Note: Cette fic a déjà été publiée sur d'autres sites et malheureusement pour FFNet j'ai du enlever les scènes de sexe. Faites-moi signe si vous désirez avoir la version complète. (Pacte aussi a été publiée ailleurs mais n'a pas "encore" de scènes hot)
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Une superbe journée s'annonçait.
Le soleil, bien que fort pâle étant donné la saison, brillait pourtant de tous ses feux et ses rayons se reflétaient sur le manteau de neige qui recouvrait les terres entourant le château d'Hogwarts.
Il était presque midi et les élèves n'allaient sûrement pas tarder à sortir des classes pour se restaurer pour la plupart, retravailler leurs cours pour certains ou tout simplement profiter de la neige pour le reste.
Harry retint un sourire. Combien de fois s'était-il jeté dans la neige avec d'autres élèves, sous les yeux réprobateurs mais envieux d'Hermione qui mourait d'envie de se joindre à eux ?
Cela faisait maintenant une dizaine d'années que Lord Voldemort avait été vaincu par ses soins et que la guerre avait pris fin. Dix ans qu'il n'avait pu revoir cette école où il avait vécu les meilleurs souvenirs de sa courte vie. Il savait que son ancienne professeur de Métamorphoses avait repris les poste de feu Dumbledore, mais il ignorait qui occupait les différents postes du corps enseignant, sauf peut être Severus Snape qui occupait toujours son poste en Potions.
Et c'était précisément pour cela qu'Harry Potter était là.
Il avança vers l'entrée, apercevant enfin les premiers élèves qui osaient braver le froid et risquer d'attraper la mort juste pour le plaisir de jouer quelques minutes dans la poudreuse.
Le jeune homme leur sourit se sentant bêtement heureux un bref instant rien qu'à les voir jouer avec insouciance.
Cela faisait si longtemps que lui n'avait pu profiter de plaisirs simples comme celui-ci. Son travail lui prenant bien trop de son temps, empiétant sur sa vie privée.
Sur ma vie entière oui.
Un bref soupir s'échappa de ses lèvres. La vie prenait parfois des tournures étranges. Après le calvaire qu'avait été sa dernière année, juste avant son combat final avec Voldemort, il s'était promis de prendre un peu de recul par rapport au monde sorcier aussi avait-il décidé de rester du côté moldu pendant un certain temps, sans vraiment chercher à se cacher parce qu'il ne voulait pas non plus rester terré chez lui à craindre que quelqu'un le reconnaisse. Bien entendu il n'était pas resté en Angleterre et avait décidé d'aller voir si en France l'herbe était plus verte et surtout s'il pouvait avoir la tranquillité dont il rêvait depuis la fin de la guerre.
Ce fut, bien entendu, peine perdue. À peine le pied posé sur le tarmac (il avait poussé le vice jusqu'à prendre un mode de transport que les moldus raffolaient d'utiliser et il se demandait encore pourquoi.) qu'une nuée de journalistes s'était agglutinée autour de lui et lui avaient posé une foultitude de questions.
Résultat, il n'avait fait que passer une très courte période dans un pays qu'il avait rêvé visiter.
Amer et déçu, il s'était ensuite décidé pour l'Europe centrale, quasiment sûr que là-bas au moins il serait tranquille, sans personne pour le déranger.
Encore une fois il se trompait et la même mésaventure lui arriva aux Amériques, en Afrique en Asie et en Océanie.
Et Merlin seul savait le nombre de pays qu'il avait du traverser en coup de vent !
À croire que le monde magique dans son ensemble s'était ligué contre lui pour lui rappeler son statut de héros du monde sorcier.
Encore un peu et ils lui décerneraient sûrement ce que les moldus appelaient un prix Nobel de la paix !
Épuisé par tant « d'attentions », il était retourné se réfugier à Grimmauld Place, endroit qui lui fournissait indéniablement la paix qui lui faisait défaut, car non repérable par les importuns.
Seulement... La bâtisse lui rappelait bien trop de souvenirs, ravivant la cruelle absence de son parrain et la culpabilité qu'il éprouvait à chaque fois qu'il pensait à ce désastre.
