Ca faisait un moment que ça bouillonnait à l'intérieur, surtout suite au 5x10. Ce n'est pas dit que ça aille mieux maintenant que c'est sorti, mais bon… C'est moins pire.
Suite au 5x10 donc. Huddy. One-shot.
.
Puisque la beauté est aussi dans les yeux de celui qui regarde
.
A lire avec : Benjamin Biolay - L'égoïste
.
Ce n'est pas qu'une question de cheveux bouclés et soyeux, d'yeux au bleu angélique, de lèvres pulpeuses, de gorge sensuelle et magnifiquement sculptée, de taille de guêpe, de hanches au balancement régulier et envoûtant, de jambes douces et élancées sous les jeux d'ombre et de lumière. Une peau de pèche, une démarche agréable, une stature divine, une élégance si féminine.
Il n'est pas question de ce que tout le monde peut voir en quelques millisecondes.
Il s'agit d'un regard posé sur le monde, d'un soin apporté pour tous les petits maux, d'une délicatesse renversante, d'une foi naïve et inconditionnelle envers le bien, d'une grandeur d'âme vertigineuse, d'un cœur enflé de sacrifice, d'une mélancolie sourde et incurable, d'un don de soi sans réserve et sans parachute, d'une détresse que j'ai trop de fois touchée du doigt.
Tout ce que je ne suis pas. Tout ce que tu es, toi.
Si tu savais comme je t'admire, pour être ce que je n'ai jamais réussi à être.
Ne me regarde pas comme ça. Ces regards de travers ne te vont pas.
Tu m'en veux. Peut-être même que tu me détestes.
Tu penses que j'ai fait le con. Mais ce n'est pas facile à dire. Très simplement : I love you.
Tu ne me croirais pas. Tu ne le sais pas mais la beauté est aussi dans les yeux de celui qui regarde.
Je te regarde. Tu m'éblouis. Tu mets trop d'éclat dans mes yeux, au point que ça me brûle. J'en pleurerais, mais pas maintenant. Pas sur le seuil de ton office, t'observant, assise face à ce bureau que j'ai choisi pour toi. Ah non… Tu l'as changé.
Ton insolence froide, dans ce regard noir que tu me jettes. Cette colère que tu vas cracher sur moi. La déception, refoulée bien au fond de ta poitrine pour que je ne la voie pas.
Il n'y a aucun doute.
Tu es la plus belle peinture que la vie n'ait jamais faite.
La plus belle peinture qu'il m'ait été donné de regarder.
Je sens la déferlante arriver. Je ne m'attendais pas à tant de fureur. Je ne pensais pas avoir été aussi maladroit et cruel. Je sens bien que quelque chose m'échappe. Je sais bien que tu ne me diras pas. Bien trop fière. Vengeance sournoise après l'élan de naïveté.
Comment te faire comprendre que je t'estime et te respecte ?
.
.
« I love you. »
.
.
Rire sarcastique. Sourire carnassier. L'ironie de ton regard me traverse de part en part.
Tu la tiens, ta vengeance moqueuse. Elle te rend belle, mais je n'arrive pas. Je n'y arrive pas. Mes traits se figent malgré moi. Mon esprit se bloque. Ma gorge se serre d'affliction.
Tout comme tu ne peux t'empêcher d'être surprise, je ne peux m'empêcher d'être piqué à vif. Et je referme cette porte pour ne jamais revenir.
La rancœur qui t'étreint t'empêche de voir la brûlure que tu laisses sur mon iris grisé.
Ta pupille se dilate de triomphe, mais d'aucune beauté. Tu n'as pas su me regarder.
.
..
...
..
.
FIN.
