Chapitre deux : With or without you

Le jeune homme remonta le col de sa veste sous la brise qui lui balaya le visage et frotta ses mains l'une contre l'autre. Les gants sans doigts, c'est bien sympa, mais ça ne sert pas à grand-chose, pensa-t-il un peu amer.
Le jour commençait légèrement à décliner lorsqu'il s'engagea dans la rue principale en pleine heure de pointe ; il n'aimait pas être entouré d'autant de monde, mais c'est ainsi lorsqu'on habite une grande métropole. Pressant le pas, il voyait déjà au loin les lumières du bar.

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- Raaah, mais pourquoi tu me dis pas ?!

Le noiraud remit une longue mèche de ses cheveux derrière lui en une attitude défiante.

- Donc, t'es vraiment en couple, hein… ? continua le brun. Dis-moûaaa, Neji !…
- …Mais oui ! T'es content ?!

Il prit une gorgée de bière sans un regard pour son vis-à-vis.

- Yeah ! Ca fait longtemps ? Je la connais ? Ca va bien entre vous ? Allez, t'en a trop dit maintenant, mais juste pas assez… !

Le noiraud soupira en esquissant un sourire. Qu'est-ce qu'il risquait en répondant à ça… ?

- Bon… Oui, ça fait longtemps, oui, ça va très bien entre nous, oui, tu la connais… Mais je jure que je n'ai rien fait, m'sieur l'inspecteur.

Ils éclatèrent de rire pendant que Kiba frappait doucement l'épaule du bassiste.

- …SASUKE !!

La serveuse sortit en trombe de derrière le bar pour accueillir le nouvel arrivant par un énorme câlin sans retenue.

- Hey, Sakura… Lâche-moi.

La jeune fille relâcha son étreinte aussitôt, contrarier ce garçon étant la dernière chose qu'elle désirait. Le fixant timidement, elle réarrangea ses cheveux tout en s'empourprant.

- Excuse-moi… C'est juste que… Ca fait longtemps ! Comment tu vas ?

Sasuke soupira en retirant sa veste ; il portait un T-shirt bleu marine moulant, contrastant avec ses pantalons larges couleur ébène, de longues chaînes pendaient des deux côtés, se croisant agréablement devant et derrière ledit pantalon.

- Hé ! Tu t'es fait percé ?? continua Sakura sans que Sasuke ait amorcé un début de réponse à sa question précédente.

Le jeune homme mordilla l'anneau qu'il portait à la lèvre inférieure.

- Comme tu le vois… murmura-t-il quasiment inaudiblement.

L'ambiance dans le bar commençait à battre son plein. Pourtant, il sentit des regards sur lui et se mit à scruter le pub, jusqu'à découvrir deux garçons lui faisant signe.

- J'y vais. J'ai encore pas mal de boulot pour la semaine prochaine, donc je vais pas tarder. Mets-moi une bière, s'il te plaît.

La jeune fille sourit de toutes ses dents, heureuse d'avoir une requête de la part de ce garçon, et s'éloigna. Sasuke se dirigea alors mollement vers les deux autres et les salua sommairement.

- Sasuke, ça fait un bail… lui dit Neji en s'appuyant sur ses poings, la tête inclinée. Comment ça va ?
- Ca va, ça va, on fait aller… Toi ?

Les deux garçons s'étaient toujours bien entendus, leur attitude calme et réfléchie les ayant beaucoup rapproché pendant leurs années de lycée.

- Bah… On va dire que ça va, à part deux-trois soucis avec ma famille…

Il marqua une pause.

- T'as eu des nouvelles d'I…
- Non, coupa abruptement Sasuke. Juste des rumeurs.

Kiba, irrité, se racla bruyamment la gorge en observant alternativement les deux.

- Bon… De deux choses l'une : soit je vous laisse parler entre vous, soit on parle d'autre chose… Ce pour quoi on t'a demandé de venir, par exemple…

Les deux noirauds s'observaient encore profondément, sans répondre.

- J'dis ça comme ça, moi, hein… continua lassement le batteur en se recroquevillant sur sa chaise, vaguement frustré.

Comme pour marquer la fin de la discussion, Sakura déposa la boisson devant le noiraud, ponctuant la chose par un « Voilà ! », puis s'éloigna en roulant des hanches – chose que Sasuke ne put voir puisqu'il continuait de soutenir le regard clair de son vis-à-vis.

- Bon, dites-moi tout, murmura finalement Sasuke en baissant les yeux pour prendre son sac.

Il sortit un petit paquet de tabac de marque quasiment méconnue et se mit machinalement à rouler une cigarette. Kiba l'observait, apparemment interloqué.

- Pourquoi tu t'achètes pas de paquet ? C'est toi qui as le monstre manoir à la sortie de la ville, non ? Tu devrais avoir assez d'argent pour…

Le batteur s'interrompit en remarquant que Neji le fusillait du regard, le sommant de se taire au plus vite. L'autre noiraud n'avait même pas sourcillé, ignorant tout simplement la question. Kiba grommela un « ras-le-bol des cachotteries » en se refrognant encore plus sur son siège, les bras croisés.

- Sasuke… T'as entendu parler de ce qui est arrivé à Lee ? commença Neji.
- Tu parles, soupira le noiraud en coinçant la cigarette entre ses lèvres. Toutes les facs en parlent, même la mienne qui est dehors de la ville.

Il alluma sa cigarette artisanale et prit une longue bouffée.

- Laissez-moi deviner… continua-t-il pendant que des volutes de fumée s'échappaient d'entre ses lèvres. Vous n'avez plus de guitariste. Moi, je recherche un groupe. Donc, vous voulez que je rejoigne vos rangs.

Il reprit une bouffée, observant alternativement Neji et Kiba.

- Toujours aussi perspicace, répondit le bassiste en souriant. Alors… Qu'est-ce que t'en dis ?
- Je sais pas. J'ai un peu de peine avec le QI de 30 de Naruto, à vrai dire.
- Ouais, y'a pas que ça, reprit Kiba, content de pouvoir enfin faire parti de la conversation. On a un concert ici le week-end prochain, alors le temps que t'apprennes nos morceaux et…
- Ca, c'est pas un problème, coupa Sasuke. J'aime bien ce que vous faites, je connais déjà les parties de guitares.

Les deux autres écarquillèrent les yeux, abasourdis.

- J'ai trouvé vos tabs à l'oreille.
- …Eh ben ça… murmura Kiba avant de siffler d'un seul coup la bière restante au fond de son verre.

Neji sourit de plus belle.

- Ce gars est un génie de la guitare, mon vieux… Il a un don, j'te dis.

