Et voilà la suite d'Observation au microscope^^

C'est vraiment une chance que je puisse mettre la suite maintenant vu que suite à un énorme orage, j'avais plus internet mais heureusement c'est revenu :D

J'étais trop frustrée de plus avoir accès à mon compte surtout que je l'avais terminée (la suite^^) mais heureusement une amie a réussi à me distraire de mon malheur (on a regardé le secret de Brockeback Mountain, ouin c'est affreux ça fini mal!!!!) Merci à toi ma chère!!!

Cette suite est plus statique que la partie précédente mais bon, en même temps John est à l'hosto dans un sale état donc...^^

Elle est aussi moins longue, en fait au départ, j'avais prévu de la faire plus longue mais en fait, pour le découpage ça allait mieux comme ça :p

Je préviens, il y a plein de petites références à des phrases de la partie précédente. J'espère que vous les trouverez^^ (sinon vous pouvez toujours me demander si vous pensez que vous les avez pas toutes trouvées :3 )

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Les jours qui suivirent furent ennuyeux. Ni lui ni son colocataire n'avaient de visites autres que celles du personnel médical. La télévision ne passant que des programmes d'un ennui mortel, il avait vainement cherché une activité qui ne nécessiterait pas une grande mobilité de sa part. Finalement, c'était presque fatalement qu'il avait fait de son nouveau camarade son principal centre d'intérêt.

Il se mit sur le côté et l'observa, le détailla de ses yeux turquins. De taille plutôt grande -comment ça seulement par rapport à lui ?-, John l'estima à 1.75m-1.80m, blondinet, mince mais sans être rachitique, un physique que John qualifierait cependant de légèrement androgyne, car franchement, John ne le trouvait vraiment pas viril.

Il avait une tête de bébé constata John avec un ricanement, pas qu'elle soit véritablement très ronde ni jouflue, simplement... enfantine. En plus, il était blanc comme une poupée de porcelaine, ce qui n'arrangeait vraiment pas son cas aux yeux de John. Encore un qui n'avait jamais eu à vivre dans la rue et qui craignait surement, au vu de son bronzage, les coups de soleil.

Son immobilité constante faisait penser à une marionnette dont on aurait coupé les fils. Ou alors à une peluche miteuse autrefois trimbalé partout où se trouvait son possessif propriétaire abandonné là par un bambin capricieux dont le centre d'intérêt avait migré sur autre chose.

Ce n'était certainement pas un garçon de la rue, il paraissait beaucoup trop fragile pour cela. John le qualifierait presque de fillette, du moins, il en avait l'apparence ! Peut-être fils unique, avec des parents divorcés ou un père souvent absent. Il avait dû passer beaucoup de temps avec sa môman, ça expliquait cet apparente féminisation. Il avait de la veine, cela lui allait pas trop mal -John préférait s'arracher la langue que d'avouer que si le blond avait été une fille, il lui aurait fait du rentre dedans- ce qui ne voulait absolument pas dire que John ressentait quoi que ce soit ou qu'il était gay.

C'est bien ma veine d'être tombé sur un fils à maman pensa John. Quel étrange tableau on doit former tous les deux. Totalement opposés tant par notre physique -lui, un peu féminin ? Jamais ! Il était un mâle pur et dur !- que par notre situation.

Sincèrement, même s'il ne le connaissait pas, il doutait que le blond puisse être dans la même "catégorie" que lui. Improbable pour deux raisons : premièrement, John était unique et gare à celui qui irait dire le contraire et deuxièmement, le blond était trop... propre sur lui. Certainement pas le genre de personne à aller voler. John était persuadé que le blond était plutôt la personne caractéristique de la naiveté, préférant s'arracher un bras que de se nourrir avec le vol et à tendre l'autre joue à un mec qui le cognerait avec un énorme bandeau Peace&Love sur le front. Le pacificateur en puissance ! Et qui échouerait bien sûr.

Qui serait assez stupide pour écouter un fils de bourge ?

Il collecta machinalement des informations sur le blondinet, les retenant sans réellement penser à ce qui le poussait à les garder. Surement le besoin de tout savoir sur tout, de tout contrôler. Mieux valait être paré à toute éventualité, pour sa propre sécurité. Son dernier lynchage avait au moins servi à quelque chose. Avoir le pouvoir, être maître de la situation, du pareil au même. Tout savoir pourrait le lui permettre, c'était pour cela qu'il en savait autant.

