La petite rubrique de Bidibou : IMPORTANT ! OYEZ OYEZ JEUNES GENS ! changement de programme et arrivée... d'auteur …Vous avez peur ? Lol, y a pas de quoi, parce que croyez moi, c'est magnifique pour vous ce qui arrive ! on m'a apporté une aide formidable pour ce chapitre, le concours d'une petite fée en sucre, toute jeune et toute mimie, qui a écrit un passage splendide et à qui j'ai demandé de bien vouloir en écrire d'autres ! ce passage, vous allez le découvrir bien assez tôt, et je pense que comme moi, vous allez aimer et pas qu'un peu.. la plume vient de Luna Potter, et je compte sur vous et je sais que vous saurez ce qu'il vous restera à dire à luna potter quand vous aurez lu le passage qui concerne Charla et Severus !Alors Voilà, Lunachoue, bienvennue à toi, pitchoune ! d'ailleurs, pour ceux qui aiment, ou qui veulent découvrir, miss LunaChoue et deux de ses amies Angel's head & Susu, nous publient quelques histoires sous le pseudo « Le Trio échevelé » ! allez zieuter, et plus que ça , ça vaut le détour !

Autre : de moindre importance, pour ceux que ça intéresse, j'ai crée un Lj.. c'est tout beau tout neuf..c 'est à dire, qu'il n'y a encore quasiment rien dedans. ;m'enfin.. si vous voulez aller faire un tour, l'adresse est dans mon profit ! voilà voilou !

LUNA & Moi vous souhaitons une TRES BONNE LECTURE !


Dis belle Sorcière

Rating :PG –13

Couples :HG SS… GW HP….. RW LB….. DM LC

Genre : de tout, de rien, d'un peu des deux…

DISCLAIMER : je ne suis toujours pas JK Rowling ! et non.. dommage !

Bêta ! bêta ! bêta : acclamez bien fort s'il vous plait : LOLIE ! LOLIE LOLIE ! vous savez pourquoi il faut que vous la remerciez cette charmante demoiselle : elle a tapé une partie de ce chapitre si si si ! elle a tapé un bout de ce chapitre , et elle a corrigé, et elle a fait des remarques constructives, et elle m'a soutenue et enfin elle est TRRROOOOOP Gentille ! Merci Lolie Jolie ! sérieusement, sans toi, que deviendrais –je !

RESUME :. Un damné. Une adorable sorcière. Il connaît le remord et voudrait s'en débarrasser. Elle se sent coupable et veut l'aider. Il refuse. Elle insiste. Elle adorait le petit Severus, il avait confiance en Amy. Alors, tout deux s'acharnent à réparer l'Irréparable. HG SS

Synopsis : 1999 ; règne de la terreur imposée par Lord Voldemort dans l'univers Sorcier. Ses fidèles mangemorts l'appuient toujours dans son idéologie despotique, et la mort, faucille à l'éclat vert de l'Avada Kedavra, s'acharne. Dans le camp de la lumière, là où le vieillissant Albus Dumbledore organise la résistance, l'Ordre du Phœnix se voit agrandit par tout un réseau de clans disséminés aux quatre coins de l'île. Et au milieu de ces deux mondes incompatibles, quelques personnes effleurent le bonheur, ils luttent pour la vie et l'amour. Mais, il y en a deux qui stagnent ou qui régressent, pour n'avancer qu'infiniment . Ils s'évitent, ils se manquent, se mentent, et rien… Depuis des mois.. Deux en fait… Depuis que Severus Snape à ramener au présent , une jeune femme, l'arrachant à un petit bout d'homme qu'il était voilà vingt huit ans. Depuis que Amy l'a quitté pour lui revenir sous les traits de Hermione Granger.

Suite de AMY : pour plus de compréhension, s'y référer ou me poser des questions… ¨¨


Chapitre 2 : Le ver des morts

Jeudi 16 Mars 1999,chez Hermione Granger. 6h15

L'irréparable

Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s'agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille ?
Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords ?

Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,
Noierons-nous ce vieil ennemi,
Destructeur et gourmand comme la courtisane,
Patient comme la fourmi ?
Dans quel philtre ? - dans quel vin ? - dans quelle tisane ?

Dis-le, belle sorcière, oh ! Dis, si tu le sais,
A cet esprit comblé d'angoisse
Et pareil au mourant qu'écrasent les blessés,
Que le sabot du cheval froisse,
Dis-le, belle sorcière, oh ! Dis, si tu le sais,

A cet agonisant que le loup déjà flaire
Et que surveille le corbeau,
A ce soldat brisé ! s'il faut qu'il désespère
D'avoir sa croix et son tombeau ;
Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire !

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres ?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?

L'Espérance qui brille aux carreaux de l'Auberge
Est soufflée, est morte à jamais !
Sans lune et sans rayons, trouver où l'on héberge
Les martyrs d'un chemin mauvais !
Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge !

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?
Dis, connais-tu l'irrémissible ?
Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,
A qui notre coeur sert de cible ?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?

L'Irréparable ronge avec sa dent maudite
Notre âme, piteux monument,
Et souvent il attaque, ainsi que le termite,
Par la base le bâtiment.
L'Irréparable ronge avec sa dent maudite !

J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal
Qu'enflammait l'orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore ;

J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal (1)
Un être qui n'était que lumière, or et gaze,
Terrasser l'énorme Satan,
Mais mon cœur, que jamais ne visite l'extase,
Est un théâtre où l'on attend
Toujours, toujours en vain, l'Etre aux ailes de gaze.