Bien sûr Ron lui avait bien des fois proposé de venir habiter avec toute sa famille au Terrier, il y aurait été accueilli comme un membre de la famille. Mais Harry s'y était toujours refusé, bien qu'il adorât les Weasley, il se sentait toujours indéniablement de trop lorsqu'il était avec eux. C'était un sentiment dont il n'avait jamais complètement réussi à se défaire et pourtant il avait essayé. Mais c'était toujours plus fort que lui. Depuis la fin de la guerre il se sentait comme à côté de tout et le fait de ne pouvoir fuir comme il le désirait ce monde où il se sentait de moins en moins à sa place ne l'aidait en aucun cas.
C'était un dilemme épuisant.
Ce fut Hermione qui lui avait apporté un semblant de solution.
Après une énième visite, agacée de le voir se morfondre, écœurée par le ministère pour lequel elle travaillait et qui malgré ses nombreuses demandes et malgré ce qu'il devait à Harry, faisait le sourd et l'aveugle devant le désarroi de son héros national.
« - Viens travailler au ministère Harry ! », lui avait-elle lancé, le regard décidé.
Un peu abasourdi par son idée alors qu'elle savait à quel point il méprisait le ministre pour sa veulerie, il lui avait demandé de développer.
« - Réfléchis, tu es l'un des plus grands sorciers de ce monde, si tu arrives à leur faire croire que tu veux bien être à leur botte, tu pourras négocier tout ce que tu veux… »
Le voyant réticent, elle avait ajouté :
« - Certes, c'est assez dangereux, mais Harry… te rends-tu compte que cela fait plus de cinq ans que tu es enfermé dans cette maison ? Tu te vois rester ici à vie ? Et ne crois pas qu'ils finiront par se lasser, ce sont des vautours, ils veulent que chaque miette de ta vie soit à la une de leurs journaux, jusqu'à ce qu'ils te brisent… Et tu tiens tant que ça à rester cloîtré ici ? Entre ces murs sombres que tu détestes ? Tu veux finir comme…
« - Tais- toi ! », l'avait-il coupé avec véhémence, « Tais-toi… »
Il savait qu'elle parlait de la triste fin de son parrain, qui n'avait plus eu toute sa tête avant de disparaître parce qu'il avait été obligé de rester enfermé dans cette vieille demeure emplie de souvenirs dont il n'avait jamais souhaité avoir à se rappeler.
C'était toujours douloureux pour Harry de parler de Sirius et il savait qu'il ne s'en remettrait probablement jamais.
La main d'Hermione sur son épaule l'avait ramené au présent.
« - Je suis désolée Harry… Je ne voulais pas… »
Il avait secoué la tête, lui souriant faiblement :
«- Ça va… Je vais y réfléchir Hermione… Vraiment. »
« - Bien. N'hésite pas à me faire savoir quelle sera ta décision. »
Elle l'avait ensuite pris dans ses bras et avait déposé un baiser sur son front avant de sortir de la maison, lui faisant encore promettre de réfléchir à son idée.
Une fois seul, il s'était assis sur l'une des marches de l'escalier menant aux chambres et avait longuement réfléchi à ce que lui avait dit son amie.
C'était un jeu dangereux auquel jouer… Il savait qu'il n'était pas vraiment taillé pour lutter contre des politiciens aussi incapables et pompeux étaient-ils.
Il avait passé une main lasse sur son visage et s'était mis à contempler l'endroit où il se trouvait.
Les murs étaient ternes, tristes à en pleurer. Il y faisait froid, peu importait la saison et il traînait dans l'air un sentiment diffus et désagréable. Un léger malaise.
S'il en avait eu le courage, il y aurait eu longtemps que Grimmauld Place aurait changé d'allure, mais paradoxalement c'était ainsi que la demeure lui rappelait le plus son parrain, comme si son essence même en imprégnait les murs.
Mais ça ne pouvait plus durer, il ne pouvait pas rester caché ici éternellement à éviter les journalistes, dans ce lieu si lugubre et pourtant tellement sécurisant !
Il s'était alors levé, sa décision prise.