En face d'eux, le noiraud ne sembla même pas touché par le compliment ; il se contentait d'observer sa cigarette se consumer lentement entre ses doigts. Il semblait pensif.
Le silence qui s'était installé semblait s'épaissir de secondes en secondes ; les deux attendaient la réponse de Sasuke. S'il n'acceptait pas, ils ne savaient pas comment ils devraient réagir – Neji le savait bien, l'Uchiwa était tellement borné que s'il disait non, rien ne servait d'insister –, ils devraient assurément annuler le concert de la semaine prochaine, repousser les autres dates, puis encore trouver un soliste qui serait capable de…

- Ok. Je veux bien essayer.

Un soupir de soulagement se fit entendre pendant que Neji et Kiba souriaient.

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Après une bonne demi-heure de discussion, Kakashi se décida finalement à laisser Sai poursuivre son art et sortit de la petite pièce.

- A demain, Kakashi-san !
- Oui, Sai… A demain, répondit l'écrivain à demi-mot avant de fermer la porte.

Il fit deux pas lents puis, se résignant, posa lourdement sa tête contre le mur, les yeux clos. Il respirait lentement, comme s'il tentait de rassembler ses pensées afin de redevenir l'Impassible Kakashi. Cependant, une autre personne, restée seule dans la pièce, semblait peinée de l'attitude de l'homme ; il s'en approcha doucement et lui posa une main amicale sur l'épaule.

- Hey, Kakashi… Ca va ?

L'écrivain ouvrit un œil en se retournant dos au mur, visiblement intrigué.

- Tiens… Je croyais que nous devions garder nos distances quand nous n'étions pas seuls, Umino-san.
- Mais nous sommes seuls, Kakashi…

Se mettant légèrement sur la pointe des pieds, Iruka déposa un petit baiser sur le front de l'écrivain, puis se remit face à lui, écarlate. Ce dernier esquissa un sourire.

- J'adore quand tu rougis comme ça…

Il passa doucement sa main sur le côté du cou du professeur, caressant son visage de son pouce. Iruka ferma les yeux en s'appuyant un peu plus contre la main douce de l'écrivain, s'y frottant délicatement à la manière d'un chaton. Kakashi lui redressa lentement le visage, le poussant à le regarder dans les yeux ; il l'observa longuement avant de déposer à son tour un baiser sur les lèvres du brun, chancelant, alors qu'il prenait ses mains entre les siennes.
L'échange était tendre et doucereux. Après plusieurs secondes, l'écrivain se mit à mordiller la lèvre inférieure du brun, pendant que celui-ci tenta une intrusion de la langue, rapidement reprise par Kakashi entre ses lèvres, avant de laisser le champ libre aux deux langues, qui se caressaient avec volupté. Iruka laissa échapper un petit gémissement.
Il n'aurait jamais dû.
Brutalement, Kakashi échangea les rôles et plaqua Iruka contre le mur, en maintenant fermement ses deux mains au-dessus de sa tête. Le baiser devint alors fougueux, leurs langues s'entremêlant dans combat presque bestial, pendant que les deux hommes ne pouvaient retenir leurs gémissements enivrants. L'écrivain se met alors à remonter sa jambe le long de celle d'Iruka, jusqu'à ce que son genou atteigne le douloureux entrejambe érigé du professeur, qui poussa un long râle de contentement. Ce dernier sentait le torse de l'écrivain, rendu chaud par le désir montant en lui, alors que Kakashi commençait à…

- Hum… Vous dites si je dérange…

Brutalement, les deux hommes se séparèrent, arrangeant leurs cheveux tant bien que mal tandis qu'il éclaircissait leurs voix devenues un peu rauques.
Tsunade les observaient, les bras croisés, bien qu'un petit sourire aux lèvres.

- Excusez-nous, Tsunada-sama, dit Kakashi après quelques secondes. Ce n'était vraiment pas professionnel de notre part…
- Assurément, répliqua le maire. Mais c'était très excitant.

Iruka poussa une exclamation pendant que l'écrivain haussait les sourcils, surpris.

- Allez, maintenant filez avant que je vous demande un yaoi live dans mon bureau, ajouta-t-elle avec un petit sourire coquin.

Sans se le faire répéter, les deux hommes empoignèrent leurs manteaux et se dirigèrent vers la sortie ; cependant, avant de la franchir, Kakashi tourna un regard prédateur vers le maire, passant un doigt sur le rebord de la porte.

- Sait-on jamais, cela pourrait bien arriver un jour…

Il referma la porte sans jamais la quitter des yeux.

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- Oh oh… Mais qui voilà ! … s'exclama soudainement Kiba.

Tête basse, le blond se dirigeait mollement vers leur table. Il adressa une salutation qui ressemblait à s'y méprendre à un grognement à Sasuke avant de s'asseoir en soupirant ; le noiraud le toisait du coin de l'œil, tirant mollement sur sa cigarette artisanale préalablement préparée.

- Alors ? Comment va Lee ? questionna Neji.
- Comme quelqu'un qui viendrait de se faire amputer l'index, je suppose, répliqua stoïquement Naruto.

Kiba, qui avait toujours eu un odorat sensible, grimaça en reniflant.

- C'est moi ou tu pues la clope ?!
- …C'est tout ce que t'inspires ce que je viens de te dire… ? dit lassement le blond entre ses lèvres. De toute façon, je fais ce que je veux, ajouta-t-il en croisant les bras.

Sasuke écrasa sa propre cigarette pendant que Neji ponctuait la phrase par un « tsss », avant de commencer :

- Sasuke est d'accord de rejoindre le groupe ou du moins, de faire un essai. Ca te va, Naruto ? Qu'est-ce qu'en pense Lee ?
- … M'a dit que c'était normal…

Il ajouta que lui non plus n'y voyait pas d'inconvénients, bien que cette phrase parut sonner faux.
Du coin de l'œil, les deux guitaristes se défiaient tacitement, un sourire se formant sur leurs lèvres. « Rien de tel qu'un peu de compétition pour motiver ces deux-là à bloc », pensa Neji, confiant.

Dès le moment où ils s'étaient rencontré, les deux guitaristes avaient toujours désiré se défier dans n'importe quel domaine, le climat de compétition les poussant toujours au bout de leurs limites. Sasuke était bien meilleur aux études et avait assurément plus de succès auprès de la gente féminine, mais le caractère jovial et fidèle de Naruto en avait fait un ami très apprécié. Un seul domaine ne les avait encore jamais départagés : La musique. Au concours local des jeunes talents, le prix était toujours remporté alternativement par l'un ou par l'autre.
Mais la dernière fois, c'était Sasuke qui avait conquis les juges.

