Parce que ce chapitre dormait gentiment dans mon ordinateur depuis très longtemps, je me suis dit qu'il serait cruel de vous faire patienter.
Je tiens à remercier toutes celles - ceux ? - qui m'ont laissé des reviews sur le premier chapitre. J'avoue que je ne m'attendais pas à tant ! Alors sincèrement et de tout coeur : MERCI ! Merci de l'intérêt que vous portez à cette fiction, merci Mimi70, Edeinn, Aliete, Lobos et Lenaa-chan !
Ce chapitre aurait du être plus long mais vu sa longueur d'origine, je l'ai coupé en deux pour ne pas trop vous assommez. Vous aurez la suite ce week-end, comme vous n'aurez pas à attendre trop longtemps.
Bonne lecture !
CHAPITRE II
PARTIE 1 : LES FORETS D'EREGION
Le genou gauche contre la terre humide et le droit plus en avant, elle était prête à bondir en cas de danger. Ses mains, tâtant le sol, soulevaient les feuilles déjà tombées avec une grande délicatesse. En aucun cas, il ne fallait effacer ce qu'elle cherchait. Une lueur de satisfaction brilla un instant dans ses yeux.
- Trouvées ... Murmura t-elle.
Dans la terre, cachées par un tas de feuilles, se trouvaient des empreintes bien distinctes. Une sorte parmi tant d'autres qu'elle avait appris à déchiffrer avec les années, mais exactement celle qu'elle désirait découvrir. Se redressant, elle s'élança à nouveau à travers les arbres ancestraux de la forêt, suivant la piste qu'elle avait enfin découverte. La forêt était épaisse et sombre, presque oppressante par endroits. Les arbres, trop serrés, l'empêchaient d'avancer aussi rapidement qu'elle le voudrait. Elle avait d'ailleurs parfois l'impression qu'ils se resserraient derrière elle, mais c'était ridicule, a t-on déjà vu un arbre se déplacer ?
Ce n'est qu'après d'éprouvantes heures de traque qu'elle rattrapa son but. Enfin. Elle s'arrêta. Dans de lents mouvements, pour faire le moins de bruits possible et avec une certaine agilité, elle parvint à grimper aux branches de l'arbre qui la masquait auparavant du regard de sa proie. Lorsqu'elle décida qu'elle était montée assez haut, elle se glissa, dans un équilibre assez précaire, sur une branche à l'allure assez solide pour supporter son poids. Délicatement, la jeune femme écarta feuillages et branchages susceptibles de la gêner dans ses mouvements. Sa peau rendue brune lui permettait de se fondre dans le bois épais de l'arbre. Elle était d'ailleurs plus foncée que d'ordinaire, car la chasseuse avait pris grand soin de se recouvrir de boue pour masquer tant son odeur que pour la rendre davantage invisible aux yeux de l'ennemi. Elle était une ombre parmi les ombres. Une ombre meurtrière, prête à agir dans quelques secondes.
Avec une froideur effrayante, sans états-d'âme, ni remords, elle détacha l'arc qui pendait jusqu'alors dans son dos et sortit une flèche grossièrement taillée de son carquois. Elle arma sa corde et se concentra. Soudain, la flèche siffla dans les airs et vint se planter dans le creux de la gorge de la victime, qui s'étrangla dans son sang, avant de tomber à même le sol dans un bruit sourd. Vive, elle prit immédiatement une autre flèche et arma à nouveau son arc. Sa proie encore agonisante était de toute évidence seule. Pourtant, elle sentait une présence non loin ... Elle attendit un peu, pour s'assurer qu'il n'y avait vraiment aucun autre ennemi, puis après avoir rattaché son arc dans son dos, descendit en souplesse de son refuge. Elle se réceptionna les genoux pliés, accroupie, une main sur le sol, l'autre sur sa dague, prête à dégainer. Il fallait toujours être sur ses gardes, ne jamais baisser son attention. Une erreur pouvait être fatale. Cependant, rien ne semblait vouloir troubler la quiétude de la forêt à part les sons étranglés que faisait encore sa victime. Elle s'approcha alors à pas feutrés du corps gisant de la créature et d'un coup sec, lui arracha la flèche qui s'était logée dans son cou ainsi que son dernier souffle de vie.