Dans une semaine il irait au ministère et imposerait ses conditions.
En espérant qu'il ne se ridiculiserait pas trop.
Et il ne s'en était plutôt pas mal tiré.
Harry rajusta ses lunettes sur son nez et eut un sourire ironique en repensant à son entretien avec le ministre de la magie.
Il n'avait presque pas dormi de la nuit tant ce qu'il s'apprêtait à faire était risqué et il se demandait si tout son dessein n'était finalement pas trop approximatif.
Il y avait quelques semaines qu'il avait accepté l'idée d'Hermione et avait demandé à cette dernière de lui fixer également un rendez-vous afin d'écourter au maximum sa visite au Ministère de la Magie.
Même s'il ne se sentait toujours pas de taille, sa décision était prise et il ne changerait pas d'avis.
C'était bien trop important.
Bien entendu il avait tout de même envoyé un hibou afin de confirmer au ministre sa venue et pour que ce dernier puisse également faire en sorte que ceci passe inaperçu aux yeux des journalistes.
À présent, il se trouvait devant la porte du ministre et il sentait dans son dos le regard pesant de son secrétaire.
Il se redressa, respira un bon coup et frappa à la porte qui s'ouvrit.
À peine fut-il entré dans l'office du dirigeant qu'il eut une puissante et désagréable impression d'être tombé dans la gueule du loup.
L'homme l'attendait, assis derrière son bureau, ne se levant même pas pour le saluer et ne cherchant même pas à cacher l'air goguenard qu'arborait son visage. Il avait simplement fait signe à Harry de prendre place sur le siège face à lui, puis s'était légèrement penché, les mains croisés sous son menton.
« - Mr Potter, que me vaut l'honneur de cette visite ? »
Le ton était un peu trop moqueur et condescendant pour être honnête et le jeune homme prit enfin conscience de l'ampleur du mépris, voire de la haine que lui portait cet homme dont il avait plusieurs fois sauvé le poste sans le vouloir.
La certitude que c'était lui qui ordonnait aux journalistes de faire de sa vie un enfer le traversa.
Harry se redressa sur sa chaise.
Si c'était ainsi, il allait mettre de côté ses réticences et montrer que dans certaines occasions, il pouvait également se montrer retors afin d'obtenir ce qu'il voulait.
La Guerre lui avait au moins appris cela.
Un sourire d'une hypocrisie visible fleurit sur ses lèvres.
Si c'était le seul moyen d'avoir la paix…
« - Je suis venu vous voir afin de… Afin de vous proposer mes services. »
Un éclat passa dans les yeux du ministre et Harry sut qu'il l'avait ferré. Le reste ne serait que détails.
L'homme en face de lui le scruta un moment, se rencognant dans son siège d'un luxe déplacé, savourant ce qu'il pensait être sa plus grande victoire politique.
Harry Potter, le célèbre pourfendeur de mage noir allait travailler pour lui. Avec cela, il était sûr d'être réélu sans aucuns problèmes il pouvait même se permettre d'espérer un troisième mandat. Après tout personne n'avait posé de limites quand aux nombres qu'un même ministre pouvait briguer et il…
« - Monsieur ? »
Il revint sur terre. Décidément ce jeune blanc-bec avait le don de lui gâcher tous ses moments de plaisir. Mais cela allait changer, il allait lui donner un poste sans trop d'importance, avec un titre pompeux, un travail où il aurait juste à se montrer lors de réunions internationales. Et si le jeune « héros » désirait plus d'actions, et bien ! Il se ferait un plaisir de le faire entrer chez les Aurors… Et tant mieux si au détour d'une mission, il ne rentrait pas sain et sauf. On lui ferait des funérailles dignes d'un roi.
Son petit plan avait parfaitement fonctionné, il avait certes utilisé des moyens illégaux, enfin détournés – il préférait largement ce terme – afin de suivre à la trace le jeune homme lors de ces déplacements hors de l'Angleterre. Mais le résultat était là.
S'il avait pu, il se serait lui-même mis de grandes claques dans le dos.