- Pourquoi tu me regardes comme ça, Baka… ? souffla le noiraud entre ses dents à l'attention de Naruto.
- Pour rien, Teme. Saches simplement que tu ne gagneras pas cette année.

A ce moment, ils s'observaient franchement, les sourcils froncés mais le sourire béant ; leurs yeux semblaient lancer des éclairs.

- Euh… Les gars ? s'inquiéta Kiba. Cette compèt' est une chose, mais le groupe en est une autre… Pour le groupe, vous devez être soudés, parce que…

Coupant la phrase du batteur, Naruto éclata d'un rire moqueur.

- Moi ? Soudé avec lui ?

Le jeune homme aux cheveux corbeaux coinça une nouvelle cigarette entre ses lèvres et, sans lever les yeux, répondit :

- Déjà qu'il sait pas jouer tout seul, il va jamais pouvoir se démerder avec moi…

Aïe aïe, la réponse arrive…

- REPETE UN PEU, ESPECE DE CRANEUR ARROGANT ET EGOCENTRIQUE ?!

Qu'est-ce que je disais, soupira mentalement Neji.

- Waou… continua Sasuke, faussement impressionné. C'est la première fois qu'autant de mots compliqués sortent de ta bouche !…
- … TEME !
- Ah ! Voilà, ça c'est déjà plus du Naruto… BAKA !
- OH, CA SUFFIT VOUS DEUX, AU FOND ?!

Sakura apparut alors vers eux, feignant de n'emporter que les verres vides.

- Le boss vous entend jusque derrière le bar, les gars…

Neji se retourna, mouvement bientôt suivi par tous les autres membres. Un homme de stature imposante s'approchait d'eux ; l'œil rieur, une barbe entourait sa mâchoire fendue par un sourire franc. Une cigarette éteinte pendait à ses lèvres alors qu'il parlait :

- Salut les gosses… Z'êtes pas croyables, vous deux !…

Il ébouriffa les cheveux des deux guitaristes simultanément.

- Neji, toi qui est moins sanguin… continua le patron du bar. Tu pourrais pas les calmer un peu ?
- Merci, Asuma-san, mais je suis bassiste… Pas baby-sitter.

Sasuke lui lança un regard assassin pendant que Naruto beuglait un "Quoi?!". Asuma partit dans un rire rocailleux.

- Vous êtes incorrigibles… Pourquoi vous ne vous battriez pas pour vous départagez ?
- Je ne demande que ça… ricana le blond en faisant craquer ses articulations.

Sasuke haussa les sourcils dans une attitude dans une attitude dépitée, comme si Naruto était définitivement le dernier des imbéciles.

- Il parle d'un battle sur scène, Baka.

Asuma se redressa légèrement en souriant.

- Allez-y… La scène est libre ce soir. Je suis impatient de voir ce que ça va donner…

Les quatre tournèrent leurs regards simultanément vers la scène.

- Mais… On ne va pas jouer maintenant !… s'écria Naruto. M… Ma guitare n'est pas accordée, et puis… euh…
- Tss… Peur de te faire écraser, Baka ?… dit Sasuke en se levant.

Une étincelle s'alluma soudainement dans le regard du blond. Il se redressa à son tour et s'approcha du noiraud et, bien qu'il fût légèrement plus petit, son regard était tout aussi déterminé. Leurs visages, à ce moment espacés d'à peine quelques millimètres, affichaient la même volonté de vaincre.

- … C'est ce qu'on va voir, Teme.

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- Kakashi… Aaaah !…

A peine le brun était-il entré dans l'appartement de l'écrivain que l'atmosphère animale et érotique qui y régnait avait pris possession de son corps. Il avait beau essayer de se retenir, de se raviser, mais chaque fois, c'était pareil. Son corps n'aspirait qu'au sien. S'y blottir, se gorger de son odeur, se plonger dans un tourbillon de sensations qu'aucun autre n'avait su lui montrer…
Leurs échanges de courtoisie n'avaient duré qu'une vingtaine de minutes, le temps que leur distance polie ne soit raccourcie par le saké. Sur le canapé du séjour, les deux hommes d'entretenaient à propos de Sai… repoussant autant l'un que l'autre l'envie de lâcher l'animal en eux ; chaque frôlement de genou leur parcourait tout le corps, chaque effleurement de doigts accélérait un peu plus le pouls des deux amants. Ce fut finalement Kakashi qui perdit contenance le premier, ayant pris subitement en bouche les lèvres offertes d'Iruka, coupé au milieu d'une phrase.
Le cœur de ce dernier s'accéléra encore alors que Kakashi se mettait à caresser de sa langue celle du brun, devenue fébrile sous tant de sensations. Sa respiration, déjà saccadée, s'emballa pendant que l'écrivain posait une main sur son torse, caressant ses fins pectoraux à travers le tissu de sa chemise. La langue de Kakashi commença alors à traduire son impatience, s'entrelaçant avec passion autour de celle de son amant, pendant qu'avec une douce pression du poignet, il incitait le brun à s'allonger sur le canapé.
Dans un mouvement fluide et sensuel, Kakashi recouvrit le corps du professeur, dévorant toujours ses lèvres avec passion. Il fut rapidement à nouveau allumé en sentant une bosse grandir contre son bas-ventre, alors que sa propre virilité lui faisait bien comprendre que son pantalon était de trop dans l'histoire.

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- Hey, regardez ! Ce sont les FoXxX !

Le bar tout entier se mit à applaudir et à acclamer le groupe qui venait de monter sur scène. Sasuke accordait la guitare qu'Asuma lui avait gentiment prêtée, une superbe Fender écorchées à plusieurs endroits. « Ma toute première guitare », lui avait-il dit avec un regard ému en la lui tendant. Neji sortait tranquillement la basse de son étui, réajustant au passage ses pantalons moulants sombres.

- Bonsoir, tout le monde ! s'écria Kiba dans le micro. Suite à un accident avec notre ancien guitariste, nous venons faire ici notre tout premier essai avec son remplaçant… Je vous demande d'accueillir Sasuke dans notre grande famille !

De jeunes filles qui s'étaient postées au premier rang lui faisaient de grands signes de main en l'acclamant, les joues écarlates. « Y'a pas que dans la famille qu'elles voudraient l'accueillir, celles-là… », pensa Kiba avec un sourire.
Le projecteur éclaira brusquement le visage pâle du noiraud, qui contrastait furieusement avec ses yeux et ses cheveux couleur de nuit, dont quelques mèches retombaient sur son visage inexpressif.