Ou bien tout simplement à cause d'une curiosité mal placée. Ce serait bien la première fois de sa vie qu'il se soucierait de quelqu'un d'autre que lui. Et puis, ce n'était pas comme s'il voulait connaître le blond, certainement pas.

Il ne chercha pas à se questionner plus profondément. De toute façon, il avait une migraine atroce et il n'avait pas réellement envie de savoir la réponse.

Il apprit par l'infirmière qui s'occupait de l'hygiène du blondinet, vu que celui-ci ne pouvait pas s'en occuper lui-même, pourquoi il était ici dans cet état.

"Le pauvre a eu un terrible accident de voiture avec toute sa famille. Il me semble qu'ils revenaient d'un dîner au restaurant pour fêter l'anniversaire du petit. Ses parents et son frère n'ont pas survécu. Ils n'ont pas souffert : morts sur le coup. Le seul survivant d'un drame survenut il y a plus de 6 ans maintenant. Hélas ! Le choc a été si violent qu'il est tombé dans le coma peut après son arrivée à l'hôpital. Il est dans un coma profond depuis tout ce temps. C'est vraiment triste, il était... il est si jeune. À peine 17 ans et une vie déjà terminée. Il n'aura connu que les 10 premières années de sa vie.

- C'est ce qui arrive quand les gros riches testent leurs énormes bolides en fonçant à pleine vitesse sur les routes. Frimer c'est ce qu'ils préfèrent.

- Je crois que c'est un camion qui a grillé un feu et les a percuté. Le conducteur n'avait même pas un véhicule en bonne état ! Les freins étaient endommagés... Rien à voir avec la vitesse en tout cas.

- Pauvre petit, il ne verra jamais la couleur de l'argent dont il a hérité se moqua John.

- C'est horrible de dire ça ! s'exclama l'infirmière, outrée. Un petit garçon innocent ne devra pas avoir à payer pour la bêtise de certains... rebus de la société. Ces tas de racailles qui passent leur temps à faire du tort aux honnêtes gens !"

Elle eu une grimace dégoûtée comme si rien que l'idée lui donnait envie de vomir.

"Pensez à toutes les choses magnifiques qu'il ne fera pas ! Trouver l'amour, avoir des enfants... Ce si beau garçon qui ne se mariera jamais !

- Franchement, il ne perd strictement rien. Quoi de plus inutile et ennuyeux qu'avoir une famille, s'occuper des gosses en lançant des regards dégoulinant d'adoration sur sa dulcinée ?!

Se retrouver obligé de bosser comme un forcené toute sa putain d'existence pour nourrir ses chieurs qui n'en seront jamais reconnaissant ? À ce compte, mieux vaut mourir rapidemment et s'épargner les déceptions sur déceptions qu'accompagne cet insignifiant petit mot de cinq pauvres lettres : vivre.

Et puis, je suis sûr que vous êtes une de ces personnes qui pensent que nous partons pour un monde meilleur, qu'il y a une vie après la mort, que nous arrivons avec un brouillard de fumée blanche dans un décor digne des plus grands studios d'Hollywood et que sitôt arrivé on se sent profondément heureux.

Le tout en fêtant notre grandiose admission avec tous nos proches décédés. Miailleux à souhait. Je peux presque sentir ces cochonneries parfumées qu'on bouffe au buffet.

- Exactement sourit l'infirmière, ravie de croire que quelqu'un était d'accord avec elle, surtout un beau garçon qui apparemment était célibataire.

- Pas du tout désolé de briser vos rêves en vous disant que vous avez tort.

Quand on meurt chère madame -il lui fit un sourire ironique-, il n'y a pas de grandes envolées de fumée blanchâtre sensée représentée notre âme. On ne se voit pas à terre et tandis qu'on se retourne un type en robe blanche avec une paire d'aile scotché dans le dos qui nous dit de ne pas nous inquiéter.

