Merci à tous pour vos commentaires :) ! La suite un peu plus tôt que prévu, mais légèrement plus court.
Lundi, 13h10 p.m., 1264 Widal Avenue, Washington,
La clinique où officiait Colin Woerth était un grand bâtiment moderne, entouré de plusieurs petites bâtisses. La secrétaire à l'entrée parut très étonnée de voir débarquer le NCIS ('le NCIS ?') dans la clinique de messieurs Anders et Woerth.
«Nous souhaiterions nous entretenir avec monsieur Anders, mademoiselle, s'il vous plaît.» demanda McGee.
Elle jeta un regard sur la pendule derrière elle et décrocha le téléphone.
« Il est surement parti déjeuner, à cette heure-ci. » commenta-t-elle avec un sourire désolé. « Mais je vais voir ce que je peux faire. Un instant s'il vous plaît. »
Elle composa un numéro et attendit quelques instants. « Samia ? C'est Helen. Tu sais où le docteur Anders peut être joint à cette heure-ci ? »
...
« Je sais qu'il ne veut pas être dérangé pendant l'heure du déjeuner, mais ce n'est pas un patient qui le réclame, c'est le NCIS. » répondit-t-elle en faisant un grand sourire à McGee.
...
« Je sais pas trop. Des fédéraux qui s'occupent des affaires criminelles de la marine… »
...
« Ok. Merci Samia. Je te revaudrais ça. »
Elle raccrocha. « Le docteur Anders est parti déjeuner au restaurant qui se trouve en face de la clinique. Vous devriez le trouver là-bas. »
« Merci beaucoup, mademoiselle. » la remercia McGee.
« Mais, de rien. Ce fut un plaisir, agent McGee. »
Elle hésita avant d'ajouter : « Je suppose que vous ne pouvez pas me dire pourquoi vous recherchez le docteur Anders ? »
« Son associé le docteur Woerth a été assassiné ce matin. »
La stupeur puis la consternation se dessinèrent sur le joli visage de la secrétaire.
« Colin ? Assassiné ? Mon Dieu… Mais… Ce n'est pas possible. Assassiné ? »
McGee acquiesça. Elle retomba assise sur sa chaise.
« Mais c'est horrible! Qui a pu faire une chose pareille ? »
« C'est ce que nous cherchons à découvrir, mademoiselle… »
« Vous ne soupçonnez pas le docteur Anders, si ? »
« Quels étaient les rapports entre les deux hommes ? »
« Mais… Ils sont… -Étaient- excellents... Colin et Philip étaient comme deux frères. Cela implique des disputes parfois, mais rien de très grave. »
« Des disputes à quel sujet ? La clinique ? »
« Oh, non. C'étaient plutôt sur des broutilles. Ils avaient deux caractères opposés, Colin était aussi extraverti que Philip est taciturne et cela créait parfois des tensions. Mais ils étaient toujours d'accord sur l'essentiel. D'ailleurs, je ne les ai jamais entendus se quereller à propos de la clinique. Jamais. Colin était certes un excellent chirurgien, sans doute meilleur que Philip, mais il n'avait aucun sens de la gestion. Sans Philip, la clinique aurait coulé depuis longtemps. Du point de vue professionnel, ils étaient parfaitement complémentaires. »
« Et d'un point de vue personne l? »
« Je vous l'ai dit, ils leur arrivaient parfois d'être en désaccord. Surtout en ce qui concerne certains… aspects de la vie de Colin. »
« C'est-à-dire ? » intervint Tony, qui sentait la conversation devenir intéressante.
La petite secrétaire baissa les yeux.
« Je ne veux pas dire du mal des morts… Mais… Colin était un invétéré coureur de jupons et Philip lui reprochait souvent la façon dont il traitait sa femme, qui est une femme merveilleuse. Mais ces disputes n'allaient jamais très loin. Philip se contentait de lui faire comprendre qu'il désapprouvait par une réflexion acide et Colin se contentait la plupart du temps d'un simple haussement d'épaule. »
« Ça n'a jamais été plus loin ? »
« Et bien… »
Elle hésita et Tony l'encouragea à continuer de son plus beau sourire. « Il y a bien eu une fois… Mais ça remonte à plus de six mois maintenant… Ce jour-là, j'ai bien cru qu'ils allaient en venir aux mains… »
« Que s'est il passé ? » demanda McGee.
