L'Histoire du monde de la magie remonte très loin et a été mouvementée. Tout comme les moldus, les sorciers ont connu tout aussi bien des ères de paix que des périodes sombres, où les ténèbres dominaient et la peur était omniprésente.

Mais, au milieu de ces ténèbres ont toujours su briller des lumières qui ont ramené la paix. Ce fut le cas lors de la plus terrifiante période de l'Histoire de la magie, durant laquelle de courageux sorciers et sorcières ont combattu un être si vil, si corrompu, qu'il en avait perdu ce qui le définissait comme un être humain. Ainsi presque un millénaire auparavant, ces incroyables sorciers et sorcières, aujourd'hui connus sous le nom de « Gardiens », avaient réussi à faire disparaître cet être et à ramener l'espoir et la joie au monde.

Cependant, le mal n'est jamais vraiment loin et les ténèbres menacent de recouvrir une nouvelle fois le monde. L'histoire est, elle aussi, sur le point de se répéter.

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« 3… 2… 1… BONNE ANNÉE ! »

L'atmosphère de la Grande Salle de Poudlard était très festive en cette nuit de nouvel an, les élèves restés pour les vacances dansaient, s'embrassaient, criaient. Bien que cette école soit la plus réputée de toute l'Europe, peut-être même du monde, les fêtes ont une grande importance dans ce château millénaire et ses habitants ont à cœur de respecter ses traditions.

— Mes enfants, cette soirée fut mémorable et je vous en remercie, déclara Yen Sid, le directeur de Poudlard, un homme de grande taille, âgé mais très impressionnant. Mais il se fait tard et vous devriez aller vous reposer. Messieurs les Préfets, veuillez reconduire vos condisciples à leur dortoir je vous prie.

Alors que les quelques élèves quittaient la Grande Salle, les professeurs se regroupèrent dans leur salle, derrière la table qu'ils venaient de quitter. Ils s'y installèrent confortablement et continuèrent de discuter autour de bonnes chopes de Bièraubeurre.

— Alors mon cher Kekata, si vous continuiez votre explication sur l'alignement stellaire de cette année, commença Rafiki, un petit homme rabougri mais qui gardait cette étincelle d'intelligence et de malice dans ses yeux. Vous m'aviez certifié qu'il allait être exceptionnel dans les prochains mois.

— Eh bien mon ami, les étoiles et les planètes seront en effet bientôt alignés d'une façon très particulière. Cela fait des décennies que le ciel n'a pas pris cette forme, je ne l'ai moi-même jamais vu. Mais ces positions sont synonymes de grand changement dans l'ordre du monde, de grands bouleversements mais aussi de grands espoirs.

— Vraiment ? intervint une magnifique jeune femme, alors nous devrions peut-être appliquer ce principe à notre école. Vous souvenez-vous du jeune Cornélius Robinson, à peine sorti de l'école, il déposait un brevet génial sur un appareil permettant de soigner les problèmes d'amnésie, même ceux causés par les plus puissants sortilèges. Lui proposer un travail ici ne serait-il pas profitable ? Puis nous pourrions revoir certaines règles de l'école. Après tout, les temps changent.

— Vraiment, ma chère Clarion, soupira un homme séduisant avec des cheveux noués en catogan relevé, son aura respirant la puissance et l'assurance d'un guerrier expérimenté. Vous êtes trop insouciante, la Bièraubeurre ne vous sied guère. Je suis certain que vous seriez incapable de lancer un seul de vos sortilèges de métamorphose dans votre état.

— Mais Eraqus, répliqua la jeune femme, qu'on devinait plus très sobre. C'est vous qui êtes toujours trop sérieux, la vie n'est pas qu'un combat contre de terrifiants monstres comme vous l'enseignez dans vos cours. Il faut savoir s'amuser, particulièrement aujourd'hui. N'êtes-vous pas de mon avis Merlin ?

— Eh bien, hésita le vieil homme, aux cheveux et à la barbe blanche. En ce qui concerne la nomination du jeune Robinson, reparlons-en plus tard. Pour le reste, je ne saurais que dire, à part que vous devriez poser votre chope, très chère.

— Allons, mes amis, calmons-nous, s'interposa un très petit homme, à la peau presque grise, qui semblait lui aussi très âgé.

— Pabbie a raison, approuva le directeur, pas de dispute en cette soirée. Il est de surcroît très tard et nous devrions tous aller nous reposer et nous pourrons alors…

Un souffle rauque, provenant d'un fauteuil un peu à l'écart, l'interrompit. La personne y étant assise, un autre vieil homme, avait les yeux écarquillés vers le ciel, où avait lieu une pluie d'étoiles filantes, et avait maintenant une respiration haletante.

