Note de l'auteur : J'ai décidé de réaliser le souhait de nombreux fans de SF sur tumblr (Fans je vous ai entendu :)), voici donc mon adaptation de Casse-Noisette. C'est mon premier conte de Noël adapté avec le SF. Beaucoup de personnages d'OUAT feront leur apparition, pour la joie de tous. Je remercie ma bêta fan de SF et espère que ce récit vous enchantera autant que j'ai pris du plaisir à le réaliser. Bonne lecture à vous!


CASSE-NOISETTE

PROLOGUE :

À la grande demeure blanche des Stahlbaum, Londres

Veille de Noël, 1845

Il était 20h. Blanche et David Stahlbaum accueillaient leurs invités au grand hall d'entrée à l'occasion d'une fête de charité organisée dans le but de récolter des fonds au profit de l'orphelinat de Londres. Blanche, jeune femme aux cheveux courts à la profonde couleur ébène, vêtue d'une robe en cloche ivoire était bénévole dans cet endroit et son mari blond aux yeux bleus perçants travaillait à l'hôpital royal de Londres en tant que médecin. Le couple monta ce projet en cette période de l'année en espérant que leurs amis, connaissances et collègues seront sensibles à la situation de ces enfants. Mais cette soirée était également préparée pour célébrer Noël avec la famille et les amis. Blanche salua les confrères de son mari qui après des révérences et des politesses se dirigèrent vers la grande salle juste à côté du grand hall où trônait un grand buffet. Elle étreignit de sa main gantée de rouge le bras de David et vint à sourire tendrement.

« - C'est merveilleux ! Une grande partie de nos invités sont déjà présents. Oh, David cela me fait si chaud au cœur. Tous les orphelins auront des cadeaux demain et avec le reste des donations, cela pourra suffire à améliorer leur quotidien à l'orphelinat, annonça Blanche à son époux.

-Avec 60 invités, espérons ! déclara son mari tout en lissant sa veste de costume noir.

-La plupart ont bon cœur, mon chéri ! Je suis sûre que leur participation sera généreuse.

-Comme tu l'as dit Blanche, la plupart. Certains sont aussi avares et ont besoin de compter leur argent. Surtout quand c'est une donation, soupira David, préoccupé.

-Ne soyons pas pessimistes. Je pense que la chance va tourner pour ces enfants, particulièrement en ce 24 décembre.

-Si c'est le cas et si tout se passe à merveille, nous réitérons l'année prochaine.

-Oui », approuva-t-elle, radieuse.

Au même moment apparut un couple tenant chacun d'une main un petit garçon. Ce dernier était brun et portait un ensemble vert foncé-marron. Il avait entre quatre à cinq ans. La jeune femme qui tenait la main de cet enfant avait les cheveux à hauteur des épaules et ils étaient de couleur jais. Elle portait une robe en dentelle grise et blanche. Quant à l'homme, qui l'accompagnait, il était châtain clair. Celui-ci portait une barbe naissante et un ensemble gris-blanc qui vont de pair avec sa compagne. En les voyant, Blanche eut un grand sourire.

« -Regina ! Robin ! Je suis tellement ravie que vous soyez là ! » s'enquit-elle en les embrassant chaleureusement.

Devant tant de joie et d'effusion de la part de l'hôtesse, le couple lâcha leur prise sur l'enfant et Robin ne put s'empêcher de rire.

« -Il faut que tu tiennes ta femme, Stahlbaum ! lâcha Regina avec un sourire amusé.

« - Tu aimerais bien, mais ce ne serait pas aussi amusant ! rétorqua David gentiment, connaissant le cœur d'or derrière cette réserve quelque peu sérieuse dont faisait preuve Regina.

-Ta répartie m'avait bien manqué mon cher David.

-Le tien aussi.

-Vous avez fini ? Nous n'avons même pas pu en placer une, Robin et moi », exprima Blanche quelque peu exaspérée.

Regina et David rirent de concert.