Une branche craqua.
Instantanément et sans se poser de questions, elle dégaina une de ses dagues et se retourna, menaçante, vers les intrus. Deux femmes sortirent de l'ombre des arbres pour lui faire face. Toutes deux avaient le teint basané, des yeux sombres aux iris marrons et des cheveux horriblement terreux. Elles étaient néanmoins plus propres que la jeune femme et son corps couvert de boue. On les appelait, elles et les autres, les femmes "sauvages" et la jeune traqueuse était l'une des leurs. Celle qui semblait être la plus âgée s'approcha enfin, passa à côté de la jeune femme et se dirigea vers le corps répugnant du gobelin pour s'assurer qu'il était bien mort. Elle cracha ensuite ces mots :
- Un de moins sur nos terres ! Tu as fait du bon travail, Findël.
- Du bon travail, reprit la seconde femme, appuyée contre un arbre, marquant un grand désintérêt pour ce qui se passait autour d'elle, mais si tu pouvais à l'avenir laisser quelques traces, par ci, par là, tu nous faciliterais la tâche lorsqu'on nous envoie à ta recherche.
- Quelles nouvelles de votre côté ? Questionna Findël en rangeant sa dague, ignorant délibérément la remarque.
Findël avait grandi depuis le décès de Rhenna. Les printemps étaient passés, lentement et Findël avait gagné en force et en sagesse. Son père, Careth, était un des meilleurs guerriers Dunlendings de leur époque et le conseiller de leur chef, Amarath. Sans le dire à haute à voix, les habitants de la tribu attendaient d'elle les mêmes exploits que son père.
Les Dunlendings n'avaient pas la même vision des choses que les autres peuples de la Terre du Milieu. Il fallait comprendre qu'il était nécessaire pour eux que les femmes de leur tribu – si peu nombreuses – sachent se battre. Ils ne vivaient pas dans un endroit fortement protégé, leurs habitations étaient rudimentaires et leurs armes peu sophistiquées. Des gobelins plus courageux que d'autres descendaient parfois des montagnes et les femmes devaient savoir se défendre. Mais parfois, on prédisait un avenir de hauts faits à la naissance de certaines femmes et en raison du déclin de leur peuple, les habitants du Pays de Dun eurent toujours parmi eux, aussi bien des hommes que des femmes guerrières. Findël, tout comme ces deux femmes, étaient de celles-ci, à la grande fierté de son père. Père qui prit grand soin d'en faire sa digne descendante. L'entraînement pour arriver à ce jour avait été rude, très rude. Trop rude. Combien de fois Findël n'avait-elle pas maudit son père lorsque la douleur et la fatigue avaient raison d'elle ? Combien de cicatrices, elle et ses sœurs guerrières, portaient-elles avant même d'avoir eu leur première mission ? Mais ça en valait la peine, tentait-elle de se convaincre dans ces moments-là. Ça en valait la peine ...
Elle était devenue aujourd'hui l'une des femmes les plus influentes de sa tribu – certes peu nombreuses – après la vieille Gildis. C'est pourquoi, comme sa mère avant elle et comme Rhenna, Findël arborait fièrement sur ses joues les peintures prouvant sa valeur. Comme l'avait prédit Rhenna, il y a de nombreuses années, Findël était devenue belle femme, si on daignait lui enlevait la boue et la poussière qui la recouvraient bien trop souvent. Ses cheveux, toujours aussi broussailleux, étaient désormais longs et formaient une crinière d'un jais profond. Ses yeux, deux billes entièrement noires, restaient sombres et captivants. Nous étions loin de la beauté des femmes pures du Rohan et du Gondor. Certainement à des milliers de terres de la délicatesse des traits des elfes. Cependant, certaines femmes de leur tribu étaient pourvues de beautés sauvages, brutes et sans artifices. Elles n'avaient pas la grâce des autres peuples, c'était incontestable, ni leur élégance, mais elles avaient de corps et de coeur du caractère.
- Il y a de plus de mouvements que d'ordinaire dans les montagnes, répondit enfin Vrinna, la plus âgée des trois. Les gobelins manigancent des choses et je donnerais cher pour savoir quoi ...