« Sincèrement, je l'ignore. Tout ce que je sais c'est que Philip est sorti du bureau de Colin en hurlant que ça dépassait les bornes et qu'il allait démissionner sur le champ si Colin ne mettait pas un terme à cette situation. Colin a déboulé derrière lui, l'air aussi furieux. Il a dit que tout ça ne regardait Philip en aucun cas, et que lui –Colin- était libre de faire ce qu'il voulait. Philip lui a répondu que tout ça finirait très mal s'il continuait comme ça et qu'il avait de la chance qu'il soit son ami sinon il en référerait au conseil de l'ordre. Colin a semblé sur le point de frapper Philip et j'étais vraiment inquiète. Et puis, il a semblé se calmer et il a promis à Philip de remédier au problème le plus vite possible. J'ignore de quel problème pouvait parler Colin et s'il a réellement obéi à la demande de Philip, toujours est-il qu'ils n'ont plus jamais reparlé de cet incident, en tout cas devant moi. »
« Merci pour tous ces précieux renseignements, mademoiselle… » conclut McGee. « Ils nous seront surement très utile. »
« C'est normal. Il faut que vous retrouviez celui qui a fait ça à Colin, il avait peut-être des défauts, mais c'était un homme bien et très généreux. Et je vous en prie, appelez-moi Helen… » répondit-elle en lui faisant son plus charmant sourire.
« Heu, d'accord, Helen. Si nous avions encore des questions… »
« Je suis à votre entière disposition, bien sûr, agent McGee. »
« Timothy. »
« Timothy. » reprit-elle.
«Ce sera un plaisir de vous revoir…»
Tony se retint de ne pas faire de réflexion tout haut mais il ne se gêna pas pour le faire aussitôt qu'ils eurent quitté la clinique en direction du restaurant qui leur avaient été indiqué.
« Tu dois être ému, le Bleu. C'est surement la première fois que tu te fais draguer par quelqu'un… »
« N'importe quoi, Tony. Elle ne me draguait pas. Elle cherchait simplement à nous aider, c'est tout… »
« Hou, mais c'est que le petit McGeek est amoureux, on dirait… »
« La ferme, Tony. Réfléchis plutôt à ce qu'on va dire à Anders, au lieu de dire des bêtises. »
« Susceptible, en plus… Cette fois, c'est sûr, elle te plaît. Je le savais! Pourquoi tu ne l'as pas invité à sortir, le bleu ? »
McGee haussa les épaules et décida d'ignorer les commentaires de Tony. De toute façon, il savait qu'il n'aurait jamais le dernier mot avec lui.
Lundi, 13h15, Open Space du NCIS,
Abby faisait les cent pas entre les bureaux des membres de l'équipe depuis près de vingt minutes. Elle ne parvenait toujours pas à assimiler ce que ses propres recherches avaient révélées un peu plus d'une heure plus tôt.
Ziva suivait des yeux cet incessant va-et-vient qui commençait à l'agacer, mais vu la situation, elle préféra s'abstenir de toute remarque.
« Ce n'est pas possible, Gibbs ! Ce n'est pas possible ! » répéta-t-elle pour la centième fois. « Il y a forcément eu une erreur quelque part. »
« Tu as refait les tests deux fois, Abby… Il n'y a pas d'erreur et tu le sais très bien. »
« Je refuse de penser qu'elle puisse être impliquée là-dedans ! Tu entends ? Je refuse ! » s'écria-t-elle en s'adressant à Gibbs.
« Peut-être que ce n'est qu'un malentendu ? » se décida à intervenir Ziva. « Elle aura sûrement une explication rationnelle à nous fournir, Abby. »
Abby se tourna brusquement vers Ziva. « 'Peut-être' que ce n'est qu'un malentendu ? C'est un malentendu ! » s'exclama Abby. « Ziva, elle n'a tué personne, tu m'entends ! Je t'interdis d'en douter ! »
Lundi, 13h20, restaurant 'L'Oranger',
Tony jeta un regard pathétique sur les assiettes garnies qui passèrent devant lui tandis que lui et McGee entraient dans le restaurant.
Il demanda la table du Dr Anders qu'une serveuse leur indiqua de bonne grâce.
Philip Anders était un homme d'une quarantaine plutôt petit, le crâne relativement dégarni mais dont l'air avenant et le sourire aimable n'était pas dépourvu de invita gracieusement les agents à s'assoir en face de lui après que ceux-ci se furent présentés.
« Et que me veut donc le NCIS ? On me soupçonne de détournement de sous marin ? » demanda-t-il jovialement en s'adressant à Tony et McGee.