« -Merci d'être venu, déclara David en serra la main de l'homme barbu.

-C'est un plaisir, répondit Robin, l'œil brillant de malice.

-Vous avez fait bon voyage ? demanda l'hôtesse avec douceur et attention envers ses deux amis.

-Oui ! s'écria le petit garçon, attentif à l'échange des adultes.

-Alors c'est formidable, mon petit Roland ! Dis-moi… Depuis la dernière fois que nous nous sommes vus, n'aurais-tu pas un peu grandi ?

-Si, il en est tout fier ! affirma Robin, le papa avec un sourire réjoui.

-Deux millimètres ! Regina m'a mesurée et j'ai grandi comme ça ! expliqua l'enfant en montrant la taille avec son pouce et son index.

-Whaou, incroyable ! Dans quelles années, tu dépasseras ton papa ! enchérit David.

-Nous n'y sommes pas encore. Je veux qu'il reste encore un petit garçon, marmonna le père en question.

-Il sera toujours ton petit garçon quelque soit l'âge, mon amour », rassura Regina.

Attendri par ces propos, il lui prit la main et la caressa de son pouce. Blanche et David les observèrent. Dire qu'il y a deux ans, ce genre de situation était impensable. Robin avait perdu sa première femme Marianne, la maman de Roland, en le mettant au monde. Elle n'avait pas survécu à l'accouchement. Quant à Regina, son amour de jeunesse et fiancé, Daniel, s'était tué dans un tragique accident de cheval. Ils étaient tous les deux inconsolables. Blanche avait été aux côtés de Regina, une lointaine cousine, mais celle-ci l'avait repoussée plusieurs fois. L'épouse de David avait fini par abandonner avec regret. Regina tout comme Robin avaient fermé leur cœur et s'étaient habitués à la solitude. Mais le destin avait pointé le bout de son nez et semblait en avoir décidé autrement pour ces deux âmes perdues. À présent, ils étaient heureux et Robin avait officialisé son engagement avec Regina en demandant sa main au père Mills. Ce dernier accepta avec joie et ce fut un grand soulagement pour le couple.

« -Le personnel a bien pris vos manteaux ? s'enquit David en hôte qui se respecte.

-Oui, c'est un personnel très efficace comme toujours. Heureusement vu le vent et la neige, nous sommes bien heureux d'être arrivés à temps pour éviter ce mauvais temps, assura Robin.

-Comment ça ? questionna Blanche.

-Vos portes et fenêtres doivent être tellement insonorisées que vous n'entendez pas la tempête qui fait rage dehors. Il neige et il y a également beaucoup de vents, les informa Regina.

-Voilà qui est fâcheux… Espérons que cela passe…, murmura l'hôte, soucieux.

-En attendant, je vous invite à rejoindre la grande salle pour être plus au chaud. Nous avons un grand buffet, des musiciens et une piste de danse à disposition. Profitez de cette soirée. Nous n'allons pas tarder à vous rejoindre, affirma Blanche tout en serrant ses mains contre sa poitrine.

-Si Roland se fatigue, avez-vous prévu un endroit pour qu'il se repose ? Enfin pour les enfants je veux dire, interrogea Regina en scrutant l'enfant à ses côtés.

- Oui, nous avons tout prévu, ne vous inquiétez pas. Johanna, notre gouvernante veillera sur les enfants dans le salon à côté, la tranquillisa la maîtresse de maison en indiquant la nurserie "occasionnelle" du menton.

-De toute manière, nous n'avons pas beaucoup de couples ayant des enfants. Je crois que nous en avons compté dix, en incluant nos propres enfants, Emma et Léo, exposa son mari.

- Dans le cas où Roland aurait besoin de calme, vous saurez où l'amener. Il sera entre de bonnes mains, soyez rassurés.

-Merci pour toutes ces attentions. Nous en prenons note, répondit Regina avec gravité.

-Bon… eh bien, nous y allons ? demanda Robin avec un sourire à son fils et sa fiancée.

