Bonjour à tous !
Voici donc ma première fiction, j'espère qu'elle vous plaira. ^^
(Oh punaise, je viens de me rendre compte la taille qu'elle fait ici, soit rien du tout, moi qui était fière des 3 pages word... * part pleurer dans son coin *)
Bonne lecture !
Prologue
Au fond d'un cachot, à une époque depuis fort longtemps révolue, un homme aux traits tirés ruminait sans cesse les mêmes pensées. Il haïssait tant ce tableau. Ce tableau qui lui avait révélé ce qu'il ne pouvait, en aucun cas, admettre. Il voulait le détruire, et surtout, la détruire, elle, cette femme si brillante. Ne méprenez-vous pas, en aucun cas il ne voulait la tuer, oh ça non, il ne se le pardonnerai jamais, mais il souhaitait simplement qu'elle cesse d'occuper continuellement son esprit et que surtout elle arrête de faire vibrer son c… C'était impossible ! Le poing de l'homme s'abattit avec rage sur le bois du bureau qui craqua légèrement sous la force de l'impact. La douleur que lui provoqua son geste résonna jusque dans sa tête, mais il n'en avait cure. Son collègue riait de sa situation, se moquant ouvertement de lui. L'énergumène avait pris sa décision, il se vengerait. Il ne supportait plus, depuis déjà bien longtemps, ces êtres indignes des pouvoirs qu'ils avaient obtenus par la bonté de Merlin. Plus aucun d'entre eux n'aura le droit de s'asseoir à cette table, sa table. Si cela serait en son pouvoir, il irait même jusqu'à les bannir de ce lieu unique. Il déclencherait bientôt la guerre qui les opposeraient, lui et son collègue et - accessoirement - ami. Il ne le laisserait pas faire, c'était une certitude. Mais avant d'ouvrir les hostilités, puisqu'il savait pertinemment que cela engendrerait d'innombrables conflits, l'homme devait absolument s'occuper de cet objet maudit.
Cet individu, assis derrière son bureau où reposaient ses coudes, avait les mains croisées sur lesquelles s'appuyait son menton - position idéale pour réfléchir. Il se leva prestement, avant de se diriger d'un pas décidé vers la sortie. Il ouvrit la porte en chêne massif à la volée et, d'un mouvement de cape et de robe que lui seul maîtrisait, sortit en trombe, claquant au passage le battant. Le bruit sourd se propagea à travers tout le bâtiment. Le couloir était, comme à son habitude sombre et humide, mais désert. Bien. A cette heure tardive, tous savaient qu'il valait mieux éviter le courroux de l'homme, surtout en ce moment où il était particulièrement irascible. Richement habillé et d'une allure droite et digne, on devinait aisément qu'il appartenait à un milieu aristocratique, il se mit en quête de l'objet de ses pensées. Dans l'obscurité omniprésente, on ne discernait que le bruit de sa cape d'un vert profond, presque noir, traînant sur les pavés. Tout autour le silence régnait en maître incontesté. Arrivé dans le hall, il monta les escaliers, d'un pas pressé. Au 3ème étage, il s'immobilisa net. Vide. Le mur était vide. Nul trace du tableau. Il avait agit trop tard. Sa colère se décupla. Il se tint fermement à la balustrade tentant de se calmer, en vain. Jetant un coup d'œil vers les étages supérieurs, il surprit une ombre se déplacer rapidement. C'était elle. Il en était certain. Il pourrait la reconnaître entre mille. Et il détestait cela de tout son être. Car cette capacité ne pouvait signifier qu'une seule et unique chose q'il n'admettrait en aucun cas. A cette pensée, sa fureur se raviva de plus belle. Elle ne s'en sortirait pas ainsi, elle et sa maudite peinture. De sa baguette, il fit un complexe et élégant mouvement et prononça un sort informulé. Un magnifique serpent vert apparu alors, au sol. Le regard plongé dans celui rouge sang du reptile, l'homme lui ordonna de la rejoindre le plus hâtivement possible. Il se lança à sa suite grimpant les escaliers de marbre quatre à quatre.
