Drabble traduit, il ne m'appartient pas !

Titre: Superficielle
Auteur: rebeldivaluv
Lien de l'originale: s/2654276/1/Shallow
Traductrice: Aurélie (a.a.k)
Résumé: Un drabble traitant des évènements de la saison huit. PDV de Jackie.
Estimation: PG.
Spoilers: Jusqu'au 8x03, "You're My Best Friend"
Disclaimers: Je ne possède rien. Jackie aurait beaucoup moins de cause de chagrin si c'était le cas.


Tout est question de concentration, a-t-elle décidé. Tant qu'elle reste concentrée sur les choses qu'elle peut supporter, elle n'aura pas le temps de penser aux choses qu'elle ne peut pas supporter. Donc elle se concentre.

Elle se concentre sur le fait de sortir du lit le matin, parce que même si elle n'a pas de réelle raison de sortir du lit le matin, si elle ne se lève pas, elle ne sera pas concentrée, et c'est là que les pensées arrivent et elle ne sait pas supporter les pensées. Donc elle sort du lit.

Elle se concentre sur le fait de s'apprêter pour la journée, avec une attention spéciale —même pour elle— pour son apparence, ce qu'elle porte, ses cheveux, son maquillage, une manucure parfaite. Ce sont les détails qui importent, même s'ils n'ont pas vraiment d'importance, parce que plus personne ne les remarque, parce que plus personne ne la remarque, mais elle ne peut pas y penser. Donc elle s'apprête pour la journée.

Elle se concentre sur le fait de faire croire à Donna qu'elle va bien. Elle s'assure de bavarder plus que jamais, de choses plus insignifiantes que jamais, et elle trouve même des moyens de le mentionner sans avoir l'air de trop s'intéresser ni d'avoir trop mal ni de trop réfléchir, parce que ça ne montrerait pas à Donna comme elle va mieux, même si Donna ne semble pas remarquer si elle va bien ou non, mais ça ne peut pas être vrai, parce que Donna est sa meilleure amie —n'est-ce pas? N'est-ce pas?— et une meilleure amie est censée s'inquiéter. Donc elle fait croire à Donna qu'elle va bien.

Elle se concentre sur le fait de mettre un pied devant l'autre quand elle entre dans le sous-sol des Forman, parce qu'elle traîne là tous les jours depuis le lycée, comme le reste d'entre eux, et elle ne va pas être forcée de rester dehors à cause d'une putain blonde et insipide qui —à qui elle ne va pas penser. Donc elle met un pied devant l'autre.

Elle se concentre sur le fait de rire, parce qu'une femme de vingt ans avec le monde entier devant elle a une raison de rire, et même si elle pense que la blague, c'est elle, personne n'a vraiment besoin de le savoir, parce que tout ce dont ils ont besoin de savoir, c'est qu'elle est assez entière pour rire des morceaux brisés qu'elle est devenue. Donc elle rit.

Elle se concentre sur le fait de ne pas le regarder, parce que si elle ne le regarde pas, alors elle ne peut pas voir qu'il ne la regarde pas, et qu'il ne pense pas à elle et qu'il ne se soucie pas d'elle, parce que c'est la seule chose de toutes les choses auxquelles elle n'est pas censée penser, à laquelle elle ne peut simplement pas penser. Donc elle ne le regarde pas.

Elle se concentre sur l'extérieur et l'image et les apparences, et ne regarde jamais profondément sous la surface et ne réfléchi pas de trop, parce que c'est ça qui l'a mise dans cette pagaille en premier lieu, parce que cette fille superficielle qu'elle était autrefois n'a jamais été blessée comme elle a été blessée, au point de devoir se concentrer pour inspirer et expirer.

Donc elle respire.