Chapitre I – Humidité

Cela faisait quelques temps maintenant qu'elle se réveillait en pleine nuit ou au petit matin, le corps couvert d'une pellicule de sueur toujours plus abondante, l'air hagard et surtout aucun souvenir de ses rêves. Quel rêve pouvait bien la mettre dans cet état ? Ne vous méprenez pas, personnellement je suis déjà au courant de tout. Reste à savoir si vous êtes prêts et prêtes à connaître toutes les révélations que je pourrais vous faire ici même...

Tout a commencé comme cela commence toujours. Il était une fois une jeune femme nommée Hermione, elle était belle et intelligente, elle avait le cœur sur la main et était toujours prête à épauler ses amis. Dans les rires, les pleurs, la douleur, l'adversité, la jeune femme savait faire preuve de joie, compassion, peur et courage. Elle était tout cela à la fois et un peu plus encore. Vous me direz pourquoi vous raconter une histoire somme toute banale, d'une jeune femme sans défaut, cela risque d'être un peu plat voire même creux et vide d'aventure. Si c'est de l'aventure que vous souhaitez je pense que mon histoire pourrait vous plaire, n'oubliez pas cependant qu'il y a aventure et aventure, deux concepts bien différents l'un de l'autre. Mais sachez bien une chose, tout ce que vous lirez n'est pas forcément vérité, il est des mots qui ne content que le rêve et non la réalité.

Hermione avait découvert à l'adolescence, onze ans pour être précis, qu'elle était une sorcière. Étant issus du monde des humains sans pouvoirs, les moldus, elle apprit tout ce que l'on peut apprendre à cet âge là pour essayer de se faire sa place dans un monde où les plus grands naissaient ici depuis des générations. Elle lut, découvrit et plus encore. Non sans mal, elle se fit des amis, qui lui reprochaient souvent d'être toujours la tête dans ses livres. « C'est pour ton bien Mione que l'on dit cela. ». Mais Hermione n'en avait que faire, les études et le savoir n'attendaient pas. Elle était passionnée par les bibliothèques et les quantités innombrables de connaissances qu'elles renfermaient.

Alors un jour, non pour la punir, mais plus pour la prévenir, j'ai décidé de prendre les choses en mains. Elle lisait, lisait encore et lisait toujours, même en sortie au pied du lac elle lisait encore, au réveillon de noël c'est un livre à la main qu'on pouvait la trouver au pied du sapin... Certaines choses devaient changer et vite, ses yeux devaient s'ouvrir aux autres et non plus au monde des lettres et des mots engrangeaient dans des manuscrits aux tailles « illégales » comme l'affirmait son ami Ron.

Je décidais pour cela de lui faire découvrir ce qu'elle ne trouverait pas dans les livres : la sexualité, la tendresse, l'amour. Il me fallait procéder étape par étape. Commencer par la troubler puis la mettre devant le rêve à accomplir. Car oui, j'avais décidé de commencer par ses rêves, au moins là je pouvais l'atteindre sans me faire repérer, je pouvais la déranger d'un livre sans me faire incendier, car oui, dans ses rêves aussi la bibliothèque d'Alexandrie au temps de sa grand époque aurait pâlit de jalousie. Alors, j'ai entamé les hostilités, si l'on peut dire, par un rêve court, mais intense, il fallait que cela soit choquant, mais pas trop, juste de quoi la faire réagir, tout du moins son corps dans un premier temps puisqu'à son réveil le songe était évaporé.

Cela dura plusieurs nuits, ce soir encore c'est ce même rêve que j'ai utilisé. Je l'ai vu plusieurs fois essayer de parler avec sa meilleure amie Ginny, mais trop vite la couleur des pivoines s'emparait de ses joues, la chaleur d'un souvenir sur lequel on ne peut mettre le doigt lui revenait et à chaque fois elle abandonnait avant de l'avoir questionnait. Ce soir cependant tout est différent. J'ai oublié je crois un grimoire à la bibliothèque contenant une référence au sort pour révéler les rêves enfouis. Dans un sens c'est bien dommage, mais dans un autre cela va peut être me permettre d'avancer sur cette mission que je me suis octroyée.

- Somnia detegere.

C'est le début de la fin. Elle ne sait pas que je suis proche d'elle, elle en sait pas qui je suis, mais devant elle, dans sa chambre de préfète un carré blanc vient d'apparaître, déjà les premières images apparaissent :

L'eau tombait sur ses cheveux puis ruisselait sur son corps, la chaleur de la douche semble l'enivrer. Un frôlement la fait sursauter. Une main dans son dos vient se poser et lui caresser l'échine tandis qu'une autre main prenait appuis sur le mur devant elle. De son dos à ses hanches puis de ses hanches à sa poitrine la première voyageait et dessinait des motifs indescriptibles sur son corps. Le contact étroit de la main fut alors amplifiée par le contact d'un corps contre le sien, une peau si douce contre la sienne. Elle ne voyait qui, mais ne semblait ni s'en offusquer ni vraiment s'y intéresser.

Ce corps froid contre son corps brûlant, présage de tendresse, présage de délicatesse. Va-t-il s'offrir à elle ou seulement s'occuper d'elle. Un frisson la parcoure lorsque les températures si différentes entrent dans une sorte de fusion. La danse de leur deux corps sous la douche commence comme un slow qui bien vite deviendra un tango endiablé, les forçant bientôt à rejoindre la chambre dans une étreinte encore plus passionnée.

La douce et sage Hermione est ce soir fortement troublée, elle ne savait que de telles images avaient place en elle. Elle se mord la lèvre inférieur, son teint de poupée de porcelaine n'est plus, c'est celui d'une rose rouge à l'éclat intense qui a élu domicile sur ses joues. Elle est cette nuit ma petite poupée de chiffon, il est vrai que je m'amuse un peu d'elle, sans la toucher, juste en l'observant et en lui livrant des rêves intenses. Demain, ma petite sorcière aura droit à une nouveau moment de vie très chaud et bientôt les rêves se feront plus nombreux.