- Prêts, les gars ? demanda Neji quand tous les instruments furent branchés et prêts à rugir. Kiba imposera un rythme, moi un accompagnement.

Naruto prit une profonde inspiration, sentant ses doigts trembler.

- Après… Vous faites ce que vous voulez, conclut le bassiste avec un sourire.

Le blond s'approcha alors du micro. Il éclaircit sa gorge nouée avec d'annoncer :

- Ce soir ne sera pas un concert comme les autres. Sasuke et moi-même…

Il déglutit pendant qu'une goutte de sueur lui traversait le doigt.

- … allons nous affronter dans un battle.

Les acclamations doublèrent d'intensité à mesure que le bar se remplissait de plus en plus à l'annonce de cette représentation surprise, ce qui ne faisait qu'accroître le niveau de stress de Naruto. Ce dernier tourna le regard vers son rival et remarqua que celui-ci semblait on ne peut plus détendu… L'appréhension du blond ne s'arrangea pas.

- L'un après l'autre, trois essais alternatifs chacun, expliqua Asuma à voix basse. Qui commence ?
- Je me lance, dit Sasuke après s'être enfermé dans le mutisme pendant plus d'une vingtaine de minutes. T'en fais pas, Baka, je vais pas y aller trop fort pour commencer.

Le regard qu'il lança au blond était plus qu'éloquent, aucun doute : il était très confiant et sûr des cartes qu'il avait en main.
« Si tu crois que je vais te laisser gagner, tu te trompes, Teme », pensa Naruto en serrant les dents. Une onde de courage le parcourut alors et il trouva la force de lancer un regard provocateur au noiraud, en souriant de toutes ses dents. On pouvait à ce moment lire dans ses saphirs que jamais il ne s'avouerait vaincu.

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Comme à chaque fois, Kakashi adorait faire durer le plaisir, sentant son partenaire devenir fou à chacun de ses déhanchements. Enfin débarrassés de leurs hauts respectifs, les deux hommes faisaient glisser leurs torses perlés de sueur l'un contre l'autre à mesure que l'écrivain ondulait contre Iruka, rendu éperdu de désir. L'érection formée au creux du professeur commençait à lui faire mal tant elle avait peu de place pour s'épanouir. Il ne désirait qu'une chose : ne former plus qu'un avec lui en cet instant, que leurs deux corps s'embrasent d'une même flamme, de la même façon que le désir les avait consumé tout au long de la soirée.

- Kakashi… Aaah !…

Le professeur fronça les sourcils sous l'effet du plaisir quand l'écrivain avait commencé à promener sa langue sur le pourtour de ses mamelons. Il se mordit la lèvre du bas pour empêcher un gémissement.

- Dis-moi ce tu veux, Iruka… lui susurra l'écrivain d'une voix rauque avant que sa langue ne vienne exciter la pointe de son téton droit.
- Hmmm… Prend-moi… Maintenant !…

Kakashi leva les yeux, une lueur sadique au fond du regard.

- Pas maintenant. Pas avant que je te rende fou de désir…

D'une main habile, il décrocha le pantalon de son amant et le fit glisser le long de ses jambes.

- Pas avant que chaque pore de ta peau ne sue mon nom…

L'excitation le submergeait tellement qu'Iruka se sentait défaillir. L'écrivain lui embrassa le nombril, prenant garde à ne pas frôler le membre douloureusement dressé à travers le fin tissu.

- Pas avant qu'une partie de ton désir pour moi…
- Aaah… !

L'écrivain venait de passer un doigt le long du membre de son amant, toujours emprisonné dans son étreinte textile.

- … ne se déverse sans que j'aie à me glisser au fond de toi.

Iruka, rougi par l'excitation et la frustration, fit un mouvement vers son membre, mais attendait tacitement l'approbation de l'écrivain.

- Vas-y, Iruka… Fais-toi jouir pour moi.

Un sourire fendit le visage du professeur alors que sa main plongeait dans son sous-vêtement, laissant échapper un soupir de bonheur. Kakashi se redressa et fit glisser le boxer de son amant le long de ses jambes, découvrant un sexe tendu à son maximum. L'écrivain s'appuya contre le dossier, écartant les jambes afin d'y alléger la pression.
Empoignant sa virilité, Iruka replia les genoux et les écarta outrageusement afin que la vue soit la plus excitante possible. Il se mit alors à faire coulisser son membre dans sa main, sans quitter l'écrivain des yeux, pendant qu'il se mordait la lèvre inférieure pour tenter d'étouffer vainement les gémissements qui lui échappaient.
Kakashi voulait le rendre malade de désir… ? Iruka allait donc lui aussi le provoquer ouvertement. Il porta sa main à sa bouche, glissant un doigt à travers ses lèvres.

- Hmmm… Kakashi-sama…

Les muscles de l'écrivain se crispèrent brusquement, ses yeux se chargeant de bestialité. Il déboutonna son jeans et en sortit un sexe d'une imposante envergure, qu'il se mit aussitôt à caresser avec vigueur.

- Tu veux jouer à ça, Iruka… ? murmura l'écrivain d'une voix enrouée. Alors j'espère que t'as pas de marathon dans la semaine, parce que je te jure que tu marcheras pas avant plusieurs jours.
- Des paroles… souffla le professeur. Toujours des belles paroles…

Il s'interrompit un instant en levant la jambe droite en l'air, laissant alors voir son intimité offerte qu'il se mit à caresser.

- … mais les actes, Kakashi-sama ?…

Ce dernier ne put empêcher un râle pendant que le mouvement de son poignet s'intensifiait encore.

- Putain, Iruka… Je te jure… Tu vas le regretter…

Son souffle se faisait de plus en plus court.

- Prépare-toi pour moi… continua-t-il. Parce que… je vais pas… me retenir…

Iruka sourit. Il avait réussi.

