NOTE DE LA TRADUCTRICE: Salut à tous! Ceci est une traduction de l'excellente fic par Copperbadge, Stealing Harry, originalement écrite en anglais et postée sur LiveJournal vers… j'ai envie de dire 2005, mais je peux me tromper. C'est l'une des fics qui m'a donné le goût d'écrire de longues histoires bien développées et, selon moi, la meilleure représentation de Harry étant enfant. Avec la permission de l'auteur, bien sûr, j'ai décidé de la traduire afin de partager cette magnifique histoire avec les lecteurs français.
N'ayez pas peur, je continue quand même mes propres fics, mais quand je bloque ou que je veux faire une pause, je traduis celle-ci pour me détendre. Les chapitres sont plutôt courts, alors c'est rapide pour l'instant. J'espère que vous aimerez.
Rating : M (par précaution pour des sujets matures et les chapitres futurs)
Pairing : SB/RL (pour chapitres futurs)
SYNOPSIS : UA. Sept ans après la mort des Potter, Sirius est propriétaire d'une librairie Moldue que Remus gère pour lui. Quand le jeune Harry pénètre dans la mystérieuse boutique de Monsieur Black et entre du coup dans leur vie, les deux amis décident qu'il est grand temps de reprendre Harry.
STEALING HARRY
Chapitre 1
Harry Potter avait huit ans et il possédait un merveilleux secret.
Harry avait beaucoup de secrets. Ses cheveux, par exemple, même lorsque fraîchement coupés, repoussaient si vite qu'ils étaient redevenus indisciplinés le lendemain matin. Parfois, il arrivait à faire bouger les choses sans le vouloir. Et il aurait pu jurer qu'il arrivait à comprendre ce que pensaient les serpents.
Mais ce secret était encore mieux, surtout parce qu'il concernait quelque chose qui lui était interdit. Et tout enfant de huit ans sait que ce qui va à l'encontre des règles est bien plus amusant que tout le reste.
Ce secret concernait la maison au coin de la rue et la librairie Sandust Books sur High Street.
Sandust Books était la boutique que Dudley et lui n'étaient jamais autorisés à visiter, celle devant laquelle la tante Pétunia les traînait sans s'arrêter en fronçant les sourcils, sa mâchoire saillant considérablement. C'était plutôt étrange, car contrairement à Women's Intuition – une autre librairie située pas très loin, où aucun enfant n'avait le droit d'entrer – personne d'autre n'était interdit d'aller chez Sandust Books.
Dudley n'aimait pas les livres, alors il s'en fichait, mais Harry s'était arrêté une fois pour presser son nez contre la vitrine. Il avait aperçu à l'intérieur des tas de livres merveilleux et colorés. Aussitôt, il savait ce qu'il devait faire.
Il devait absolument entrer chez Sandust Books.
Peut-être que Dudley et lui n'étaient pas autorisés à s'y rendre parce que la librairie appartenait, disait-on, à l'homme étrange qui vivait au coin de Privet Drive. Sa maison était la seule du quartier sans voiture ou nains de jardin dans la cour. En fait, sa pelouse était envahie par des tas de plantes étranges et il possédait – et voilà ce qui était le plus génial – il possédait une moto.
Harry ne voyait pas pourquoi le fait de partager la rue avec l'étrange monsieur Black signifiait qu'il n'avait pas le droit d'aller à la librairie. Après tout, personne ne savait avec certitude si l'endroit lui appartenait réellement. Lui-même savait que le magasin était dirigé par un autre homme, un dénommé Lunard. Harry estimait que toute personne prénommée Lunard ne pouvait guère être mauvaise. Il avait souvent aperçu un grand chien noir de jais allongé près de la porte, sa fourrure sombre et élégante brillant dans le soleil d'après-midi. Il portait un collier sur lequel était inscrit « Patmol » et tous les enfants disaient qu'il s'agissait d'un chien terriblement intelligent qui allait chercher les livres que Lunard lui demandait, faisait des acrobaties, et surveillait les petits enfants pendant que leurs parents faisaient les courses.
Harry était convaincu que Sandust Books était le meilleur endroit sur terre, surtout parce qu'il lui était interdit.
Alors ce jour-là, il s'était furtivement éloigné de la tante Pétunia alors qu'elle faisait son magasinage – sachant qu'après avoir rencontré une amie au marché, elle pourrait commérer pendant des heures – et il s'était glissé le long de la ruelle longeant la librairie pour jeter un coup d'œil par la porte arrière.
