02/03/2016
Disclaimer : Dragon Ball ne m'appartient pas, ni son univers, ni ses personnages...dommage !
Bonjour à vous pauvres lecteurs en mal d'histoire, je suis Adlyne, votre guide pour cette session. Merci d'avoir porté un début d'intérêt pour ce que vous vous apprêtez à lire. Il s'agit là de ma première vraie publication sur le site depuis des années. Il était temps que je retente l'expérience, et que j'aille jusqu'au bout pour votre bon plaisir.
Mère Méfiance est une idée bête comme le monde qui m'est venue il y a des mois. C'est une histoire courte en 4 à 5 chapitres, mais qui me tient à cœur. Je ne l'ai actuellement pas fini, mais je suis tout près de la fin (un miracle chez moi !). Malgré mes relectures incessantes, il doit rester des coquilles, je ne vous demande pas d'être indulgent (faut pas déconner non plus), mais prévenez moi que je puisse corriger. Je suis ouverte à toutes les critiques (positives et négatives), n'hésitez pas à poser des questions !
Sur ce je vous laisse (enfin !) à la lecture.
Chapitre 1
« La bête fut retrouvée à dix lieues de la capitale, totalement méconnaissable et pourtant d'apparence aussi normale que vous et moi. Mais comment oublier le visage de celui qui avait détruit à lui seul un pays entier. S'il avait perdu l'aura verte, similaire à l'or dont rêve nos enfants, la menace était encore là. Nous dûmes agir dans l'urgence, profiter de sa faiblesse momentanée. Dix d'entre nous devinrent Oozaru, le propulsèrent vers le soleil avant son réveil. Peut-être mourut-il avant, étouffé par le vide de l'espace et que jamais son corps n'eut atteint l'astre, mais nous avions retrouvé la paix. »
Aube de Terreur, par Saedal Gine.
« …on retrouva dans ses ruines de nombreuses données à propos de notre peuple. Les recherches révélèrent qu'ils surveillaient l'apparition éventuelle d'un Double-alpha (NdA - Appellation commune : Légendaire Super Saiyan). Cela expliquerait aujourd'hui les évolutions des armes atomiques conçues au court de ce même siècle. Mais ils n'ont jamais eu le temps d'en achever la conception, terrassé par la Révolution guerrière indépendantiste. »
Les secrets des Tsufuls, troisième édition.
« ...la soumission est inutile. La soif de sang animera toujours le monstre […], et la colère éveillera le démon qui sommeille dans le saiyan, déchiquetant sa coquille pour se dévoiler plus menaçant et combatif que jamais.
Priez Tarbre que jamais il ne vous trouve ou recueillez vous dans les bras de Saai... »
Extrait du journal d'un conteur.
Il n'y a pas plus incomplète et mystérieuse que l'histoire du peuple saiyan.
Et que dire de leurs voisins les Tsufuls, exterminés jusqu'au dernier dès que l'occasion se fut présenté. Peu importe l'espèce, la race ou la civilisation, les gagnants écriront toujours l'histoire. Peu importe que des faits soient avéré ou faux lorsque l'on a la capacité de réduire en cendre un édifice jusque dans ses plus profondes fondations, comme si jamais il y avait eu vie.
Les blancs se comptant en siècles. Chaque nouvelle génération efface alors deux anciennes. Mais les miracles existent, les erreurs de jugements aussi. Parmi les plus sages de ses « barbares », certains ont décidé d'endiguer cette rumeur et de déterrer les secrets de leur passé. Les perles archéologiques, aussi rares soient elles, sont toutes soigneusement placé en sûreté, parmi les trésors et les richesses, abordables par une petite poignée d'individu sélectionnés, consultable de tout temps et à toute heure, par l'unique détentrice de l'entière genèse déterré à ce jour. Cette personne n'est autre que la reine Toma.
Celle-ci menait depuis quelques jours déjà, des recherches et se tenait cloîtré depuis dans son bureau, là où toutes les archives étaient conservées. Si le volume de la pièce était plutôt important pour son rôle principal, pour une salle d'archive c'était l'endroit le plus minuscule qui soit. Les bibliothèques grimpaient aux murs dans un désordre réorganisé quotidiennement, le plafond regorgeait de suspensions en tout genre et le sol était recouvert de ce qu'un œil non averti appellerait un bric-à-brac. C'est dans cet étrange cocon suintant la poussière et la mémoire que la reine se sentait à l'aise, apte à la réflexion.
Une planète ne se dirigeait pas toute seule, une économie non plus d'ailleurs. Mais que faire face à l'inconnu ?