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L'Uchiwa fronçait les sourcils alors que Kiba entamait un tempo rapide. Allez, concentre-toi… Neji commença une mélodie que les oreilles non-entraînées auraient pu considérer comme compliquée ; les yeux fermés, ses doigts glissaient sur le manche de son instrument dans un mouvement presque sensuel, ils trouvaient leur place quasiment instantanément.
Sasuke se concentra sur la séquence d'accord principale… La mineur… Do majeur… Sol majeur… Fa majeur… Il sourit. Franchement, Neji, tu me prends pour un débutant… ? Allez, on va pas être trop trop méchant pour le premier coup…
Sa spécialité était la même que Lee, à savoir que la rapidité à laquelle il pouvait exécuter des solos était impressionnante.
Ainsi, très naturellement et lors de la deuxième mesure déjà, Sasuke entama une mélodie passablement rapide et mélancolique qui colla parfaitement bien à l'ambiance préalablement créée par Neji ; le manche glissait sous ses doigts – pas même besoin de se forcer pour faire quelque chose de convenable –, les notes lui venaient automatiquement et c'était tout juste s'il ne se mettait pas à bâiller en plein milieu. Kiba l'écoutait d'une oreille ; sa réputation n'était vraiment pas surfaite. Le brun savait que l'Uchiwa ne donnait pas son maximum pour ce premier essai… Il commença alors à douter de la crédibilité du blond face au soliste…
La mélodie s'arrêta abruptement. La foule semblait avoir complètement adopté le nouveau membre du groupe, surtout la gente féminine.
Le bassiste et le batteur ne s'interrompirent pas ; ils ne firent que tourner vivement leurs regards vers Naruto qui respirait profondément, apparemment serein. Il connaissait la séquence et avait une mélodie en tête ; par contre, contrairement à Sasuke, lui ne pouvait pas laisser ses doigts composer la musique pour lui… Il n'était pas soliste. Chaque note était mûrement réfléchie à l'avance… Mais il était confiant.
C'est parti !… Il débuta les premières notes. La mélodie était plus complexe bien que légèrement moins rapide, mais le blond s'en sortait bien… Très bien même ! Kiba souriait de toutes ses dents. Lentement, une goutte de sueur roula le long de la tempe de Naruto tant il se concentrait. L'Uchiwa se refrogna ; il ne s'attendait pas à une si belle défense de la part du blond. Les doigts de celui-ci étaient plus crispés que ceux du noiraud, mais le son était harmonieux et fluide.
Il termina progressivement, élargissant son sourire à mesure qu'il finissait. Applaudissements et acclamations de furie : le leader portait toujours fièrement le drapeau des FoXxX.

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Pendant que le poignet gauche d'Iruka continuait un mouvement de va-et-vient soutenu, les doigts de sa main droite se plaçaient devant son entrée. Avec lenteur, il fit alors s'introduire son majeur en lui, son visage crispé en une expression de plaisir.

- Hmmm… Kakashi… Encore… !

Sans plus attendre, un deuxième doigt vint alors sonder son intérieur. Après quelques secondes, il calqua le rythme de ses doigts avec celui de son poignet et entama un rythme assidu dans son intérieur. Chacune de ses pénétrations était ponctuée d'un gémissement sourd.
Il observait profondément l'écrivain, pendant que le prénom de celui-ci lui échappait de temps à autres. Il le voyait bien, son amant avait de plus en plus de mal à se contenir ; la cadence du poignet de celui-ci s'intensifiait à mesure que le professeur accélérait l'intrusion de ses doigts au fond de lui. La rapidité s'accentua encore, Iruka ferma les yeux lorsque…

- KAKASHI !!…

Iruka se déversa dans sa main et sur son ventre, par à-coup, le visage crispé par l'orgasme…
Il garda plusieurs secondes les yeux clos, deux doigts toujours au plus profond de lui, afin de reprendre ses esprits. Sa respiration se calma peu à peu, mais au creux de sa main, son érection ne semblait pas vouloir le quitter de si tôt, comme si elle prévoyait son utilité imminente.
Ses paupières s'ouvrirent lorsqu'il sentit deux mains se poser sur ses mollets et les agripper. Kakashi déposa les deux jambes du professeur sur ses épaules, guidant d'une main sa virilité vers l'entrée rose d'Iruka.

- Hey, Kakashi, attend un moment, je…
- Iruka, le coupa l'autre. Je t'ai dit que t'allais le regretter. Maintenant… Assume.
- AAAH !!

L'écrivain avait ponctué son dernier mot par un puissant coup de rein qui logea violemment son membre à l'intérieur d'Iruka. Le hurlement de douleur de ce dernier contrasta terriblement avec le râle de plaisir de l'écrivain.

- Kakashi… !! J'ai… J'ai mal !!
- Fallait y penser avant de me provoquer…
- AAAAAH !!

L'écrivain entama un sauvage déhanchement à l'intérieur d'Iruka, alors que ce dernier hurlait à chaque pénétration. La douleur lui monta aux yeux et les larmes ne tardèrent pas à couler le long de ses joues. Il lui semblait que ses entrailles se fendaient littéralement en deux…

- Iruka ! Tu pleures… ?

Le mouvement s'était alors stoppé net.

- N… Non… murmura le professeur d'une voix remplie de sanglots.

Kakashi se retira alors doucement et retourna s'asseoir au coin du canapé, la mine triste. Iruka, abasourdi, resta sur le dos à observer l'écrivain.

- … Excuse-moi, Iruka… Je me suis laissé emporter. Vaut mieux qu'on en reste là…

Il s'affala contre le siège et étendit largement ses bras sur les dossiers tout en basculant sa tête en arrière. A mesure que la douleur s'estompait au fond de lui, Iruka écarquillait les yeux et, au bout de plusieurs secondes, parvint à articuler péniblement :

- … Quoi, c'est tout ?…
- C'est tout, répondit Kakashi d'une voix calme. J'ai fait passer mon plaisir avant le tien et j'ai horreur de faire ça. Donc, je préfère m'arrêter.

Il soupira et ferma les yeux.
Le professeur, touché, sentit à nouveau l'émotion l'envahir. Cet homme était si gentil…
Toutefois, l'érection préalablement formée de semblait pas vouloir se tarir. En plus, Iruka n'avait de cesse d'observer l'écrivain d'un regard de concupiscence, appréciant avidement les courbes de ses pectoraux robustes, la peau pâle de ses abdominaux divins, la fine trace de poils qui, partant de son nombril, semblait lui montrer le chemin à suivre vers l'objet de ses convoitises…

Non, décidément, il ne pouvait pas en rester là… !

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Le deuxième essai passa. L'accompagnement de Neji s'était fait plus compliqué, le rythme imposé par Kiba difficile à suivre, mais les deux guitaristes tinrent bon. Le blond le savait : il avait donné son maximum sur ce coup-là et, voyant le sourire presque sadique qu'affichait le noiraud, il avait certainement gardé encore un as en main…
Non… NON !! Je ne peux pas perdre contre lui !… Pas encore !!
Le blond était en nage et la panique le faisait encore plus suer. Il fallait qu'il trouve quelque chose, et vite…

- Mesdames et messieurs… annonça Asuma dans le micro. Je ne sais pas ce que vous en dites, mais… Le niveau est vraiment excellent ce soir au Anbu !

