Bonjour, bonjour, merci beaucoup de m'avoir suivi sur mon chapitre précédent. Pour ceux qui ne l'aurait pas vu dans le chapitre précédent que j'ai réédité j'ai décidé de prendre une beta que je ne remercierais jamais assez !

Voilà donc rien que pour vous, mon épisode 1 de ma saison 6 !

Guyamor

Dans un pays de légende, où règne la magie, le destin d'un grand royaume repose sur les épaules d'un jeune homme. Son nom ?

Merlin

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L'entrainement venait de commencer sous un grand soleil en ce début de journée, opposant Arthur à Perceval. L'un comme l'autre se battait avec sérieux. La puissance de Perceval était devenue plus impressionnante de jour en jour et les réflexes d'Arthur étaient tels qu'aucun coup du puissant chevalier ne l'avait atteint.

Après un acharnement des deux parties, Arthur fit tourner son épée dans sa main et porta sa botte spéciale, arrêtant la lame de son épée sur la nuque de son ami, un genou à terre. Le roi mit ainsi fin au duel et tendit sa main à son ami pour venir le redresser.

- Vous avez fait énormément de progrès Perceval. J'ai plus d'une fois cru que je n'arriverais pas à vous contrer.

Merlin observait la scène depuis le banc. Il avait beau ne plus être le serviteur d'Arthur, ce dernier refusait qu'un autre serviteur le vêtisse de son armure. Surtout depuis la fois où George avait bien failli le tuer en omettant de lasser son plastron correctement lors d'un tournoi important. Arthur avait non seulement bien faillit être tué par son adversaire, mais il avait également essuyé un cuisant échec.

Depuis lors, Merlin assistait tous les jours aux entrainements, nouant lui-même l'armure du roi. Le jeune sorcier ne s'en plaignait nullement, cela lui permettait de sortir un peu du laboratoire de Gaius et de voir tous ses amis.

Cela ne faisait que trois mois depuis sa nomination de Grand Enchanteur, et il n'avait reçue aucune nouvelle de Morgane, ou bien de Mordred, c'était comme s'ils s'étaient évaporés dans la nature.

Tout était calme pour l'instant, mais Merlin savait que cela n'était que de courte durée.

- Vous semblez bien songeur, fit remarquer une voix rauque derrière lui.

Merlin sortit de ses pensées en sursautant légèrement.

- Pardonnez-moi je ne voulais pas vous effrayer, s'excusa l'inconnu en prenant place à ses côtés sur le banc.

- Vous n'y êtes pour rien Sir Guyamor, j'étais plongé dans mes pensées.

L'homme était grand, plus encore que Perceval. C'était un véritable roc et son charisme avait rameuté toutes les demoiselles célibataires – ou pas – de la ville.

- On dirait que vous avez une fois encore apportez bon nombre d'admiratrices, fit remarquer le sorcier avec le sourire.

- Peut-être que l'une d'entre elles est là pour vous, plaisanta le chevalier.

Merlin se mit à rire lorsqu'Arthur appela le chevalier.

- Guy ! Nous ferez-vous l'honneur de nous montrer ce que vous savez faire ?

Le chevalier se leva avec entrain.

- Toujours Sir. Mais ne venez pas pleurer si j'abime votre joli minois !

Arthur leva les bras, prêts à se battre. Guyamor était le jeune homme qui avait remporté le tournoi de cette année. L'or aurait dû être sa récompense, mais il l'avait refusé, voulant juste prouver sa valeur afin de devenir Chevalier de Camelot. Arthur ayant été éliminé de par la maladresse que George avait bien eu du mal à digérer, Guyamor avait franchi les obstacles et vaincu chacun des chevaliers. Aussi puissant que Perceval, imprévisible que Gauvain, et avec l'expérience de Léon le jeune homme avait largement prouvé sa valeur.

Le duel qui opposait désormais cet homme avec le roi était de plus en plus serré. Aucun des deux n'arrivait à prendre le dessus sur l'autre et chaque coup était porté avec précision et puissance. Mais la lourde épée à deux mains de Sir Guyamor s'abattit violemment contre le bouclier d'Arthur, le fracassant en deux.

Merlin se leva avec hâte du banc, prêt à intervenir si nécessaire. Arthur bascula en arrière et esquiva une autre attaque en roulant sur le côté. Il se releva prêt à enchainer, mais le chevalier avait abaissé son arme.

- Pourquoi vous arrêtez vous ? s'enquit-il.

Merlin traversait déjà le terrain et se précipita sur son roi.

- Arthur votre bras ! s'exclama-t-il.

En effet, la puissante attaque du chevalier avait non seulement détruit son bouclier, mais il lui avait également entaillé le bras droit d'une longue plaie. Sa cotte de maille avait été trouée et du sang s'écoulait sur son avant-bras.

- Vous êtes blessé, murmura Merlin en examinant sa blessure de plus près.

- Pardonnez-moi Sir je n'ai pas su retenir ma force je… bredouillai le chevalier en posant un genou à terre, tête baisser.

- Guy je vous en prie, demanda Arthur, ce n'est rien relevez-vous ! Nous sommes là pour nous battre et nos ennemis n'attendront pas que nous soignions nos blessures sur un champ de bataille.

Mais personne ne l'écouta et Merlin posa sa main au-dessus de la blessure, murmurant une incantation afin de le soigner. Ses sorts de soins s'étaient améliorés même si ce n'était de loin pas sa spécialité il avait profité de ces trois mois pour apprendre énormément sur le sujet.

Arthur bougea son bras comme si de rien n'était et soupira.

- Si vous avez peur de me frapper à chaque fois comment voulez-vous que je m'améliore au combat ?

