Un sourire sur mon visage. C'est ce que provoque la douce caresse qui me réveille ce matin. Une peau douce, des doigts agiles qui descendent dans mon cou et s'attardent sur mon torse, redessinant ce tatouage qui orne ma poitrine. Je me tourne sur le côté et ouvre les yeux.

Ces prunelles brillantes, ce visage fin et allongé, ces pommettes rehaussées par son sourire et ces mèches blondes qui retombent sur ses épaules nues. Je caresse son bras, remonte vers sa joue et m'approche pour déposer un baiser sur ses lèvres.

— Bonjour, Dean, murmure-t-elle.

Mon cœur s'emballe. La voir à mon réveil, être si près d'elle. Je n'ai jamais ressenti un aussi grand bonheur qu'en ce moment.

Elle se lève, découvrant son dos nu, caché auparavant par la couette. Le soleil illumine sa chevelure en entrant dans la pièce. Sa peau brille. Elle m'adresse un regard en coin et ce sourire, si envoûtant.

Je ne peux la laisser partir. Je tends mon bras, attrape son poignet et l'attire contre moi.

Je ne veux pas la laisser partir. Je la serre entre mes bras et profite de cet instant de répit pour humer l'odeur de ses cheveux en fermant les yeux.

— Tout va bien ?

Je la regarde dans les yeux. Elle me souri, encore une fois. Je goûte à nouveau ses lèvres. Comme si c'était la dernière fois. Quand je me détache d'elle, elle semble surprise, mais ses yeux pétillent d'une émotion nouvelle et pure.

— Tout va bien, Jo, je réponds. Tout va très bien.

— Bien, dit-elle d'un air de défi. Pas envie de sortir du lit ?

— Je suis bien ici, pas toi ?

Elle acquiesce et se blottit contre moi. Ainsi allongés, on ne dit rien, profitant simplement de cette lumière matinale et du bruit feutré des oiseaux.

— J'ai l'impression d'être dans un rêve, Jo.

Elle se redresse et m'observe, attendant la suite, une explication à cette phrase.

— Toute ma vie, j'ai rêvé d'être avec une femme, de vivre normalement. D'être heureux. Et aujourd'hui, je peux enfin affirmer que je le suis. Avec toi.

— Contente de te l'entendre dire, Dean, dit-elle dans un énième sourire. Je suis heureuse, aussi, tu sais.

Elle m'embrasse alors tendrement. Des papillons dans le ventre. Je ressens des foutus papillons dans le ventre !

— Peut-être que je peux t'annoncer quelque chose qui augmentera ce bonheur, chuchote-t-elle.

Je fronce les sourcils et sens mon pouls s'emballer. Elle s'assoit à côté de moi, prends une profonde inspiration et pince ses lèvres. Je sais qu'elle fait ça quand elle est stressée. Elle passe une main dans ses cheveux, les ramènent sur son sein nu et je vois ses joues rougir.

— Je suis enceinte.

C'est un rêve. La réalité ne peut pas m'offrir ça. Je suis obligatoirement dans un rêve.

Je soupire et souris. Des larmes viennent troubler ma vue. Je me redresse et la prends dans mes bras, tendrement. Je laisse une perle salée tomber sur son épaule. Je sens qu'elle s'inquiète. Elle me caresse de la même façon que lorsqu'elle me console. Mais je ne suis pas triste. Comment le pourrais-je ?

Je me détache d'elle et lui offre mon plus beau sourire – humide, mais le plus beau tout de même. Elle m'embrasse, plus fougueusement, empoignant mon visage entre ses mains. Les miennes, elles vont se nicher au creux de ses reins et elles attirent son corps contre le mien. Sa peau est fraîche et ses baisers sont un brasier. Je ne peux lui resister.

Si je suis dans la réalité, je la remercie pour tout ce bonheur que je reçois aujourd'hui.

Si je suis dans un rêve, ne me réveillez jamais.