Acclamation de la foule en furie.

- Ce dernier morceau les départagera ! Neji, je compte sur toi pour les petites subtilités et les contre-temps, et toi, Kiba, ne lésine pas sur la double-pédale ! On va voir ce que ces p'tits gars ont dans le ventre !…

Pendant que le public continuait de hurler, le bassiste décida de concerter le brun avant le début du morceau car ils allaient devoir mettre le paquet.
Le stress profita de cette pause pour s'ancrer encore plus profondément en Naruto. Oui, il crevait de peur, mais il refusait de s'avouer vaincu. Il jeta un coup d'œil à Sasuke qui le fixait, un sourire mauvais aux lèvres.
Le temps semblait s'être arrêté entre les deux guitaristes. Azur contre Onyx : qui vaincra ?…
Au bout de plusieurs minutes, Neji se remit finalement en place, balayant d'un coup de tête les cheveux qu'il avait devant les yeux. Il ouvrait et fermait sa main rapidement afin de décrisper ses articulations, le regard dans le vide, mettant en place mentalement la ligne de basse qu'il allait devoir effectuer.

Kiba commença. Neji le rejoignit après quelques mesures, le temps que son oreille s'habitue au rythme endiablé que le batteur avait entamé. La mélodie que le bassiste venait de composer était certainement une des plus compliquée qu'il avait imaginé jusqu'à maintenant.
Tous les regards ne tournèrent vers Sasuke, comme si toute la salle retenait son souffle. Ce dernier avait la tête basse, le regard perdu, apparemment extrêmement concentré.
Inspire. Expire. Inspire, et… Ca y est ! J'ai la séquence !!
Un sourire béant apparut sur les lèvres de Sasuke, satisfait.
Abattons maintenant notre dernière carte…
Lentement, le noiraud leva le bras à angle droit devant lui, poing fermé et paume tournée contre le sol. Levant avec une indolence presque perverse un doigt après l'autre, il laissa tomber son médiator au sol.
Le bassiste, sidéré, fit une fausse note tant il était abasourdi. Il n'allait quand même pas…

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Basculant sur ses genoux d'un mouvement souple, Iruka se mit alors à avancer vers l'écrivain, roulant des hanches et des épaules à la manière d'un chat voulant piéger sa proie. Sa respiration devint de plus en plus irrégulière au fur à mesure que son désir croissait aussi en lui. Cependant, Kakashi ne sembla même pas sourciller, bien que son érection soit toujours d'actualité.
Tel un félin, Iruka se mit voluptueusement à cheval sur son amant tout en glissant ses mains vers la nuque de ce dernier, lui agrippant les cheveux. Sa respiration était bruyante, saccadée, elle contrastait terriblement avec le rythme calme de l'écrivain sous lui. Celui-ci ouvrit les yeux, étonné, les plongeant dans le regard avide et impatient de son amant, qui ne tarda pas à l'embrasser avec fougue, frottant sa croupe contre le fier membre de Kakashi.

- I… Iruka… commença ce dernier en interrompant le baiser.
- Non, coupa l'autre. Je m'en fous. T'as voulu prendre ton pied…

La main du professeur empoigna alors le membre de son amant, cherchant l'entrée de son intimité.

- Va au moins… Aaah…

Il s'enfonça.

- … jusqu'au bout…

L'écrivain semblait réticent, bien qu'il ne résista pas à commencer à rouler suavement des hanches, enfonçant son membre de plus en plus profondément à l'intérieur d'Iruka, tout en plongeant son visage au creux du cou du brun.

- Mais… Iruka…
- Ferme-la. A moi de prendre mon pied, maintenant.

Contre toute attente, le professeur repoussa le torse de Kakashi vers le canapé et glissa ses mains derrière sa propre nuque, les coudes levés en une pose sensuelle et commença alors lui-même à faire coulisser le membre gorgé de désir en lui. L'écrivain semblait tout à fait étonné et satisfait de la tournure des événements si on en croyait les râles de contentement qu'il ne pouvait empêcher. Iruka gémissait à chaque fois qu'il faisait heurter le membre de son amant contre sa prostate, cette merveilleuse sensation qu'aucun hétérosexuel ne connaître jamais et que Kakashi lui avait fait découvrir pour la première fois alors qu'ils n'étaient que deux adolescents en quête d'identité sexuelle.

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- PUTAIN ! On aurait dit le solo de « One » de Metallica !! Incroyable !!
- T'as vu, on arrivait même pas à voir ses doigts bouger !!
- Trop fort, il faisait au moins 5 à 6 notes par seconde !…

Le public était en délire. Du jamais vu chez un jeune de son âge !…
Sasuke était complètement essoufflé et la sueur perlait son front… mais une lueur de victoire brûlait déjà au fond de ses yeux. Il savait pertinemment que Naruto ne pouvait déjà maîtriser cette technique bien caractéristique et extrêmement compliquée que l'on appelait le tapping.
Alors, Baka ? Qu'est-ce que tu vas nous faire après ça… ?
Comme si les pensées du noiraud avaient été dites à haute voix, le public se tut en une fraction de seconde et reporta son attention vers le blond. Son visage ne reflétait rien, sa main gauche tenant mollement le manche de son instrument. Les secondes défilaient sans que Naruto ne se décide à bouger ; le bassiste sentait furieusement la crampe venir.
Mais le blond ne bougea pas.
Et c'est au moment où Asuma allait annoncer la fin du battle que Naruto s'approcha lui-même du micro d'un pas traînant.
« Il abandonne », pensa toute la salle en cœur.
« Il abandonne », pensèrent Neji et Kiba, leurs membres engourdis.
« Il abandonne », pensa Sasuke.

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Iruka accéléra la cadence ; il sentait bien que le climax n'allait pas tarder. Son visage, transfiguré par le plaisir, continuait de se détourner de l'écrivain sous lui. Ce dernier, béat, commença lui aussi à donner de puissants coups de reins, arrachant encore plus de hurlements voluptueux à son amant.

- Dis le nom de celui qui te donne du plaisir, Iruka…

Ce dernier fronça les sourcils en une mine amusée.

- Dis-le… insista Kakashi.
- Non, souffla alors le professeur.

La réaction virulente de l'écrivain ne se fit pas attendre. Attirant le brun contre lui, Kakashi se redressa du canapé, son membre gonflé au maximum toujours en Iruka, glissa ses deux mains sous les fesses de ce dernier pour le porter rapidement en direction du mur opposé, contre lequel Kakashi plaqua sauvagement le brun. Celui-ci entoura ses jambes autour de la taille de l'écrivain, se languissant de la suite…

- AAAAAH !!