On lui avait rapporté dans la matinée des chiffres monstrueux. Un nouveau né placé actuellement en couveuse détenait semble-t-il une force qui dépassait tout entendement. La reine ne savait pas s'il fallait être impressionnée ou au contraire effrayée. Une question à laquelle elle voulait répondre avant de répandre la nouvelle et surtout en parler à son mari.
Celui-ci irait sans aucun doute vanter l'élite saiyan auprès de ses collaborateurs, les Démons du Froid. Et particulièrement Freezer, un lézard de l'espace que la reine ne tenait pas particulièrement dans son cœur, sa voix doucereuse et crissante lui tapant sur les nerfs.
Les disputes avec son roi de mari ne se comptaient plus aujourd'hui, elle contestait en permanence les ordres suprêmes et surtout ceux des aliens « envahisseurs ». Mais elle avait très vite déchantée et abandonnée toute espoir lorsqu'elle eut appris que leur fils aîné avait été mêlé à toute cette histoire de conquête de l'univers. Celui-ci respectait bien plus la figure paternelle que maternelle. Existait-elle seulement à ses yeux ? Peu probable. De quoi lui fendre le cœur, c'était malheureusement un combat perdu d'avance.
Toc. Toc. Toc.
Toma sursauta dans son fauteuil, soudainement rappelée au monde extérieur. L'horloge indiquait une heure tardive et elle se rendit compte que le crépuscule pourpre inondait la pièce, le soleil laissa traîner un rayon pour l'éblouir une dernière fois avant d'aller nourrir l'autre façade de la planète.
Malmené par le stress et par les dures années de combats, son visage se creusa sous les ombres, la vieillissant affreusement. Un saiyan n'avait certainement pas la vie facile, elle encore moins. Entre les envahisseurs, les conquêtes, les têtes qui ne lui revenaient pas, les arènes de combats ou encore un mari tout aussi violent et sauvage dans leurs moments les plus intimes, difficile alors de dissocier la guerre du quotidien.
Lasse, elle déverrouilla la porte depuis l'ordinateur de son bureau. Elle bailla.
- Entre Paragus, je t'attendais.
La porte se referma derrière un homme aux cheveux hirsutes et à la barbe naissante, l'étoffe froissée de sa tenue indiquait clairement qu'il avait du dormir dedans et la garder un peu plus longtemps que nécessaire. Visiblement, elle n'était pas la seule à être fatiguée ses derniers temps. Il pénétra dans la pièce en flottant, de peur de casser l'un des nombreux bibelots et autres objets qui jonchaient le sol. Une technique qu'elle même empruntait pour arpenter la pièce. Si la gravité le lui avait permit, elle en aurait aussi mis un peu plus au plafond.
Elle lui désigna l'unique chaise libre qui n'était pas encombrée ou occupée par une représentation grotesque d'un être mi oozaru, mi saiyan.
Le silence se voulait volontairement pesant et long. Toma fini de lire ses derniers papiers avant de ranger brièvement la paperasse qui traînait depuis bien trop longtemps sur son bureau avant de faire grincer et craquer chacune de ses articulations, soumises à un immobilisme prolongé.
- Mes félicitations et toute mes condoléances.
Le dit Paragus releva la tête surprit, il ne s'attendait pas à cette soudaine sollicitude et hocha bêtement la tête.
- Néanmoins, reprit-elle plus froidement, je ne t'ai pas convoqué ici pour te consoler du décès de ta femme. Si elle est morte c'est entièrement sa faute, il suffit de voir son dossier médical pour se rendre compte qu'elle savait pertinemment que c'était fatal.
Toma avait ce don de remuer le couteau dans la plaie lorsque quelque chose chez les autres la chiffonnait ou ne lui convenait pas. La coutume actuelle voulait qu'une femme accouche prématurément pour que l'enfant grandisse in vitro le temps nécessaire. C'était plus une question de praticité et de santé que de véritable mode. Et pourtant Toma était mal placé pour faire la leçon, elle-même ayant mené deux grossesses à terme, cependant dans de meilleures dispositions que feu la compagne de Paragus.
- Ton bébé est en pleine forme cela dit, même... un peu trop compte tenu de ses Unités de Puissance. J'ai cru à une farce ou à un dysfonctionnement des systèmes lorsque l'on m'a apporté la nouvelle. Tu as de quoi être fier dira-t-on.
Blessé de ses jugements, il ne répondit rien, il ne sourit pas non plus à la flatterie. Plus qu'un jeune père fatigué et chagriné, il bouillonnait d'émotions contraires à en croire le poil hérissé à sa ceinture. Toma nota son attitude dans un coin de sa tête. Elle s'enfonça dans son fauteuil en posant avec négligence ses pieds sur le bureau.