Un frisson remonte le long de son épine dorsale. Un frisson qui semble prendre un malin plaisir à se répandre lentement tout en elle, la laissant transie de froid, recroquevillée sur son canapé, les jambes engourdies et même le plaid pelucheux dans lequel elle joue à la squaw ne lui apporte plus qu'une mince tiédeur insuffisante.

Sur sa table basse, en trois piles distinctes et haute-perchées, sont classés ses cours de Botanique sorcière. De l'étude des mousses anaérobies Photogènes aux peupliers Incendiaires. Elle a délaissé, ce matin, son programme de révision. Elle avait pourtant surligné sur son planning les matières où elle avait grandement besoin, selon elle, de combler des lacunes abyssales. Mais elle méprise ce planning aussi. Au profit d'un recueil de poème. D'un recueil d'un poète Français : Charles Baudelaire. Là, où elle savait quelle trouverait cette drôle de question que Severus lui a posé hier…Cette question de pure rhétorique qui l'a laissé muette, les yeux papillonnants et l'esprit vide. Il lui avait semblé qu'il s'était évaporé comme une bulle de savon, comme un rien.. A un moment critique !

Elle ne lui avait fourni aucune réponse. Les mots ne venaient plus jusqu'à elle.. Enfin si…Juste cette drôle de phrase.. Il l'avait fait pivoter comme une vulgaire poupée de chiffon vers la porte. Elle l'avait dépassée, machinalement, avait fait trois pas, en silence, puis s'était retourné. Il la regardait. Severus. Son expression indéchiffrable, si peu réjouissante, marqué dans chaque pli de son pâle visage. Et, alors qu'elle allait lui demander une explication, il avait fermé la porte de son bureau. De son antre. Il avait verrouillé ce panneau de bois sur son rejet.

Mais cette phrase… « Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? » a continué de se décliner, inlassablement, comme un torrent exalté, dans son crâne. Et à la tourmenter. Et quand, elle est allée se coucher, hier soir, les yeux pleins de l'écho de ses mots, elle a pleuré, tout en douceur.

Elle s'est réveillée, migraineuse, d'un rêve chaotique.. La phrase, cette phrase, était, comme une complainte, déclamée, tour à tour, comme une supplique ou comme une interjection…Mais, Severus ne le lui a dit que sur un ton affirmatif ! Comme si c'était une évidence, un dogme qu'un damné ne peut être aimé ! Ce n'en est pas une pour Hermione Granger ! En lui disant ces six mots, Severus Snape lui a permis de creuser, de savoir, de comprendre le pourquoi des choses et peut être… De l'aider..

Alors Hermione a lu ce magnifique poème.. S'est vue trembler face aux tourments prophétiques qu'endure le pauvre agonisant, puis.. A réalisé… Et frissonne.

Severus se croit maudit. Severus se sent damné.

Il se sent irrécupérable. Il veut le lui faire comprendre…

Severus au regard inquiétant de froideur est en proie au remord.

Pourquoi ?

Il est un meurtrier. Ses mains si blanches et soignées sont tachées d'asservissement et de grenat .

Il est mangemort.

.- « Non ! Espion ! Espion pour l'Ordre ! » S'exclame t'elle.

Mangemort en rédemption ? Et il a honte c'est ça ? Il se hait ?

Pourquoi ? Il ne lui doit rien.

Et puis, même alors, ça ne change rien... Ni pour elle.. ni pour lui…

Il y a ce parasite en lui, armé de ventouses et de crochets. Solitaire et énorme. Et qui croit, encore et encore. Et qui s'accroche à lui, et qui ne pourra que difficilement être délogé.

Ce parasite, ce tænia qui se nourrit de lui et finira par le tuer. Oui c'est certain, le tuer ! Si elle n'intervient pas !

Oui, il lui faudra bien intervenir à Hermione puisque Severus Snape se meurt, l'esprit voilé d'aigreur, le cœur noyé de pluies salées et poisseuses. Lui qui est rongé de l'intérieur, prêt à se ployer devant ce poison noir qui suinte en lui.

Hermione interviendra.

Sournoisement, puisque, évidemment, il ne voudra rien avoir à faire de tel avec elle. Il préférerait qu'elle le dénigre, qu'elle le rejette. Ce serait tellement plus simple qu'elle le haïsse, pour qu'il se conforte dans ses idées noires. A savoir qu'il est bel et bien échoué d'une île aux rivages acides. Qu'il est un monstre, un tueur, un assassin, un vassal du mal. Enfin, qu'il est bien un maudit. Et qu'aucun de ses actes ne cessera jamais de le supplicier.

Mais qu'en sait-elle Hermione après tout ?

Qui est elle pour juger ?

Pourquoi devrait-elle seulement le faire ?

Pourquoi veut-il qu'elle le juge ?

.- « Je ne pourrais pas te haïr ! » Murmure t'elle.

Elle déplie ses jambes, balance ses bras par-dessus les accoudoirs de son fauteuil, s'y appuie. Ses jointures blanchissent. Elle se lève. Résignée. Elle décide. Elle va l'analyser !

Elle va le satisfaire !

Elle le jugera pour comprendre, et, quand elle aura compris... Elle acceptera. Elle n'aura rien à lui pardonner.

Elle veut juste savoir ce qui s'est passé, toutes ces années, après son départ. Elle veut savoir, si comme le petit Severus, celui-ci, l'adulte, croit encore aux couleurs. Elle se fiche bien de devenir son amie, elle a juste besoin de sa présence !

Et il se met le balai dans l'œil jusqu'aux crins s'il croit qu'elle va abandonner ! Foi de Hermione Granger.

Elle jette une poignée de poudre dans l'âtre.

.-« Chez Sweetie & Tooblond » dit-elle d'une voix fraîche.

