Disclaimer : Les personnages appartiennent à Square Enix, ainsi que les lieux mais la chanson est "Un peu de silence" de Calogero.

Auteur: Osi-chan

Une série de 3 petits one sur KH, situé entre le 1 et le 2 (et dépassant un peu sur le 2 parfois). Enjoy !

Tout ce vacarme
taché de larmes
Jusqu'au bout désarme

Il marche. Il marche sans arrêt, sans pause, il marche. Il marche au milieu des ténèbres, il marche sans se retourner.

« A quoi bon se retourner si il n'y a que le noir tout autour ? »

Alors il marche, tout en se bouchant les oreilles pour empêcher ce bourdonnement incessant de le rendre un peu plus fou, un peu plus déséquilibré. Pour empêcher ce bourdonnement de faire couler les larmes qu'il s'épuise à cacher et retenir.

Sa voix se perd dans le noir total qui l'entoure et résonne jusque dans des endroits reculés :

« Y a-t-il quelqu'un ? »

Il n'entends que l'écho de sa voix, et continu sa marche.

Tout n'est pas dit
A peine décrit
Tiré de l'oubli

Il ne pense plus depuis longtemps. Depuis qu'il est enfermé ici, il marche. Il n'a pas mangé depuis si longtemps qu'il en oubli le goût, l'odeur de la nourriture, il en oublie que c'est vital.

Ici, il oublie. Il oublie son passé, ses amis, ses folies, il oublie tout. Il a oublié depuis longtemps comment rire, à quoi ressemble le soleil, quelles sensations apportent la pluie…

Et encore, ce que je décris de son histoire n'en est même pas un quart…

Le temps de dire
Le temps de taire
Le temps de faire juste reconnaissance
Le temps d'entendre
Juste un peu de silence

Il est seul. Comme toujours. Mais malgrès cela, malgrès sa mémoire qui flanche, ses souvenirs qui le quitte, son esprit qui s'échappe, il n'oublie pas l'espoir.

Il ne désespére pas de revoir le soleil, de rire à nouveau, de retourner là-bas

Là-bas… Sur leur île…

Alors, pour ne pas oublier ceci, il parle. Il parle au silence qui lui répond avec un grand silence, toujours aussi persistant et froid à chaque phrases, chaque questions.

Rien d'important
Que l'essentiel
Une mesure absente

Il lui arrive rarement de lever la tête, et de chercher à sentir des odeurs, quelles qu'elles soient. Que ce soit l'odeur âcre de la mort, l'odeur repoussante du sang, il cherche à sentir.

Pour être sûr de ne pas avoir perdu tout ses sens. Pour être sûr de pouvoir, un jour, respirer l'odeur de la mer à plein poumon.

Il sait déjà qu'il n'a pas perdu le toucher, puisqu'il peut encore sentir ses doigts gratter sa peau.

Il sait déjà qu'il n'a pas perdu le goût, puisqu'il sent le goût du sang dans sa bouche, lorsqu'il se mord la langue pour se punir d'avoir dit du mal de leur île.

Il sait déjà qu'il n'a pas perdu l'ouïe, puisqu'il s'entend encore parler au silence, ou encore entendre le bruit de ses pas sur le vide…

Mais il sait déjà que les ténèbres ont consumés ses yeux, puisqu'il ne voit pas ses doigts tachés de sang et sa peau cadavérique.

Un rien laissé
A la portée
D'une vie impuissante

Parfois, il cherchait si une quelconque personne avait laissé quelque chose sur sa route. Une bride de parole, une pensée… Un rien lui aurait suffit.

Un rien lui aurait fait penser que quelqu'un avait pensé à lui en déposant ceci, et lui faisait reprendre sa marche, plein d'espoir.

Mais personne ne marche dans les ténèbres, et ça, il l'avait compris depuis longtemps. Il ne pouvait plus rien faire, à part marcher, et espérer.

Qu'est-ce qu'il se sentait impuissant…

Le temps d'écrire
Le temps d'entendre
Le temps de faire juste reconnaissance
Le temps d'entendre
Juste un peu de silence

Parfois, il essayait de ses doigts tremblant d'écrire quelque chose. Ecrire sur le sol un mot, une phrase, écrire dans les air sa pensée, ses envies, mais malheureusement, le vide n'est pas un support.

Alors il gravait tout ça dans sa tête, avec l'espoir de pouvoir leur dire.

Ou alors, il les offrait au silence. Il lui disait ce qu'il voulait, il lui offrait des phrases au silence. Juste pour sentir que quelque chose pouvait lui être reconnaissante.

Et il écoutait le silence lui dire « merci ».

Le visage plongé à Terre
Clore un instant ses paupières
Pour chercher ce qui nous éclaire

Il lui arrivait souvent de trébucher, et de s'écraser sur le sol, face contre terre. Le plus souvent, il tremblait, retenant l'eau qui voulait s'écouler le plus fort possible, et fermait les yeux.

Il revoyait leurs sourires et leurs yeux rieurs, et rouvrait ses yeux brumeux pour se relever en titubant et reprendre sa route.

Heureux et plein d'espoir.

Pendant ce temps
Le temps s'enterre
Le temps de faire juste reconnaissance
Le temps d'entendre
Juste un peu ...
Juste un peu de silence

Le temps ne s'écoule pas dans les ténèbres.

Alors il essayait, parfois, de savoir depuis combien de temps il marchait ici. Depuis des années, sûrement. Mais malgré cela, il n'oubliait pas.

Riku n'oubliait pas Sora, Kairi et leur île.