On meurt, on nous enterre sous des tonnes de terre, on moisit tandis que le cercueil lui même commence à sentir plus que le renfermé, notre corps ou du moins ce qu'il en reste se fait bouffer par les vers jusqu'à ce qu'on ne soit plus qu'un tas de poussières. Comme une bûche mise dans un feu. On vous mettrait les cendres de votre mère sous le nez que vous les jeteriez dans le fossé avec les autres.

Au bout de quelques années, les gens nous oublient et il ne reste qu'une ou deux photos pour rappeler qu'on a un jour exister avant que l'arrivée d'une nouvelle génération ne les enlève. Sérieusement, pourquoi garder d'austères photos de parent qu'on ne connaitra de toute façon jamais ?

Mais on s'en fiche pas mal puisqu'on n'est déjà plus rien depuis longtemps. Pas de corps ni de conscience, juste le vide béant entre nos deux ex-oreilles.

- C'est... affreux ! Je... je... cela ne peut être si... il existe forcément une... une... quelque chose... bégaya la jeune femme, avant de se sauver en pleurant.

- Bon débarras" sourit sadiquement John.

Cette pimbêche réfléchirait à deux fois avant de revenir lui polluer son espace vital.

Après cette charmante conversation, il ne put cependant pas s'empêcher de poser un regard différent et fréquent sur le blondinet.

Tout d'abord, en essayant d'être un peu moins de mauvaise foi, le blondinet avait des cheveux plutôt pas mal pour des cheveux blonds surtout comparés à tous les gens qui se payaient des cheveux soit-disant soleils. Des cheveux plongés dans un pot de peinture ouais ! Blond, mais pas un blond artificiel comme ces teintures platines immondes qu'on achète au supermarché pour paraître moins vieux -à quoi bon puisqu'on est déjà vieux ?-, plus "modèle parfait", qu'on badigeonne sur sa tête et qu'on ose appeller couleur miel ou autre alors que la seule chose à laquelle ça ressemble, c'est des cheveux de barbies. Tout le monde s'y essaye et bientôt une marée de poussins colorés comme dans un carnaval déboule sur la plage en s'extasiant sur sa perruque. Brr, rien que d'y penser, ça lui donnait des sueurs froides !

Le jeune garçon, lui, avait une blondeur naturelle, impossible à reproduire avec une qualité identique au modèle d'origine et si John devait dire à quoi la couleur lui faisait penser, il la comparerait aux champs de paille qu'il avait vu sur les tableaux de maîtres dans une maison qu'il avait cambriolé. Cette même intensité qui attire inexorablement le regard, qui semble illuminer une pièce par sa simple apparition.

Il n'empêche que cela ne faisait pas du blondinet un beau garçon. Ce n'était pas parce que John avait lui-même reconnu qu'il avait de magnifiques cheveux que cela faisait du blondinet un apollon ou quelqu'un d'interressant. Ni même quelqu'un de sympathique.

Le blondinet avait peut-être eu un anniversaire mortel lui aussi mais question emmerdes, John le battait à plates coutures. Alors qu'il ramène pas sa fraise ! Pensée complétement aberrante vu que l'autre se trouvait dans un sommeil très très profond se souvint le pyromane.

Dans un geste d'agacement profond, John se tourna vivement sur le dos, ce qui lui arracha une grimace de douleur. Saleté de corps trop lent.

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John somnola par intermitences, se réveillant parfois pour se rendormir dans les minutes qui suivaient. Si bien que lorsqu'il finit par se réveiller complétement, il n'avait aucune idée du jour ou de l'heure qu'il était. Les hôpitaux faisaient vraiment perdre toute notion de temps.

Ses yeux parcoururent les murs blancs, le mettant de mauvaise humeur dès le réveil, décidemment, le blanc lui tapait vraiment sur les nerfs, finissant par se poser sur la forme étendu du blondinet.

Etrangement, cette vue le calma. Bon, il est vrai que son camarade de chambre n'était définitivement pas quelqu'un de bronzé, mais il dût admettre que ce n'était pas le même blanc moche que celui des murs. Sinon, il est certain qu'il en aurait fait une syncope. Pas une peau blanche mais une peau laiteuse comme si cet astre pâle et luminescent qu'est la lune était tout ce que son corps avait vu. Une belle peau dont le grain et la texture donnaient envie de tendre le bras pour se rassasier de son toucher.