L'intérieur était sombre, mais il put apercevoir des étagères de livres entassés, des tables et de grands fauteuils.
Ainsi que deux grands yeux jaunes.
Harry sursauta et vacilla vers l'arrière avant d'entrevoir une rangée de dents acérées…
L'énorme chien noir, Patmol, le saisit par la chemise avec ses dents, l'empêchant de trébucher sur la marche. Le chien grogna en le tirant vers l'avant et Harry réalisa que Patmol n'avait probablement pas l'intention de le dévorer.
Probablement pas.
Une fois à l'intérieur, le chien le libéra et Harry posa l'une de ses mains sur une table pour reprendre son équilibre, ajustant sa chemise. Le chien poussa un gémissement, presque en guise d'excuse, et appuya son museau contre son coude.
- Patmol, qu'est-ce que tu fiches? J'ai cru entendre quelqu'un…
Harry leva les yeux pour voir s'approcher un grand homme vêtu élégamment. Il était maigre avec un visage étrange et des cheveux marron. Harry trouva qu'il avait l'air plus âgé qu'il devait l'être, en quelque sorte. Il fronçait les sourcils, perplexe. Patmol gémit à nouveau et courut se cacher derrière les jambes de l'homme, le fixant d'un regard intense.
- Pat, qu'as-tu encore fait? demanda doucement l'homme, comme si le chien pouvait lui répondre.
- Il m'a attrapé, dit Harry. Ne le frappez pas!
- Le frapper? demanda l'homme. Ce serait comme frapper un enfant. Il t'a attrapé? Qu'est-ce que tu veux dire?
- Pour m'empêcher de tomber, dit Harry en indiquant la marche et sa chemise légèrement étirée. J'ai eu peur… mais il montait juste la garde.
- Oui… eh bien… j'en discuterai plus tard avec Patmol. Est-ce que ça va? demanda l'homme.
Harry hocha la tête.
- Tu n'as plus peur maintenant?
- Bien sûr que non, dit Harry, irrité.
Patmol s'avança et le poussa à nouveau avec son museau.
- Hé, arrête ça!
- Je crois qu'il t'aime bien, Harry, dit l'homme avec un sourire.
- Comment savez-vous mon nom? demanda Harry curieusement.
- Cela n'a pas d'importance. Je m'appelle Lunard, dit-il en lui tendant la main.
Harry la serra, se sentant très adulte.
- Je sais. Tout le monde parle de vous.
Lunard sourit.
- Est-ce que ta tante sait que tu es ici?
- Comment savez-vous?...
L'homme fit un vague geste de la main.
- Peu importe.
- Elle est au marché. Elle en a pour des heures, dit Harry d'un ton expressif.
Patmol pressa son museau contre sa main, ne demandant qu'à être caressé. Harry le gratta derrière les oreilles.
- Alors, tu ferais mieux de venir avec moi, puisqu'on ne peut l'empêcher, dit Lunard avec un soupir.
Harry n'était pas certain de comprendre, mais il suivit Lunard à travers les rayons jusqu'à l'avant du magasin. Patmol les suivit également, la tête sous le bras d'Harry.
- Qu'est-ce qu'on ne peut empêcher? demanda Harry.
Patmol s'assit près de lui, la langue pendante.
- Oh… je me parlais à moi-même, c'est tout, répondit Lunard. Tu aimes lire, Harry?
- Ouais, je suppose.
- Pat, quel genre de livre crois-tu qu'Harry voudrait? demanda Lunard au chien.
La queue de Patmol battait vivement sur le sol.
- Tu veux lui trouver quelque chose? dit-il enfin et Patmol, à la grande surprise de Harry, se leva et disparu entre les rayons.
- Il est très intelligent, ce chien, annonça Harry.
- Un peu trop intelligent pour son propre bien, dit Lunard d'un ton énigmatique.
Il se glissa derrière le comptoir, d'où il ressortit un pot rempli de bonbons jaunes. Il en glissa un dans sa bouche avant d'en offrir à Harry, dont les yeux s'écarquillèrent.
- Comment savez-vous que j'aime les berlingots? demanda-t-il et Lunard lui donna un clin d'œil.
- Magie, dit-il.
Harry en prit un et croqua d'abord la menthe poivrée à l'extérieur jusqu'au centre de caramel.