- Vous êtes déjà très puissant Sir, intervient Léon. Et il est normal que nous ne voulions pas vous blesser.

Arthur retira ses gantelets qu'il laissa tomber sur une table non loin de lui et quitta le terrain d'entrainement sans un mot, le regard furieux.

- Je suis vraiment désolé, murmura Guy au sorcier, je…

- Ce n'est rien, le rassura Merlin.

- Il lui arrive quoi à la princesse ? s'enquit Gauvain en les rejoignant.

Tous les regards se tournèrent vers Merlin comme s'il était à même de connaitre la réponse, mais le jeune homme haussa juste les épaules. Il se contenta d'un signe de la main à ses amis et courut après son roi afin de le rattraper.

- Arthur ! Attendez !

- Pas maintenant Merlin, grogna-t-il avec colère.

- Je peux savoir ce qu'il vous arrive ? Il est normal que vos chevaliers redoutent de devoir vous blesser.

- J'ai dit pas maintenant Merlin. Quand te décideras-tu à obéir ?

Le sorcier agita sa main devant lui comme pour chasser cette idée et s'exclama avec le sourire.

- Je ne l'es jamais fait jusque-là, ce n'est pas maintenant que je commencerais.

Arthur décoléra légèrement face à la plaisanterie de son ami, mais lorsqu'il revient à la charge avec ses questions il redevint maussade.

- Arthur vous êtes l'un des meilleurs escrimeurs de Camelot, vous savez que vous êtes douée, alors pourquoi voulez-vous tellement devenir….

- Parce que si tu ne t'étais pas interposé entre cette épée et moi ce jour-là, je serais mort! S'exclama le roi avec rage en s'arrêtant et en lui faisant face.

Merlin écarquilla légèrement les yeux et regarda son ami avec inquiétude.

- C'est… c'est à cause de Mordred ? demanda-t-il doucement.

Arthur ne répondit pas et continua son chemin pour venir rejoindre la salle d'armes ou il défit lui-même son armure. Mais ses mains tremblaient tellement de colère qu'il n'y parvint pas, attisant un peu plus ses nerfs déjà à vif. Merlin se glissa derrière lui et retira ses mains de son plastron, usant même d'une petite claque sur le revers de sa main et l'en défit avec douceur.

- Nous n'avons pas eu de leur nouvelle depuis plus de trois mois Arthur, tenta le jeune sorcier.

- Cela ne veut pas dire qu'ils sont morts, contra-t-il aussitôt.

Merlin leva les yeux au ciel, il ne comprenait pas vraiment la colère d'Arthur. Mordred était un très bon épéiste certes, mais Arthur l'était davantage. Avait-il peur qu'il ne s'améliore encore et qu'il ne devienne plus puissant que lui ?

- Tu ne t'en rends pas vraiment compte n'est-ce pas ? s'enquit le roi avec une voix soudainement basse.

- Rendre compte que quoi ? s'enquit le jeune homme en terminant de retirer l'armure de son ami.

- Il t'a tué… Merlin.

L'ancien serviteur redressa soudainement la tête, croisant le regard d'Arthur.

- Si tu n'avais pas eu ta… « Super destiné » pour te sauver, tu serais mort ce jour-là.

Merlin soupira et posa sa main sur le bras d'Arthur qui avait été blessé plus tôt.

- Je sais cela seulement… ce n'est pas en vous faisant découper en morceau par vos chevaliers que cela arrangera ce qu'il s'est passé.

- Sir…

Les deux hommes se retournèrent à l'appel de l'inconnu et sir Guy s'approcher d'eux.

- Veillez me pardonner Sir, je ne voulais ni vous blesser ni vous manquer de respect en interrompant notre duel seulement je…

Arthur leva la main pour l'arrêter.

- Je sais cela ne vous en faites pas, contra le roi. Ce serait plutôt à moi de m'excuser pour mon comportement.

- N'en faites rien Sir, je comprends parfaitement la situation.

Il posa ses yeux sur Merlin avant de s'incliner et de quitter la pièce.

- C'est un homme bien ce Sir Guyamor, commenta Merlin. Une chance qu'il est rejoint les chevaliers de Camelot.

Arthur hocha la tête, mais son esprit était loin d'être apaisé. Il avait vu Mordred tuer son meilleur ami sous ses yeux et cela il ne pourrait jamais l'oublier. Avoir senti Merlin mourir dans ses bras avait été une épreuve, sans doute la plus difficile de sa vie. Même la mort de son père n'avait pas été aussi douloureuse.

Ce jour-là, il s'était vraiment rendu compte de l'importance que Merlin avait pour lui. Depuis qu'ils s'étaient rencontrés, ils ne s'étaient plus quittés. Merlin le suivait partout et était son pilier dans sa nouvelle vie de monarque. Même quand il n'était que prince, Merlin avait toujours su comment le guider pour faire de lui un homme meilleur. Avant de l'avoir rencontré, il était imbu de sa personne. Il ne l'avouerait sans doute jamais, mais il avait été incroyablement arrogant et celui lui avait valu plus d'une fois des ennuis. Mais au fil des années il avait appris à changer. Jamais il ne se serait adressé à un serviteur avant de connaitre Merlin, du moins pas pour lui demander autre chose que des corvées. C'était par ailleurs bien la raison pour laquelle aucun de ses précédents valets n'avait jamais tenu le coup.

- Arthur est-ce que tout vas bien ? Vous pouvez me parler, vous savez.