John se demanda si elle avait la douceur de la première neige, fine et fraîche. Il fut légèrement perturbé de penser à de telles choses.

L'infirmière interrompit le cours de ses pensées en entrant bruyamment avant de se diriger vers le lit du blond.

"Bonjour Messieurs. Alors, comment ça va ce matin ?

- Comme quelqu'un qui s'est pété plein d'os. Et je vous ferai remarquer qu'il ne vous répondra jamais.

- C'est vrai pour le moment rigola t-elle. Mais je suis sûre qu'il peut m'entendre et qui sait, cela l'aidera peut-être à se sortir de ce coma. Sentir de l'affection l'entourer et entendre une voix amie...

J'ai confiance en Monsieur Drake, il peut surmonter ça.

- C'est beau d'avoir la foi répliqua sarcastiquement John. Mais vous m'avez l'air loin d'être jeune et la naiveté est pour les enfants, ne croyez-vous pas."

Elle s'adressa au blondinet, tentant d'ignorer les propos blessants de John.

"Tu fais de beaux rêves Robert ? Surement, sinon tu n'y resterai pas si longtemps. Je sais que tu dois avoir encore très sommeil, mais si tu voulais bien ouvrir les yeux, tu verrais qu'il fait un temps superbe aujourd'hui.

- L'écoute pas Dracky, elle veut juste que tu ouvres les yeux pour payer la tonne de soins que tu leur dois. Sans ça, elle n'aura jamais son augmentation mensuelle !

Et puis entre nous, vous n'êtes pas exactement le genre de personne qu'on aime voir lorsqu'on sort d'un long coma. Ou qu'on aime voir tout court d'ailleurs.

- Jeune homme, je vous prie de me montrer un peu de respect !

- À vous ? Arrêtez, c'est trop tordant. Et puis encore faudrait-il que j'en ai.

- Vous êtes infect ! Je préférais largement quand il n'y avait que le petit Robert !

- Pour lui raconter vos salades pendant des heures ? Lui raconter la petite vie minable que vous vous payez ? Que votre chien est mort, que votre mari vous trompe ?

- Il m'écoute sans commentaires désagréables...

- Forcément, il ne peut pas vous dire de la fermer.

- Et cela lui fait du bien d'entendre une voix amie régulièrement !

- La vôtre ? Une voix amie ? Vous plaisantez, j'ai jamais entendu de sons aussi grincants ! Vous m'usez les dents à chaque apparition.

- Comment osez-vous...?! Je.. je prends soin de vous deux ! Vous ne pourriez rien faire sans moi ! Vous devriez être reconnaissant !

- Prendre soin de nous ? Vous êtes aussi délicate qu'un bufle qui charge ! De toute façon, avec l'âge que vous avez, vous êtes encore à cet étage uniquement pour tripoter les jeunes hommes que vous n'aurez jamais autrement dans votre vie déclara calmement John.

- C'est ridicule ! s'emporta t-elle, rougissante en reculant précipitamment vers la porte.

- Retournez chez vous manger vos portions individuels, ça vaudra mieux pour tout le monde.

Et saluez vos chats de ma part !" lança t-il en ricanant lorsqu'elle claqua la porte.

Vraiment aucune verve ces infirmières pensa t-il. Attristant. En même temps, il aurait dû s'y attendre, avec la performance de la précédente. Il aurait dû agresser celle-ci depuis longtemps, au moins elle ne l'aurait pas saouler pendant autant de jours. Il espéra que la nouvelle serait plus... silencieuse.

Revenant à des nouvelles nettement meilleures, il se pencha de côté afin d'avoir le blondinet dans son champs de vision.

Ainsi, son comateux de blondinet à la peau claire s'appellait Robert Drake. Un prénom de bonne famille, il aurait dû s'en douter. Supposion d'un fils à maman confirmée. Enfin, il l'avait été. Avant.

Robert avait des consonnances bourgeoises, évoquait quelqu'un de maniéré, prétentieux et indubitablement vieux. On lui aurait dit "le pépé" que ça aurait été identique à Robert. Quoique St John n'était pas bien meilleur. Sa génitrice avait encore dû être beurrée à s'en faire péter la panse -d'ailleurs, si John se rappelait bien, elle était au bord de la syrose lorsqu'il l'avait "quittée"- quand on lui avait demandé de choisir un prénom pour son rejeton. Autrement, elle n'aurait jamais eu l'idée saugrenue ou plutôt le culôt d'oser l'appeler comme un Saint. Être divin désiré. Surtout vu la vie pourrie qu'elle lui avait gracieusement offerte.

