Bonjour,
Je suis fière de vous présenter le premier chapitre de ma première fanfiction !
(la majorité des lieux et personnages appartiennent à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
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*Fic' rafraîchit* Merci à Persis pour m'avoir aidée à remanier tous mes chapitres. :)
Chapitre 1
Lettres et hibou
Assise sur le bord de son lit, encore irritée par cette plaisanterie stupide, Matilde tourna ses yeux bruns vers sa fenêtre comme si l'auteur anonyme de cette blague pouvait s'y trouver. Mais elle ne vit que le ciel gris. Ce vendredi pluvieux du temps de novembre n'avait vraiment pas été des plus plaisants. Puis son regard retomba sur sa table de chevet, là où elle avait jeté la lettre avec dédain il y avait déjà quelques minutes. C'était trop absurde… Se redressant, elle rejeta en arrière ses longs cheveux auburn d'une main et s'empara de la lettre pour la faire tourner entre ses doigts encore une fois.
L'enveloppe était lourde et épaisse et son adresse était écrite à la main avec une encre vert émeraude. C'était une écriture un peu penchée que Matilde ne connaissait pas. Un seau de cire frappée représentait un écusson qu'elle avait détruit en ouvrant l'enveloppe qui avait servi à sceller la lettre. Elle n'avait pas cru un seul mot de ce qu'il y avait d'écrit. Une école de sorcellerie… Non mais vraiment ! Elle avait passé l'âge de croire aux histoires de sorcières. Elle avait dix-sept ans, bon sang ! Elle était loin d'être encore une enfant ! Et Poudlard était un nom ridicule…
Matilde retira brusquement la lettre de son enveloppe et s'apprêta à la relire une deuxième fois. Son contenu annonçait qu'elle était une sorcière et qu'elle devait entamer ses études au collège Poudlard : une école de sorcellerie située en Écosse. Et la lettre était accompagnée d'une liste d'ouvrages et d'équipements complètement insensés qu'il fallait qu'elle se procure.
« Mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ? pensa-t-elle avec colère. Qui a été assez idiot pour rédiger une telle connerie ? Vraiment, une perte de temps ! »
Cette même irritation due à la première lecture revint faire surface. Elle devait savoir qui ! Elle devait coincer l'auteur de cette bêtise ! En y réfléchissant de plus près, elle aboutit à une conclusion possible au sujet du pourquoi cette lettre avait été composée : cette personne avait dû être présente lors de l'incident survenu à la bibliothèque de l'école ou bien elle en avait entendu parler. C'était sûrement une farce en lien avec cette fois où par erreur — ou plutôt par incompréhension de la situation —, elle avait fait rouler un stylo jusqu'à elle sans le toucher.
Il avait été évident, avait-elle assuré, que le bureau sur lequel elle avait transcrit son devoir de français avait été légèrement incliné. Ce qui avait expliqué clairement le déplacement soudain du stylo de son amie Catherine, assise à son côté, jusqu'à sa main. Et même si Catherine s'était obstinée à débattre le fait que le stylo ne s'était déplacé que lorsque son amie avait tendu la main, Matilde ne s'était pas laissée impressionner.
Cependant, Matilde craignait qu'il ne s'agisse pas tout à fait d'une coïncidence, pour la simple raison que ce genre d'événement s'était souvent reproduit au courant du mois. Trois fois précisément. Deux stylos et une gomme à effacer. Mais elle n'admettait pas qu'elle serait quelqu'un doté d'un certain pouvoir magnétique. Même si la gomme à effacer l'avait quelque peu ébranlée, étant donné la cause de son déplacement inopiné qui ne pouvait pas s'arrêter à une table inclinée et d'autant plus que cet objet ne pouvait pas rouler comme un crayon… Mais elle s'en moquait. Elle ne croyait pas aux événements surnaturels et s'acharnait à croire au hasard.
« Au hasard ! », songea Matilde avec force.
