Chapitre 1 :

Quand la vie ne vaut plus la peine d'être vécue

« Alors, tu veux bien venir manger avec moi ? »

Ino afficha un large sourire en se penchant en avant pour voir l'expression de Sai. Celui-ci restait totalement simple, avec la même expression qu'à l'accoutumer. Il fallait avouer que son sourire éternel des premières rencontres manquait toujours, mais le cœur fait toujours oublier ces petit détails quand il bat vraiment la chamade. Le ninja regarda son interlocutrice un instant, surement en train de penser qu'elle ne l'invitait que trop. A dire vrai, cela ne faisait que la dis-septième fois ce mois-ci. En général, il ne refusait pas, mais sous le coup de la répétition sa réponse finit par changer. C'était inévitable.

« Je ne peux pas.

-Pourquoi ?, demanda Ino en clignant des yeux d'un air surpris.

-Je n'en ai pas envie. »

Ino prit un petit air déçu en se relevant. Bon, elle n'allait pas non plus abandonner pour si peu, après tout il avait juste refusé une invitation, par rapport à la déclaration presque attendrissante qu'il lui avait fait le premier soir ce n'était vraiment rien. Elle sourit, un sourire presque forcé mais qui gardait en sincérité.

« D'accord, alors la prochaine fois.

-Je ne crois pas, non.

-Comment ça ?, s'étonna-t-elle, incrédule.

-Je n'en ai pas envie.

-Mais peut-être la semaine prochaine alors ?

-Non, insista Sai qui malgré son indifférence persistante commençait à laisser ressentir de l'agacement dans sa voix. Je n'en ai plus envie.

-Mais... plus du tout ?

-Plus du tout. »

La réponse des plus directe du jeune homme surpris Ino qui sentit son cœur se serrer. Elle aurait espéré qu'il dirait plutôt « un autre jour » ou alors « je suis occupé dernièrement ». Mais aller jusque là. La ninja se sentit soudainement très gênée, piétinant. Elle avait la gorge serrée et avait un peu de mal à parler, gardant les yeux baissés pour ne pas montrer qu'ils étaient emplis de larmes.

« Bon, d'accord. Alors on fera autre chose un autre jour alors.

-Non. »

Ino se tendit entièrement en relevant la tête, ne pouvant plus retenir ses larmes qui coulaient à flots. Sai avait déjà tourné le dos pour reprendre sa marche dans les rues du village de Konoha. La jeune fille avait le cœur brisé, et les éclats ne manquaient pas d'écorcher son honneur et sa joie de vivre. Plus jamais ? Il l'avait jeté, comme ça, après tant de temps à avoir accepté de passer du temps avec elle. Après l'avoir complimenté d'une telle manière, il la jetait comme une vieille chaussette.

Ino releva une main tremblante dans le but de replacer une de ses longues mèches blondes derrière son oreille, pour se redonner de la consistance, mais comme si ce mouvement lui apportait trop de douleur elle laissa échapper une gémissement en sanglotant, plaquant ses fines mains sur son joli visage. Plus direct, c'était difficilement réalisable. Elle avait l'impression d'avoir fait une erreur dès le premier soir de leur rencontre. Elle tenta d'essuyer les larmes qui n'avaient de cesse de couler mais plus elle en retirait, et plus il en venait.

Il fallut bien un moment que c'en fusse trop : elle se retourna en laissant échapper de plus belle ses pleurs, s'enfuyant entre les passants sans s'arrêter, sans les regarder. Elle traversa ainsi tout le village pour aller se cacher au fond d'une ruelle ou elle se laissa tomber contre le mur pour sangloter sans s'arrêter. Jamais elle n'avait ressenti une plus grande souffrance. En temps normal, elle aurait rétorqué et insister jusqu'à faire regretter son interlocuteur, mais là, le simple fait qu'il ai dit nom avait suffit à lui couper la voix, à lui couper la respiration, à l'empêcher de dire le moindre autre mot sans fondre alors en larmes devant Sai. Elle avait honte... honte...