Sortant de ses songes le roi posa sa main sur l'épaule de Merlin, créant un sourire de façade pour calmer les doutes de son meilleur ami. Ils rejoignirent Guenièvre à l'heure du diner et mangèrent tous les trois. C'était devenu une sorte de rituel entre eux et tous trois étaient ravis de partager ces moments-là ensemble. Le soir, Merlin restait dans le laboratoire en compagnie de Gaius, laissant le couple dans l'intimité.

Merlin avait eu le droit à la chambre attenante aux appartements royaux. Il avait trouvé là-bas un lit au confort si incroyable qu'il regrettait presque son ancien lit lorsque l'heure de se lever sonnait. S'arracher à ce matelas moelleux et à ses couvertures en soies était une véritable torture !

L'après-midi, Merlin rejoignait Gaius dans son laboratoire et s'adonnait à ses expériences magiques. La pièce devenait de plus en plus petite pour eux deux, mais ils réussissaient à coexister sans trop de peine. Il appréciait toujours autant passer du temps avant son mentor et restait souvent jusqu'à tard dans la nuit.

Épuisé, il regagna sa nouvelle chambre rêvant déjà à son lit lorsqu'il percuta quelqu'un. Cette personne lui attrapa le bras pour lui éviter de se retrouver les quatre fers en l'air et reconnut la poigne ferme de Guy.

- Et là attention, murmura-t-il en aidant Merlin à se redresser droit sur ses jambes.

- Ho… désoler, bâilla Merlin. Je vais m'effondrer dans ce couloir si vous me lâchez.

Guy se mit à rire et soutien toujours le jeune homme par le bras.

- Voulez-vous que je vous raccompagne jusqu'à vos appartements ? proposa-t-il.

Merlin lui sourit. Guy était un homme extrêmement gentil. Il était le seul chevalier à le vouvoyer et avait toujours fait preuve d'une grande gentillesse à son égard. Merlin l'appréciait beaucoup.

- En temps normal, je vous aurais dit que je ne voudrais pas vous déranger, mais je crois vraiment que je vais m'effondrer si…

Il s'arrêta poussant un autre bâillement qui finit de convaincre le nouveau chevalier. Il proposa son bras à Merlin et l'entraina à sa suite.

- Il est vraiment très tard fit remarquer Guy en ouvrant la porte des appartements de Merlin. Pensez à vous ménager.

Merlin hocha la tête et se laissa guider jusque dans son lit sur lequel il s'effondra. À peine son corps eut-il touché le matelas qu'il s'endormit. Guy ne put s'empêcher de sourire. Il secoua la tête et sortie de la chambre lorsqu'il aperçut une ombre filler dans les couloirs. Il referma la porte et dégaina immédiatement son épée, partant à la poursuite de l'ombre. Il la suivit jusque dans la cour et vis que deux gardes s'étaient endormie à leurs postes.

L'ombre qu'il avait aperçue s'arrêta au milieu de la cour du château. Une longue cape noire à capuche recouvrait entièrement son corps. Il n'y avait personne dans la cour et Guy prit ses précautions, s'approchant à pas feutré.

- Retournez-vous lentement, sans geste brusque.

L'intrus s'exécuta et découvrit son visage. Guy abaissa son épée, les yeux écarquillés.

- Morgane ?

Il s'approcha d'elle et la prise par le bras, jetant un coup d'œil aux alentour et l'amena dans un coin sombre à l'abri des regards indiscrets.

- Que faites-vous ici ? C'est bien trop dangereux vous…

Elle l'interrompit d'un baiser et plongea son regard dans le sien.

- Tu m'as manqué, murmura-t-elle dans un souffle, collant son front contre celui de son amant.

Guy apprécia le contact de la jeune femme contre sa peau et ferma les yeux quelques secondes.

- Vous ne devriez pas prendre le risque de venir jusqu'ici si quelqu'un devait vous voir...

Il soupira, n'achevant pas sa phrase.

- Je devais t'apporter cela, lui avoua-t-elle en lui tendant un petit coffre en bois.

Guy l'entrouvrit pour y voir le contenu.

- Est-ce que c'est…

Elle hocha la tête pour lui répondre avec un sourire machiavélique.

- Attache-le sous son lit et même le grand Emrys ne pourra rien faire contre ça.

Guy garda la boite sous le bras et jeta un coup d'œil autour de lui.

- Je ferais ce que vous me demandez ma douce, mais je vous en prie, ne prenez pas autant de risque en revenant ici.

Morgane hocha la tête. Depuis tout ce temps où elle avait été traquée et traiter comme un paria, elle en avait oublié ce que cela faisait d'avoir des personnes sur qui elle pouvait compter qui s'inquiétaient pour elle.

Elle posa sa main sur le visage du chevalier et retient sa colère du mieux qu'elle put.

- J'enrage de te voir habillé de la sorte, Chevalier de Camelot.

Elle avait craché ces derniers mots comme s'ils lui brulaient la langue.

- Vous savez qu'il vous fallait des informations et j'étais le seul qui puisse m'infiltrer ici sans être reconnu.

Morgane l'observa avec un instant, avant de reculer et de remettre sa capuche.

- Fais ce que tu dois faire, et nous pourrons très bientôt nous retrouver, ajouta-t-elle en s'éloignant.

Guy dissimula la boite sous sa cape et retourna à l'intérieur du château. Il rejoignit les appartements de Merlin et s'introduisit dans la pièce en toute discrétion. Il s'accroupit devant le lit et ouvrit la boite, s'attelant à ce que lui avait demandé la sorcière.

- Merlin ?