Quelques minutes plutôt, dans un autre bureau au sommet d'une tour, une femme avait elle aussi prise sa décision. Elle devait agir cette nuit. Cet homme voulait détruire sa toile, celle qui appartenait à sa famille depuis des générations. Elle avait déjà trop tardé, trop tardé pour le mettre à l'abri. Plusieurs jours auparavant, son amie était venue la voir pour la prévenir de ses intentions. Et ce soir, elle avait senti que ce serait ce jour-là ou jamais. La femme sortit discrètement, avant de descendre les marches menant à ses appartements et se stoppa net. Elle tendit l'oreille ; aucun bruit. Bien. Elle était intransigeante, aujourd'hui plus que jamais. Elle reprit sa course d'un pas pressé, mais feutré jusqu'à sa destination. Se déplaçant tel un chat, elle ne faisait aucun bruit. Seule sa cape, voletant derrière elle, claquait dans les courants d'air de l'immense bâtisse. La femme poussa un soupir de soulagement en constatant que le tableau se trouvait toujours là, trônant sur le mur du troisième étage. Elle était arrivée à temps. Il était magnifique, non que disait-elle ? Splendide. Majestueux par sa taille mais aussi pas sa force. Plus d'un s'était perdu dans ses contrées mystérieuses et hypnotiques. Elle s'émerveilla quelques instants avant de le décrocher avec précaution. Quelles pouvaient être les raisons qui le poussent à vouloir détruire un si bel objet ? Pour sa part, elle l'ignorait totalement et ne comprenait pas.
De ses longs doigts fins, elle caressait délicatement la toile, se plongeant dans les méandres de la peinture, quand un bruit sourd la fit sursauter. C'était lui, elle en était certaine. Et au son de la porte qu'il venait de claquer, elle devina aisément son état de fureur. La dame le connaissait suffisamment pour savoir qu'en constatant que la peinture ne serait plus à sa place, il n'allait sûrement pas se calmer. Bientôt, il se trouvera là, à sa place ; elle ne devait pas perdre une seconde de plus. Un pan de sa robe bleu nuit dans une main, le tableau dans l'autre, elle entreprit de grimper les marches des quatre étages qui lui restaient à parcourir, le plus rapidement et le plus discrètement possible. Elle ne voulait absolument pas réveiller qui que ce soit dans le château et surtout l'alerter. Elle atteignit enfin le septième palier, essoufflée, mais ne s'arrêta pas pour autant. Elle se dirigea vers le mur de brique en face d'elle, la détermination peinte sur son visage. Le tableau sous le bras, une allure droite et fière, elle fit trois allers et retours en pensant et repensant toujours à la même chose, un endroit sûr pour l'huile. Lorsqu'elle passa pour la troisième fois, les briques se murent, laissant la place à une porte de chêne massif. Celle-ci s'ouvrit d'elle-même, sans un bruit et la femme se faufila à l'intérieur. A peine eut-elle passé le seuil, que des bougies s'allumèrent, éclairant, de leur chaude lumière couleur ocre, une pièce pas plus grande que son propre bureau. Pourtant un nombre incalculable de chose s'y accumulait déjà. Toutes de tailles et de formes différentes. On pouvait voir des chaises, des tables, des armoires, des bustes, des valises, des tas de livres,… tout tenait dans un équilibre précaire à en faire pâlir la loi de la gravité. La femme n'eut pas le loisir d'explorer ses moindres recoins, elle ne pouvait pas rester une minute de plus. Elle déposa le tableau au sol contre une caisse, puis lui lança divers sorts, le recouvrit d'un drap qui traînait là et sortit. Dès qu'elle eut franchi le pas de la porte, les bougies s'éteignirent dans un souffle et le battant se referma. Juste à temps. Au bout du couloir, elle vit un serpent, son serpent se dirigeait vers elle, sifflant d'un ton menaçant. Son maître ne tarderait pas.