« Je crains que nous ne soyons pas porteur de très bonnes nouvelles, malheureusement, Mr Anders. Votre associé Colin Woerth a été retrouvé mort ce matin dans son bureau de l'hôpital militaire de Washington. »
Philip Anders cessa de sourire et ses traits se crispèrent tandis que son regard passait de Tony à McGee rapidement, cherchant à évaluer si il s'agissait d'une blague.
« Colin ? Mort ? Assassiné ? »
Il se passa une main sur le visage pour se redonner constance. « Mon Dieu, ce n'est pas possible. Comment ? »
« Ce sera l'autopsie qui le déterminera mais il semblerait qu'on ait retourné sa propre passion contre lui : on a retrouvé son fleuret ensanglanté à côté de lui. »
Anders resta silencieux quelques secondes, le temps de digérer la nouvelle.
« Une idée du coupable ? Du mobile ? »
« Nous comptons justement sur vous pour nous aider à y voir plus clair. Connaissiez-vous d'éventuels ennemis à votre associé ? »
Anders tomba des nues.
« Mais non, aucun… Colin avait un don pour se faire apprécier des gens les plus divers. »
« Même de maris jaloux ? » le sonda Tony.
« De maris jaloux ? » s'étonna Anders sans sembler comprendre.
« Selon votre secrétaire, Colin Woerth était quelqu'un de plutôt volage. Je suppose que certains maris n'ont pas forcément apprécié de porter des cornes. »
« Colin aimait les femmes, oui, mais il ne les aimait pas mariées. C'était une règle, chez lui. Il était coureur, pas idiot. »
« Et il n'a jamais franchi cette règle ? »
« Pour autant que je sache –et je savais toujours- non. »
« Ce n'est donc pas la raison pour laquelle vous vous êtes disputés il y a six mois ? » s'enquit nonchalamment Tony.
Un instant, Anders parut déconcerté puis il sembla brusquement se souvenir de l'événement en question.
« Non, mais ça n'en ait pas éloigné, en effet. Mon Dieu, j'avais presque oublié cet incident… Comme ça semble dérisoire à présent… Voila, j'ai su que Colin avait eu une aventure avec une patiente à lui. J'ai trouvé ce manque à l'éthique intolérable et je le lui ai dit. La conversation a un peu dégénéré, je le reconnais. Je lui ai fait valoir que depuis le temps que nous étions associés, je n'avais jamais rien dit et j'avais tout accepté mais que là, c'était trop et que s'il ne cessait pas de la voir aussitôt, je le dénoncerai au conseil. Il est finalement revenu à la raison et a mis un terme à cette liaison. »
« Je suppose que la jeune femme n'a pas du être ravie… Vous vous rappelez de son nom ? »
Anders hésita un instant.
« Miss Shales, je crois. Mais nous ne l'avons jamais revu après que Colin ait rompu. Et Colin a eu plusieurs nouvelles maîtresses depuis… »
«Vous savez qui il fréquentait en ce moment? »
Anders eut un sourire triste.
« Oh oui. Enfin, je ne l'ai jamais vu, je n'ai fait que l'entrevoir, un soir en quittant la clinique, une rousse aux allures de gamine. Mais Colin me parlait d'elle à longueur de journée en ce moment. Sa nouvelle toquade, on va dire. Il avait l'air d'y tenir à celle-ci. »
« Que pouvez-vous nous dire sur elle ? »
« Pas grand-chose, je le crains. Elle s'appelle Mary-Jane et elle est cartomancienne, c'est à peu près tout ce que je sais de concret. »
« Pas de nom de famille ni d'adresse ? »
« Si, agent DiNozzo, elle en a surement, seulement je ne les connais pas. »
« Très bien, résumons nous : nous avons son ex-maîtresse, sa maîtresse actuelle… Et sa femme, dans tout ça ? »
« Amy ? Vous plaisantez, j'espère. Amy peut être rayée d'office de votre liste de suspect. C'est la femme la plus douce que je n'ai jamais rencontré de ma vie. Et la plus croyante, aussi, sûrement. »
« Elle savait pour les liaisons de son mari ? »
« Je ne lui ai jamais posé la question directement si c'est ce que vous voulez savoir. Cependant, oui, je pense qu'elle savait. »
« Et qu'est ce qui vous fait penser ça ? »
« Rien, des allusions. Elle m'a dit plusieurs fois qu'elle priait pour lui. Qu'elle était certaine de pouvoir en faire un honnête homme, que Dieu l'avait placée sur le chemin de son époux dans ce but là. Elle considérait cela comme sa mission sur terre, je crois. »
McGee et Tony échangèrent un regard éloquent. 'Folle.' Elle devenait la principale suspecte à leurs yeux.