— Absolem, mon ami, que vous arrive-t-il ? s'exclama Yen Sid.

Absolem se raidit soudain sur son fauteuil et déclara d'une voix dure, rauque, caverneuse, presque comme venue d'un autre âge :

« Les ténèbres… les ténèbres approchent, la peur, le désespoir, la noirceur ! Les forces du mal se réveillent et se lèvent, prêtes à se battre, à conquérir et à détruire !

Mais six enfants, à naître dans le courant de ces années, auront le pouvoir de vaincre cette obscurité.

Quand la nature rougeoiera, la brave rebelle au cœur brûlant et flamboyant tel le feu des volcans verra le jour.

Puis la naissance d'un enfant de malice et de joie annoncera la saison des neiges éternelles.

Naîtra ainsi dans le royaume de l'hiver la Reine des Neiges, celle qui commande à la glace et au froid.

Et lorsque arrivera le dégel, l'insolite Viking, Dresseur et Chevaucheur de Dragons viendra au monde.

Soufflera ainsi le vent du renouveau, marquant la venue au monde du garçon solitaire qui rêvait d'aventure.

Finalement, lorsque mourra le jour plus long, éclora la fille du Soleil aux cheveux et aux pouvoirs du Phénix Doré.

A Poudlard, ils devront apprendre et se battre

A Poudlard, ils devront grandir et mûrir

Face au despotisme et à aux ténèbres, ils devront s'unir.

Néanmoins la Mort attendra au détour de leur chemin, prête à frapper tous ceux s'aventurant hors du tracé de leur destin.

Ils devront surmonter les armes du mal : envie, méfiance, solitude, peur, tristesse, tromperie, culpabilité, haine, dédain, colère.

Mais il reviendra, après tant de siècles passés dans les limbes. Il reviendra, plus puissant que jamais. S'abattra alors l'heure la plus sombre de la Lumière.

Et lorsque l'espoir ne sera plus, lorsque tout semblera perdu, seul l'amour pourra le libérer. Et seulement ensemble, de la peur et du mal, ils pourront triompher. »

Absolem, une fois sa prophétie terminée, retomba au fond du fauteuil, épuisé et semblant se réveiller d'un songe, clignant des yeux frénétiquement. Clarion s'avança et légèrement tremblante, son euphorie due à l'alcool disparue, demanda :

— Mais, qu'est-ce que cela veut dire ?

— Cela signifie que des temps sombres approchent, répondit Yen Sid d'une voix grave.

L'insouciance et la joie avaient à présent disparu du visage des professeurs, pendant que Absolem recouvrait doucement ses moyens. Ils savaient que dans les prochaines années, de grands changements allaient effectivement arriver, jamais une prophétie de leur collègue ne s'était pas réalisée lorsqu'il était dans cet état. Ils allaient devoir trouver ces six enfants.

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Au même moment, dans une pièce secrète du château, quatre esprits venaient de se réunir et s'agitaient, ayant eux aussi perçu cet oracle.

— Cette prophétie… elle signifie que c'est Lui qui va revenir ? commença une première voix, féminine et inquiète.

— Ce qu'on craignait va finalement arriver ! renchérit une seconde, plus assurée. Il faudra qu'on se tienne prêts, on ne doit pas lui laisser l'occasion de retrouver toutes ses forces.

— Mes amis, calmez-vous, intervint une troisième avec un fort accent russe. L'oracle parle de six enfants qui lutteront face à Lui, nous devons aider à les retrouver et à les former !

— Mais ça dit aussi qu'ils risquent de mourir, s'opposa la femme. On ne peut pas envoyer un enfant à la mort, c'est contre notre nature !

— C'est triste, mais des sacrifices sont parfois nécessaires, contra la seconde. On le sait mieux que quiconque. Même si c'est un enfant.

Au même moment, la lumière de la pleine lune pénétra dans cette pièce et illumina un sceptre en bois posé sur une table. Les quatre esprits se rassemblèrent autour de l'objet, sans entrer dans la lumière lunaire. Le quatrième esprit qui n'avait pas encore pris la parole, se mit à faire des signes vers les autres.

— Oui, tu as raison mon ami, reprit celui avec l'accent russe, nous devons tout faire pour protéger les enfants, tout en arrêtant ce Monstre.

Il leva la tête vers la Lune et s'adressa à elle.

— Toi aussi, vieux frère. Aide-nous de là-haut ! Montre-nous où seront ces enfants !

La lumière de la Lune, comme si celle-ci avait entendu, se déplaça et vint frapper un globe terrestre, sur lequel une myriade de lumières jaunes scintillaient. Six points de lumière blanche venaient d'apparaître dans toute l'Europe.