Elle passe sa tête au travers des flammes verdâtres et ses yeux la laissent dans l'intimité d'un salon coquet.

.- « Il y a quelqu'un ? Demande t'elle d'une voix forte.

.- Bigre ! Gran.. Heu.. Hermione ! Tu m'as fichu une de ses frousses ! Peste Draco Malfoy, en s'extirpant d'un fauteuil où il semblait s'être assoupi, un grimoire vieillot à la main.

.- Désolée.

.- Un souci avec l'Ordre ? » S'inquiète t'il, tournant vers elle ses yeux clairs.

Hermione rougit et remet en place une mèche qui l'agace prodigieusement .

.-« euh.. Non… C'est à dire que…

.- Ok ! Je vois ! Encore un problème de bonne femme ! Je vais te chercher Lola, elle dort encore... sourit-il en la saluant.

Hermione se mord la lèvre. Elle n'a pas pensé qu'il était bien tôt pour venir déranger son amie. Celle-ci arrive, en courant, un rien paniquée, cintrée dans un peignoir abricot qui sied à son teint.

. « Hermione ? Draco m'a dit que cela semblait urgent ?

.- Non, du tout. . Murmure la jeune femme. Je voulais juste te demander… un petit service.»

Lola soupire, soulagée et s'assied dans le fauteuil délaissé par Draco.. Elle a un air attendri sur le visage en considérant le livre abandonné de son fiancé.

. « Oh.. quel ange ! Il était descendu ici pour ne pas me réveiller..

.- Oui. ! Et je l'ai arraché à son sommeil brutalement.

.- Oh... et lui qui dort peu.. Une mission qui le tracasse. Répond Lola Clunster à la question muette de son amie. Euhm ? Alors, ce service, Hermione ?

.- Est-ce qu'on pourrait déjeuner ensemble jeudi ?

.-Bien sûr ! S'exclame t'elle. Draco ne sera pas là, ce serait un vrai plaisir, et ça me changera de voir quelqu'un au lieu de m'empiffrer de cookies maisons ! Tu veux me parler d'une chose en particulier ? »

Hemione baisse les yeux, puis les relève.

.- « Sweetie ? Comment Malf.. Je veux dire Draco vit il tout... ça ?

Lola lui offre un regard clair, empli d'attendrissement. Elle pose le livre sur le rebord de la cheminée et porte un doigt à la joue de Hermione.

.- "oh.. Severus Snape ? N'est ce pas? »

Hermione confirme.

.- « Retrouvons-nous jeudi à Croque-Citrouille pour 13h00, d'accord ? On parlera de tout.. De tout ça… » Dit Lola, souriant gentiment.

« Ça » c'est le chaos de la vie de deux hommes qui oscillent entre une recherche du bien et le gouffre béant du mal.

o0o

Vendredi 17 mars1999, St Mungo, 19h45 .

Il toque à la porte sans conviction.

De fines mèches d'ébène barrant ses yeux de suie irisés, Severus Snape songe amèrement que ses cheveux - qu'il déteste- représentent avec fidélité l'état de ses pensées filandreuses. Ce noir, cet abominable noir dans lequel il se plaît à se confondre. Cependant, au cœur de ces murs d'un blanc écru, sa discrétion lugubre prend une teinte qui reflète son humeur parsemée de joie. Il va la voir. Elle qui lui manquait dès qu'il la quittait… Elle pour qui, en ce crépuscule où le soleil se pâme dans son sang, il allait prendre sur lui et s'efforcerait de paraître gai et sans crainte. Mais ce qu'il lui annoncerait romprait le charme sous lequel il dissimulait son malaise.

Snape entrebâille la porte et pointe un visage anxieux vers l'intérieur. Dès que son regard glacé effleure la silhouette gracile de Charla, toute haine s'efface, toute peur s'envole, tous ses souvenirs qui tordent ses entrailles s'affalent. La commissure de ses lèvres fines grimpe d'un cran ; son cœur palpite et fredonne en lui. Tandis qu'il s'avance de sa démarche féline, la figure blême de la vieille femme vacille sur son traversin dans sa direction. Severus se fige, comme s'il s'était heurté à une vitre invisible. Chaque fois qu'il revient la voir, elle semble avoir ingurgité des années. Comme si elle se consumait dans la coquille vide que constitue son corps inerte…

Les prunelles obsédiennes de Charla se dilatent et rient. Son bras maigre tressaille ; ses joues émaciées se gonflent d'espoir. Toute son âme crie pour que son fils se courbe sur elle et l'étreigne, jusqu'à ce qu'elle étouffe, jusqu'à ce qu'elle se meure contre cet homme qui trace les lignes de sa vie. Ses longs cheveux couleur neige ne comptent plus que quelques gisements de charbon rares. Ils ondulent mollement sur ses épaules. Elle est rachitique, vidée, mais son esprit ne perd rien de sa vigueur.

Severus ravale le picotement qui lui chatouille les yeux et s'agenouille auprès de sa mère. Doucement, sans un mot, il caresse d'une main tremblante sa joue blanche et tiède. Charla voudrait parler, lui hurler son amour, mais elle ne peut pas et, attristée, elle s'effondre dans son lit, malade de désespoir. Alors, Snape s'empresse d'entrelacer ses doigts aux siens, et, d'un courant de pensées fulgurant, entre en contact avec celui de Charla. La légillimancie opère sans y être conviée. Elle est là, c'est tout. Cet unique lien qui le relit à elle, sa si jolie maman, toute douce et fripée, qui vibre d'affection et en crève.

.- « Je suis là, ne t'inquiète pas. Je vais rester longtemps, aujourd'hui, murmure – t il intérieurement.