-Oui ! » s'exclama Roland, tout content.

Regina hocha de la tête et suivit les deux hommes de sa vie.

« -À tout à l'heure ! lança David.

-Il y a intérêt ! » prévint Robin faussement sérieux avant de rire, d'ouvrir une porte et d'entrer dans la grande salle où la musique et les conversations se firent plus fort.

La porte se referma sur Regina. Blanche se colla alors à son mari, plaçant un bras en dessous du sien. Puis vingt minutes plus tard, les derniers retardataires rentrèrent dans la grande salle. Blanche lâcha un soupir de soulagement.

« -Maintenant, il faut que cette fête de Noël et de charité soit un vrai succès, souffla celle-ci.

-À deux, nous y arriverons, réconforta son époux avec tendresse.

-Tu ne crois pas que nous devrions aller voir Emma et Léo avant ?

-S'ils ont faim, ils savent où aller ma chérie. Et pour le moindre souci, Johanna est là. Tu sais qu'on peut compter sur elle.

-C'est vrai. J'ai eu de très bons moments avec elle déjà quand j'étais enfant.

-L'affaire est donc réglée. Ce n'est que le temps d'une soirée et ce n'est pas comme si nous n'allions pas les voir de leur soirée. Après tout, c'est aussi le réveillon de Noël. Actuellement, ils ont juste préféré s'enfermer dans le salon, c'est leur choix. Ils finiront par changer d'avis et venir nous rejoindre.

-Oui, tu as probablement raison.»

Sur cette capitulation, David emmena sa femme auprès des invités.


Dans le salon

Johanna se balançait dans un rocking-chair près de la cheminée et du sapin magnifiquement décoré, illuminant de mille feux le salon tout en tricotant paisiblement ce qui ressemblait à une écharpe. Pour l'instant, aucun enfant autre que Léo et Emma n'était présent dans cette pièce, mais ils ne tarderaient pas à arriver dans l'heure qui suit. Les règles avaient été strictement établies dès le départ. Dès que des enfants dormiraient dans le salon, il était interdit de faire du bruit. La gouvernante avait prévu de lire un conte ou de mettre un peu de musique pour amener les enfants fatigués à sommeiller tranquillement. Pour l'heure, ce n'était pas le cas. Léo, jeune garçon brun de 10 ans vêtu d'un ensemble marron jouait à la bataille avec sa collection personnelle de soldats de plomb. Il était installé sur le tabouret du piano et déplaçait ses petits bonhommes en mission sur le pupitre fermé. D'une imagination débordante, Léo faisait les voix et les bruitages qui vont avec. À l'autre bout du salon, sur un canapé, une jeune fille blonde de 17 ans était sagement assise. Elle avait les cheveux nattés et portait une robe d'un rose pâle adorable. L'adolescente lisait un roman de Dickens, intitulé « Un conte de Noël ». Emma l'avait eu en cadeau par son père dès sa parution. Elle l'avait donc déjà lu, mais aujourd'hui compte tenu de la date, elle pensait qu'il était approprié de le relire une nouvelle fois. Cela donnerait plus de foi en la magie de cet évènement. Tout comme son frère, elle rêvait d'aventures. Elle les vivait dans les livres et lui, avec ses jouets. C'était aussi simple que cela. Néanmoins, depuis quelques minutes, Léo commençait à s'emballer dans son histoire et à gêner Emma dans sa lecture et son irritation gagnait un peu plus en intensité au fil des minutes.

« -Léo ! Peux-tu baisser d'un ton s'il te plaît ? lui intima sa grande sœur

-Pourquoi ? » questionna ce dernier tout en continuant son tintamarre, d'un air occupé.

Emma soupira. Il y a des moments où son frère était agaçant et n'en faisait qu'à sa tête.

« -Tu me déconcentres. J'aimerai terminer tranquillement ma lecture, répondit l'adolescente de 17 ans.