- Tante Pétunia ne me laisse jamais en manger, dit Harry alors que le caramel se répandait sans sa bouche.
- Je crois qu'il y a tout un tas de choses que Tante Pétunia ne te laisse pas faire, dit tristement Lunard.
- Je me débrouille.
- Oui, Harry, j'en suis sûr. Ah, te voilà, poursuivit Lunard quand Patmol revint en poussant un livre avec son museau. Oh, excellent choix! Patmol a très bon goût en matière de livres, ajouta-t-il.
- Bon chien, dit consciencieusement Harry en lui tapotant la tête. Il peut lire? demanda-t-il, impressionné.
Patmol bâilla.
- Eh bien, l'alphabétisme de Patmol est sans importance pour l'instant, répondit Lunard. Je peux te faire confiance pour garder un secret, Harry?
- C'est sûr, répondit vivement Harry.
- Tu sais que tu n'es pas censé être ici, alors quand tu partiras, tu ne peux pas dire à ta tante où tu étais, sinon Pat et moi, nous aurons des ennuis.
- Je ne dirai rien, dit Harry avec ferveur.
Patmol gémit.
- Et tu ne peux montrer ceci à personne, dit gravement Lunard. C'est un livre pour toi tout seul. Tu ne peux même pas le montrer à Dudley, ni à personne d'autre à l'école. Et ne dis pas non plus où tu l'as eu.
Harry ne songea même pas un instant à demander à Lunard comment il était au courant pour Dudley. Il était tout à fait certain que Lunard connaissait tous les secrets de l'univers et que si Lunard ne pouvait répondre à une question, Patmol en connaissait sûrement la réponse.
- Je le promets, répondit Harry. Croix de bois, croix de fer.
Lunard sourit et tendit la main pour repousser les cheveux sur le front d'Harry. Il y toucha la mince cicatrice doucement.
- Tu crois que le gamin est digne de confiance? demanda-t-il tout à coup en se tournant vers Patmol, dont la queue battait à nouveau. Bon, alors voilà, Harry, un cadeau de la part de Patmol.
Harry prit le livre et observa la couverture.
- Le Neveu du magicien, lut-il à haute voix.
Il se tourna vers Patmol et Lunard.
- Ça parle de quoi? demanda-t-il.
Patmol l'observait solennellement.
- Te le dire ne ferait que gâcher la surprise, déclara Lunard. Il va rentrer dans ta poche?
Harry hocha la tête et fourra le livre dans la poche de son vieux manteau surdimensionné.
- Retourne voir ta tante, dit Lunard en fronçant les sourcils. Sinon elle remarquera ton absence. Oh, attends…
Harry s'était retourné pour partir, mais Patmol lui bloqua le passage. Lunard se précipita derrière le comptoir et prit un sac en papier qu'il remplit de berlingots à la menthe avant de le donner à Harry.
- Voilà. Pas un mot, dit-il avec un sourire.
Harry lui rendit son sourire, grattant Patmol sous son collier. La queue du chien battait sauvagement contre une étagère.
- Vas-y maintenant. Patmol te raccompagnera jusqu'au marché, dit Lunard.
Harry, fier de posséder un sac de ses bonbons préférés ainsi qu'un nouveau livre, posa une main sur le large dos de Patmol et quitta la boutique.
- Merde! dit Remus Lupin à voix basse lorsqu'ils furent partis.
Il fit le tour du comptoir, trouva un morceau de parchemin et un stylo à bille, puis griffonna rapidement une note avant de la plier et de se diriger vers la fenêtre qui donnait sur la ruelle. Dehors, perché sur un arbre en pot, un hibou dormait, la tête sous son aile. Remus le tapota.
- Griffe, tu veux bien porter ceci à Dumbledore? dit-il en lui donnant la lettre.
Griffe hulula d'un air irrité, accepta la lettre et s'envola. C'était Sirius qui avait baptisé le hibou – une erreur que Remus ne commettrait plus jamais.
Il s'était à peine retourné que Patmol rentrait déjà, poussant un long soupir canin avant de trotter jusqu'à l'arrière-boutique, où ils gardaient les livres qui devaient rester à l'écart, les livres qu'ils devaient garder loin des Moldus, ainsi que la vieille bouilloire électrique. Il y eut un bruit étrange, comme un soupir, et Sirius Black ressorti du bureau, la tête baissée et le visage grave. Il enfouit ses mains dans ses poches et se pencha sur le comptoir, l'air pensif.