.- Si tu savais, Severus… J'aimerais que tu demeures sans cesse auprès de moi, comme si tu étais mon coeur… J'ai l'impression de me défaire en ton absence… soupire la voix flûtée de Charla.

.- Ne dis pas ça ! Je t'en prie, tu dois tenir, il faut que tu tiennes, encore un peu… parce que… je vais te sauver. Je veux que tu voies que je vais te sortir de l'état dans lequel tu es plongée. Pour que tu sois fier de moi et qu'on ne soit plus jamais séparé… »

La peau de Charla est diaphane. Ses songes s'égarent, elle ne répond pas.

.- « Mère ! s'alarme Rogue en intensifiant le sort qui les unit.

.- Je suis là, Severus, le rassure – t elle, très calme. Je suis là et je t'aime. Je suis là mais je ne crois pas que tu m'y maintiendras encore longtemps…

.- Grâce à .. Miss Granger.. Miss Amy, nous avons trouvé le moyen de te guérir. Entièrement. Pour que tu puisses te mouvoir, te nourrir, sourire, parler… pour venir avec moi… »

Severus se sent si bouleversé que c'est avec effort qu'il renoue le sort d'occlumancie qui vrille. Dans la salle tapissée de plâtre sans éclat, il déglutit et ferme très fort les yeux.

.- « C'est une opération réservée habituellement aux Moldus, mais… Elle convient très bien à ton cas. Ce sont les mêmes symptômes : tout concorde. Si tu l'acceptes et la subis, tu vivras comme avant. Nous rattraperons le temps perdu…

.- Sev… Severus… bredouille Charla, et sa petite voix chevrote en elle. Tu veux dire que… je pourrais te prendre dans mes bras ? T'offrir tout l'amour qui durant toutes ces années nous a été arraché ?

.- Oui… Mère… »

Severus presse la main de Charla dans la sienne et se mord la lèvre pour ne pas craquer. L'émotion le brûle.

.- « Tu sais, quand j'étais enceinte, je me répétais souvent que tu adorerais mes tartes au citron. Moi-même, c'était ce que j'aimais le plus au monde, c'était mon trésor, mon sourire. Je me disais que tu la savourerais en pensant à moi. Et maintenant, si je survis à cette opération, si tu le souhaites, je t'en préparerais chaque jour ! Et on rira ensemble, et… »

Charla s'interrompt, stupéfaite. Elle contemple, bouleversée, son fils qui ne peut contenir ses sentiments débordants. Des larmes grises jaillissent des yeux noirs de Severus, elles sillonnent ses joues creuses, il étouffe ses sanglots. Il pleure, silencieux. Charla le couve d'un regard bienveillant.

.-« Je ne veux pas te faire pleurer, non, s'il te plaît, pas ça… Je te demande pardon, mon petit…

.- Non… Je… C'est simplement que… »

Severus ne coordonne plus ses pensées et l'enchantement chancelle entre lui sa mère. Avec un toussotement, il brise ce fil translucide qui les liait, retire sa main de celle flétrie de Charla et, sans prévenir, se jette contre elle et l'étreint sans retenue.

Lui, cet homme arrogant et dédaigneux, à la voix doucereuse ou tranchante, se comporte comme le plus malheureux des enfants. Il le rattrape, ce temps perdu.

Tremblant, effondré contre Charla qui ne peut qu'écarquiller les yeux d'extase, il effleure de ses lèvres exsangues les mèches ternies de cette femme qui n'est plus que l'ombre d'un être vivant.

Pour lui, elle est bien plus que cela : elle est un ange.

o0o

Samedi 18 mars1999, ENSM, 11h00 .

La représentante des Premières années de l'ENSM, également professeur de Microbiomagie, vêtue d'un ravissant tailleur de taffetas Lilas, tout sourire, lui ouvre la porte de son bureau. Hermione entre dans un univers typiquement féminin. Des bougies odorantes embaument un air confiné, des coussins jonchent un canapé en peau de pêche, et de nombreuses fleurs apportent une touche de joie aux sellettes.

Hermione a appris, paniquée, qu'elle était convoquée, et craignait fort d'avoir fait une impasse qui lui coûte son renvoi. La Lettre d'Albus Dumbledore certifiant qu'elle avait effectué son stage dans un pays Nordique où une guerre civile sorcière empêchait son retour prématuré aurait pu ne pas convaincre l'administration de cette école aux principes rigoureux.

Hermione se détend face au sourire de Miss Bymbsy, tout aussi vite qu'elle s'était mise à craindre pour le contenu de son dossier scolaire.

Miss Eleanor Bymbsy lui tend une tasse de thé vert.

.- « Miss Granger ! S'exclame telle d'une voix ampoulée. Voilà enfin une occasion valable pour moi de rencontrer une élève à l'avenir prometteur.

.- Vous vouliez me parler de mon orientation, Miss Bymbsy ? » S'étonne Hermione.

Il lui avait semblé que cette convocation reflétait un caractère urgent.

La femme sourit et pose soucoupe et tasse sur son bureau d'ébène.

.- « Hélas, Ma chère, non. J'ai reçu une demande expressive de monsieur Dumbledore vous concernant, Hermione. Vous permettez que je vous appelle Hermione, n'est ce pas ? »

Hermione hoche la tête et boit une gorgée du breuvage.

.- « Voyez-vous, Monsieur Dumbledore voudrait vous ravir à nous durant une petite semaine à la fin de ce mois.. »

L'estomac de Hermione semble faire un salto arrière prodigieusement douloureux. Y aurait-il un quelconque souci avec l'Ordre. Albus lui aurait-il confié une mission ?