-Mais tu l'as déjà lu plusieurs fois ton bouquin ! maugréa son petit frère, contrarié.

-Oui peut-être, mais ce livre est passionnant. Tu devrais le lire. C'est du fantastique. Non vraiment, tu peux parler, mais moins fort.

- Non, je ne me tairai pas. Tu n'es qu'une rabat-joie, Emma ! Tu sais qu'après des enfants vont dormir ici et je ne pourrais plus jouer du tout. Maman m'a dit que j'irai dans ma chambre que pour dormir et tu te doutes bien que ce n'est pas mon envie. En plus, Napoléon est actuellement dans une situation délicate avec ses soldats ! Il doit revoir sa stratégie vis-à-vis de ses ennemis. C'est très tendu en ce moment, assura Léo très sérieux tout en regardant ses figurines.

-Qu'est-ce qui ne faut pas entendre ! s'exclama Emma, dépassée par les évènements.

- Ma chère Emma, es-tu sûre de ne pas vouloir aller saluer les convives et profiter un peu de la fête ? Je suis sûre que ça te ferait du bien. Il va falloir un peu plus de temps à ton frère pour canaliser toute cette énergie avant de se calmer. Le buffet est déjà mis, profites-en pour aller te restaurer », suggéra la gouvernante tout en tricotant.

Emma eut un moment d'hésitation puis capitula en voyant son frère continuer bruyamment son jeu. Cela ne servait à rien d'insister. Elle ne voulait pas se faire passer pour la méchante dans l'histoire. Qui était-elle pour priver son frère d'amusement ?

« -D'accord, je vais y aller. Bonne soirée Johanna, céda-t-elle tout en posant son roman sur une petite table de chevet.

-A toi aussi, ma grande »

La jeune fille blonde se redressa alors prestement, lissa sa robe puis quitta le salon. Johanna scruta ensuite avec attention le jeune garçon qui était en plein cœur d'une guerre sans nom avec ses soldats de plomb.


Au bout d'une demi-heure, Léo finit par se lasser de ses jeux et aller à la grande salle pour festoyer avec ses parents, les invités et les autres enfants de tout âge. Il vit sa sœur aînée en pleine conversation avec de vieux endimanchés qui ne cessaient de lui faire des compliments. Il fit une légère grimace. Emma semblait plus à l'aise avec les adultes qu'avec les personnes de son âge, c'était assez curieux. Il finit par sortir de ses réflexions en se gavant de différents mets salés et sucrés. C'étaient les amuse-bouches du paradis ! Il continua à goûter à différentes saveurs jusqu'à ce que sa mère intervienne et le réprimande. Léo battit alors en retraite dans un coin et se cala contre un mur pour observer la salle dans l'ensemble. Il repéra alors quelques amis de son école et décida d'aller les saluer. Une heure et demie plus tard, quelques enfants déjà, y compris Roland, furent emmenés dans le salon pour y faire une sieste ou écouter une histoire. Pendant ce temps-là, quelques couples dansaient, discutaient ou déposaient une enveloppe dans une grande boite dédiée à l'orphelinat de Londres. Emma était à présent assise à côté du docteur Archie Hopper, un éminent psychiatre et ils parlaient de littérature. Blanche et David discutaient avec des amis de longue date. La soirée se déroulait bien et sans heurt. Puis vers 23h45, il eut un décompte de tous les participants. David révéla la somme totale offerte par les différents donateurs. Le montant était très élevé. Cette fête avait été une réussite. Le couple d'hôtes fit un discours de remerciement des plus chaleureux et les invités reçurent chacun un panier d'assortiment de chocolats. « Des joyeux Noëls » furent lancés un peu partout gaiement puis les convives décidèrent de rentrer au chaud chez eux. Ils saluèrent et félicitèrent les Stahlbaum pour cette belle soirée et les parents récupérèrent leurs enfants endormis au salon. Blanche, David et leurs enfants se postèrent dans le hall d'entrée juste à côté du salon en question, remerciant et souhaitant une bonne nuit aux invités. Quelques secondes après, Emma s'étira se sentant courbaturée et Léo bâilla s'ennuyant ferme. Dans cette agitation, un homme emmitouflé dans un manteau noir et couvert de la tête au pied jongla entre les passants à l'entrée de la demeure et fit son apparition. Il y avait de la neige partout sur lui et tenait un sac contre son épaule.