Et Catherine n'avait sûrement pas cru au hasard. Naturellement. D'ailleurs elle avait toujours manifesté une certaine affection particulière — et agaçante — aux événements surnaturels. Elle avait dû en parler à quelques amis. C'était ça… Et une personne s'était alors dit qu'il serait brillamment amusant d'inventer une école de sorcellerie à laquelle Matilde y serait invitée à apprendre quelques tours de magie. Complètement stupide !
De plus, en observant la lettre de plus près, il y avait erreur. Les cours de cette quelconque école commençaient le 1er septembre alors que le mois de novembre était à mi-chemin. Bizarre. Pourquoi l'auteur de cette lettre aurait laissé passer une telle faute au sujet de la date ? Probablement par mégarde. L'année du 1er septembre était bien cette année et non l'année prochaine. Comme si elle avait reçu la lettre en retard…
Peu importait ! Matilde se leva de son lit, résolue à élucider ce mystère. Elle allait appeler Catherine. Elle sortit donc dans le couloir à l'étage, la lettre suspendue au bout de ses doigts, emprunta l'escalier et descendit rapidement au rez-de-chaussée pour se diriger vers la cuisine. En traversant le salon, elle nota, comme d'habitude, que ses parents n'étaient toujours pas rentrés du boulot. Étant travailleurs de soir, ses parents avaient pour routine de se pointer chez eux qu'à partir de minuit. Ce qui laissait en résultat, leur fille unique seule quasiment tous les soirs, y compris les samedis.
Arrivée à la cuisine, elle ramassa le combiné traînant sur le comptoir et composa à la hâte le numéro de Catherine. Quelques sonneries retentirent, puis elle tomba sur le répondeur téléphonique.
« Flûte, elle n'est pas là ! », constata Matilde avec amertume.
Déçue, elle raccrocha le combiné puis se retourna pour s'adosser au comptoir, les bras croisés, la lettre toujours à la main. Si Catherine n'était pas rentée, elle n'allait pas tarder. Elle décida donc de patienter un peu et de tenter un nouvel appel dans quelques minutes.
C'est à ce moment qu'elle l'entendit : quatre petits coups frappèrent à la fenêtre derrière elle. Agacée, et présumant une autre plaisanterie, Matilde se retourna pour faire face à ces bruits et ce qu'elle vit la déconcerta totalement.
Un hibou à la silhouette massive était perché à l'extérieur, sur le rebord de la fenêtre. De son bec, dans lequel il tenait une enveloppe curieusement semblable à celle que Matilde serrait présentement dans sa main, il frappait sur la vitre. Ses grands yeux jaunes semblèrent lui signaler une certaine impatience.
Comment ce hibou était arrivé là ? Et que faisait-il avec cette enveloppe dans le bec ? Matilde, confuse, s'approcha de la vitre tranquillement. Elle fut vite assez près pour être en mesure de lire son nom et son adresse et, abasourdie, elle recula brusquement sur le coup de la surprise. Ce volatile connaissait son nom et tentait de lui apporter une deuxième lettre identique à celle qu'elle venait tout juste de laisser tomber par terre sous l'émotion. Comment était-ce possible ?
« Matilde, ressaisis-toi ! se dit-elle aussitôt. Cet oiseau n'est tout de même pas assez intelligent pour connaître ton nom. Il a sûrement été dressé à porter cette lettre dans son bec juste pour t'affoler un peu ! Si ça se trouve, son maître ne doit pas être loin… »
Sur ces dernières pensées, elle jeta un coup d'œil derrière le hibou et ne vit personne. Il n'y avait que le paysage, un peu grisonnant suite aux quelques gouttes de pluie tombées durant le jour. Mais il devait forcément se trouver quelqu'un quelque part. Elle le savait.
Soudain, le volatile, empressé de se débarrasser de ce qui encombrait son bec depuis un peu trop longtemps à son goût, se mit à battre des ailes et à tambouriner la vitre vigoureusement. Matilde sursauta face à cette réaction imprévue puis frappa un coup à la fenêtre comme si cela pouvait calmer la bête à plumes.