- Et toi ? Interrogea Nunèth adossée contre son arbre. C'est le chef qui nous a demandé de te retrouver quand on est allée faire notre rapport sur le clan Draugor. 'Paraît que ça fait trois semaines que tu es partie !
En voyant Findël froncer les sourcils, en colère, Vrinna s'empressa d'ajouter :
- Tu n'as été autorisé de partir que parce qu'apparemment, tu avais vu des choses étranges dont tu voulais avoir le coeur net. Trois semaines, ça fait long pour vérifier quoi que ce soit, surtout te connaissant ... Expliqua t-elle.
- Entre nous, tu aurais pu éviter de tant t'éloigner, nous ne sommes même plus dans nos terres ! J'espère que tu as une bonne raison parce que sinon, tu vas goûter de ma hache...
- Nunèth! Gronda Vrinna, exaspérée par les enfantillages de sa cadette. Tu as découvert ce que tu désirais ? Demanda t-elle à Findël.
Findël se retourna brusquement vers le cadavre. Derrière le corps se trouvait un campement fait à la hâte. Les deux femmes n'y avaient pas fait spécialement attention, mais y prêtèrent alors un nouveau regard pour comprendre ce que la jeune femme avait vu d'intéressant ici. Un vestige de feu de camp, des armes de mauvaises manufactures, un sac remplis de pains moisis et de viandes séchées et une forme couverte d'un drap. C'est de celle-ci que s'approcha Findël, elle s'empara de ce qui était de toute évidence une cage, pour montrer à ses amies ce qui se cachait derrière les barreaux. Un croassement se fit alors entendre, et un corbeau de grande taille fit son apparition lorsqu'elle souleva le drap. L'animal était blessé à l'aile et il ne faisait aucun doute que le gobelin ne s'en était pas occupé de la meilleure façon qu'il soit.
- Un crébain ? Pour quoi faire ? Manger ? S'étonna Nunèth.
Nunèth était bonne guerrière, particulièrement à la hache, son arme favorite, mais elle était parfois trop naïve et superstitieuse, comme beaucoup de Dunlendings.
- Ne sois pas ridicule, s'il avait voulu le manger, cet oiseau serait mort à l'heure qu'il est ! Répondit Vrinna, exaspérée. Ce que je me demande, c'est pourquoi ce gobelin a t-il quitté nos montagnes pour se rendre jusqu'en Eregion ? Certainement pas pour un simple crébain ... Réfléchit la plus âgée des femmes.
- J'ai commencé à remarquer l'absence de nos crébains il y a quelques mois déjà, sans vraiment y porter grande importance, expliqua Findël qui s'attelait à procurer des soins à l'aile blessée de l'oiseau. Un jour, j'ai vu un orc descendre de la montagne avec une cage, en plein jour qui plus est, alors que nous savons tous qu'ils détestent de nature la lumière du soleil et qu'ils ne sortent qu'en cas de nécessité. J'ai trouvé cela étrange, alors je ne l'ai pas tué et je l'ai suivi. Lorsque je l'ai vu descendre trop dans les plaines, j'ai compris que quelque chose ne tournait définitivement pas rond.
Elle soupira.
- Cela fait des jours que je le traque pour comprendre et il me semble maintenant évident que nos oiseaux ne disparaissent pas seuls.
- La question est désormais de savoir ... Commença Nùneth en fronçant les sourcils.
- Pourquoi cherchent-ils à capturer nos crébains ? Termina Vrinna.
- Pourquoi ... Ou pour qui, approuva Findël, l'air sombre en terminant le bandage de bonne fortune qu'elle faisait à l'oiseau.
Les crébains ressemblaient à de grands corbeaux mais étaient pourvus d'une intelligence supérieure. Ils comprenaient par ailleurs très bien la langue des Dunlendings et étaient devenus leurs familiers. Les habitants du pays de Dun avaient énormément de respect pour ces oiseaux qu'on ne trouvait que dans leurs terres. Certains des Hommes Sauvages avaient d'ailleurs apprivoisé plusieurs crébains. C'était le cas du père de Findël, qui avait son propre familier répondant au nom de Corm, et qui le suivait jusqu'à la plus terrible des batailles.