« -Ho ho ho ! Joyeux Noël, famille Stahlbaum! » lança une voix masculine bien familière.

Emma et Léo qui attendaient sagement depuis quelques minutes aux côtés de leurs parents reconnurent entre mille cette personne en face d'eux.

« -Oncle Drosselmeyer ! » s'écrièrent-ils avant de courir se réfugier dans les bras de l'homme grand et robuste.

Les deux enfants se collèrent à lui, très heureux de le voir. Cela faisait si longtemps…

« -Kristoff ? demanda David, surpris.

-Oui c'est moi. Bonsoir, mon ami, déclara ce dernier en enlevant son écharpe de sa bouche et son bonnet d'une main gantée.

-Les enfants, laissez-le respirer ! les pria Blanche d'une voix douce.

- Ça par exemple ! s'exclama le père d'Emma et Léo avant d'aller faire une accolade à son meilleur ami d'enfance.

-C'est une bonne surprise que tu nous fais là, Kristoff ! Tu es rentré de ta mission aujourd'hui ? s'enquit Mme Sthalbaum, intriguée.

-Je suis revenu depuis quelques jours, mais entre temps je suis allée chercher Elsa pour l'emmener à la maison passer le réveillon de Noël avec Anna, les enfants et moi. Nous avons même eu des invités-surprises enfin bref… l'heure n'est plus aux questions, mais aux cadeaux ! » dit-il en se grattant la tête.

Kristoff tourna celle-ci vers la porte d'entrée. Le dernier invité venait de partir. Les quelques domestiques de la maison s'appliquèrent alors à nettoyer et faire du rangement dans la maison. Johanna fit de même et sortit du salon avec de nombreux plaids sous le bras saluant brièvement au passage Mr Drosselmeyer. Le fameux oncle « adoptif » enleva ses gants qu'il rangea dans les poches de son manteau puis entra dans le salon bien chaud et douillet.

« -Il fait agréablement bon ici, dites-moi ! Ça fait du bien », lança Kristoff tout en examinant les décorations de Noël.

Puis il fit un signe de l'index aux deux adolescents.

«-Venez ici, jeunes gens ! » les appela-t-il avec un clin d'œil.

Léo et Emma sourirent puis s'approchèrent tranquillement de cet oncle voyageur.

« -Tu nous as rapporté un souvenir de tes voyages, oncle Drosselmeyer ? questionna le jeune garçon avec curiosité.

-En effet. Après avoir exploré l'Inde, la Russie et le Canada, j'y ai découvert de nombreux trésors », annonça Kristoff d'un air mystérieux.

Blanche et David les rejoignirent discrètement dans la pièce, observant la scène d'un air amusé.

« -Certains objets ont une histoire et sont uniques en leur genre », ajouta l'oncle avant de poser son grand sac par terre.

Il l'ouvrit avec précaution puis tendit un petit cadeau à Léo.

« -Je pense que ceci te plaira. J'ai pensé à toi en les voyant dans un magasin », répondit Kristoff.

Léo déchira le paquet tandis que l'adulte continua de distribuer les présents.

« -Il y en a même pour les parents ! s'enquit ce dernier tout en farfouillant dans le sac.

-Oh, il ne fallait pas Kristoff ! s'exclama Blanche, émue.

-Merci, camarade ! », lâcha le père de Léo et Emma, ravi de la surprise.

Blanche et David ouvrirent leurs cadeaux en compagnie de Léo alors qu'Emma se demandait si elle aurait droit également à un souvenir.