Anders surprit leurs regards entendus.
« Ne vous méprenez pas sur le sens de mes paroles, messieurs. Amy Woerth n'a rien d'une folle mystique, loin de là. Seulement la seule défense qu'elle connaît, c'est la prière. Jamais elle n'aurait pu faire de mal à Colin. Jamais. Au contraire, si vous osiez critiquer son mari, elle le défendait envers et contre tout. Elle adorait son mari. »
« Il faut croire que Colin aimait également sa femme, car il ne l'a jamais quitté malgré tout. » fit remarquer McGee, fort à-propos.
Anders eut une moue dubitative.
« Quand Colin a rencontré Amy, elle était riche, jeune, jolie et soumise. Je crois qu'il était difficile pour un homme de ne pas l'aimer… Je crois qu'elle était l'épouse idéale pour Colin, et qu'il l'aimait pour ça. Et elle était heureuse comme ça. »
McGee était clairement peu convaincu.
« Que va devenir la clinique maintenant que Colin est mort ? »
« Et bien, la clinique était bien entendue assurée contre ce genre de… De problèmes. La somme que débloquera l'assurance sera reversée à Amy. Les parts que Colin possédaient me reviennent, mais j'en céderai un quart à Amy afin qu'elle continue de profiter du travail de son mari. Cette clinique doit tout à Colin. Je dois tout à Colin. Il est normal que je n'abandonne pas sa femme et ses enfants. »
« Vous vous retrouvez actionnaire majoritaire d'une clinique extrêmement rentable du coup… » avança Tony.
« Et alors ? Vous croyez que j'aurais pu tuer Colin pour un motif aussi futile que l'argent, agent DiNozzo ? » s'emporta le docteur Anders devant l'accusation implicite. « Tout d'abord, Colin était mon meilleur ami et cela vaut tout l'or du monde. Ensuite, je n'ai nullement besoin d'argent, j'en ai déjà bien trop pour savoir comment l'utiliser. Enfin, c'était Colin, le chirurgien reconnu et renommé, pas moi. La clinique va énormément souffrir de sa disparition. Vous comprenez donc que je suis bien le dernier à avoir une raison de tuer Colin ! » cria-t-il avant de se calmer aussitôt.
Il arborait désormais un air abattu.
« Excusez mon emportement messieurs. Je n'arrive pas à croire que l'on ait pu assassiner Colin, c'est tout. Personne, personne n'aurait pu lui en vouloir à ce point… »
« Il semble pourtant que si, malheureusement. » répliqua Tony.
Philip Anders hocha la tête.
« Je ferais tout ce que je pourrais pour vous aider à retrouver celui qui a fait ça à Colin. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous pourrez me joindre à la clinique, ou chez moi. Je vous ferais parvenir par ma secrétaire tous les documents dont vous pourriez avoir besoin… »
« Il nous faudrait l'emploi du temps de votre associé pour ce matin là et le nom de la patiente avec qui il a eu une liaison… »
« Je vais m'en occuper immédiatement. Il me faudra peut-être un moment pour mettre la main sur le dossier de la patiente, car Colin était quelqu'un d'assez peu ordonné, mais je pense pouvoir vous faire parvenir tout cela avant la fin de la journée. Si vous aviez besoin d'autre chose… »
Tony et McGee prirent congé d'Anders en le remerciant de sa coopération et quittèrent le restaurant pour rejoindre leur voiture.
« Qu'est ce que tu en pense, McGee ? » demanda Tony.
« Je ne sais pas. Il avait l'air vraiment bouleversé mais… »
« Mais…? » insista Tony.
« Je ne sais pas, j'ai eu l'impression qu'il cachait quelque chose… »
« Tu crois qu'il cherchait à protéger quelqu'un ? »
« C'est possible. »
« Et tu penses à quelqu'un en particulier ? »
« Madame Woerth, peut-être… » hasarda McGee.
Tony boucla sa ceinture et eut un regard ironique pour McGee avant de démarrer la voiture.
« J'ai vraiment cru que tu allais tourner autour du pot pendant encore un quart d'heure. » se moqua-t-il gentiment.
Puis redevenant sérieux.
« Tu as l'adresse des Woerth ? »
McGee fit un signe affirmatif de la tête.
« Tu veux lui rendre visite maintenant ? » demanda-t-il.
Tony jeta un regard sur l'heure affichée sur le tableau de bord. 13h45. Encore tôt.
« On a le temps de passer prendre Ziva, non? Je suis certain qu'elle doit mourir d'ennui derrière son bureau. »
Lundi, 14h00, morgue du NCIS,
Ducky remit son rapport d'autopsie final dans les mains de Gibbs avec le sentiment du travail accompli comme toujours.