Après avoir fouillé le camp pour récupérer ce qui aurait pu être utile, les trois femmes reprirent le chemin pour regagner leur tribu. C'était uniquement grâce aux années d'entraînements de Vrinna qu'elles avaient pu retrouver Findël, car celle-ci, plongée dans sa traque, s'était fort éloignée de la montagne et de leur camp. Elle avait même quitté le pays de Dun pour entrer en Eregion, une région plus au Nord. De l'expérience, Vrinna n'en manquait pas. La guerrière allait avoir soixante ans le mois prochain, dans la deuxième quinzaine d'octobre. Cependant, comme Rhenna, Vrinna avait encore l'air d'une femme dans la fleur de l'âge, paraissant âgée à peine d'une quarantaine d'années, bien que quelques rides commençaient à se former sur son front. Nùneth, elle, était plus jeune et n'avait que quelques années de plus que Findël.
Findël n'avait que vingt-trois ans, c'est pourquoi on lui refusait souvent de partir en mission en solitaire, comme elle le voudrait, bien qu'on la reconnaissait ouvertement comme l'une des meilleures guerrières de leur tribu. C'était en partie la faute de Gildis, la doyenne du village, si elle devait trop souvent rester là-bas. Elle avait convaincu leur chef qu'étant trop téméraire, il était dangereux de laisser Findël seule. Findël reconnaissait la véracité de ces propos, mais dans son coeur, la jeune femme savait que ce n'était pas la véritable raison de ce refus. Gildis aimait beaucoup Rhenna et était persuadée que la femme du chef était morte par la faute de la fillette qu'elle était à l'époque. Findël était convaincue que la vieille ne lui avait jamais pardonné. Et c'était sans compter Amarath, leur chef, qui avait perdu sa femme bien-aimée. Lui ne l'a détestait pas, au contraire, il savait à quel point Rhenna aimait cette enfant et il se devait de la protéger lui-aussi, pour que sa douce n'ait pas péri en vain.
- Tu aurais pu le tuer avant qu'il n'atteigne l'Eregion, râla Nùneth qui n'aimait pas s'éloigner de la montagne, encore moins du pays de Dun.
Findël s'amusa de la colère de son amie, trop caractérielle même pour une femme de leur peuple.
- Nous n'avons pas grand-chose à craindre, cette région est déserte depuis le deuxième âge, lui répondit-elle en marchant entre les arbres de la forêt.
- Et pourquoi à ton avis, claqua la voix sèche de Vrinna. Cette région est devenue maléfique ... L'ombre de cette forêt n'est pas naturelle. Depuis que les elfes ont abandonné cette région, tout n'y est plus que ténèbres. Les orcs ont tout ravagé sur leur passage, comme ils le font toujours. Plus aucun peuple n'est assez fou pour venir vivre ici ...
Trois jours passèrent, dans cette ambiance tendue malgré les interventions de Nùneth, avant qu'elles ne parviennent enfin à quitter la forêt. Les sombres bois derrière elles, elles se retrouvèrent alors face à de vastes étendues de plaines verdoyantes que formaient une partie du pays de Dun et de l'Eregion. Le climat y était doux et les environs agréables après les ténèbres de la forêt. Pourtant, Vrinna et Nùneth s'entre-regardèrent, crispées. Elles n'aimaient pas les plaines. Elles s'y sentaient désagréablement vulnérables. En effet, si leur peuple vivait reclus dans la montagne, dans des conditions très dures, ce n'était pas par choix. Ils avaient été chassés, persécutés depuis des centaines d'années et ce à plusieurs reprises.
Les Numénoréens, à leur arrivée en Terre du Milieu les avaient méprisés parce qu'ils étaient différents. Parce qu'ils ne parlaient pas la même langue et parce que leur peau était trop sombre pour être naturelle. Puis ils avaient détesté ce peuple trop primaire, trop sauvage comparé à leur grandeur. Ils étaient dangereux, leurs coeurs étaient sûrement tout aussi sombre que leurs peaux halées, les Dunlendings étaient de toute évidence des ennemis, se dirent les hommes venus par la mer. De cette haine envers eux découlèrent de nombreuses batailles, d'immenses pertes humaines et tellement de rancoeur ... Alors Vrinna n'avait pas honte de dire qu'elle détestait tout homme qui n'était pas Dunlending. Ils étaient beaux, ces fiers combattants venus de Numénor, qui s'attaquaient à un peuple parce qu'ils ne leur ressemblaient pas ! Et pourtant, c'étaient eux, Dunlending que l'on détestait ! C'étaient eux que l'on voulait exterminer ! C'étaient les victimes que personne ne voulait comprendre ! Alors oui, dans ces plaines, elles se sentaient horriblement vulnérables. Elles ne connaissaient pas les lieux. Le terrain était clairement en leur défaveur et surtout, on ne pouvait pas se cacher dans une plaine.