— Arrête, maudit oiseau ! cria-t-elle d'une voix sonore pour tenter de se faire inutilement entendre de l'autre côté de la vitre. Je ne vais quand même pas t'ouvrir la fenêtre. Comment crois-tu que je vais parvenir à te sortir de la maison ensuite ? Tu risquerais de tout briser et mes parents ne me le pardonneraient pas !
Mais ces mots, bien évidemment, n'empêchèrent pas le hibou de continuer à se tortiller avec vigueur. Il semblait n'avoir qu'une seule chose en tête : délivrer la lettre à son destinataire.
— Décidément tu n'abandonneras pas, toi ! reconnut Matilde en soupirant.
Elle passa la main dans ses cheveux en signe d'embêtement. Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Devait-elle sortir à l'extérieur et prendre la lettre ? Et si ce rapace l'attaquait ? Encore pire : si le dresseur de l'oiseau se tenait près à l'assommer dès qu'elle sortirait ? Et s'il avait une arme ? Il était peut-être même caché dans la cuisine, ici même, en ce moment, en train de l'épier !
« Voyons Matilde ! Tu dramatises toujours tout ! »
Elle prit plusieurs respirations profondes pour parvenir à faire descendre la panique qui avait subitement monté en elle. C'était idiot de s'emporter au sujet d'un simple hibou têtu qui s'acharnait à lutter contre la fenêtre vivement. Mais il avait tout de même une lettre dans le bec adressée à elle, et ça, quand ça sortait de l'ordinaire, Matilde n'aimait pas !
Décidée, mais tout de même craintive, elle se dirigea vers la porte arrière. Lorsqu'elle sortit à l'extérieur, le vent froid de novembre lui fit regretter aussitôt de ne pas avoir pris le temps de mettre une veste. Se promettant néanmoins qu'elle n'y serait pas longtemps, elle s'aventura en direction de la fenêtre, longeant le mur de briques de la maison. Arrivée au coin, elle s'adossa au mur, prêta l'oreille et attendit. Cependant elle n'entendit rien. Peut-être que le hibou avait fini par décamper ? Osant un regard, elle contourna l'angle du mur. Rien. L'oiseau avait disparu.
Matilde commençait à en avoir assez ! D'abord une lettre qui parlait de sorcellerie, ensuite vint ce hibou complètement effarant. Qu'est-ce qui pouvait bien survenir ensuite ?
Puis de retour devant la porte, elle manqua de s'étrangler de stupeur. Le hibou, là, perché sur un vase abandonné devant l'entrée, la regardait d'un air offensé, l'enveloppe toujours à son bec. Matilde n'osait plus bouger, pétrifiée. Le volatile laissa alors tomber la lettre à ses pieds et d'un coup d'ailes, s'envola gracieusement par dessus le toit de la maison pour aller se poser sur le bout de la cheminée.
Stupéfiée, les yeux fixés sur l'enveloppe, Matilde remarqua le sceau en cire frappée exposant le même écusson que sur l'enveloppe précédente, celle qui renfermait une lettre dévoilant le collège Poudlard. Mais qui fabriquait tout ça ? Qui s'amusait avec elle ? Matilde leva les yeux et balaya le paysage. Était-elle observée ? Rien ne bougea autour d'elle à part les arbres de la cour, balancés par le vent, ce qui lui rappela tout-à-coup qu'elle était gelée et qu'elle ferait mieux de rentrer au plus vite. Ramassant l'enveloppe au passage, elle s'empressa d'entrer à l'intérieur et se dirigea tout droit vers sa chambre.
Une fois assise à nouveaux sur le bord de son lit, elle brisa le seau en cire et retira la lettre d'un geste tremblant. Beaucoup plus légère que la précédente, elle ne contenait que quelques phrases et Matilde les lut avec appréhension :
Chère Matilde Beauregard,
Tu as sûrement reçu la lettre d'admission au Collège Poudlard et je tiens à te souhaiter la bienvenue parmi nous. Cependant, il y a quelques petits détails à discuter concernant tes études au sein de notre école et il serait préférable d'organiser une rencontre à ce sujet. Que dis-tu de chez toi, demain à 18h30 ?