Tandis que Gibbs le parcourait succinctement, il entreprit de lui en résumer lui-même les points essentiels.
« L'agresseur devait être plus petit que le capitaine Woerth, à en juger par l'angle de pénétration des coups. Je dirais entre qu'il devait faire entre 1m65 et 1m75 environ. Etant donné la qualité et l'excellent entretien du fleuret de ce pauvre homme, il n'était pas nécessaire d'être d'une exceptionnelle force physique pour porter les coups qui lui ont été fatals, cependant vu le nombre et la puissance de ces coups, la personne qui a fait ça devait être sacrément en colère contre Colin… »
Il se tourna vers le corps étendu sur la table d'autopsie.
« Je ne sais pas ce que vous aviez fait à cette personne, mon cher, mais vous l'avez payé le prix fort. Quelle fin affreuse vous avez eu. »
De nouveau, il regarda Gibbs.
« Je pense qu'il a du mettre plus d'une demi-heure à mourir. Ce qui situerait l'agression aux alentours de 7h ou 7h30 ce matin. Plutôt vers 7h que vers 7h30, d'ailleurs, les blessures n'ayant touchées aucun organe vital, c'est bien d'exsanguination qu'est morte notre victime. »
Gibbs referma le dossier d'un coup sec.
« C'est cohérent avec le témoignage du gardien du parking de l'hôpital qui dit avoir vu arriver le docteur Woerth vers 6h45, seul. »
« Soit son bourreau est arrivé après, soit il l'attendait déjà. Dans tous les cas, l'intention de tuer n'était pas forcément présente au début : il a utilisé une arme se trouvant sur place et, comme je le disais, les coups portés sont davantage dus à la rage qu'à une froide exécution. »
Gibbs hocha la tête en signe d'assentiment puis quitta la morgue avec le dossier.
Ducky le regarda s'éloigner avant de murmurer à l'intention du corps : « Ne vous en faites pas, il retrouvera celui qui vous a fait ça, capitaine, ça ne fait aucun doute. »
Lundi, 14h07, Open Space du NCIS,
En entendant l'ascenseur s'ouvrir, Ziva s'était redressée brusquement pour apercevoir celui ou celle qui arrivait. Constatant qu'il ne s'agissait que de Tony et McGee, elle se rassit, l'air visiblement déçu. Son petit manège n'échappa pas à Tony qui chercha immédiatement à savoir ce qu'il se passait.
« Tu as l'air déçue de nous voir, Ziva. Tu attendais quelqu'un d'autre ? » railla-t-il.
« J'espérais que McGee t'aurais perdu en route, Tony, tout simplement. » rétorqua-t-elle sur le même ton.
« Aucune chance. J'ai un sens de l'orientation infaillible. Et tu n'as pas répondu à ma question, Ziva… »
Elle hésita un instant.
« Abby a trouvé à qui appartenait les traces d'ADN sur l'épée qui a servi à assassiné le capitaine Woerth et c'est… »
Elle fut interrompue une nouvelle fois par l'ascenseur d'où émergèrent Gibbs et Abby.
« Elle m'a promis qu'elle allait venir. »
« Il y a deux heures qu'elle devrait être là, Abby… »
« Et si je vais la chercher moi-même ? »
« Abby… »
« Je sais qu'elle est innocente, Gibbs. Je le sais. »
« Plus vite on l'aura interrogée, plus vite on le prouvera, Abby. » Il se tourna vers ses agents sans tenir compte du regard suppliant d'Abby. « Tony, Ziva vous allez… »
Une troisième fois, l'ascenseur les interrompit.
Ils tournèrent tous la tête vers les portes qui s'ouvrirent sur un agent accompagnant une jeune femme souriante. Mis à part des cheveux châtains aux reflets roux –et l'accoutrement général, qui était très différent !-, celle-ci était une réplique quasiment exacte d'Abby.
« Cette jeune femme affirme avoir rendez-vous avec vous. » expliqua l'agent.
Gibbs acquiesça et l'agent disparut de nouveau dans l'ascenseur sur un remerciement de la jeune femme.
Le regard des trois agents, à l'exception de celui de Gibbs, alternait entre l'inconnue et la jeune scientifique.
Nullement intimidée par ces regards stupéfaits qui la dévisageaient, la jeune femme s'approcha de leur groupe et s'adressa directement à Abby.
« Alors, petite sœur, il paraît que tu voulais me voir ? »
TBC...
La suite bientôt :)