Guy se redressa précipitamment, et d'un petit coup de pied, fit glisser la boite sous le lit qui percuta la poupée vaudou qu'il venait tout juste d'accrocher. Il fit alors la seule chose qui lui venait à l'esprit pour dissimuler la réelle raison de sa présence ici et recouvrit Merlin d'une couverture. Ce dernier avait été tellement fatigué qu'il n'avait même pas pris ni la peine de se changer, ni même celle de se mettre sous les draps.

Gauvain, qui était de garde tout comme Guy, vit le chevalier border son ami et lui faire signe de ne pas faire de bruit.

Il sortit de la pièce et referma la porte.

- Je l'es croiser lors de ma ronde et il tenait à peine debout, précisa-t-il en s'éloignant de la chambre, marchant dans les couloirs.

- Ah c'est tout Merlin ça ! Il va se tuer au travail s'il continue, notre princesse devrait l'alléger un peu de ses tâches, il le traite toujours comme son serviteur, même s'il n'en a plus le titre.

Guy ria de la plaisanterie de Gauvain en jetant un dernier coup d'œil derrière lui. Le rester était désormais entre les mains de Morgane.

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Morgane marchait d'un pas rapide dans la forêt et rejoignit un homme, à la carrure immense. Il devait mesurer plus de deux mètres de haut et était bâti comme un ours. La peau foncée, et une énorme balafre en forme de croix sur le visage, il portait une énorme épée dans le dos.

- Aiden, commença la jeune femme.

- Dame Morgane, répondit l'homme d'une voix grave.

- C'est l'heure, se contenta-t-elle de lui répondre en lui tendant une bourse remplie de pièce d'or.

L'homme refusa la bourse et prit la route vers Camelot.

- Pas besoin de me payer, j'ai un compte à rendre à ce sorcier et à Arthur Pendragon.

Morgan jubila observant l'assassin avancer tout droit vers son pire ennemi.

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Un énorme bruit de l'autre côté de la pièce fit sortir le couple de son sommeil. Arthur ne mit pas plus d'une seconde à quitter le lit, attrapant son épée au passage. Il ouvrit la porte de la chambre de Merlin à la volée se précipitant à l'intérieur, entendant toujours le vacarme qui l'avait réveillé. Son ami était assis au sol, une main sur son bras qui saignait, et reculait devant un homme immense qui levait son énorme épée à deux mains au-dessus de sa tête pour l'abattre sur lui.

- Merlin !

Arthur s'élança et s'interposa avec Excalibur. Mais la puissance du coup de l'homme fit reculer Arthur qui percuta le mur derrière lui.

Merlin était perdu. Il avait été réveillé par un assassin dans sa chambre et lorsqu'il avait essayé de l'expulser loin de lui, sa magie n'avait rien fait. Et maintenant encore, alors qu'il essayait d'aider Arthur avec sa magie, celle-ci refusait d'opérer.

Arthur peinait vraiment à repousser les attaques de son assaillant. Sa force et ses réflexes pour un corps aussi énorme étaient impressionnants. Merlin paniquait de plus en plus, incapable de prendre le dessus sur cette montagne. Guenièvre était entrée dans la pièce à son tour et vit son ami blesser au sol et son époux en proie à un adversaire sans nul doute redoutable.

- Garde ! cria-t-elle. Garde !

L'assassin tourna le visage vers elle et en entendant des bruits de pas se rapprocher il s'élança par la fenêtre. Arthur se précipita à la suite de l'assassin et regarda à travers la vitre briser l'assassin retomber au sol sans une seule égratignure.

La porte de la chambre s'ouvrit enfin sur les renforts et deux gardes entrèrent en trombe.

- Sire ? s'enquit l'un d'eux.

Arthur se retourna avec un visage las et s'exclama sur les nerfs.

- Qu'est-ce que vous attendez bande d'incapables ! Rattrapez-moi cet assassin !

Les chevaliers sortirent avec hâte sous la colère de leur roi. Arthur soupira, ces deux incapables devaient surveiller les appartements du sorcier et ça avait été à lui d'intervenir ! Il allait peut-être devoir revoir une ou deux leçons avec ses chevaliers.

Il abandonna Excalibur sur le sol et s'approcha de Merlin que Gwen essayait de calmer et de consoler. Le jeune homme avait les larmes aux yeux et sa main qui serrait son bras blessé tremblait. Il avait le regard fuyant et haletait.

- Merlin ? murmura Arthur avec inquiétude. Merlin est-ce qu'il t'a fait du mal ?

Le jeune homme secoua la tête. Arthur devait croire que ce qui le mettait dans cet état, était le faite qu'un assassin avait essayé de le tuer, mais aussi étrange que cela pouvait paraitre ce n'était pas ce qui la paniquait le plus.

- Ma… ma magie, murmura-t-il en sentant ses larmes couler. Je ne ressens plus ma magie. Je n'arrive plus à…

Son corps ne cessait de trembler. Arthur frotta son dos tandis que Gwen lui prenait les mains.

- Mais tu es glacé ! s'exclama-t-elle.

La reine tira une des couvertures du lit et l'enroula autour des épaules de son ami. Ses larmes ne cessaient de couler, bien qu'il faisait un effort surhumain pour essayer de les contenir. Merlin semblait si perdu que cela fendit le cœur du roi. Il ressemblait à un enfant qui avait perdu tous ses repères.

Arthur essuya la joue de son ami et murmura.

- Hey… calme-toi. On va réfléchir calmement et trouver ce qui bloque tes pouvoirs, tu… tu n'as aucune idée ?

Le jeune sorcier se calma sous les mots de son ami et inspira doucement. Arthur avait raison il devait se calmer. Un sorcier, aussi puissant qu'il l'était, ne pouvait pas perdre sa magie sans une bonne raison. Un sort ou bien…

Merlin redressa la tête, une étincelle brillant dans ses yeux. Il regarda autour de lui et s'approcha du lit laissant tomber la couverture de ses épaules. Il souleva draps et matelas avant de regarder dessous et de rester plus d'une dizaine de secondes sans bouger.