A côté d'elles, les yeux noirs de Findël observaient l'horizon, fascinés. Elle n'ignorait pas l'histoire tragique de son peuple, au contraire, Rhenna avait pris grand soin à les lui conter lorsqu'elle était encore de ce monde. Mais dans ces plaines herbeuses qui terrifiaient tant ses amies, où le vent faisait onduler les longs brins d'herbe, elle se sentait étrangement libre. Libre comme rarement auparavant. Findël était dévouée corps et âme à son peuple, mais il lui arrivait d'avoir le sentiment qu'une vie l'attendait ailleurs avant que la réalité ne la rattrape. Elle se souvenait alors combien sa tribu et ses amies comptaient sur elle, car là était sa place, à servir Amarath comme son père le faisait si bien.
Nùneth tourna la tête vers son amie, désapprobatrice. Elle voyait bien le regard désireux qu'avait Findël en fixant la plaine. Les deux jeunes femmes avaient fait leurs débuts de guerrières ensemble. Plus ou moins. Nùneth avait toujours eu un don au combat, on l'avait placé avec les meilleurs pour développer cette aisance. Mais rapidement, malgré son jeune âge, Findël avait été mise avec elle. Elle était douée elle aussi. Moins que Nùneth, mais assez pour devenir une bonne guerrière. La fillette qu'elle était à l'époque n'avait pas apprécié l'arrivée de cette gamine plus jeune qu'elle, mais presque aussi forte. Les gens de la tribu ne cessaient de les comparer l'une à l'autre, cherchant à déterminer qui serait la meilleure avec le temps.
C'était Nùneth, évidemment. Elle avait une telle force dans les bras que les coups qu'elle portait faisaient toujours leur effet. Pourtant, Findël avait aussi ses qualités. Elle était plus agile, plus réfléchie. Elle compensait son manque de force dans les bras par sa souplesse et sa vitesse. Et elle était rusée. Nùneth fonçait dans le tas. Findël aussi, mais toujours avec une idée derrière la tête. Amarath, voyant l'animosité qu'il y avait entre elles, décida de les forcer à faire équipe et les plaça sous la tutelle de Vrinna. La première mission avait failli finir dans le sang, leurs ennemis avaient été particulièrement redoutables et alors que Findël allait prendre un coup fatal, le puissant coup de hache de Nùneth lui sauva la vie. Leur amitié naquit ce jour-là.
Nùneth sourit légèrement à ce souvenir, depuis, malgré le caractère solitaire de Findël, elles ne se quittaient presque plus et connaissaient parfaitement le coeur de l'autre. Pourtant, même si elle aimait énormément sa soeur de combat, Nùneth ne pouvait s'empêcher de la trouver étrange parfois. Comme sa mère, disait-on. La jeune femme n'avait pas connu Eodiwen, elle savait seulement que celle-ci était morte en couche, mais Vrinna lui avait dit qu'elle descendait souvent dans les plaines malgré le ferme désaccord du Chef de l'époque, le père d'Amarath. Une forte tête, sans aucun doute, tout comme Findël. C'était sûrement ce qui avait séduit le fier guerrier qu'était Careth.
