un peu, ça glisse plus qu'une voiture. Mais bon, je pense que je vais demander à Lady Une de me laisser bosser à la maison, maintenant que je fais partie du groupe de recherches informatiques.

- Ce serait bien.

- Parce que ce sera moins dangereux ou parce que je resterais à la maison ?

- Les deux.

Cette réponse reçoit un énorme sourire qui me fait chaud au cœur. Nous avons atteint à peu près la moitié de notre promenade. On peut voir le toit de notre maison de l'autre côté du lac, car cette partie du chemin ne passe pas dans les bois de la commune. Le silence entre nous s'éternise, mais comme il n'est pas pesant, aucun de nous n'est pressé de le briser.

Soudain, un grondement sourd retenti au loin. Duo s'arrête et regarde le ciel d'un œil inquiet. Les nuages sont de plus en plus noirs et un éclair les traverse subitement. Quelques secondes après, nous entendons un autre grondement, plus sourd et plus fort que le premier.

- Shit ! Un orage ! C'est pour ça qu'il faisait si lourd aujourd'hui. Dépêchons-nous de rentrer Hee-chan, ou on risque de se faire tremper.

C'est vite dit. D'où nous sommes, même en marchant vite, il nous faudra bien vingt minutes avant d'arriver à la maison. Nous prenons donc une allure soutenue, pas encore de la course, mais presque. Les grondements de tonnerre de plus en plus proches nous poussent à maintenir cette vitesse. Il nous reste encore la moitié du chemin lorsque de grosses gouttes commencent à s'écraser sur le sol. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, un déluge glacé s'abat sur nos têtes.

Duo jure entre ses dents et nous courrons pour arriver plus vite. Malheureusement, lorsque nous passons le seuil, nous sommes trempés de la tête aux pieds. Duo allume la lumière, car les gros nuages donnent l'impression que la nuit est tombée. Je vois alors qu'il grelotte sans discontinuer. Je passe dans la chambre d'ami et revient avec deux épais draps de bain. J'enveloppe Duo avec l'un et me pose la seconde sur les épaules.

Il commence à me remercier, avant d'être interrompu par un éternuement sonore. Je le pousse vers l'escalier en lui disant d'aller se changer avant d'attraper froid. Il refuse en me disant d'y aller avant. J'abandonne la lutte devant son regard buté. Si je commence à argumenter, on va perdre du temps et il restera encore plus longtemps mouillé. Je monte donc en vitesse et me débarrasse de mes vêtements trempés. Je me change entièrement, car même mes sous-vêtements sont humides.

Je décide de me sécher les cheveux en bas, pour permettre à Duo de monter se changer. Je le retrouve dans la cuisine. Il a sorti son livre de cuisine et farfouille dans un placard, ses cheveux mouillés lui dégoulinant dans le dos. Je l'attrape par les épaules et le somme d'aller se changer, car il frissonne toujours.

- D'accord, j'y vais. Tu peux nous préparer un grog en attendant ?

- Un quoi ?

- Un grog. C'est une boisson chaude alcoolisée que ma mère nous préparait toujours quand on avait froid.

- D'accord.

- J'ai ouvert le livre à la bonne page.

Puis, il sort enfin de la cuisine. Je regarde le livre de cuisine. C'est un volume manuscrit, que la mère de Duo a confectionné pour son fils lorsqu'il a quitté les États-Unis. Helen a une belle écriture ronde, facile à lire. Enfin, c'est à dire que je reconnais bien les lettres. Par contre, elle l'a écrit en américain, et je n'y comprends rien. Mais je vais quand même tenter de faire ce fameux grog.

Il y a une casserole d'eau sur la plaque, et Duo a sorti deux tasses. Je regarde la liste d'ingrédients : hot water, ½ lemon, 2 teaspoon of honey, soup spoon of rhum. Bon, au moins, rhum, c'est la même chose qu'en français. Lemon, il me semble l'avoir vu écrit sur le citron concentré, je vérifie dans le frigo. Oui, c'est ça, donc la moitié d'un citron.

Hot water, ça doit être l'eau chaude. La plaque induction fait clignoter un H lorsqu'on l'éteint, et Duo m'avait expliqué que c'était pour hot, chaud en anglais. Reste plus que honey. J'ai entendu Duo appeler Quatre comme ça un jour, ce qui avait fait rougir le petit blond. Lorsque je lui ai demandé ce que ça voulait dire, il m'a dit que c'était un mot doux. Une douceur donc, genre du sucre ou du miel peut être. Je sort le paquet de sucre. Il est écrit sugar sur le côté. Ce n'est pas ça, ce doit donc être du miel.