« -… pour que vous puissiez signer ici. »
« - Pardon ? »
Il n'avait pas écouté un traitre mot de ce qu'avait pu dire le jeune homme.
« - Une signature sur ? »
Harry avait souri intérieurement.
« - Vous proposez bien à vos employés des contrats lorsque vous les embauchez n'est-ce pas ? Je vous disais que nous n'avions qu'à abréger et signer de suite… »
C'est qu'il était pressé en plus !
« - Bien, laissez-moi juste demander à ma secrétaire de nous apporter un ex… »
« - Ne vous inquiétez pas. Voici le contrat. »
« - Seriez-vous si pressé de travailler pour moi ? »
« - Il y avait des clauses que je désirais ajouter. »
« - Des clauses ? Et de quels genres ? »
« - Et bien je souhaiterais tout d'abord que l'on me garantisse ma tranquillité. Je suis fatigué par tous ces journalistes qui me poursuivent sans relâche, je vous avouerais que cela me pèse. »
Harry s'était penché vers le ministre comme s'il lui confiait un secret.
Un faux sourire de connivence était né sur les lèvres de ce dernier et il n'avait même pas pris la peine de relire le contrat se bornant à survoler le dernier passage et avait fait apparaître sa plume afin de signer le traité qui lierait l'un des plus grands sorciers de cette décennie à l'administration anglaise. Et ce, à vie.
Il en salivait presque tellement l'avenir lui semblait radieux.
Harry avait observé l'homme en face de lui en retenant son souffle. Il n'était absolument pas sûr que son idée fonctionne, mais avait fini par se rassurer face à l'air de triomphe avide qui déformait les traits de son vis-à-vis. L'homme était tellement sûr de lui, tellement impatient de l'avoir sous sa coupe qu'il ne s'était même pas rendu compte que le contrat avait été modifié magiquement. Il lui laissait une totale liberté, une tranquillité absolue et l'assurance de travailler là où bon lui semblerait.
Il avait dû, pour se faire, briser le sort qui protégeait tout contrat émanant du ministère magique et il s'était même attendu à ce que cela soit impossible mais il avait eu la surprise de voir que le sort de protection magique pouvait fort facilement être défait par un élève de seconde année à Hogwarts.
Et la communauté magique anglaise dépendait d'un tel ministère ?
Heureusement qu'Harry n'était ni cupide ni paresseux, mais il savait exactement dans quelle branche il désirait travailler.
Lorsqu'il avait signé à son tour et donné le parchemin au ministre afin que celui-ci l'inscrive aux Archives magiques, le jeune homme s'était levé, décidé à régler quelques affaires urgentes et à se préparer pour sa première journée en tant que membre d'une administration qu'il n'estimait que très peu.
Le ministre l'avait regardé faire.
« - Et bien Mr Potter, cela fut un réel plaisir d'avoir eu cet entretien avec vous, j'espère que notre collaboration sera fructueuse. »
« - Je l'espère également Mr le ministre. »
« - D'ailleurs, je vous attend dès demain matin 7h, ici même. Nous recevons une délégation de sorciers d'Amérique du Nord et je pense qu'ils apprécieront de faire votre connaissance. »
Harry qui était déjà à la porte s'était alors lentement retourné pour fixer l'homme couard et sans scrupules qu'était le ministre de la magie.
Il ne perdait décidément pas de temps.
Un soupir las avait discrètement passé ses lèvres. Ce genre de joutes ne lui plaisaient absolument pas et même s'il savait qu'il n'avait fait que protéger ses arrières face à un adversaire qui avait sûrement employé des moyens déloyaux pour le faire tomber dans ses rets, il ne pouvait empêcher une partie de son esprit de crier à l'imposture.
Aussi se contenta-t-il de répondre poliment :
« - Non. Je ne le pense pas. Je serai effectivement présent pour prendre possession de mon poste mais pas pour vous servir de faire-valoir auprès des autres nations sorcières. Et je vous conseille vivement de lire vos contrats dans leur ensemble et de renforcer la qualité des protections magiques. Sur ce, Mr le Ministre, si vous voulez bien m'excuser… »
Et sans avoir attendu une quelconque réponse de son interlocuteur, il était sorti du bureau.