A quoi bon vivre si c'est pour finir ainsi, misérable, au coin d'une rue ? Honteuse et sans amour à partager ? Sans quelqu'un pour lui tendre la main ? Elle avait évidemment bien des amis pour lui tendre la main, mais dans un tel instant, ce qu'elle aurait voulu, c'est que ces amis soient là. Juste là, tout prêt, à portée de main...

Elle releva la tête d'entre ses bras trempes de larmes. Ses yeux étaient rouges à force d'avoir pleurer et elle sentait un mal de crâne lancinant la narguer, la déranger dans ses réflexions. De toutes manières, elle ne parvenait pas à réfléchir tout simplement, et ne savait même pas à quoi elle devait réfléchir. Sai lui avait dit non, voilà tout. Elle n'avait plus rien à faire dans cette histoire.

Plus rien... Elle écarquilla un peu les yeux en pensant à cette expression entre deux maux de tête : ne plus rien valoir, tout simplement. Elle avait donné tout son amour à Sai et celui-ci l'avait jetée sans la moindre honte, sans le moindre pincement au cœur. A présent, qu'avait-elle à offrir ? Rien, du désespoir et de la peur d'être à nouveau rejetée comme une moins que rien. Mais alors, qu'attendait-elle ?

Elle se releva en sortant de la ruelle, relevant ses yeux rouges vers les hauteurs qui entouraient Konoha. Peut-être qu'elle se sentirait plus libre si elle était seule ? Alors elle pourrait trouver autre chose à offrir. Autre chose comme... Un nouvel amour ? Allons, rêver n'était plus à l'heure. Il fallait agir.

Se laissant porter par ses pas, Ino sortit de Konoha, sans prêter attention aux passants qui la saluaient, à d'autres qui la questionnaient, à d'autres qui la trouvaient étrange à se déplacer les yeux rivés sur les hauteurs. Elle marcha ainsi pendant combien de temps ? Elle-même ne le sait pas. Mais lorsqu'elle arriva en haut, le ciel était encore bleu, vide de nuages, libre. Ino ferma les yeux en respirant l'air de cet endroit libéré. C'était le lieu parfait pour croire que tout était résolu. Le lieu parfait pour se reposer et réfléchir sans craindre les douleurs du cœur, des yeux et de la tête.

Un coup de vent particulièrement fort et frais surpris la jeune fille qui se tendit en fermant les yeux plus fort, attendant que ce souffle cesse de la pousser. Une idée lui traversa alors l'esprit, « comme un courant d'air ». Ino releva les yeux, surprise de penser à ceci. Mais en un sens... Elle avait toujours le cœur lourd malgré le souffle fort du vent. Elle avait toujours les yeux emplis de larmes et irrités par les pleurs lourds et longs. Elle avait toujours dans la tête ce mot, et ce visage, et cette expression... Malgré la liberté fictive que donnait ces lieux, aucune autre idée ne lui venait en tête, elle n'était pas elle-même libre. Mais...

Ino s'approcha du vide en jetant un coup d'œil en bas. Interminable, c'était ainsi qu'on pouvait qualifier la hauteur de ces lieux. Tout au fond, on ne pouvait savoir où l'on tombait : la forêt et ses arbres touffus recouvraient en sa totalité le sol. Un vent qui remontait le long du mur de roche poussa Ino à reculer. La jeune fille ferma à nouveau les yeux en rentrant la tête dans les épaules, attendant un instant avant d'entrouvrir un œil, hésitante. Que pouvait-elle offrir à présent si ce n'était son amour ? Elle n'en avait plus, elle n'avait plus que de la peur d'être seule. Et elle était seule.