.- « Une semaine ?» Bredouille t'elle d'une voix blanche.

Le visage de Hermione s'assombrit et Miss Eleanor, voyant cela, s'empresse de babiller.

.- « Je vois que cela ne vous enchante pas. Je comprends fort bien, une élève studieuse telle que vous, ressent toujours une pointe de déception à l'idée de ne pouvoir suivre nos cours, mais, des Ronéos seront distribués et je veillerais personnellement à vous en réserver. Puis, vous ne serez pas seule, j'ai chargé votre binôme de vous accompagner.

.- Mon binôme ? S'exclame la jeune fille.

.- Oui, oui. Votre binôme. »

Miss Bymby appuie chacune de ses paroles de gestes de la main fluide et ses cils blonds papillonnent allègrement.

.- « Vous ne l'avez sans doute pas encore rencontré du fait de votre longue absence dans ce payas barbare qui nous a privé de votre présence. D'ailleurs, je voulais vous demander si vous aviez pu rattraper tous mes cours, ma Chère. Il est d'une importance capitale que vous n'hésitiez pas à me traduire vos appréhensions si un point reste incompris. Les examens de fin d'année scolaire approchent et votre tendance à l'excellence ne doit en aucun cas en être amoindrie. »

Hermione prend une grande respiration et remarque qu'elle crispait ses doigts sur l'anse de sa tasse en porcelaine de Chine. Ce ne semble apparemment pas pour l'Ordre que Albus requière sa présence. Miss Bymbsy manifeste un bien trop impressionnant enthousiasme, et il n'y aurait en aucun cas besoin d'un binôme inconnu pour l'assister dans une mission secrète… Hermione se demande un instant si cela aurait un quelconque rapport avec Severus Snape… Souhaite t'il de l'aide pour l'enseignement de sa matière dans la conjecture où il lui faudra veiller sur Charla ?

.- « Miss Granger ? Hermione ? »

Miss Bymbsy passe une main fine devant son visage soucieux. Hermione sursaute et s'excuse.

.- « Je n'ai aucun souci avec vos cours, Miss Bymbsy, répond-elle ensuite, ils sont limpides et passionnants ! »

Miss Bymbsy sourit, flattée.

.- « Et bien, c'est excellent, je ne vous retiendrais pas plus longtemps Hermione ! Dit-elle.

Elle se lève déjà et l'escorte jusqu'à la porte. Mais Hermione la retient, elle ne croit pas en avoir fini, elle. Il lui semble que Miss Bymbsy a oublié de lui expliquer le point capital de cette entrevue.

.- Euh..Miss Bymbsy.. Excusez-moi, mais pourquoi donc Monsieur le Directeur de Poudlard me demande t'il ? »

Miss Bymbsy écarquille les yeux, et porte une main à sa joue badigeonnée de fond de teint.

.- « Merlin. Ne vous ai-je pas dit. Venez vous rasseoir Hermione, et finissez votre thé… j'ai vraiment la tête percée comme un filet à Stangulots… »

o0o

Samedi 18 mars1999, Londres Moldu, Blueberry's private Clinic, 18h00 .

Il a revêtu un pantalon gris perle, et une chemise,. Il se sent mal à l'aise. Ces gens, assis en rang d'oignons sur ces sièges inconfortables en matière plastique d'un jaune criard, l'observent bizarrement. Il leur offre son regard noir.

Une gosse piaille. Son cri lui perce les oreilles et il a la forte envie de sortir sa baguette, coincée entre sa chaussette et son mollet, et de lancer un sort de silence à l'impertinente gamine qui ne sait pas souffrir sans hurler. Et qui hurle justement devant lui.

Severus a peur.

Derrière cette porte fermée, là au bout d'un couloir où ce qui parait être des infirmières en tunique blanches ne cessent de flâner deci delà, derrière cette porte peinte en rouge vif, un médecin "spécialiste" ausculte Charla.

Severus ferme les yeux.

C'est un étrange spectacle que de le voir, assis tout raide, dédaignant le mur diaphane derrière lui, le visage blême, les cheveux retenus par un élastique pour ne pas paraître trop en marge de la société Moldue. De la musique est diffusée et il sent une migraine monter.

Et la peur toujours en lui… Qui le ronge, mais ne parvient pas à virucer cet autre parasite.. Car la panique, on la maîtrise, mais le Remords.. Non.

La porte s'ouvre.

Le spécialiste sort d'abord. Son visage est grave. Severus se lève, prestement.

La gosse qui hurlait, hoquette devant la vivacité de ce geste qui la prend par surprise. Severus n'y prête aucune attention. Le spécialiste lui parle. Il lui dit trois mots.

A l'intérieur, deux infirmières expérimentées, adressent de gentils sourires à Charla et la font asseoir dans un fauteuil roulant.

Le spécialiste sourit à Severus, hoche la tête et lui serre la main. Puis il s'en va. Vers d'autres patients. L'infirmière conduit Charla à sa chambre et Severus suit. Il a pris la main de sa mère et la lui caresse doucement.

Il laisse le personnel l'installer et entre une fois que les femmes sont ressorties de là. Il caresse la joue pâle de Charla et baise son front avant de lui souhaiter une bonne nuit..

Puis, il sort.

Il a toujours peur.

Mais il est confiant.

Il rentre à Poudlard. Il aurait aimé dédaigner le repas mais Albus, d'un sourire, lui conseille de prendre place avec eux. Il aurait une bonne nouvelle à communiquer aux élèves et aux Professeurs …

Severus craint le pire.

Le pire c'est l'ouverture d'un Forum.. Le mois prochain. Pour permettre aux élèves de rencontrer les étudiants ayant intégrés différentes écoles.