Kakashi se mit à pilonner sauvagement le brun, le faisant hurler de plaisir.

- Crie mon nom, Iruka !… murmura Kakashi au creux de son oreille. Crie le nom de celui qui te fait hurler comme ça !…
- N… Non !!
- … Ah non ?
- AAAAAAAAH !!

Le rythme s'accéléra à une vitesse folle et chaque heurt à l'intérieur de lui manquait de faire jouir Iruka à tout moment. Puis soudain…
L'écrivain se retira brusquement. Le brun était si proche de la jouissance !…

- Qu'est-ce que tu fais ?! hurla Iruka, frustré au possible.
- Vas-y… insista Kakashi, complètement essoufflé tout en guidant l'extrémité de son membre sur le pourtour de l'intimité de son amant. Crie-le maintenant et je te donne le plus bel orgasme de ta vie…
- K… Kakashi… samaAAAA !!

L'écrivain avait pénétré Iruka avec tant de force que ce dernier jouit alors sous la violence du coup, son corps se tendant contre celui de son amant pendant qu'il se déversait sur les abdominaux musclé de son amant. Il laissa retomber sa tête sur l'épaule de son amant, la force de sa jouissance lui ayant fait apparaître des points colorés devant ses yeux. L'écrivain se retira alors en douceur, maintenant fermement Iruka contre le mur jusqu'à ce que celui-ci reprenne ses esprits.

- Finis-moi, Iruka… lui susurra-t-il au creux de l'oreille lorsque le climax de ce dernier fut retombé.

L'écrivain se dégagea du corps d'Iruka pendant celui-ci laissait retomber mollement ses jambes au sol, comme si l'orgasme avait pompé l'énergie de toutes les cellules de son corps. Il vacilla un instant lorsque ses pieds atteignirent le sol, autant à cause de la brutale fatigue qui s'était abattu d'un coup et de l'intense douleur qui lancinait ses reins, avant de s'agenouiller devant Kakashi. Le regard embrumé, il prit néanmoins avidement le membre offert en bouche et entama un va-et-vient rapide. Il avait toujours eu du mal à enfourner l'imposant sexe entièrement ; ainsi il invita sa main à aider le mouvement oral. La respiration de l'écrivain s'accéléra alors qu'il posait ses deux mains dans les cheveux d'Iruka, l'incitant à le prendre plus en profondeur, et ce fut en sentant son extremité marteler le fond de la gorge du professeur que Kakashi se tendit soudainement, déversant son plaisir au fond de la gorge de son amant, effectuant les derniers coups de rein en poussant un râle de contentement.

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" Hey man, look into my eyes
You'll see I'm not a kiddy in disguise
I'm proud and I'm not ashamed
To tell you you can't beat me at my own game
Hey man, you can throw it at my face
But I know you're far away from grace
You think you can play me ?
Hey man… You're just a wanna-be."

Eclats de rire dans toute la salle. Personne n'avait imaginé que le blond pouvait user de son talent de parolier dans un moment pareil… !
Le guitariste enchaînait une simple séquence d'accords basiques, mais la mélodie de la voix collait parfaitement à l'ambiance. Il n'avait peut-être pas remporté le battle, mais il savait qu'il ne suffisait pas de savoir manier une guitare ; il y avait aussi les émotions, la communication avec le public, toutes ces choses qui allaient pouvoir le mener là où il le souhaitait : la reconnaissance et le succès.

Iruka… Iruka, pourquoi on me laisse toujours tout seul ici, Iruka ?… Tu crois que je suis méchant ?… Pourquoi personne ne vient me chercher, comme les autres enfants ?… Je voudrais moi aussi avoir des parents, Iruka…
Pourquoi personne ne m'aime ?…

Naruto enchaînait les phrases et les rimes avec une aisance extraordinaire. Kiba et Neji prenaient leur pied à l'accompagner, souriant comme des gamins, alors que Sasuke les observaient simplement, visiblement amusé.
Il avait compris.
S'approchant de lui, le bassiste lui fit alors signe d'entrer dans le jeu.

Pourquoi pas ?
Empoignant sa guitare, le noiraud prit alors sa place de soliste au sein du groupe, plaçant de-ci, de-là quelques notes, quelques riffs ; Naruto s'interrompit même au milieu de la chanson pour le laisser placer un solo complet, et, mine de rien, leur timing était parfait, leur intuition sur le début ou la fin de telle ou telle partie était la même. Le nouveau groupe s'éclatait dans cette première répétition, première chanson et premier concert simultanément.

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Kakashi appuya un bras contre le mur afin de reprendre son souffle et abaissa son regard vers le professeur, qui à ce moment suçotait une dernière perle de volupté subsistante sur l'extrémité du membre.

- Oublie pas ce que tu as laissé sur mon ventre… souffla-t-il en souriant.

Iruka, moitié exaspéré, moitié amusé, tourna son regard vers les fines traces blanchâtres qui ornaient le nombril de l'écrivain. D'un mouvement souple, il les lécha consciencieusement, ajouta une autre saveur de volupté à celle qu'il avait déjà en bouche. Il se redressa dos au mur, se retrouvant à quelques millimètres du visage de Kakashi.

- Avale, commanda ce dernier.

Le brun sourit en secouant la tête en guise de refus. Une lueur perverse s'alluma au fond de son regard.

- Hum… continua l'écrivain en souriant à son tour. Alors… Partage.

Il s'approcha des lèvres du brun et l'embrassa doucement, sa langue, tout en caressant celle de son amant, vint alors récolter un peu de l'expression de leur plaisir dans la bouche d'Iruka. Il se redressa après quelques secondes et ingurgita rapidement ce qu'il avait pu dérober au professeur, alors que ce dernier en faisait de même avec le reste de volupté lui subsistant en bouche.
Alors qu'il ne détachait pas son regard de celui du brun, Kakashi l'embrassa à nouveau avec passion et douceur, comme si à travers ce baiser il cherchait à exprimer de la gratitude envers Iruka.

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Progressivement, les instruments cessèrent alors de rugir, Kiba et Neji faisant durer la fin malgré leurs muscles qui les lançaient douloureusement, la foule hurlait et applaudissait à tout rompre.

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Lorsque l'écrivain mit enfin un terme à leur échange langoureux, il prit le visage d'Iruka entre ses mains et déposa un petit baiser sur son front. Puis, il replongea profondément ses yeux dans ceux du brun.

- Merci. C'était génial, murmura-t-il après un dernier baiser sur les lèvres.