- Tout va bien ? s'enquit Guenièvre.

Le jeune homme se tourna vers eux, une poupée de paille abominable dans la main. Il s'approcha de la cheminée et la jeta dedans avant d'y allumer un feu. Un horrible cri résonna à ses oreilles lorsque la poupée brula et ses yeux s'illuminèrent d'or.

Seulement le réconfort de l'avoir retrouvé ne fut que de courte durée, car à l'instant même où sa magie lui revient, une vive douleur le prit au bras. Sa blessure le brulait et il ne put retenir un gémissement.

Il essaya de se relever, mais son corps le lâcha et il s'effondra, conscient, mais comme paralyser.

- MERLIN ! crièrent Gwen et Arthur en cœur.

Ce dernier se précipita vers son ami et analysa sa blessure. Il ne mit pas longtemps à comprendre que du poison avait été utilisé. Avoir le corps de Merlin tremblant dans ses bras lui rappela de mauvais souvenirs. Ses mains se mirent à trembler et sa gorge se serra.

Gauvain et Guy choisirent ce moment-là pour arriver et déboulèrent dans la chambre. Arthur était figé, le corps de Merlin toujours dans ses bras des flashes de la mort de Merlin pleins la tête. Gauvain s'enquit de l'état de son ami et posa sa main sur son front.

- Il a de la fièvre, constata le chevalier. Arthur, nous devons l'amener à Gaius.

Mais le roi ne semblait pas l'avoir entendu. Les yeux dans le vide.

- Arthur ! répéta Gauvain plus fort.

Sortant de ses pensées, Arthur regarda autour de lui et sembla se rendre compte de la situation. Il souleva le corps de Merlin dans ses bras et prononça ses ordres d'une voix claire.

- Guenièvre retourne dans notre chambre, Guy veillez sur elle, cet assassin est toujours en liberté. Gauvain avec moi.

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Arrivé dans les appartements de Gaius, Gauvain se chargea de réveiller le médecin tandis qu'Arthur déposait le corps de son ami sur la table. Gaius chercha ses lunettes avant d'observa la blessure de Merlin, déchirant la manche de sa tunique.

- Que s'est-il passé ? s'enquit le physicien.

- Un assassin est entré dans ses appartements et à essayer de le tuer, expliqua Arthur.

Après avoir pris la température de Merlin et observé ses yeux, Gaius attrapa une petite spatule en bois.

- Vous devriez le tenir.

Arthur et Gauvain échangèrent un regard avant d'attraper les bras et les jambes de leur ami. Le vieil homme enfonça la spatule en bois dans la plaie de Merlin afin d'en récolter un peu de poison. Merlin cria sous la douleur et des larmes coulèrent sur ses joues sentant la spatule s'enfoncer dans sa blessure et râper les pores de sa chaire à vif.

- J'ai ce qu'il me faut pour analyser la nature du poison. Posez des compresses froides sur son front pour faire sa température.

Gauvain se chargea d'obéir au médecin tandis que ce dernier trempa le bâtonnet dans une mixture de couleur bleue. Il remua le flacon tandis que le liquide devint doré.

- Ho non, murmura Gaius.

- Quoi ? s'enquit Arthur.

Gauvain était resté près de Merlin et se contorsionnait pour voir le médecin. Ce dernier s'était approché de l'un de ses livres et montra au roi une page ou une plante étrange ainsi que des inscriptions dans une langue qu'il ne comprenait pas, y était affichée.

-Qu'est-ce ? s'enquit-il immédiatement.

- C'est du Cyanure Sire. Un violent poison qui était utilisé par votre père à l'époque de la grande purge.

- Mon père ? répéta l'ancien prince. Qu'a-t-il fait Gaius ?

Le médecin hésita une seconde avant de continuer.

- Le Cyanure est un poison qui, si lors de sa préparation est accompagné de sorcellerie de par cette faculté il ne touche que ceux qui en possède. Il était utilisé à l'époque de l'ancienne religion par les grandes prêtresses qui en gardait toujours sur elle pour en ingérer au cas où elles seraient capturées.

Arthur passa sa main dans ses cheveux et secoua la tête.

- Morgane, murmura-t-il.

- Très certainement Sire. Lors de la grande purge, bon nombre de sorciers furent tués ainsi. D'ordinaire, c'est un poison qui est fulgurant, une simple gorgée de celui-ci et c'est la mort assurée. Par chance, Merlin n'en a reçu qu'une partie infime.

Arthur hocha la tête et même si son cœur tambourinait dans sa poitrine dans un rythme effréné, il essaya tant bien que mal de garder contenance. Mais devant le visage blanc de Gaius, il avait de plus en plus de mal à garder son sang-froid.

- Mais il n'y a aucun remède à ce poison.

- Il y a forcément quelque chose à faire Gaius, réfléchissez ? supplia Gauvain en changeant le chiffon mouillé sur le front de Merlin

- J'ai la tête… qui va exploser, murmura le jeune sorcier enfin capable de parler à nouveau.

- C'est le premier effet du cyanure, expliqua Gaius.

Il s'activa à la recherche d'une fiole et la tendis au chevalier.

- Donnez-la-lui, il doit la boire entièrement.

Gauvain hocha la tête et obtempéra, faisant se redresser Merlin. Il garda une main dans son dos et de l'autre s'assura que la compresse fraiche reste en place sur son front.