Pour en revenir au blondinet, John avait comme l'impression qu'il avait été le parfait fils, bon élève, poli, obéissant, peut-être même un fervent croyant. Et par dessus tout, un enfant attendu, voulu. La bile remonta dans sa gorge.

Décidemment, Robert était un prénom qui ne lui plaisait pas du tout. Il rendait le blond inacessible. Et rien n'était inacessible à St John Allerdyce, surtout quand il l'avait décidé. Il prenait cela comme un défi personnel. John rebaptisa le blond dans les secondes qui suivirent. Une appellation beaucoup plus potable.

Désormais, il serait Bobby jusqu'à ce que John quitte l'hôpital et n'ai plus son visage en ligne de mire.

Bobby lui allait comme un gant.

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Il avait un physique vraiment angélique pensa John en regardant Bobby, sans parvenir pourtant à déterminer comment il était parvenu à une telle conclusion. Certainement le résultat des dernières heures passées à le fixer.

Peu importait en réalité. Simplement, si on avait affirmé la main sur le coeur à John -bien qu'il n'ai pas certain qu'il y aurait accordé une quelconque fiabilité, les gens mentent tous, c'est bien connu- que les anges existaient réellement, il devait bien avouer -seulement à lui-même, qui d'autre avait besoin de le savoir ?- qu'il désignerait son camarade comme étant l'un deux sans la moindre hésitation.

C'est vrai quoi, un type clair, aux cheveux blonds clairs et aux yeux clairs ? Si ça, ce n'était pas l'archétype de l'Ange, franchement il ne voyait pas.

Car oui, en effet, il avait bel et bien vu le regard de son colocataire. Cela avait été vraiment bizarre. Encore maintenant, quand il y pensait, il ressentait un truc étrange, comme un malaise latent.

Objectivement, les yeux de Mona étaient vraiment beaux, on aurait même pu les qualifier comme étant magnifiques. Un bleu turquoise pénétrant, légèrement inquisiteur ce qui leur donnaient une teinte foncée, pas que John n'aime pas les autres couleurs de pupille mais ceux-là, rien à dire. Ils étaient marquants. Oui, réellement beaux.

Chaque fois qu'elle fixait John, celui-ci avait la désagréable impression d'être fouillé, décortiqué comme un vulgaire rat de laboratoire. Ce n'était définitivement pas une sensation qu'il aimait.

Cependant, la personne qui arriverait à "gagner" un duel de regard contre John n'étant pas encore né, Mona ne parvenait jamais à sonder John comme elle l'aurait souhaitée. Les yeux turquins de John ne souffrirait surement jamais d'une quelconque domination. Beaucoup trop intimidants. Des yeux à la fois communs et particuliers. John était plutôt fier de son regard. Qui pouvait devenir bien meurtrier quand il le désirait. Empêchant bien du monde de venir lui chercher des noises. Les yeux d'un reptile sur sa proie. Jamais il n'avait rencontré de personne ayant des yeux aussi étranges que les siens.

Mais les yeux du comateux Bobby, ils étaient spéciaux. Cela aurait dû être un machin marronâtre peu ragoutant, il aurait dû loucher, avoir un oeil plus petit que l'autre, une atrophie quelconque. Merde quoi ! Il ne demandait pas grand chose. Juste un détail qui aurait rendu laid ce stupide gamin histoire qu'il cesse d'avoir envie de le contempler !

Hein, quoi ?! Envie ?? Contempler ?? Il ne venait quand même pas de penser ce qu'il avait pensé ? Il se débarrassa vite fait de cette idée. De toute façon, il n'y avait aucun témoin de ce meurtre spirituelle. Bon sang, il devenait vraiment cinglé, le docteur avait peut-être omis de lui dire que le cerveau était touché.

John secoua la tête, revenant à ces pensées initiales : les yeux de Bobby.