Elle fut soudain prise de vertiges et de nausées. Ce n'était vraiment pas le moment. Vidée de ses forces, elle s'appuya les deux mains sur le murs où la porte finissait de disparaître. Sous ses yeux clos, défilèrent des flashs de la pièce qu'elle venait de quitter. Elle ne la reconnu pas tout de suite. Elle était beaucoup plus grande et beaucoup plus encombrée, si cela était possible. Elle distingua une personne aux contours flous, puis un jeune homme, un blason qu'elle ne connaissait que trop bien, celui de l'aristocrate, accroché au veston. Ensuite la voyante distingua une main, appartenant vraisemblablement au jeune homme, enlevant de la poussière sur une peinture. Qu'elle ne fut pas sa surprise en constatant que c'était le tableau qu'elle venait juste de cacher ! Elle le vit à travers les yeux du jeune homme. Il était fou… Flou ? Elle n'eut pas le loisir de s'interroger d'avantage. Elle revint à elle juste à temps pour reprendre constance et afficher un air serein. Au moment où elle vit son poursuivant, le serpent disparut en une fumée verte.
A mesure qu'il grimpait les escaliers, les battements de son cœur s'accéléraient. Sa cape voletait autour de lui d'une façon surnaturelle. Son médaillon, gravé d'un serpent, rebondissait sur sa poitrine, au même rythme que ses pas. Alors qu'il était à mis chemin sur l'escalier menant du cinquième au septième étage, il entendit le bruit caractéristique d'une porte qui se referme. Il augmenta la vitesse de ses foulées d'un cran, courant presque. Arrivé en haut, il constata qu'elle l'attendait. Elle portait son habituelle robe bleu nuit et sa cape assortie, mais sa tiare ne coiffait pas ses cheveux et ceux-ci étaient détachés, chose rare. L'homme n'était pas le moins du monde essoufflé par la course qu'il venait de faire. Son médaillon reposait tranquillement sur le haut de sa poitrine. L'aristocrate se fit la réflexion qu'elle était splendide mais cela jamais il ne l'avouerait même sous véritasérum. Son visage ne laisser rien transparaître de son trouble, son regard émeraude était de glace. De sa démarche noble, il s'approcha d'elle.
- A ce que je vois toi aussi tu aimes te promener la nuit dans les couloirs déserts.
Sa voix était posée, neutre. Il ignora sa remarque et demanda sans détour.
- Où est-il ?
Le ton était sec, sans la moindre pointe d'agressivité. Il était distant, impassible. Mais son aura témoignait de la fureur qui l'habitait. Quant à la sienne, elle était sereine. Toutes deux étaient palpables dans ce sombre couloir.
- En sécurité.
Sachant très bien à quel étage ils se trouvaient, il devina facilement le lieu de la cachette. Il se mit à passer et à repasser devant le mur. Les briques commencèrent à bouger laissant la porte faire son apparition.
- Tu ne le trouveras pas.
Ces quelques mots prononcés immobilisèrent net l'aristocrate dans son aller et venu. Il se retourna vers elle et, un masque d'impassibilité imprimé sur son visage, attendit la suite de ses explications.
- Même si tu te retrouves dans la même pièce que lui. Tu ne le verras pas, l'entendras pas, le sentiras pas et tu ne pourras pas l'attirer vers toi grâce à la magie. Je l'ai enchanté pour qu'il reste à jamais hors de ta portée.
Pendant qu'elle parlait, la porte avait de nouveau fondu dans le mur. L'individu était parfaitement conscient des capacités de sa collègue et de sa grande maîtrise des sortilèges de ce type. C'est pourquoi, emporté par sa rage, il se retourna brutalement et frappa d'un coup unique le mur derrière lui. Le mur ne portait aucune trace de l'impact quant à sa main, elle était rouge. Il ne ressentait, pourtant, aucune douleur. Alors qu'il s'apprêtait à partir, elle le retient, toujours de sa voix posée, d'un simple mot.
- Attends. Une dernière chose, continua-t-elle. Un jour quelqu'un de ta maison le trouvera. Dans des années, des décennies, voir même peut-être, des siècles.
Il n'avait aucun idée des raisons qui l'ont poussée à lui avouer cela. Il la regarda dans les yeux, impatient de connaître d'où pouvaient lui venir ses informations, bien qu'il s'en doutait. Elle répondit à sa question silencieuse.
- Je l'ai vu.
A ses mots, il fit volte face dans un harmonieux mouvement de cape unique en son genre. Elle l'observa, un instant, rejoindre les cachots, toujours sous l'emprise d'une colère noire, avant d'aller, elle-même, à ses appartements. Le silence régnait de nouveau en maître sur le château, uniquement perturbé par les deux bruissements de cape sur le sol.
Le lendemain serait une rude journée. Pour tous.