- Tu vas tout dire à Dumbledore? demanda-t-il.
- Je viens tout juste de le faire, répondit calmement Remus.
- Je n'ai pas pu l'en empêcher.
- Ce n'est pas ta faute, répliqua Remus sans le regarder.
Il ramassa le pot de berlingots et le retourna dans ses mains plusieurs fois.
- Il est venu nous trouver, pas l'inverse.
- Je ne voulais pas lui faire peur.
- Je ne crois pas que tu l'as fait.
- Il aimera ce livre.
- Bien sûr que oui.
- Tu crois qu'il va en parler?
Remus regarda Sirius et secoua la tête.
- Je pense qu'Harry garde déjà trop de secrets pour aller raconter celui-ci à son odieuse tante.
Il retourna le pot une nouvelle fois, secouant les berlingots à l'intérieur.
- Tu sais, quand j'ai découvert qu'il aimait ces trucs, j'ai commencé à en garder dans la boutique… J'ignore si je tentais de l'attirer ici ou si c'était seulement au cas où il passerait…
- Je sais.
Sirius retira ses mains de ses poches et croisa les bras.
- J'avais mis le livre de côté spécialement pour lui. J'ai d'abord pensé à Tolkien, mais il est encore trop jeune. J'ai pensé que… tu sais, il devrait au moins lire à propos de la magie et…
- Nous sommes pathétiques.
- Nous voulons garder un œil sur lui, c'est tout, dit Sirius avec un haussement d'épaules. C'est mon travail, après tout. Merlin, il ressemble tellement à James.
- Je sais. Il est rusé comme un renard aussi, tu as vu? Et il a les yeux de Lily.
- Si seulement j'avais pu le voir en couleur, marmonna Sirius.
- Eh bien, je t'ai envoyé chercher le livre pour que tu puisses changer si tu le voulais. Je pensais que tu le ferais.
- Je ne pouvais pas.
- Mais bien sûr que tu…
Remus s'interrompit. Il déposa les berlingots lentement sur le comptoir.
- Oh.
- Si je pouvais lui parler, je ne pourrais pas m'empêcher de tout lui dire. Si j'avais eu des bras, je l'aurais serré contre moi… Personne ne trouve ça étrange si un chien veut qu'on le caresse, mais si son propre parrain…
Il prit son visage dans ses mains pour se calmer. Remus attendit patiemment.
- Je lui aurais fait peur.
- Il t'aime bien.
Leurs regards se rencontrèrent et un sourire se dessina lentement sur le visage de Sirius.
- C'est vrai. Il m'aime bien. Il n'a pas eu peur du tout.
- Tu as vu la façon dont il nous regardait?
- Comme si nous étions… magiques.
Ils partagèrent un sourire heureux. Remus jouait nerveusement avec les signets près de la caisse enregistreuse.
- Il reviendra, tu sais, dit-il. C'est dangereux tout ça. Si cette femme le découvre… ou son oncle…
- Eh bien, dit Sirius d'un air grave, nous devrons simplement nous assurer qu'il ne se fasse pas coincer.
Remus leva un sourcil.
- Ce qui veut dire?...
- Ce qui veut dire que la prochaine fois, c'est nous qui le trouverons.
- Sirius, tu sais ce que Maugrey et Dumbledore diront à ce sujet.
- Maugrey et Dumbledore n'ont pas besoin de le savoir.
- Nous avons juré de ne pas causer d'ennuis à Harry. Nous avons juré sur ce satané d'œil dégoûtant de Maugrey de garder nos distances.
- Eh bien, nous l'avons fait, pas vrai? Ce n'est pas notre faute si cette femme refuse de le laisser entrer dans notre boutique. Bien sûr que tôt ou tard, il voudrait savoir pourquoi elle fait toutes ces histoires.
- Ce n'est pas juste, Sirius.
Sirius poussa un gémissement dramatique et se laissa tomber dans l'un des fauteuils à proximité.
- Écoute bien, voici ce que nous allons faire. La prochaine fois que sa tante l'emmènera faire les courses, je le suivrai partout. Si je le vois se faufiler dans notre direction, je m'assurerai qu'elle soit occupée. J'utiliserai la force si c'est nécessaire, dit-il avec un large sourire que Remus lui rendit. Il y a un chien à Women's Intuition et il a du potentiel. Je suis sûr de pouvoir lui montrer ce qu'il faut faire.