- J'ai toujours cru et naïvement pensé que ce serait à la famille royale d'avoir un enfant d'une telle puissance. Mon Végéta est certes fort pour son âge, mais il n'égale pas l'élite saiyan, et je ne te parle pas de notre second fils. Ignoré par son père ! Ah ! Il risque d'être déshérité s'il ne nous revient pas plus fort de sa mission.
L'attachement affectif était toujours une faiblesse chez son espèce, mais il arrivait parfois que cela devienne une force inégalable, entendu et vu dans les contes. Tout n'était que rêve et mythologie.
Végéta son aîné était le portrait craché de son père, de sa mère il ne possédait que l'impulsivité. Quant à Tarbre son second fils, elle n'en savait rien et avait honte : pas de visage en mémoire, pas même le moindre souvenir d'un pleur, rien. Comme si elle avait donné naissance à du vide. Un vide que pourtant elle aimait plus que tout.
Paragus murmura :
- Il aurait pu être ton fils.
S'il lui eut un jour été possible de tuer d'un simple regard, Toma aurait volontiers fait subir une cuisante douleur à son invité en cet instant.
Quelque part non loin, dans une caserne des troupes de Freezer, un scooter s'activa à l'étonnement de son propriétaire.
- Je ne te permets pas Paragus. Cracha-t-elle. Que je décide de mener une vie de la haute ne t'as pas empêché de vivre ! Comme s'appelle, ou s'appelait-elle déjà ? ...Ah oui...Célipa, fragile et délicate. Un nom approprié pour un esprit faible.
- Aussi approprié que tu l'es dans ton rôle de catin. Répondit-il sarcastique.
Il ne s'attendit pas à être plaqué au sol, le dos soudainement mordu par un quelconque objet, à l'utilité et aux origines discutables.
- Notre passif commun ne m'empêchera par de te décapiter sur le champ si tu te lances sur ce terrain. Ou je pourrai t'arracher le cœur maintenant, cela nous épargnerait tes souffrances.
Elle le relâcha et s'envola vers une bibliothèque supérieure. Le pauvre Paragus eut du mal à se remettre, prit d'une violente quinte de toux et d'un léger lumbago. Sous l'influence du Roi Végéta depuis de longues années, Toma avait perfectionné sa définition de l'autorité. Paragus venait d'en faire l'amer expérience. Ce n'était plus la jeune femme frivole de sa jeunesse, aux yeux malicieux et curieux. C'était devenue une souveraine méprisante et méprisable. Paragus ne cessait jamais de le lui faire savoir. Mais elle seule savait mieux que quiconque l'importance de sa métamorphose, planifiée depuis son ascension au trône. En posture de méditation, elle chercha à s'apaiser, ballottée par l'air conditionné.
Le scooter s'éteignit, convainquant bêtement son propriétaire d'un bug.
- Ton fils possède dix milles unités, souffla-t-elle, ce qui est considérable et tout bonnement impossible. Il aurait du mourir, écrasé sous sa propre puissance. J'ai fais de nombreuses recherches et tout indique qu'il représente un danger autant pour lui-même que pour nous. S'il n'est pas éduqué dans de bonnes conditions, s'il ne grandit pas avec un sens moral parfait, il pourrait tous nous détruire. Végéta, mon mari est un couard tyrannique doublé d'un jaloux orgueilleux et compulsif. Je ne serai pas étonnée qu'il en vienne à éliminer ton fils.
Il se figea, un genou encore à terre.
- Que suis-je supposé faire...ma reine. Demanda-t-il d'une voix plus rauque qu'il ne le voulait.
- Si tu t'opposes directement à ses ordres, il vous tuera tous les deux. Je peux cependant me charger de le convaincre.
Elle vint à lui.
- Mais à une condition.
- Tout ce que vous voulez, ma reine ! S'exclama-t-il.
Il récupéra un disque de donné qu'elle lui glissa dans la main.
- Place ceci sur l'un des serveurs de l'avant-poste de Freezer, de préférence les communications. J'aimerais vérifier certaines choses. Si tu te fais prendre, n'évoque pas mon nom ou je tuerai Broly de mes propres mains.
Il contempla le minuscule disque sans rien dire. Ce n'était pas un espion, et l'idée de se faire surprendre l'effrayait, mais c'était un stratège hors pair, ce sur quoi comptait Toma. Lorsqu'elle retourna à son bureau, il l'interpella, oubliant de nouveau la différence de rang.
- Tu ne lui fais pas confiance. Affirma-t-il. A Freezer je veux dire.
- Et toi ?
Paragus hésita, à la recherche de mots. Elle répondit à son silence :
- Tu as une confiance aveugle en ton roi, mais pas en moi. Au moins tu n'es pas complètement stupide.
D'un simple geste de la main, elle le congédia.