Les apercevoir, rien que quelques secondes alors que l'infirmière -la troisième- relevait ses paupières pour effectuer un simple control, l'avait remué. Ou peut-être était-il tombé malade ? On attrapait si facilement des cochonneries dans ces endroits sordides. Finir sa vie dans un hopital, sans façon. Parce qu'il ne lui semblait pas vraiment normal que son coeur résonne si fort dans sa poitrine, presque comme s'il allait en jaillir. Que lui arrivait-il ? Peut-être s'emballait-il trop vite. Ce n'était sans doute qu'un effet secondaire de la tonne de médicaments qui lui étaient administrés par intraveineuse.

Conneries de corps de merde ! Quand allait-il enfin se décider à guérir qu'il puisse enfin se tirer de cet endroit bizarre ? Cet endroit dangereux, bien trop dangereux pour sa santé mentale. Depuis qu'il était ici, il ressentait des choses sur lesquelles il pensait avoir tiré un trait il y a longtemps déjà. Il n'aimait pas ça. Il voulait partir vite, le plus vite possible avant que ces choses ne remontent trop à la surface et qu'il ne puisse plus en faire abstraction. Tout ce qui lui arrivait était de la faute de ce satané blondinet et de ces fichus yeux ! Qu'ils aillent au Diable !

Oui, il le reconnaissait, les yeux du blondinet étaient définitivement magnifiques et il aurait fallu être fou pour oser prétendre le contraire. Ou alors d'une mauvaise foi flagrante. Et John, malgré ce qu'on pourrait lui reprocher était quelqu'un de franc, parfois même un peu trop -Etait-ce de sa faute si la plupart des gens ne lui inspiraient que du mépris ?-. C'est pourquoi il l'admettait.

Magnifiques donc. Cette couleur, unique, à la fois douce et triste. Ce bleu, si clair et qui semblait si pur... innocent comme un bébé qui vient de naître. Et cet lueur qui les faisait miroiter, les rendant si éclatant malgré l'état végétatif de leur propriétaire. Plus éclatant que le plus parfait des ciels d'été, scintillant comme deux saphirs.

Et merde, il était vraiment plus amoché qu'il avait voulu l'admettre ! Voilà qu'il tournait de l'oeil au moindre détail. Ridicule ! Pourquoi se torturer pour une minable petite fixette ? Les analgésiques commençaient sérieusement à lui monter au cerveau ! Il ne manquerait plus qu'il devienne fleur bleue. Chose qui n'arrivait jamais -plutôt se faire sauter la cervelle avec un flingue- tant qu'il serait vivant.

Maintenant profondément agacé, John se tourna violemment vers la fenêtre, son corps lui infligeant sa punition dans l'instant. La position était inconfortable, mais tout plutôt qu'avoir le blond dans son champs de vision. Et puis franchement, il avait déjà vécu bien pire. Ce n'était pas un hôpital à la couleur affreuse et son ridicule résident permanent qui le feraient reculer. John grogna, marmonant des "crétin de blond dormeur trop envahissant". Cet imbécile était décidement vraiment trop présent au goût du brun. Il remonta les couvertures d'un coup sec manquant de se redéboiter l'épaule et contracta sa machoire. Gémir, c'était un truc de fille ! Cela n'arrangea pas son humeur qui touchait déjà le sous-sol.

Le sommeil le prit alors qu'il constatait un fait qui ne lui ressemblait pas. Il était souvent sur les nerfs ces temps-ci. Surement l'atmosphère étouffante de la chambre. L'inactivité commençait peut-être à se faire sentir... S'endormir avec l'image d'un ciel d'un bleu céruléen ne lui posa aucun problème. Qu'importe puisqu'il savait déjà pourquoi.

Mauvaises ondes.

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La question qui vint titiller John le lendemain tandis qu'il mangeait tranquillement son repas le laissa perplexe. Elle l'avait obnubilé toute la matinée. Il avait eu beau penser à autre chose, regarder un feuilleton minable -depuis quand l'amour allumait des feux ?-, rien ne l'avait délogée de son crâne.