« -Et le meilleur pour la fin… À ma chère filleule… Chaque année c'est toujours difficile pour moi de te trouver quelque chose qui te corresponde à la perfection. Après tout, tu grandis de jour en jour et tu es à présent une ravissante demoiselle. Donc, qu'est-ce qui pourrait plaire à une jeune fille de 17 ans ? J'ai beaucoup réfléchi au cours de mon voyage, me demandant bien ce qui pourrait te plaire en dehors des livres, des robes et de la musique. Puis je suis tombé un jour sur une boutique d'antiquaire et… je crois que j'ai trouvé quelque chose de très intéressant, qui vaut le coup d'oeil. J'espère que ce modeste présent te fera plaisir, annonça son parrain avec un sourire tranquille tout en donnant le fameux présent d'Emma.

-Quelque soit le cadeau cher Parrain, j'en serais très heureuse. Vraiment. Merci », avoua-t-elle tout en prenant des mains de son oncle un petit paquet rectangulaire.

Léo poussa un cri de ravissement. Il avait en sa possession des figurines qu'il n'avait pas. Blanche reçut du parfum et David, des gants en cuir noir d'une excellente qualité. Ils le remercièrent chaleureusement.

« -Nous avons également vos cadeaux, mais nous ne les avons pas encore déposés au pied du sapin. Passeras-tu avec ta petite famille demain ? l'interrogea Blanche aimablement.

-Demain est une grosse journée qui nous attend avec les enfants, mais… le 26 décembre c'est possible, enfin si vous êtes là ? demanda Kristoff, tracassé.

-Nous ne bougeons que demain pour l'orphelinat. Nous avons récolté une très belle somme pour les enfants. Nous irons acheter des jouets pour eux et offrir le reste de l'argent au directeur, exposa David.

-Cela tombe très bien ! J'ai plein d'autres petits cadeaux emballés dans ce sac près à ravir beaucoup d'enfants. Je vous le remets !

-Oh, c'est merveilleux ! balbutia Mme Stahlbaum, touchée avant de serrer dans ses bras le bienfaiteur.

-Cela nous touche. Merci mon ami, répondit Mr Stahlbaum en serrant la main de son compagnon.

-Je vous en prie. Ce n'est pas grand-chose », rassura Oncle Drosselmeyer.

Au même moment, Emma découvrait le cadeau de son Parrain. Elle enleva le dessus de la boite, écarta le papier de soie blanc et scruta le cadeau avec intérêt. C'était un magnifique pantin de bois articulé, en uniforme de soldat rouge, jaune et bleu. Elle le sortit de sa boite et toucha délicatement le visage du bonhomme barbu. Le pantin était verni de la tête au pied et semblait très ancien.

« -C'est un Casse-noisette, ma chère Emma. En bougeant son bras gauche, la bouche du pantin s'ouvre et se referme, expliqua Kristoff à sa filleule.

-C'est un objet fort utile, Parrain. Inattendu, original, mais très utile, reconnut l'adolescente en observant son Casse-noisette avec un sourire.

-Il est surtout très laid, se moqua Léo en scrutant le Casse-Noisette, un soldat dans chaque main.

-Léo ! le rouspéta Emma, contrariée.

-Ce n'est pas gentil Léo, le réprimanda Blanche, mécontente.

-C'est là que tu te trompes, mon cher Léo. À l'extérieur peut-être bien, mais à l'intérieur bat le cœur d'un jeune prince. Il y a une mystérieuse histoire autour de ce Casse-Noisette, l'éclaira Kristoff avec un sourire énigmatique.

-Vraiment ? s'enquit Emma, intriguée par cette information.

-Alors si c'est un prince, c'est une fine lame ! Il commandera mon armée ! Napoléon est totalement perdu sur le front, il a besoin de renfort ! décréta Léo avant de prendre spontanément le Casse-Noisette d'une main.

-Hey ! répliqua Emma, furieuse, en empêchant son frère de le lui prendre.

