Récemment, j'ai remarqué que j'avais pas mal changée. Par conséquent toutes les fictions que j'ai entamées ont peu de chance de trouver un jour une fin, même si celle-ci, dans mon esprit, est assez claire.

Néanmoins, rien ne m'empêche de commencer une fiction. Une nouvelle du moins. Alors voici celle-ci.

Résumé : Il y avait elle, et il y avait eux. Il y avait la lune, et il y avait le soleil. Il y avait la nuit, et il y avait le jour. Il y avait ses blessures, et il y avait leurs sourires. Il y avait Cepheus et il y avait les Maraudeurs. « — Toutes les âmes sont solitaires. »


P R O LO G U E.


Seule sur un quai,

Bien au loin de la cité,

Une jeune fille contemple les flots...

— Regrets.


De ses doigts tremblants, adossé à la pierre froide qui se dressait derrière lui, l'homme caressa l'enveloppe jaunie par le temps. Longtemps il avait espéré trouver cette lettre. Longtemps aussi, il l'avait redoutée. Et il n'était pas le seul. Il se souvenait encore de ce jour devenu sombre dans les méandres de ses souvenirs. Il se souvenait de l'annonce que leur avait fait Dumbledore. C'était pour lui comme si tout s'était passé la veille, et pourtant. Vingt ans s'étaient écoulés.

D'un geste sec, il décacheta le papier, et l'ouvrit, avant de tirer de sa cachette la lettre brouillonne.

Au silence qui m'a attendu.

Si le temps ne nous a pas rassemblés, alors c'est que l'un de nous a connu la même issue que la sienne. Sûrement moi. Certainement moi, même. Je me connais, j'aurai plus tendance à mourir au nom de ce en quoi je crois plutôt que vivre loin de mes convictions les plus profondes.

Je me dois alors de te présenter mes excuses. J'ai dû aller au devant du danger, j'ai dû présumer de mes forces, et j'ai dû y laisser ma peau. En ce moment même, je m'y prépare. Lily dort encore, et les premières lueurs du jour rosissent déjà le ciel. Je hais cette lumière, et tu me connais en oiseau de nuit : libre et volage. Je m'en veut : lorsqu'elle se réveillera, mes draps seront froids et vides, la lettre cachée, mes affaires emballées, et seule ma baguette aura disparue avec moi et moi souvenir.

L'heure est venue pour moi de me libérer et de faire ce que je dois pour ne plus jamais ressentir à nouveau cet étau autour de mon coeur. L'ironie me poursuit. Pour vivre correctement, je dois aller au-devant de la mort, et peut-être mourir aussi.

Si jamais cette option est indispensable, alors souviens-toi juste de trois choses me concernant : je n'ai aucun regrets, je sourirai jusqu'à la fin, et je t'aimerai par-delà la frontière de la mort.

Antarès Mars Jasper Cepheus, Liberté, Rêverie et Nuit.

Les quatre derniers mots arrachèrent à l'homme un sourire triste et nostalgique. Son dos glacé par le marbre glissa contre celui-ci, et les larmes roulèrent sur ses joues blanchies. Il aurait aimé ne pas lire ce qu'elle avait eu à lui dire, il aurait aimé plus de détails et d'explications, mais dans un sens, elle avait tout dit. Elle avait résumé en quelques mots ce qu'elle était :

Un oiseau de nuit :

Liberté

Rêverie

Nuit