Tu es priée d'envoyer ta réponse à l'instant même, à l'aide de ce hibou.
Sur ce, je t'envoie mes salutations les plus distingués.
Albus Dumbledore
Directeur de Poudlard
Matilde se trouva alors complètement déconcertée. Ses études à l'école Poudlard ? Mais qui a dit qu'elle laisserait ses propres études de lycée derrière elle pour aller étudier dans un collège absurde et insensé ? Et qui n'existait pas d'ailleurs ! De même que ce nom inventé qu'était Albus Dumbledore.
La colère la gagnait à nouveau. C'en était trop ! La plaisanterie atteignait son comble ! Lorsqu'elle rencontrerait finalement le coupable de ces âneries, il pouvait être sûr de le regretter amèrement ! C'était fichtrement exagéré pour un stylo insignifiant qui avait roulé sur la surface d'un bureau simplement incliné. Et si l'auteur de ces lettres venait demain à 18h30 déguisé en monsieur Dom-quelque-chose, il pouvait être assuré de passer la pire soirée de sa vie !
Avec toute l'énergie de sa hargne, Matilde balança la lettre à l'autre bout de sa chambre. Puis elle se leva pour sortir de la pièce quand, encore, elle entendit ces même petits coups répétés qu'elle avait déjà entendus, il n'y avait pas de sitôt, à la fenêtre de la cuisine. Mais cette fois-ci, c'était sur la vitre de sa propre fenêtre de sa chambre…
Faisant volte-face, fulminant intérieurement, Matilde le vit encore : la silhouette massive du hibou qui était revenue, quoiqu'en cet instant, le volatile n'eût plus rien dans le bec.
—Mais que veut-il encore ? s'exclama-t-elle, irritée.
Elle n'aimait pas ça ! Elle n'aimait pas la tournure que les évènements prenaient. Pourquoi ce hibou était de retour ? Il lui avait délivré sa lettre. Que pouvait-il encore espérer vouloir ? Serrant les dents, elle se retint de hurler de rage même si elle en avait envie. Elle n'allait tout de même pas perdre la tête ! Elle était forte ! Elle pouvait très bien gérer la situation. Cet oiseau était seulement en train de passer son temps à l'énerver, voilà tout ! Il lui suffisait seulement qu'elle l'ignore un peu et il finirait bien par partir comme tous les hiboux normaux. Certes, mais faisait-il partie de tous les hiboux normaux ?
« Mais bien sûr que c'est un hibou normal ! »
Se prenant la tête à deux mains, Matilde soupira bruyamment avant de retourner les talons hors de sa chambre. Ce hibou allait la rendre folle. Elle descendit l'escalier et retourna dans la cuisine dans l'espoir de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Là, elle trouva la lettre de Poudlard sur le carrelage, à l'emplacement exacte où elle l'avait laissé tomber lorsqu'elle avait vu le hibou pour la première fois. En la ramassant, Matilde se demanda si, celle-ci aussi, avait été apportée par un hibou et laissée sous le pan de la porte, à l'endroit où elle l'avait trouvée en revenant du lycée.
« Ridicule ! pensa-t-elle. Complètement ridicule ! Matilde, tu deviens folle ! »
Elle jeta la lettre sur la table et alla ouvrir le frigo pour scruter l'intérieur en quête de plats préparés par sa mère et finit par trouver un restant de pâté chinois entassé dans un contenant allant au four. Lorsqu'elle plongea la main pour s'en saisir, les coups frappés à la vitre recommencèrent de nouveau sur la fenêtre de la cuisine.
— Ce n'est pas vrai ! se plaignit-elle en levant les yeux au ciel. Tu ne me laisseras donc jamais tranquille, toi !
Mais, décidée à ne pas lui accorder aucune attention, elle empoigna nonchalamment son pâté chinois et alla le mettre dans le four micro-ondes, tout en prenant soin de ne pas regarder le hibou qui tambourinait vigoureusement la vitre. Puis c'est en attendant que son plat réchauffe qu'elle eut soudainement l'impression saugrenue de savoir ce que l'oiseau voulait exactement.