- Comment on le guérit ? s'enquit le roi en entrainant Gaius un peu plus loin, à l'abri des oreilles du principal concerné.

- Le Cyanure est fait pour tuer tout sorcier qui serait à son contact. Merlin n'en a pas avalé forte heureusement, mais il a tout de même été en exposer au poison…

Arthur secoua la tête.

- Merlin est revenu à la vie après avoir été mortellement blessé par une lame forgée dans le souffle d'un dragon Gaius, alors n'allez pas me faire croire qu'un… poison aussi puissant soit-il peut le tuer ! S'emporta-t-il.

Gaius devait bien avouer que son roi avait raison. Il avait en effet connu une personne au pouvoir de guérison assez puissant pour soigner un tel poison seulement…

- Je connais en effet quelqu'un qui a déjà soigné cela Sire, seulement…

- Quoi ? Pressa Arthur. Écoutez Gaius si vous savez quelque chose qui peut sauver Merlin, alors parlez !

- C'est Alice Sire.

Le roi resta interdit une seconde.

- Alice…

Gaius hocha la tête.

- La Alice qui a essayé de tuer mon père ? s'exclama-t-il.

- Ce n'était pas elle Sire, elle était manipulée par le manticore. Cette créature la poussait à faire des choses qu'elle ne voulait pas…

- ELLE A FAILLI TUER MON PÈRE ! hurla Arthur.

- Arthur ? Appela Merlin.

Le roi se calma et s'approcha de son ami.

- Comment te sens-tu ? s'enquit-il.

Merlin avait des cernes sous les yeux. Et de petites veines rouges se propagèrent sur son bras, autour de sa blessure. Sa peau semblait plus blanche encore et tout son corps tremblait.

- Tu as vraiment une mine affreuse, essaya-t-il de plaisanter en masquant son inquiétude.

Un sourire s'étira au coin de ses lèvres avant d'être déformé par la douleur.

- Je pourrais peut-être essayer… de me soigner.

- Surtout pas !

Gaius s'approcha et prit le poignet de son pupille calculant les battements de son cœur.

- Ton rythme cardiaque est plus lent, l'informa le physicien. C'est le deuxième effet du cyanure.

- Et le faite qu'il s'est presque évanoui, c'était quoi ? s'enquit Gauvain.

Gaius fronça les sourcils.

- Tu t'es évanouie ?

Merlin secoua la tête.

- J'étais toujours conscient seulement lorsque j'ai jeté la poupée vaudou dans les flammes j'ai ressentie ma magie revenir et…

- la poupée vaudou ? Coupa le médecin un peu perdu.

- Une espèce de poupée de paille qui était accrochée sous le lit de Merlin, expliqua Arthur. Apparemment elle bloquait sa magie.

- Quand elle a brulé, j'ai ressenti une vive douleur dans le bras et je me suis écroulé sans rien comprendre. Ma tête me faisait tellement mal que j'avais envie de hurler et j'avais du mal à respirer.

- Et maintenant comment te sens-tu ?

- Je dirais que comparer à il y a quelque seconde… je me sens plutôt bien.

Gaius hocha la tête.

- Essaye de te lever et de marcher, lui demanda-t-il.

Merlin s'exécuta, mais une fois sur ses jambes tout tourna autour de lui et il ses jambes se dérobèrent sous lui. Arthur le rattrapa avant qu'il ne tombe et l'assit sur la table ou il avait été allongé.

- Vertige, expliqua Gaius.

- C'est quoi la prochaine étape ? demanda le chevalier.

- Vomissements et palpitations. Et si Merlin à de la chance il pourra tenir deux jours avant que la phase finale ne débute avec des convulsions et des troubles respiratoires et quelques heures après surviendra la perte de connaissance et… la mort.

Un silence s'installa et Merlin profita de cet instant pour essayer de se soigner lui-même. Seulement dès que ses yeux se dorèrent la douleur dans ses veines pulsa et les veines rouges se propagèrent jusqu'à son épaule et son cou. Il poussa un autre gémissement et s'accroupit au sol une main serrer à sa nuque, sentant le poison se répondre à l'intérieur de son corps.

- Qu'as-tu fait inconscient ! s'exclama Gaius en s'accroupissant devant lui.

- J'ai essayé… murmura Merlin d'une voix rauque. De me soigner…

Gaius le redressa pour l'assoir à nouveau et prit sa température.

- Un sorcier ayant été empoisonné par du cyanure ne peut utiliser sa magie sous peine de voir son mal empirer bien plus rapidement !

- Et c'est maintenant que vous le dites ! s'énerva Arthur.

- Je lui ai dit de ne pas essayer de se soigner, se défendit le vieil homme.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ? S'impatienta le chevalier.

Gaius haussa les épaules et un nouveau silence survint avant qu'Arthur ne le brise.

- Je vais prévenir mes meilleurs chevaliers.

Mais personne ne comprit où voulait en venir le Roi. Aussi Arthur précisa.

- Ils retrouveront cette Alice et elle soignera Merlin. Si elle y parvient, je veux bien… annuler sa mise à mort.

- Alice ? s'étonna Merlin en échangeant un regard avec son mentor. Celle qui a empoisonné votre père.

Mais Arthur ne répondit pas et quitta la pièce. Gaius demanda à Gauvain de veiller sur son patient et rattrapa son roi.

- Sire attendez !

Le roi s'arrêta et se retourna vers lui.

- Il est hors de question que je laisse Merlin mourir et si cette femme est la seule capable de le sauver alors je ferais ce qu'il doit être fait.

- Je sais cela Sire, commença Gaius, seulement je devrais y aller moi aussi.

Arthur fronça les sourcils.