Il soupira, jetant la peau de sa banane dans son assiette. Il ne comprenait pas pourquoi cela le préoccupait. Pas que le blond ait un tant soit peu d'importance pour lui après tout. Il n'était qu'un individu à supporter pour une durée indéterminée. Juste un ersatz de curiosité subsistait mais c'était dans la logique, il fallait bien que John comble son temps libre. Curiosité purement hasardeuse. Cela aurait pu être un quadragénaire atteint d'Alzheimer, une mère blessée par l'un de ces marmots ou un cancereux en phase terminale qu'il n'aurait pas agi differement. Restait le même, l'opinion des autres n'a aucune valeur.

De toute façon, pourquoi tiendrait-il compte de l'avis de personnes qu'il ne connaissait pas, n'avait pas envie de connaitre et se fichait comme de son premier câlin... Mauvais exemple.

Néanmois, il lui semblait manifestement qu'il cherchait à en savoir plus sur le blond. Mais les circonstances n'étaient pas habituelles. Le contexte est à l'origine de beaucoup de chose, alors pourquoi pas de son soudain hobby ?

Quoi qu'il en soit il devait trouver une réponse maintenant ou bien il sentait qu'il allait encore être de mauvaise humeur. Et personne ne souhaitait une telle chose, lui le premier. Tout simplement parce que quand il était énervé, des maux de tête terrible en profitaient pour faire surface. Et un John avec un tambourin dans la tête n'était définitivement pas le pied. Inévitablement, il critiquerait son "entourage". L'infirmière actuelle craquerait, pleurerait et filerait dire à son patron qu'elle tenait à changer immédiatement de service. Loin de le soulager, cela ne ferait qu'augmenter sa douleur et son ressentiment. Bref, un cercle vicieux.

Le seul moyen d'empêcher cette tragédie était si dérisoire. Il suffisait juste de se montrer gentil et de répondre à sa foutue question : si toute la famille de Bobby était morte, pourquoi persister à le garder dans cet état catatonique ? Alors qu'il suffirait de débrancher un ridicule petit fil et le personnel récupèrerait un lit d'hôpital et du matériels médical. Eux qui râlaient sans cesse qu'ils n'avaient pas suffisamment de place pour accepter tous les patients qui se présentaient... Même si John se serait bien essuyé avec leurs lettres de réclamations tant il se sentait concerné, il voulait malgré tout savoir pourquoi.

Comprendre pourquoi on lui imposait un colocataire alors que cela n'était pas nécessaire. C'est vrai quoi, il aurait mille fois préféré être seul et pouvoir... regarder le plafond pendant des heures. C'était tellement passionnant ! Quoique toujours trop lumineux.

Mais peu importait ce qu'il aurait pu faire puisque visiblement, cela n'arriverait pas. Alors blasé pour blasé, autant qu'on lui fournisse une raison à laquelle il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Il avait même failli y laisser quelques cheveux !

Il avait d'abord pensé à une décision de justice, le blond était peut-être trop jeune à l'époque pour qu'on puisse s'en débarrasser sans s'attirer les foudres des journalistes. Explication trop bancale, cela n'expliquait pas pourquoi il était toujours dans cet état au vu son âge.

Une autre possibilité aurait été que le propriétaire de l'hôpital avait l'intention d'utiliser le blond comme cobaye pour des tests médicaux ou des produits, qui sait. Sa bouche s'était tordue en une grimace colérique un furtif instant avant que son visage ne reprenne son air impassible et je m'en foutiste. Personne n'aurait été capable de deviner en le regardant que cette option faisait bouillir son sang, le faisant battre violemment dans ses tempes.

C'était lui ou il faisait vraiment trop chaud dans cette pièce ?

Ces imbéciles d'infirmières étaient décidemment incapables de faire quoi que ce soit de satisfaisant, le chauffage était mal réglé.

Quand à la deuxième option, il la rejeta bien vite. Le médecin qu'il avait vu le premier jour lui donnait peut-être envie de vomir mais John l'avait cerné d'un simple regard : bien trop honnête pour laisser des expériences de ce genre arrivées dans l'endroit où il travaillait.

Mais il était fermement décidé à obtenir ce qu'il voulait. Et ce qu'il voulait là, tout de suite, c'était coincé l'interne du service.

John eu un sourire sadique.

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Voilà j'espère que ça vous plaira^^

Des reviews d'encouragements ou de "va te faire voir" ??? 0.0