- C'est vrai? On pourrait penser qu'ils auraient plutôt un chat…
Sirius haussa les épaules.
- Peu importe. Il pourra garder un œil ouvert et si cette femme approche, nous n'avons qu'à sortir Harry par la porte arrière et plaider l'ignorance complète.
- Tu sais, après sept ans à l'école et dix ans plus tard, j'aurais cru pouvoir arriver à te dire non de temps en temps.
- Frappe-moi avec un journal, peut-être que ça fonctionnera, dit Sirius en souriant.
Remus s'éloigna du comptoir alors qu'un client entrait, reprenant son attitude professionnelle de commerçant livresque. Sirius, qui n'avait jamais maîtrisé l'art de la politesse envers les étrangers, le laissa s'en charger.
Tante Pétunia n'avait même pas remarqué qu'il était parti, mais Dudley oui. Harry avait dû acheter son silence avec une poignée des précieux bonbons jaunes qu'il avait reçus, mais il lui en resta encore trois ou quatre après la part de Dudley.
Lunard était un magicien, Harry en était sûr. Un libraire ordinaire ne posséderait pas un chien noir géant qui savait lire. Lunard était un magicien et la raison pour laquelle Harry n'était pas autorisé à rentrer dans sa boutique, c'était parce que Tante Pétunia détestait tout ce qui avait attrait au fantastique.
Une fois rentré à la maison, il aurait voulu aller directement dans son placard pour jeter un coup d'œil au livre, mais il dut aider à ramasser l'épicerie, puis nettoyer les dégâts de Dudley qui avait creusé un trou dans les plates-bandes, et ensuite préparer le dîner. Il ne fut en mesure de s'éloigner des Dursley qu'en soirée.
Il ramassa son manteau et retira le livre de sa poche avec difficulté. Il s'agissait d'un petit livre de format de poche à couverture jaune avec la photo d'une forêt. Il se recroquevilla sur son lit, dos à la porte, de sorte que même si on l'ouvrait soudainement, il aurait le temps de cacher le livre sous l'oreiller. Il s'agissait exactement du genre de livre que l'oncle Vernon lui confisquerait s'il se faisait surprendre. Et que ferait-il alors quand il retournerait chez Sandust Books?
Il sourit. Bien sûr qu'il y retournerait! Un vrai magicien, c'était difficile à ignorer une fois qu'on en connaissait l'existence.
Finalement, la tante Pétunia frappa quelques coups à sa porte pour lui signaler d'éteindre la lumière et il tira sur la chaînette accrochée à l'ampoule nue qui pendait du plafond. Après avoir compté jusqu'à quatre cents, pour être certain que la voie était libre, il fouilla sous son lit et en ressortit la vieille lampe torche qu'il avait récupérée dans le garage. Sa lumière était plutôt faible, car les piles étaient en train de mourir, mais c'était suffisant.
Il lut toute la nuit, fasciné par les magiciens maléfiques, les jeunes héros, les sorcières, les lions et les animaux parlants. Lunard venait peut-être de Narnia, et Patmol était peut-être un chien qui parle. Harry espérait qu'il lui parlerait la prochaine fois.
À l'autre bout de la ville, Remus se tenait sur le porche de Sandust Books, verrouillant la porte et vérifiant la poignée, comme il l'avait fait chaque jour depuis sept ans. Patmol était assis sur le marchepied, attendant patiemment. Remus salua quelques commerçants, et transportant son vieux cartable en bandoulière, il marcha en direction de la boulangerie, Patmol sur les talons. Il achetait toujours un chausson aux pommes ou un muffin pour lui et les employés avaient souvent une gâterie pour Pat. Trois ans auparavant, le grand chien avait pourchassé un voleur qui était parti avec leur argent et Lunard avait dû l'arracher lui-même à l'homme qui baragouinait de peur.
Tout le monde était convaincu que Lunard était gentil, même s'il était un peu bizarre, mais que son chien était brillant.
Au bout de la rue, ils pénétrèrent dans une allée étroite. Lunard en émergea seul de l'autre côté, marchant vers son appartement. Après un instant, un homme aux cheveux noirs, portant un manteau de cuir, ressorti de la ruelle, monta sur la moto qui était garée à proximité, et s'éloigna.