- Et qui veillera sur Merlin pendant ce temps-là ?

- Alice a trouvé refuge dans un petit village à trente lieues d'ici, mais si une troupe de Camelot s'en approche j'ai bien peur qu'elle ne prenne peur et ne cherche à s'enfuir. Je saurais la convaincre de venir Sire. Quant à Merlin je ne peux rien faire de plus que lui donner des anti-douleurs pour atténue son mal.

Arthur hésita, mais les arguments de Gaius étaient tous recevables et il n'avait pas vraiment le choix.

- Très bien, je vais prévenir Perceval et Léon, ils…

- Je l'accompagnerais également, intervient Gauvain.

Le chevalier les avait rattrapés et s'était comme à son habitude intégré dans la conversation.

- Bien, consentit le roi n'ayant vraiment pas le cœur à batailler avec Gauvain pour l'empêcher de partir. Vous êtes sûr que trois chevaliers suffiront Gaius ?

- Trop d'hommes risqueraient de la faire fuir.

- Très bien, alors partez immédiatement.

.

Le lendemain matin, Arthur s'était réveillé aux aurores, ou tout du moins il n'avait pas dormi plus de deux heures, et avait commencé sa journée par rendre visite à Merlin. Ce dernier était assis à la table et peinait à manger du bouillon laissé par Gaius la veille.

- Que fais-tu debout ? s'enquit Arthur sur un ton un peu plus dur qu'il ne l'aurait voulu.

- Tout va bien Arthur, les potions de Gaius calme la douleur et j'ai même été capable de marcher du lit jusqu'à la table en moins d'une heure.

Arthur en aurait presque ri. Malgré l'état de son ami, il ne manquait pas de plaisanter. Peut-être allait-il mieux qu'il ne le pensait.

- Rien ne pourrait venir à bout du grand Merlin hein ?

Merlin sourit et secoua la tête. Il redevint soudainement sérieux et murmura.

- Arthur, je voulais vous demander… heu…

- Aller Merlin crache le morceau. Cela ne te ressemble pas de faire des manières.

Le jeune homme sourit face à l'encouragement de son ami et acheva sa question.

- Est-ce que vous êtes sur… pour Alice ?

Arthur fronça les sourcils, en proie à l'incompréhension.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Vous savez… elle était vraiment manipulée par cette créature lorsqu'elle à essayer de tuer votre père, elle n'est pas mauvaise. Elle a soigné énormément de gens grâce à la magie. Gaius dit qu'elle est la meilleure guérisseuse qu'il connaisse.

Merlin ne cessait d'étonner le roi. Alors que sa propre vie était en danger, le jeune homme ne pensait encore et toujours qu'aux autres.

- Je l'es vus tu sais, dit-il simplement.

Merlin paru confus.

- Qu'avez-vous vu ?

- Ce qu'il s'est passé depuis que tu es arrivé à Camelot. Le dragon, Valliant et tout le reste. Il y en a tellement que… je serais incapable de toutes les cités !

Merlin baissa les yeux sur son bol de bouillit et plongea sa cuillère dans la mixture en se pinçant la lèvre. Arthur savait que c'était devenu un tic lorsqu'il voulait aborder le sujet de la magie. Même si cela faisait plus de trois mois que celle-ci était reconnue à Camelot, Merlin était toujours mal à l'aise.

- Nous n'en avons jamais vraiment parlé et… si nous ne le faisons pas maintenant nous risquons de ne jamais pouvoir le faire alors… je me lance. Arthur, vous savez que… j'ai vraiment essayé de sauver votre père…

Arthur leva la main.

- Arrête.

Son visage était fermé et ses traits tirés. Merlin savait qu'il était en colère, mais ils devaient en parler.

- J'ignore si tu le sais toi-même ou pas Merlin, mais si mon père est mort c'est de la faute de Morgane.

Le jeune sorcier redressa la tête, intriguée.

- Elle avait donné une amulette à Agravain qu'il a placée autour du cou de mon père. Il avait pour effet d'inverser tous les sorts de soins. Elle avait appris que je comptais utiliser la magie pour le sauver et à décidé de me piéger.

Il secoua la tête et soupira.

- Une fois de plus, Morgane ne m'aura montré que le côté sombre de la magie.

Arthur croisa enfin le regard de Merlin et se surprit à voir des larmes couler sur ses joues que le jeune homme essuya immédiatement.

- Vous êtes en train de me dire que ce n'est pas vraiment de ma faute si je n'ai pas réussi à guérir votre père ? Depuis ce jour-là je vie avec la culpabilité d'avoir mis fin à la vie d'Uther et même si cet homme m'eût probablement tué s'il avait su pour moi… savoir que j'avais… tué votre père ma rendus malade. Je ne cessais de me dire que si vous saviez, vous…

Arthur attrapa la main de Merlin qui reposait sur la table et la serra entre ses doigts.

- Hey… Regarde-moi Merlin. Tu es un idiot, maladroit et tu n'en fais qu'a ta tête. Seulement tu as le cœur sur la main, tu es toujours prêt à aider ton prochain, même si cela peut te mettre dans une situation difficile. J'ai vu toutes les vies que tu t'es acharné à protéger. Même Morgane et Mordred malgré les mises en garde du dragon. Mais ta nature a fait que tu as avant tout essayé de les aider et de les sauver. Tu m'as également empêché de tuer mon père lorsque j'ai vu la vérité pour ma mère…

- Arthur…

- Cesse donc de penser que tout ce qui s'est passé est de ta faute. Aucun homme sur cette terre n'aurait pu faire la moitié de ce que tu as accompli. Personne n'aurait pu faire les choix que tu as eu à faire sans en devenir dingue.