Il avait su par la suite que le ministre s'était rué aux Archives puis était retourné dans son bureau qu'il avait saccagé dans un violent accès de colère, sûrement furieux de s'être laissé avoir par un gamin de 24 ans qui ne connaissait absolument rien aux rouages de la politique et de l'administration.
Harry en avait ri à s'en taper les genoux.
Et ce fut ainsi qu'avait débuté sa vie en tant que membre permanent du Ministère de la Magie.
C'était il y avait tout juste trois ans.
Son boulot l'intéressait vraiment – et pour cause ! – et bien que le Ministre tentait dès qu'il le pouvait de lui mettre des bâtons dans les roues où de le pousser à bout il ne lâchait pas prise.
Surtout dernièrement, alors qu'il approchait du but qu'il s'était fixé.
Ce projet insensé dont il n'avait parlé à personne parce qu'il ne pouvait et ne voulait pas.
Et c'était d'autant plus rageant parce qu'à cause d'un léger contretemps qui l'empêchait de correctement se concentrer, il devrait peut être encore attendre des mois voire des années avant de pouvoir mener son projet à terme. Et il ne pouvait se permettre de repousser à si loin l'échéance.
Il s'arrêta devant la statue de griffon cachant les escaliers.
« - Feral Cats »
Harry sursauta et se retourna vivement en entendant la voix prononcer le mot de passe. Pendant que la statue tournait lentement sur elle-même et dévoilait les escaliers menant au bureau directorial, ses yeux accrochèrent un regard qu'il n'aurait jamais pensé retrouver un jour.
Ce regard perçant aux reflets sombres d'un lac aux eaux grises d'hiver. Ce regard qui, selon l'humeur de son propriétaire pouvait passer des plus chaudes modulations du gris à ses teintes les plus glaciales.
Ce regard qui lui avait si souvent fait perdre la tête.
Celui de Draco Malfoy.
Harry resta figé quelques instants, fixant l'ancien slytherin qu'il n'avait pas vu depuis… depuis… depuis le jour où il avait souhaité ne jamais l'avoir connu.
Il aurait du savoir – depuis le temps – qu'il n'avait jamais été béni par une bonne étoile.
Il se permit quand même de détailler l'homme en face de lui et dû convenir que les années donnait au physique de Malfoy une facture des plus intéressante.
Un flot d'images venues de ses plus profonds souvenirs passèrent devant ses yeux et il sentit sa gorge devenir sèche, ses mains moites. Ses jambes se mirent à flageoler et il sentit des papillons danser dans son ventre.
Des papillons ?!
Foutus papillons !
Il allait se sentir mal, il le savait les émotions qui le traversaient et les réactions de son corps sublimées par le sort qu'il s'était lui-même lancé étaient en train de le submerger. Il sentait son sang bouillir dans ses veines alors que la colère se disputait au désir.
Le monde se mit petit à petit à perdre ses couleurs et les sons lui semblèrent de plus en plus lointains.
Alors qu'il tournait de l'œil, s'affaissant lentement sur lui-même, il pensa avec amertume que même sa fierté s'était faite la malle sans demander son reste.
ooo
Lorsqu'il se réveilla, la nuit tombait sur Hogwarts.
Il fixa pendant un moment le plafond mille fois vu de l'infirmerie de l'école.
Il soupira de lassitude.
Avec lenteur, il souleva les draps et posa les pieds au sol. Précautionneusement, il se leva et grimaça de douleur à la sensation de son corps raide. A trop lutter contre soi-même, ça en laissait des traces. Un pli de contrariété tordit ses lèvres. Si Dra… Malfoy était dans les parages cela allait sûrement compliquer la donne et il n'avait pas besoin de ça en ce moment.
C'était déjà bien trop agaçant comme ça.
Il avisa un miroir non loin du lit et alla se poster devant, ce faisant, il détailla ses mains et se fit la remarque que les volutes noires sur ses doigts s'étaient quand même sacrément éclaircies voire avaient pratiquement disparues.
Il se rappela soudainement que cela faisait plus d'un mois qu'il s'était lancé le sort. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux.