Nùneth trouvait que c'était une heureuse chose que Findël soit davantage comme son père, belliqueuse. Elle savait où était sa place et auprès de qui. La jeune femme aimait trop se battre, Nùneth le savait bien pour avoir partagé de nombreuses batailles à ses côtés. Toutes deux avaient été éduquées avec la rage de vaincre. C'était même inconcevable de se séparer ne serait-ce qu'un instant de leurs armes. Nùneth sortit de ses songes lorsqu'elles s'arrêtèrent, quelques jours plus tard, près d'une rivière qui continuait vers les Monts Brumeux, à l'est. Devant elles, de l'autre côté de la rivière où l'on voyait les vestiges d'un pont, restaient les ruines d'une ville fantôme. Les trois femmes s'entre-regardèrent, puis reportèrent leur attention devant elle. Détruite, il ne restait que des gravats de pierres laissant envisager des murs qui avaient dû se trouver là. Nùneth eut un frisson, plongée dans ses pensées, elle s'était laissée guider par ses soeurs, sans apercevoir les décombres de la citée.
- Où sommes-nous ? Demanda t-elle en s'agenouillant pour boire à l'eau de la rivière. Je n'ai pas le souvenir de pareille citée dans le Pays de Dun, fut-elle détruite ou non. Notre peuple n'a jamais rien construit de tel ...
- Je présume que nous sommes toujours à la frontière de l'Eregion et du Pays de Dun, lui répondit Vrinna. Je dirais, si je ne me trompe pas, que tu bois l'eau de Glanduin, un affluent de la Bruinen et des Flots Gris.
Lorsque Vrinna n'avait pas de mission, elle restait souvent en compagnie de Gildis, la doyenne, qui était un membre de sa famille. Celle-ci était en possession de nombreuses cartes sur les régions les plus proches de leur terre. Elles n'allaient pas plus loin que l'Eregion, au Nord, ou le Rohan, au Sud. Seulement jusqu'où les plus aventureux Dunlendings avaient osé s'éloigner. Sans écouter particulièrement, Findël contemplait tout autour d'elle. Maintenant qu'elles avaient quitté la forêt, elle voyait mieux les alentours et pouvait se repérer de mémoire par rapport aux cartes qu'elle avait, elle aussi, en sa possession au village. Rhenna avait été un jour élève de Gildis et avait fait un double de ses cartes sur ses propres parchemins. Parchemins soigneusement transmis à sa propre élève. Il était en effet courant que les plus anciens enseignent leur savoir aux plus jeunes. C'est ainsi que la connaissance se transmettait de génération en génération. En règle générale, c'était les mères qui avaient ce rôle, mais Rhenna, tout comme Findël n'avait pas eu la chance de connaitre la sienne et c'était la doyenne qui s'en était chargée. Ce qu'elle fit à son tour pour celle qu'elle considérait presque comme sa fille.
- A trente miles derrière nous, reprit Findël, à l'est de la forêt où nous nous trouvions, se trouvait l'entrée de Khazad-dûm, demeure des nains.
- Si Khazad-dûm est derrière nous ... et Glanduin devant ... Cela veut dire ...
Cela veut dire ? Qu'est-ce que cela veut dire, suspens ! Alors en relisant, je me suis dit qu'il serait peut-être bon de m'expliquer sur deux, trois choses.
- Les Dunlendings dans ma vision des choses et des infos que j'ai pu tiré descendent d'un peuple qui a été béni d'une longue vie, tout comme le peuple d'Aragorn, les dunedains ( qui descendent de Numéror, vous suivez ? ) donc, tout comme notre Aragorn qui a 87 ans lors de la communauté de l'année, Vrinna vieillit mais cela ne se voit pas trop.
- Sinon, vous trouvez peut-être étrange qu'elles se tutoient alors que dans l'univers médiéval tout le monde se vouvoient même les amis ? Je trouvais que puisque Nuneth et Findel ont grandis ensemble et ont presque le même âge, cela n'aurait pas fait naturel, pareil pour Vrinna qui les a prises sous sa tutelle lorsqu'elles étaient très jeunes.
- Enfin, lorsque je parle de "soeurs guerrières ", elles ne sont évidemment pas de la même famille, mais j'imagine ce peuple très unis entre membres d'une même tribu.
Voilà, tout ceci n'est bien sûr que ma vision des choses et vous êtes libres d'interpréter comme vous le souhaitez !
Parlons peu, mais parlons bien : comment avez vous trouvé cette première partie ? Ennuyante ? Lourde ? Bien ? Je prends les critiques constructives avec plaisir pour améliorer cette fiction alors n'hésitez pas !
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