-Allez, Emma ! Laisse-moi l'utiliser pour une bataille ! supplia Léo en continuant de tirer sur le bras du pantin.

-Non, c'est hors de question !

-Les enfants ! » gronda sévèrement David devant ce comportement inapproprié.

Au même moment, un crac se fit entendre. Léo avait dans sa main le bras gauche du Casse-Noisette alors que sa grande sœur tenait le reste. En constatant qu'il avait été trop loin, il baissa la tête honteusement.

« -Je suis désolé, Emma. Je l'ai cassé. Je ne voulais pas…, s'excusa-t-il.

-Tu es… Tu es… impossible ! s'écria celle-ci tristement, tout en récupérant le bras manquant et serrant son précieux cadeau contre sa poitrine.

-Léo, il est l'heure d'aller au lit. Dis « au revoir », décida Blanche doucement.

- Au revoir, mon oncle…, murmura Léo, attristé.

- Ce n'est pas grave, mon garçon. À bientôt ! » minimisa Mr Drosselmeyer.

Léo quitta d'un air déboussolé le salon en compagnie de sa mère, laissant Emma, David et Kristoff. Ce dernier se rapprocha de sa filleule et analysa les dégâts.

« -Tout va bien, Emma. Le bras est juste déboité. Nous allons pouvoir le remettre sans problème », apaisa l'oncle voyageur.

Sur ces mots, il s'en occupa sous le regard attentif du père d'Emma puis rendit le pantin à la jeune fille.

« -J'ai vraiment un idiot de frère, souffla la grande sœur.

-Il regrette. Tout le monde fait des erreurs. Ne lui en veut pas trop, d'accord ? » lâcha son parrain tout en posant une main affectueuse sur l'épaule de l'adolescente.

Emma contempla son Casse-Noisette dans ses mains et se mordit la lèvre inférieure. Elle acquiesça doucement.

« -Ma chérie, il est temps d'aller te coucher, avisa David tout en passant une main affectueuse dans les cheveux blonds de sa fille aînée.

-Oui, papa… Merci Parrain. Je prendrais bien soin de lui, garantit-elle avec sincérité.

-Je te fais confiance là-dessus », conclut celui-ci avec un sourire compatissant.

Elle se serra contre lui, embrassa son père et sortit du salon à son tour.

« -Ah les enfants ! » marmonna David, dépassé.

Kristoff rit de son ami tout en lui serrant légèrement l'épaule.

« -Léo est encore jeune. Avec le temps, il va s'assagir. Quant à Emma, tu n'as rien à reprocher à cette jeune fille. Elle est sage, sérieuse et intelligente. Mais elle n'est plus une enfant. Il faut qu'elle poursuive ses rêves, l'éclaira son ami d'enfance.

- Oh, mon ami… Emma est trop rêveuse justement. Elle doit être responsable et avoir les pieds sur terre, avoua le père protecteur, inquiet.

- Mais elle est devenue responsable, tu l'as très bien élevée avec Blanche. Il est temps de lui faire confiance et de la laisser faire ses choix. Je suis surpris d'ailleurs que notre chère Emma n'ait pas de prétendant, répondit-il, curieux.

-C'est trop tôt pour ça !

-Tôt ou tard, ça arrivera mon ami, le prévint Kristoff, d'un air moqueur.

-Le plus tard sera le mieux, murmura le père, soucieux.

-Alors tu veux qu'elle soit libre, autonome et tu ne veux pourtant pas qu'elle s'en aille ?

-Ça reste ma petite fille, grommela David.

-Je comprends… Mais le moment venu, il faudra mettre de l'eau dans ton vin notamment si un jour, elle finit par aimer un jeune homme. »

Kristoff Drosselmeyer tapota amicalement l'épaule de son ami puis remit ses gants. Il le salua alors lui souhaitant « une bonne nuit », lui promettant de venir avec sa famille le 26 décembre en fin de matinée et quitta les lieux.