Elle se plaça à nouveau au dessus du vide en laissant pendre ses bras le long de son corps, respirant doucement. Un nouveau coup de vent souffla, comme s'il tentait de la repousser à nouveau, de l'en dissuader. Mais cette fois-ci, Ino teint bon, retenant sa respiration en se détendant peu à peu. Elle cligna lentement des yeux, glissa un pieds au dessus du vide. Les battements de son cœur s'accélérèrent, sa respiration se coupa. Elle sentit le sang battre à ses oreilles, son corps se faire lourd. Elle ferma les yeux en prenant une légère inspiration, et poussa de son autre pieds.

Elle revit le groupe Inoshikachô à ses débuts. Elle les avait considérés en mal la première fois. Il faut dire qu'elle voyait Chouji comme un goinfre incapable, et Shikamaru ne semblait pas mieux à ses yeux, mais elle avait appris à les connaître avec le temps. Depuis quand s'entendait-elle avec eux ? Elle avait un peu de mal à le savoir, mais en général, elle se sentait bien en leur présence. Si seulement ils avaient été là pour l'arrêter...

Elle revit aussi Sakura quand elle était encore toute jeune. Elles avaient été si bonnes amies avant l'arrivée de Sasuke... Elle était gentille et l'admirait, et après cela elles n'avaient pas cessé de se lancer des piques. C'est dans ce sens là qu'elle regrette l'arrivée du jeune homme ténébreux : parce qu'elle a perdu une proche amie. Une amie qui aurait pu l'arrêter...

Elle revit Naruto. Il avait un peu murit avec le temps, et en un sens elle l'appréciait plus qu'elle ne le paraissait. Mais pas seulement lui, une grande partie des ninjas du village qu'elle avait connu à l'examen des ninjas, elle les appréciait de plus en plus.

Une larme des plus douloureuse lui échappa en pensant à tous ces amis, à toutes ces personnes qui n'avaient pas été là alors que Sai l'avait rejetée. Mais pas seulement eux.

Elle pensa à son père. Elle lui faisait du tord en partant comme ça. Mais s'il avait été là lui aussi, peut-être... Elle revoyait tous les moments où elle avait été près de lui. Et le jour où, ensemble, ils faisaient un bouquet en discutant d'un tout et d'un rien. Comme à chaque fois, ils en étaient venus à discuter de l'examen des ninja qui aurait lieu plus tard lorsqu'elle serait en âge. Et ce jour-là, elle lui avait promis : « Je deviendrai un grand ninja moi aussi ». C'était un peu la promesse que tous faisaient à leurs parents pourtant, d'un banal incroyable...

Mais cette promesse, elle avait voulu la tenir.

Elle avait travaillé longuement, avait apprit à contrôler au mieux tout ce qu'elle pouvait apprendre, avait voulu devenir meilleure encore que ses amis. Elle avait vu avec terreur jusqu'où pouvait aller la puissance d'autres de ses camarades, mais n'avait jamais abandonné malgré tout. Elle avait pourtant suivit ce chemin si longtemps...

Elle revit le sourire de Sai au premier soir, entendit ce qu'il lui avait dit une fois de plus. Mais l'instant d'après, elle entendit à nouveau ce simple mot qui avait brisé tous ses rêves.

« Non. »

Elle poussa pour la dernière fois la terre ferme, se laissant tomber dans le vide. Elle était lourde, toujours plus lourde. Elle se retenait de crier, mais malgré tout, elle sentait la peur se faire de plus en plus présente en elle. Elle sentit le vent hurler à ses oreilles, et su qu'elle toucherait le mur de pierre avant de toucher le sol. Elle se fracasserait contre la paroi avait de disparaître entre les branches des arbres.

Elle allait perdre la vie...

Elle cria.


Voilà un premier chapitre un peu court, n'est-ce pas ? ^^' Personnellement, je le trouve vraiment court. - -'

Enfin, c'est un peu dur d'écrire plus sur ça, j'avais du mal à commencer plus tôt et je n'avais pas envie de décrire encore plus, ça commençait à devenir un peu trop lourd.

Ça vous a plu sinon ?

Vivement samedi !