Ginny Weasley, à la table des Gryffondor, sourit largement, épanouie. Potter Et Weasley assureront la promotion des Aurors, Les Sœurs Patil une Ecole de Cosmétologie, Finnigan et Zabini exposeront les débouchés dans le domaine Sportif, Malfoy et Chang lancés dans le secteur Politique distribueront des tracts, tandis que les Jumeaux Weasley même s'attaqueront aux fibres commerçantes….Toute une flopée d'anciens élèves qui durant une petite semaine tiendront stands et conférences pour élargir l'horizon de leurs comparses.

Hermione Granger y sera. En tant que représentante de l'ENSM.

Cela lui importe peu. Il lui a exposé son point de vue. Il ne reviendra pas là-dessus. Il pense avoir été suffisamment clair. Et elle est suffisamment intelligente pour cesser d'être bornée.

Alors il mange. Répond courtoisement à Minerva Mac Gonagall, surveille les élevés dissipés qui ne semblent avoir que l'envie d'avoir une retenue avec Rusard, puis rejoint ses appartements.

Là, où il souhaitait se rendre sitôt après avoir laissé Charla dans cet hôpital Moldu.

Une pincée de poudre de Cheminette dans l'âtre. Une flambée de flammèches vertes. Il passe sa tête dans le feu. Il hume l'odeur des fourneaux de Frau Recktenwald et elle glapit, surprise.

.- « Na ja ! Fous auriez pu préfenir, Monzieur Zeverus! »

Il hoche la tête. Il aurait pu, c'est vrai. Mais cela eut été moins drôle.

.- « Alors ? demande Sigrid Recktenwald. Quand bouclais-che mes falises ?

.- C'est pour dans trois jours. Répond 'il. La petite maison que je loue pour vous et mère est situé en plein cœur du Londres Sorcier. Je pense que ça vous plaira.

.- Bitte Zehr ! » Sourit -elle de toutes ses dents.

Severus tend une main et elle la regarde un pu perplexe avant de la saisir. Il lui étreint fortement les doigts.

.- « Non. Merci à vous Sigrid. »

o0o

Jeudi 23 Mars 1999, Ecole Normale Supérieure de Magie, Banlieue Londonienne, 12h50

Hermione ramasse rapidement ses quelques feuillets, les annote soigneusement, et les glisse dans son sac. Le professeur Schlump quitte la salle, pointant sa bedaine bombée avec un enthousiasme comique vers la sortie de l'amphithéâtre étouffant.

Hermione se hâte.

Elle enfile sa cape de laine et, courant presque, cherche à s'échapper de la marée humaine d'étudiants qui bouche l'artère menant au Hall de l'établissement.

Elle joue des coudes, écrase des pieds et se faufile, ponctuant chaque geste, de « Pardon.. Pardon.. Excusez-moi » polis.

Elle respire enfin, quand, au terme de cinq minutes de bain de foule, elle émerge en haut de l'escalier monumental de marbre rose de L'école Normale Supérieure de Magie.

Les joues rougies, elle est tout simplement ravissante alors qu'elle descend quatre à quatre les marches.

Ce n'est qu'arrivée en bas, qu'elle stoppe sa course folle. Une étudiante lui montre un jeune homme qui s'égosille derrière elle.

. – « Ton ami t'appelle. » Lui dit la jeune fille.

Hermione se retourne pour faire face à un parfait inconnu. Un jeune homme de son âge, grand et svelte, le teint légèrement halé sous de raides cheveux châtaigne et les yeux bleus et rieurs.

.- « Salut ! Halète l'inconnu avec un fort accent d'outre Atlantique qui rend sa voix harmonieuse. . Je voulais te dire.. Euh.. Hermione, c'est ça ? »

Hermione hoche la tête et accepte la main tendue qu'on lui présente. Le jeune homme là lui serre énergiquement, en souriant franchement.

.- « Je m'appelle Josh… Joshua. Nous sommes dans le même cycle. Je suis ton binôme. Et je voulais te dire , ton exposé m'a captivé !

.- Vraiment ? »

Surprise, Hermione écarquille ses yeux ambrés.

.- « Il m'avait semblé fort passable, à moi, lorsque je l'ai rédigé. Quand j'ai demandé conseil à mes meilleurs amis, ils m'ont questionné sur le tarissement de ma réserve d'encre .. » Dit-elle, roulant des yeux, avant d'entendre Joshua éclater d'un rire grave et fort plaisant.

.- Je t'ai trouvé brillante ! Ajoutons à ça ton sens de l'humour et ta beauté et.. Wouh ! S'exclame t'il et Hermione sent ses joues s'embraser. Mais, brillante vraiment ! A tel point qu'il me faudrait quelques éclaircissements. Est-ce que tu aurais cinq minutes pour qu'on en parle ? de ça, et du stand également que l'on doit préparer… On déjeune ensemble et…

.- ça aurait été avec plaisir.. Mais là.. »

Hermione jette un coup d'œil à sa montre. 12h54 . A peine le temps de sortir de l'enceinte de l 'école, transplanner et remonter la rue principale du Chemin de Traverse. Elle hoquette et s'éloigne à reculons.

.- « Désolée.. Je suis attendue et en retard. S'écrie t'elle

.- Et samedi ? » S'époumone le jeune homme .

Il dépasse les autres étudiants d'une bonne tête et au loin, Hermione lui sourit. D'accord.

Alors qu'elle trottine de nouveau, elle ne prend pas garde au regard de Joshua sur ses hanches pas plus qu'elle n'entend une jeune étudiante au visage ingrat soupirer :

.- « Encore un dragon pris au lasso.. »

Non, elle ne prend pas garde, Hermione. Elle courre. Vers « ça ».