Bon, j'ai tout, maintenant il faut que je trouve les proportions. Je suis en train de me demander si soup spoon ce n'est tout simplement pas une cuiller à soupe quand Duo revient. Il s'est changé et s'est fait un turban avec une serviette pour ne pas avoir les cheveux qui lui dégoulinent dans le dos. Je lui trouve le teint pâle, ce qui contraste beaucoup avec ses joues rouges. Il grelotte toujours, mais un peu moins violemment. Il semble un peu surpris de voir les tasses toujours vides.

- T'as eu du mal à trouver les ingrédients ?

- Soup spoon, c'est une cuiller à soupe ?

- Bah oui.

Il dit ça comme si c'était une évidence. Mais ma question l'a étonné. Je peux presque voir les rouages se mettre à bouger dans sa tête quand il y réfléchit. Ses yeux s'agrandissent quand il réalise, et je les trouve un peu trop brillants.

- Oh, pardon, Hee-chan. J'avais oublié que tu ne comprends pas l'américain. Mais t'as quand même trouvé les bons ingrédients.

- Par déduction et aussi parce que c'est souvent écrit en anglais en plus sur les emballages.

- Bon, alors je vais te montrer comment on fait un bon grog. Tu mets deux cuillers à café de miel dans une tasse, une cuiller à soupe de rhum et le jus d'un demi-citron. Ensuite, tu rajoutes de l'eau chaude sur le tout et tu n'as plus qu'à déguster.

- C'est simple comme recette. Mais pourquoi y'a-t-il un avertissement en bas de la page ?

- Ah, ça, c'est ma mère, elle adore mettre des commentaires. Là, elle a écrit : Don't drive after that and go to bed immediately, or I will coming to put you in ! C'est à dire : Ne conduis pas après ça et va immédiatement au lit, ou je viendrais t'y mettre.

- Je comprends pour la conduite, car il y a de l'alcool, mais pourquoi aller au lit ?

- Parce que ça donne un coup de barre affreux. Et puis c'est plus efficace pour se réchauffer. Mais bon, vu l'heure, on va peut être manger avant, qu'en dis-tu ?

- Hn.

Nous sortons donc une pizza du congélateur et la mettons au four. Nous avons vingt bonnes minutes avant de pouvoir la déguster. Je remonte dans la salle de bain, tandis que Duo s'installe devant la télévision en reniflant. Je vais prendre le sèche-cheveux et une brosse et je redescend. Duo me regarde bizarrement.

- Tu ne peux pas rester avec les cheveux mouillés, tu vas vraiment finir par attraper froid.

- Ça peut attendre.

- Non. Je m'en occupe.

Je suis intransigeant et Duo finit pas me laisser faire. Je déroule le turban improvisé et libère les longs cheveux châtain. Je lui pose la serviette sur les épaules et commence à démêler les mèches une à une, avant de les faire sécher sur la brosse. J'apprécie de passer mes doigts dans ses cheveux soyeux, et je crois que Duo aime ça aussi, car il a fermé les yeux.

Lorsqu'enfin les cheveux sont secs, je lui refait sa tresse et l'attache. Elle n'est pas très nette, j'en ai peur, je ne suis pas aussi doué que lui pour ça, mais Duo me fait un grand sourire. Le four sonne à ce moment-là et je me lève pour aller chercher notre repas. Je nous fait deux plateaux repas et je les apporte devant la télé. Les infos régionales viennent de commencer, mais ils ne parlent pas de cet énorme orage. Il a dû être très local.

Nous ne sommes qu'à la moitié du repas lorsque je vois que Duo a de plus en plus de mal à manger. Un peu paniqué, je m'approche de lui et lui pose la main sur le front. Il est brûlant mais me dit que ce n'est rien, qu'il va aller se coucher tout de suite et que demain, ça ira mieux. Il pose son plateau sur la table basse et se lève. À peine est-il debout qu'il vacille et serait tombé si je ne l'avait pas rattrapé.