Emma gravit le grand escalier en marbre blanc-gris du hall d'entrée, son Casse-Noisette contre elle. La jeune fille l'examina de nouveau avec attention et lâcha un soupir.

« -Pardonne à Léo. Il est jeune. Il ne voulait pas intentionnellement te blesser », souffla-t-elle malgré elle à ce pantin de bois inanimé.

Arrivée à l'étage, elle suivit un long couloir et passa devant la chambre de son frère. Emma s'arrêta à la porte et observa sa mère en train d'embrasser délicatement le front de ce dernier. Elle lui souhaita bonne nuit et se dirigea vers la sortie quand elle aperçut sa fille aînée au pas de la porte. Léo avait suivi du regard sa mère et vit également sa sœur.

« -Emma qu'est-ce… ? interrogea Blanche, d'une voix soucieuse.

-Je voulais te dire bonne nuit ainsi qu'à Léo, expliqua la jeune fille.

-Merci, mon Ange. Bonne nuit à toi aussi.

-Je ne t'en veux pas, petit frère. Repose-toi. À demain ! lança-t-elle avec un sourire compréhensif.

-Merci, grande sœur. Toi aussi, à demain. » répondit Léo d'un air soulagé soudain.

Emma continua ensuite son chemin sous le regard attentionné de sa mère. Quelques secondes plus tard, la jeune fille rentra dans sa chambre et posa délicatement son présent sur le lit. Elle entreprit de mettre sa robe de nuit blanche, défit sa tresse puis chercha un ruban blanc dans ses affaires. Aussitôt qu'elle le trouva, Emma s'en servit pour l'attacher au bras de son Casse-Noisette blessé. Le bras avait été peut-être déboité et remis, mais ce pantin avait besoin de toute l'attention du monde. Il était inestimable et avait dû être créé il y a très longtemps. Dès que ce fut fait, elle se dirigea vers une maison de poupée. C'était le seul souvenir d'enfance qu'elle avait gardé en plus de quelques peluches. La chambre de l'adolescente était spacieuse et épurée. Le blanc dominait et il y avait quelque dégradé de rose. Emma s'accroupit et chercha un petit loquet qui permettait d'ouvrir le devant de la maison. Dès qu'elle le trouva et l'enclencha, elle ouvrit le devant. Soudain, de nombreuses pièces apparurent devant son champ de vision. Une petite poupée en porcelaine était assise dans une petite cuisine victorienne, un singe en tenue de Cirque avec des cymbales aux mains était dans les escaliers puis un petit clown était dans la bibliothèque. Avec précaution, Emma allongea son Casse-Noisette sur un lit à l'étage. Elle eut un sourire satisfait.

«-J'aurai bien aimé qu'Oncle Drosselmeyer m'en dise plus sur ton histoire. Je suis sûre qu'elle doit être palpitante, fantastique… », confia-t-elle à son soldat de bois avec envie.

Sur ces mots, il eut un long silence. Que faisait-elle ? Elle parlait toute seule maintenant…

« -Où ai-je la tête… », murmura-t-elle quelque peu décontenancée avant de se redresser et fermer le devant de la maison de poupée.

Emma se dirigea alors vers son lit, écarta les draps et s'y engouffra prestement. Elle s'emmitoufla dedans, la tête posée contre l'oreiller puis elle inspira profondément avant de fermer ses jolis yeux verts.

Une bonne heure et demi plus tard…

Des petits cris aigus et des bruits de frottement contre la porte de la chambre d'Emma se firent entendre. Il y avait du mouvement dans le couloir éclairé, et pas qu'un peu. Soudain, une faible lumière éclaira l'intérieur de la maison de poupée et quelques secondes après, le loquet fermant la façade s'ouvrit de lui-même. Délicatement, une main en bois blanc à l'intérieur apparut en dehors de la maison et poussa le battant.

À suivre…

Laissez-moi une petite review! J'en serais très heureuse! Ça me motivera à continuer dans cette lancée!