Vers son destin aussi.. Mais cela, elle l'ignore.

Elle pense seulement à apprendre à combattre un ver carnassier et tenace.

o0o

Même Jour, Campement d'une Noirceur absolue, quelques heures plus tôt..

L'homme fléchit. La sueur coule en ruisselets glacés de son front palissant. (1) Ses joues, elles, brûlent de fièvre, et desquament. De façon répugnante. L'homme tousse. Une toux grasse. Il crache des glaires. Il crache sa vie. Souffreteux, il porte une main comprimée à sa poitrine et l'autre à terre.

Il rampe presque, ce mourant.

Mais le Lord n'est pas satisfait. Le Lord sur son trône d'airain, Nagini, son ombre fidèle, calant sa tête reptilienne dans une main nue bien qu'habillée de pouvoir et de destruction, ne se réjouit pas de ce spectacle.

Il ne se réjouit pas de voir ce débris humain à ces pieds.

Ses pieds ont pris l'habitude de fouler des corps nécrosés, des ruines, et non pas le rachitisme d'un demi-homme.

.- « Est-ce donc là le seul effet de cette racine mortelle ? »Demande t'il.

Sa voix molle et glaciale semble suspendre le temps. Nagini siffle et l'homme râle. Et sifflements et crachotements comme des milliers de chuintements malsains sont répercutés par les murs de la haute salle. Mais La voix du Seigneur des Ténèbres, non. Elle transcende.

Le Lord se lève. Docile, le serpent suit. Ses écailles miroitent alors qu'il danse. Alors qu'il rampe, avec mollesse et paresse, se tordant, s'allongeant, ce serpent, jusqu'au corps haletant.

Le Lord avance. Sa robe de velours pourpre traîne à terre, l'enrobant d'une majesté maléfique, et, d'un geste d'un doigt, il fait élever le buste du malade pour, avec un dégoût visible, l'observer. Il observe les yeux révulsés et voilés déjà, les narines collapsées et morveuses, la langue qui se sent prête à pendre et à s'incliner, vaincue. Il contemple les spasmes désordonnés, la prière muette d'un corps qui ne quémande plus que soin.. Ou délivrance.

Il contemple, impérieux.

Il analyse son cobaye.

Il baisse la main. L'homme s'affale. Un os craque. L'homme halète et se tord. Il n'a plus la force de hurler. Son âme n'en peut plus, elle s'éteint.

.- « Queudver ? »

Queudver s'avance, émergeant de l'ombre où il s'était tapi, attendant l'heure du châtiment. Nerveux, il croise et décroise ses doigts argentés et chairs.

.-« Maître. Je ne comprends pas… Couine t'il.

.- Instantanée… Sa mort devait être instantanée. Voilà, pourquoi, j'aimerais que tu comprennes, Queuedver ! Que tu comprennes pourquoi cette loque Moldue est en sursis depuis près de 30 minutes ! Réponds !

.- Je lui ai fait toucher la plante, Seigneur. Il s'est révulsé aussitôt.. Cela aurait du suffire, je… »

Le Lord pivote.

.-« Tais-toi. »

Et l'animagus rat se tait.

.- « Disparais. »

Le petit homme à la main d'argent disparaît. Il est des ordres qu'on ne peut contester. Et celui-ci paraît bien plaisant à son cœur faible et à sa tremblante personne.

.-« Severus ? »

Severus Snape détache son regard du corps de l'agonisant. La résine infectée cause encore bien des torts. Mais cela sauvera l'intégrité de Draco et la sienne. Cela sauvera leur vie.

Severus fait deux pas. Il délaisse le rebord de granit noir de la cheminée où il était accoudé, alors que les flammes chaudes léchaient son dos.

.-« Maître ? Demande t'il. »

Sa voix est ferme malgré cette compassion pour le miséreux qui, tout comme lui, hurle en silence. Malgré qu'il soit gâté d'appréhension lui-même.

Severus greffe ses yeux où rien ne se révèle, ses deux orbes froids, sur les iris rougeoyants et fendus du Seigneur, qui ne sera, finalement pas, invincible.

.- « Penses-tu que cette plante ait pu perdre de son capital pathogène au fil des siècles ?

.- « Je n'ose émettre que cette hypothèse, Maître.. Cependant, le Jeune Malfoy et moi-même n'avons pu que constater que l'environnement de cet arbrisseau était en état de flétrissent total.. Voire mort. Ou bien... Peut être.. Est-ce-nous ? Notre système Magicoimmmunitaire qui s'est développé et du fait, ralentirait la venue de la mort ? »

Le lord se dirige vers une table aux pieds d'acajou ciselés de Vipères. Il y prend un parchemin placé sous verre. Un parchemin d'où la magie émane, forte et ancienne.

Longuement, il le parcoure, ne disant mot.

.- « Ce sont ces Grecs ! Ces Sorciers primitifs ! Grince Lord Voldemort. Ils n'ont étudié les effets de cette plante que sur de stupides animaux ! Des animaux communs !

.- Une Grave erreur. » Concorde Le Mangemort, fermant, avec un entrain renouvelé par l'absence de suspicion du Seigneur, son esprit.

Le Lord s'absorbe dans ses pensées. Nagini, tourne toujours autour du cadavre délaissé à sa souffrance.

Puis, Son Eminence Noire relève la tête, fait ranger le parchemin dans un coffre qui va s'encastrer derrière une dalle du mur, et d'un pas lent, s'en retourne s'asseoir .

Severus le suit du regard. Attendant. En homme qui se veut fidèle mais sait ne pas l'être.