Mais quel crétin il pouvait être parfois !
Bon. Il fallait admettre qu'il n'avait pas du dormir plus de trois heures par nuit ces dernières semaines et que de toutes façons au vu de sa vie sociale quasiment nulle, il ne lançait le sort que lorsqu'il sentait les « crises » devenir trop… intenses.
Il comprenait mieux pourquoi ses nerfs avaient si mal encaissé le choc à la vue du slytherin.
Il frissonna involontairement.
Non. Ne pas penser à ça maintenant.
C'était il y a dix ans.
Il se mit à psalmodier dans une langue connue de lui seul à présent et une lumière bleuâtre l'entoura, s'intégrant peu à peu dans son corps. Lorsqu'il n'y eut plus rien, il dut s'appuyer un instant contre le mur. C'était un sortilège qui puisait assez profondément dans ses ressources magiques mais il savait qu'ainsi il serait tranquille pour le peu de temps qu'il allait passer ici.
Il vérifia l'heure sur l'immense pendule au dessus de l'entrée et fut rassuré : il était à peine dix-huit heures, il avait encore le temps d'aller voir Minerva et de discuter avec elle de sa présence.
Un peu titubant, il retourna donc pour la seconde fois dans le bureau de la directrice, vérifiant en chemin qu'il n'allait pas retomber nez à nez avec l'héritier Malfoy et fut soulager de constater que non.
Ce fut donc tout guilleret qu'il monta dans le bureau. Il revit avec un peu d'émotion tous les objets laissés par feu Dumbledore. Rien n'avait été déplacé. Minerva ne désirant pas changer quoi que ce soit par respect et amitié pour le défunt.
« - Que de souvenirs tout ceci nous rappelle n'est-ce pas ? »
Elle était debout, non loin de lui, l'observant par-dessus ses lunettes, le regard sévère mais un sourire attendri sur les lèvres.
« - Professeur… »
Harry la prit dans ses bras, heureux de la revoir toujours aussi bien portante. Elle semblait même avoir rajeuni. Les soucis de la guerre n'occupant plus ses pensées.
« - Comment allez-vous professeur ? »
Elle se recula un peu afin de l'observer, l'œil critique.
« - Je dirais mieux que vous jeune homme. Grands Dieux Harry quand avez-vous eu une nuit et un repas décents pour la dernière fois ? »
Sans attendre sa réponse, elle le fit asseoir à son bureau et tapa dans ses mains. Aussitôt une multitude de plats aux fumets plus délicieux les uns que les autres apparurent.
Le jeune homme se gratta la nuque, gêné.
« - Vous savez, j'aurais pu attendre de dîner dans la Grande Salle… »
« - À votre teint et vu le tremblement de vos jambes, je suis sûre que vous nous auriez fait une crise d'hypoglycémie bien avant. Allez ! Ne vous faites pas prier ! Vous êtes blanc comme un cachet. »
Il lui sourit avec reconnaissance. Elle n'avait pas tort et il en profita pour se régaler.
Lorsqu'il eut finit et que ses restes disparurent, elle s'assit en face de lui et prit un air plus sérieux.
« - Bien. À présent, je souhaiterais savoir ce qui vous amène ici et quelle a été la raison de votre malaise ce midi qui vous a fait dormir jusqu'à une heure aussi avancée. »
Harry déglutit, un peu mal à l'aise.
Il savait qu'il pouvait avoir une confiance totale en la femme assise face à lui, mais il ne pouvait tout lui dire. Aussi devait-il faire attention à ce qui allait sortir de sa bouche afin qu'elle n'ait aucun soupçon. Ce qui allait se révéler extrêmement difficile parce qu'il n'était absolument pas un fieffé menteur et qu'il détestait devoir le faire avec des gens qu'il adorait.
« - Je pense que vous devriez prévenir de votre absence à votre dîner de ce soir dans ce cas Minerva… »
Cette dernière sursauta. Si le jeune homme utilisait ainsi son prénom c'était qu'il souhaitait parler d'égal à égal et que cela était assez grave. Elle acquiesça donc et envoya une note.