Il s'éloigna alors, abandonnant le professeur contre le mur.
Kakashi sonda rapidement le sol à la recherche de leurs sous-vêtements respectifs. Il balança le boxer d'Iruka à travers la pièce avant d'enfiler le sien d'un mouvement souple. Il se gratta la nuque et bâillant tout en se dirigeant vers la cuisine.
Iruka, toujours dos au mur, bascula doucement sa tête en arrière, le regard profondément vide. Il voulait à tout prix éviter de réfléchir.

- Tu veux quelque chose ? demanda l'écrivain d'une voix forte depuis la cuisine.

Le professeur soupira bruyamment.

- Simplement que tu m'aimes autant que je t'aime moi… chuchota-t-il.
- T'as dit quelque chose ? demanda l'écrivain en passant la tête par l'entrebâillement de la porte.

Iruka força un sourire avant de répondre :

- Non, non, j'ai rien dit. Je veux rien, merci.

Kakashi lui rendit son sourire avant de s'engouffrer à nouveau dans la cuisine.

- Mais oui, tu sais, Kakashi Hatake, le type aux cheveux argentés qui est en fac de psychologie…

Iruka, 18 ans, surprit cette conversation entre deux camarades de pédagogie.

- Y'a quoi avec lui ?
- Ah ! Iruka-kun !... Ben, y'a des rumeurs qui disent que c'est vraiment un chaud lapin... Paraît qu'il cherche au maximum à diversifier ses conquêtes.
- Et alors ? Tu veux tenter ta chance ?

Son ami s'empourpra violemment.

- N… Non ! T'es con ou quoi ? Pis j'suis pas une meuf, hein, au cas où…
- Ca change rien, il est bi, répliqua Iruka.
- Comment tu sais ça, toi ?

Ce dernier sourit.

- Des rumeurs. Vous avez son numéro de portable ?
- Des envies de te faire enculer… ?
- Pff, z'êtes cons. C'est juste que je connais deux-trois chaudasses qui pourraient le dépanner.
- Hum… Tiens, c'est celui-là son numéro… Et… c'est qui les deux-trois chaudasses en question… ?

Iruka leva un œil amusé après avoir prit note du numéro.

- Du genre Anko, la miss qui est en fac de sport… Paraît qui y'a pas que pour les sports de combat qu'elle se donne à fond…

Extrait d'un échange de SMS entre Iruka Umino et Kakashi Hatake, plus tard ce jour-là :

« Salut, c'est Umino Iruka. On s'est rencontré au 18 ans d'Asuma… Tu te souviens ? »
« Yo. T'es le brun que j'ai sauté ? »
« … Ouaip. Dépucelé, même, en fait… »
« Hmm, je me souviens… Joli petit cul qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
« J'ai entendu dire que tu cherchais des partenaires… J'ai quelques numéros à te filer si tu veux … »
« Si tu penses à des miss du genre Kurenai ou Anko, tu as deux semaines de décalage, j'en ai déjà fait mon affaire … Dis-moi plutôt que tu as un coup de nostalgie, sinon tu ne perdrais pas ton temps à m'écrire, non… ? »
« Hum, j'suis pas pédé… Désolé… ! »
« C'est pas ce que j'ai cru comprendre l'année passée… Tu avais l'air d'avoir beaucoup apprécié, dis-moi… »

« Allez, te vexe pas. Je dis pas que t'es gay, mais peut-être nostalgique. Si c'est le cas, on peut toujours en discuter… »
« Sais pas. Je cherche plutôt du sérieux en fait… »
« Oula, alors ça, c'est pas dans mon vocabulaire. Moi, je suis là si jamais certaines sensations que des miss peuvent pas t'apporter te manquent. Maintenant, à toi de voir. »
« … Je veux que personne le sache… Et juste une fois. »
« Pour un jour ou pour toujours, moi, ça m'est égal. Tout ce qui m'importe, c'est qu'il n'y ait jamais de sentiments. On sera juste deux potes qui passeraient un bon moment ensemble… Ca te va ? »
« Comment tu veux que je tombe amoureux d'un mec ?! »
« Ca, ça te regarde, mais tâche de faire en sorte que ça soit pas moi… Les sentiments, ça me fait fuir ''… Alors ? »
« … OK. »
« Super. RDV devant l'uni vers 18h. On se détendra ensemble avant les examens… »

Ce qui était censé n'être qu'un plan d'un soir se transforma en rendez-vous mensuel, puis, au fil des années, quasiment hebdomadaire… Et cela faisait bientôt dix ans que leur jeu continuait, qu'ils étaient amis dans le jour et amants dans la nuit… Amant, la seule chose qu'il était aux yeux de cet homme, se laisser prendre, la seule manière qu'il avait de faire l'amour avec lui, bien qu'il sache qu'aux yeux de l'écrivain, il n'était qu'une source d'inspiration comme une autre…
Pas question de lui dévoiler ses sentiments. Dans le cas contraire, il se savait bien, il pouvait dire adieu à ces seuls moments de promiscuité intime qu'il partageait avec son aimé. Il endurerait cette souffrance aussi longtemps qu'il le faudra, pleurant en silence en voyant d'autres défiler dans le lit de l'écrivain ; après tout, cela faisait plus de deux ans qu'il s'était rendu compte de la nature réelle de ses sentiments, mais il se taisait, appréciant leurs ébats avec un goût doux-amer dans la bouche… Comment quelque chose pouvait apporter autant de bonheur que de souffrance ?…

Sa chemise enfin boutonnée, Iruka s'efforça de chasser au plus vite toutes ces pensées : à quoi bon ?…

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Les deux guitaristes ne prêtèrent guère attention aux hurlements de la foule. A la fin du morceau, à pas lent, ils s'étaient dirigés l'un vers l'autre, un sourire bienveillant aux lèvres.
Ils le savaient, ils avaient énormément à apprendre l'un de l'autre et devaient laisser tomber leur vieille rancune pour laisser place à la maturité. Sans se quitter des yeux , ils se serrèrent la main, pendant le blond murmurait :

- Bienvenue au sein des FoXxX… Teme.

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Après quelques minutes, Kakashi se dirigea alors vers Iruka et… lui tendit la main.

- Ca m'a fait plaisir de vous voir, Umino-san.

Iruka crut pendant un instant qu'il allait fondre en larmes… mais il n'en fit rien. Il serra simplement la main de l'écrivain dans la sienne.

- Moi aussi, Hatake-san. A bientôt.

Il franchit la porte sans un regard et s'en alla, se sentant comme d'habitude aussi sale qu'une prostituée.