« … Tu es priée d'envoyer ta réponse à l'instant même, à l'aide de ce hibou... », se rappela-t-elle en revoyant distinctivement dans sa tête cette ligne extraite de la lettre qu'elle venait de lire. « Il veut donc une réponse ! songea-t-elle, interloquée. Finalement, il y a des fois où tout semble avoir perdu son sens... »
Comment un hibou pouvait vouloir rapporter une réponse à l'expéditeur de la lettre ? Et comment ? Devait-elle lui souffler la réponse à la figure ? Et lui, doté d'une intelligence quelconque, volerait ensuite vers son maître pour la lui hululer ? Tout à fait incohérent ! Ou encore faudrait-il lui donner la réponse sur un bout de papier ?
« Sur un bout de papier… »
Elle n'aurait qu'à essayer, pourquoi pas ? Tout à l'heure, le hibou ne lui avait pas fait de mal. Elle n'aurait qu'à inscrire quelques mots puis…
« Matilde, franchement, tu perds encore la tête ! »
Et alors ? Tout était abracadabrant justement ! Pourquoi le hibou ne partirait pas avec sa réponse tant qu'à y être ? Ce ne serait pas compliqué…
Alors Matilde, tout en ignorant le four micro-ondes signalant que son repas était enfin prêt, grimpa précipitamment l'escalier et se rendit dans sa chambre. Elle déchira un morceau de feuille lignée qui traînait dans sa pile de livres et cahiers d'école près de son lit. Puis, après s'être appuyée sur sa table de chevet, repoussant d'une main ses longs cheveux, elle inscrivit :
Cher Monsieur Dumbledore,
Je vous attends chez moi, demain vers 18h30, comme prévu…
Matilde
En se relisant, elle estima préférable d'effacer sa signature au cas où le hibou laisserait tomber ce bout de papier n'importe où. Elle ne voulait pas qu'on la croit folle tout de même. Même si elle commençait déjà à y croire elle-même…
Après un dernier regard minutieux sur ses mots, Matilde s'élança dans l'escalier. Arrivant devant la porte arrière, elle hésita un court moment mais elle tourna néanmoins la poignée et fit irruption une nouvelle fois dans le froid du vent. Le ciel s'était assombrit et la température avait déjà chuté de quelques degrés de plus.
Immobile devant la porte, elle attendit, le bout de papier serré dans la paume de sa main droite, guettant la parution soudaine du hibou qui ne devait pas tarder. Le volatile allait sûrement venir à elle de lui-même, indubitablement attiré par sa réponse.
« Mais comment peux-tu penser comme ça ? Ce n'est qu'un hibou à la fin ! », pensa-t-elle, effarée.
Bien sûr, elle en était consciente, mais elle savait tout simplement qu'il viendrait de lui-même. Il voulait la réponse à la lettre et il viendrait la chercher.
Et comme elle l'avait prévu malgré elle, le hibou, d'un mouvement grandiose, vint se percher sur une branche basse appartenant à un arbre à quelques mètres d'elle.
« Et voilà ! Je vais juste lui donner le papier… »
Peu assurée, elle s'approcha doucement du volatile, le fixant dans ses yeux jaunes sans ciller, puis lui tendit sa réponse, tout en se tortillant les pensées :
« C'est stupide ! C'est stupide ! Complètement insensé ! Il ne peut pas s'intéresser à un bout de papier ! Il ne peut pas ! Il ne peut pas ! »
Mais le hibou lui démontra le contraire et ne se fit pas prier. D'un élan rapide et majestueux, il s'empara du morceau de feuille lignée et piqua ensuite vers le ciel. Alors Matilde, complètement ahurie de l'absurdité dont elle fut témoin, regarda l'oiseau avec stupeur jusqu'à ce que celui-ci disparaisse dans l'épaisseur des nuages gris du mois de novembre.