Je le gronde et passe l'un de ses bras sur mon épaule. Ainsi soutenu, il arrive à se rendre dans la chambre. Je l'assied sur le lit et commence à le déshabiller pour le mettre en pyjama. Sa peau est brûlante et pourtant, il grelotte sans arrêt. Je le couche sans qu'il n'ait fait le moindre commentaire et retourne dans la cuisine.

Je prépare les grogs et remonte avec mes deux tasses fumantes. J'espère que ça suffira à le soigner, parce que je ne sais pas quel médicament il lui faudrait. Je ne sais plus ce que Francine me donnait lorsque j'avais de la fièvre étant enfant.

Je pose les tasses sur la table de chevet et aide Duo a se redresser. Il me fait un pauvre sourire tremblant et accepte la tasse avec reconnaissance. Il entoure ses mains autour du récipient brûlant et déguste son grog à petites gorgées. Je fait pareil et je dois reconnaître que ce breuvage est très bon et réchauffe agréablement. Lorsque nous avons fini nos tasses, Duo semble un peu mieux.

Je lui prends la tasse des mains et la pose avec la mienne sur le sol. Je les descendrait demain. Puis je vais me coucher à ma place et prend Duo contre moi. Il se laisse faire et soupire de bien-être lorsqu'il se retrouve dans mes bras. Il chuchote :

- Merci Hee-chan. Pardon.

- Tu n'as pas à t'excuser. C'est pas ta faute si t'es malade.

- Mais je...

- Y'a pas de mais qui tienne. Dors.

C'est la première fois que je prends ce rôle avec lui. C'est toujours moi qui m'excuse d'habitude. Il abandonne la discussion et se musse contre moi. Quelques minutes plus tard, il s'est endormi. Je le veille encore un peu avant de fermer les yeux à mon tour.

Je suis réveillé par des sanglots étouffés. Duo pleure dans son sommeil. Lorsque je le secoue pour le réveiller et le sortir de son cauchemar, il me regarde avec des yeux flous. Il ne semble pas me reconnaître au premier abord, puis m'agrippe comme s'il avait peur que je m'envole. Je l'entends murmurer en anglais des paroles qui me sont incompréhensibles. Je ne sais pas quoi faire pour le calmer, je ne l'ai jamais vu ainsi. Il tremble de plus en plus et sa fièvre semble avoir augmenté.

Je me souviens de ce qu'il a fait pour me consoler après mon dernier cauchemar, et je décide d'utiliser la même méthode. Je lui caresse le dos doucement, en lui murmurant des paroles douces. Comme je ne sais pas trop quoi lui dire, je lui chante une berceuse en japonais, que ma mère me chantait lorsque j'était petit. Il ne comprends pas cette langue, mais ce n'est pas grave, puisque la sonorité douce et grave de ma voix semble suffire à le calmer.

Lorsque les tremblements ont cessés, je continue à lui caresser le dos en silence. Je l'entends murmurer, en français cette fois. Mais sa voix est trop ténue pour que je puisse comprendre tout ce qu'il dit. Tout ce que j'arrive à saisir, c'est "ne pars pas", qu'il répète plusieurs fois. J'approche mes lèvres de son oreille, et je lui chuchote :

- Je ne partirai pas Duo. Tu peux dormir tranquille, je ne te quitterai jamais.

Cela semble lui suffire et il finit par se rendormir. Je le caresse encore un peu tout en réfléchissant à ces événements.

De ma vie entière, je n'ai fait que détruire et blesser. Aujourd'hui, je veux protéger, je veux LE protéger. Je ne peux plus dépendre de lui. Oh, je sais qu'il est fort, mais quelques fois, comme ce soir, il me montre un visage fragile que je veux pouvoir protéger. Je vais en parler à Quatre. Il saura quoi faire. Je ne veux pas que Duo croit que je veux l'abandonner. Si je lui dit que je ne veux plus dépendre de lui, c'est assurément ce qu'il va penser. Oui, je vais en parler à Quatre.

Je caresse une dernière fois le visage fiévreux de mon ange blotti contre moi, et je me laisse aussi aller au sommeil, en priant qui voudra bien m'entendre de le guérir et de me permettre de rester pour toujours près de lui.

The End


Notes de l'auteur :

Je suis en train d'écrire une autre fanfic, et je ne tape ces petits OS que quand je suis en panne d'inspiration ou que je veux me changer les idées, alors ne vous attendez pas à des updates régulières.

Mais rien ne vous empêche de me dire si ça vous plaît ou non ^_^

À la prochaine !