.- « Débarrasse-moi de cet échec. Ordonne enfin Tom Jedusor, portant un dernier regard peu amène vers le mourant dont le teint prend une teinte cadavérique. Fais ce qu'il te convient de faire de ce misérable Moldu que nous a déniché Quedver.. Mais ne donne pas sa chair à mes Trolls. Je ne veux pas avoir à éradiquer une épidémie. Va, Severus, maintenant. »

Severus obtempère. Il va. Par un charme, il fait léviter l'homme décharné devant lui. Le corps flotte, plongé dans l'inconscience qui précède de la mort.

Severus va. Il va vite. Non pas car l'homme pue déjà la mort à plein nez. Mais parce que le temps presse. La mort va venir. Et la faucille inéluctable ne doit pas s'abattre si tôt sur la tête de cet homme. L'Irréparable ne doit être commis.

A l'abri de tous regards, enfin, dans une pièce où nul n'entre, il s'arrête.

Il verrouille, sécurisant les lieux et de sa poche, extrait une minuscule verrerie. Vite dévissée, une forte odeur d'aubépine Granittière s'échappe et l'Espion fait boire le contenu à l'homme. Sans le toucher.

Fred & George Weasley n'ont réussi à synthétiser que quelques millilitres d'antidote, en gardant même une faible dose pour en reproduire si nécessaire. Quelques millilitres d'élixir de chance, pour que la Mort renonce à venir flairer l'odeur aigre d'abandon qu'exsude ce corps consumé.

L'homme geint, manque de s'étrangler et Severus prie. Il ne sait pas si ce liquide jaunâtre va faire effet.

Il espère, c'est tout. Pour sauver une vie.

Il espère pendant de longues minutes.

Et il pense, aussi. Beaucoup à vrai dire… A une phrase de Amy : « Divers chemins mènent à une même porte. Il y a juste certains raccourcis moins éprouvants ». Il est toujours égaré pour sa part. La porte se dérobe. Et ce raccourci n'en est pas un… Seule Charla s'en est approchée.. enfin ! Elle l'a même franchie cette porte.. Il y a deux jours…Une opération de quelques heures qui lui a semblé durer des années. Il y pense, adossé contre un mur. Il sourit un peu. Elle va s'en sortir.. Elle va vivre. Vivre ! Il s'assoupit avant qu'un cri ne le réveille.

.- « Qui êtes vous ! Que me voulez-vous ! Je flotte ! Mon dieu, je flotte dans les airs. Qu'est-ce que vous êtes ? Que me faites vous encore ? Ah ! Je vous ai vu ! Avec cet homme et ce serpent ! S'écrie, tourmenté, l'homme. »

Severus le réduit au silence d'un moulinet de sa baguette. Et l'homme s'agite, tremblant d'effroi devant Sa propre imagination fertile et fourbe.

. « Je sauve votre peau, imbécile ! Siffle Severus Snape, dents serrés. Taisez-vous et cessez de vous débattre ! »

Le teint de l'homme est rubicond. Il semble sain. Et il est sauf.

Severus s'empresse de lui saisir fortement le bras et Transplanne. L'homme réprime un haut de cœur.

Ils arrivent à l'orée d'une forêt. Elle ressemble un peu à celle qui jouxte la propriété Snape, mais il n'y a pas ce chemin qui mène au Gros chêne creux. Et le soleil se camoufle derrière une végétation qui reprend couleurs, lassée de se parer d'un sombre marron d'hiver.

L'homme tombe à genoux.

Severus ôte le sort. Et l'homme s'égosille, tremblant de frayeur.

.- « Tuez-moi ! J'ai bien vu que votre secte aimait la souffrance ! Achevez-moi, pitié ! Mais ne me laissez plus à cette douleur ! Ne me faites plus languir comme tantôt ! Pitié !

.- 'Il est probable que la mort soit moins pénible que la vie ' (2) mais ce n'est pas votre heure, Monsieur…Pas plus que ce n'est la mienne. »

Il lève sa baguette après que l'homme l'ai écouté, interloqué devant l'incongruité et la nuance rugueuse de cette parole.

.- « Oubiette ! En vous promenant dans ce bois, une veuve noire vous a mordu alors que vous vous penchiez pour examiner une plantule en croissance. Le poison neurotoxique de cette araignée a provoqué maintes hallucinations et votre corps risque encore d'être endolori, mais une âme charitable a eu suffisamment de sens pour vous mener à un hôpital. Le personnel compétent a alors pu contrer suffisamment tôt les effets néfastes de ce venin. Les tremblements vont s'apaiser... Ce n'est que le contrecoup. Vous allez de ce pas récupérer vos affaires de camping et quitter ce coin pour ne jamais y revenir. Après quoi, votre vie reprendra son cours normal. »

Alors que le Moldu papillonne des yeux ingérant cette formidable aventure qu'on vient de lui inventer, Sevrus Transplanne.

La plante n'a pas tué.

Et ce liquide coloré.. Cette sève fruitée... A triomphé de la Mort.

Une nouvelle fois, une potion, un philtre, une simple mixture, a guérit un mal mortel.

Mais ce mal en lui… Y aurait-il une infime chance que..?

Severus se remet à espérer. Après tout, y aurait-il une chance pour que cette vie soit moins pénible ? Pour que lui aussi se rapproche du bonheur et que s'atténue cette mort de tout instant en lui ? Même si ce n'est que pour un effleurement.. Un seul ? Serait-il possible qu'un Philtre… ?

A suivre...


Prochain chapitre : dans quel philtre ?

1/ Baudelaire

A/ Pouchkine.

B / Nicolas Paterakis


En espérant que ça vous ai plu ! gros bisous, à dans environ un mois !