Merlin sourit, tout d'abord profondément émue, puis de façon moqueuse comme il en avait si souvent l'habitude.

- Je rêve ou vous êtes en train de faire mon éloge ?

- Moi ? Renchérie Arthur.

Il fit mine de réfléchir avant de répondre précipitamment.

- Non. Jamais.

Guenièvre entra dans la chambre, voulant prendre des nouvelles de Merlin, suivit de Guy.

- Ah, Merlin, comment te sens-tu ce matin ? Guy m'a raconté que…

Elle se tue, les yeux rivés sur la main d'Arthur qui serait toujours celle de Merlin. Le regard des deux jeunes hommes suivit celui de la reine et ils s'empressèrent de se lâcher, extrêmement gênés.

Ils n'avaient jamais été très à l'aise avec les contacts physiques. Ce qui était le plus étonnant c'était qu'Arthur ne rechignait jamais une accolade amicale avec l'un de ses chevaliers, ou bien même Gaius. Même certains Rois de royaumes voisins se permettaient ce genre d'élan d'affection. Mais avec Merlin il y avait comme une sorte de blocage. C'était juste… trop gênant.

Et même s'il ne s'était agis que d'une main serrer, le faite d'avoir été surpris par sa femme lui donnait la sensation de l'avoir trahit.

- Je… je vais bien, répondit néanmoins Merlin. Enfin, au vu de la situation.

- Nous avons lancé une recherche Sire, commença Guyamor. Mais aucune trace de cet assassin. Vous devriez être prudent.

- Ce n'est pas après moi qu'il en a, contra le roi en se levant.

Tous les trois posèrent leur regard sur Merlin qui soupira.

- Je sais ce à quoi vous pensez, avertit le jeune sorcier. C'est l'œuvre de Morgane…

Gwen sourit tristement et posa sa main sur l'épaule du jeune homme.

- Nous devons absolument t'affecter un garde du corps personnel. Si ce genre d'évènement devait se reproduire, il faut que nous soyons préparés.

Elle échangea un regard avec Arthur qui approuva la décision de sa femme d'un hochement de tête.

- Je trouve que c'est une excellente idée.

- Et avoir un chaperon où que j'aille ? Non merci.

- Merlin, je ne t'en laisse pas le choix !

- Je suis parfaitement capable de me protéger moi-même.

- Ho oui et ça a très bien fonctionné la nuit dernière ! s'exclama Arthur.

- J'ai été piégé, mais je ne me ferais plus avoir de la sorte ! Arthur je vous assure, j'ai veillé sur vous durant des années et contrer plus de complot que n'importe qui au monde, je pense que je suis parfaitement capable de me protéger moi-même.

Le jeune homme voulut se redresser pour appuyer ses dires, lorsqu'un haut-le-cœur le fit se précipiter vers une bassine la plus proche. Il vomit sa maigre portion de bouillon et s'effondra au sol après s'être complètement vidé. Gwen s'était précipitée vers lui et lui caressa le dos de petit cercle de la main. Arthur le regarda de haut et secoua la tête.

- Je pense que ça met fin à cette discussion. Je resterais ici avec toi jusqu'à ce que mes chevaliers ne reviennent et…

- Excusez-moi Sire, mais je peux me charger de la protection de L'Enchanteur. Vous êtes le Roi vous ne pouvez ne pas remplir ce rôle vous-même.

- Je préfère que vous veilliez sur ma femme.

- Arthur, commença Guenièvre.

- Je vous en pris ma Dame ne vous y mettez pas non plus. Je vous rappelle à tous les deux (il pointa Gwen et Merlin de la main) que cet assassin, probablement engager par Morgane se promène en liberté dans Camelot. Je dois vous faire un dessin ou vous avez compris ?

Guenièvre et Merlin échangèrent un regard avant de se résigner mutuellement. Merlin s'essuya les lèvres avec un mouchoir propre que lui tendit son amie.

Elle prit son bras et l'aida à se relever. Guy lui prêta main-forte et tous deux mirent le jeune homme sur ses pieds.

- Je crois, commença le sorcier. Que j'ai la tête qui tourne.

Il ferma les yeux et entendit le soupir d'Arthur.

- Allongez-le, ordonna-t-il en cherchant une des potions que Gaius avait laissées pour Merlin.

Il en trouva une et la fit boire à Merlin en l'aidant à se redresser.

- Et maintenant tu te reposes, ordonna Arthur en le rallongeant, et je te jure Merlin que si je te vois debout, enchanteur ou pas, tu récuras tout le château de fond en comble quand tu seras rétablie !

Merlin sourit et hocha la tête. Il ne mit pas longtemps à s'endormir, Gwen se chargea de le couvrir et de le border tandis que Guy s'approcha de son roi.

- Puis-je vous parler Sire ?

Arthur détourna le regard de son ami et vit le chevalier s'éloigner un peu. Il voulait donc s'entretenir avec lui en privé.

- Je sais que je ne devrais pas dire, mais … je sais que vous vous en faites pour la reine, seulement je crois que cet assassin n'en a qu'après Merlin. Et si vous n'avez pas réussi à en venir à bout lors de votre premier face à face, je doute que ce soit une bonne idée de vous laisser être le garant de Merlin.

- Merci de votre considération à mon égard Guyamor, j'ignorais que vous aviez aussi peu d'estime pour les talents au combat de votre roi.

- Ho… non, Sire, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Excusez-moi je…

- Mais vous avez raison, l'arrêta le blond en se résignant. Si cet homme revient, je ne suis pas sûr d'arriver à avoir le dessus sur lui.

Guy vit le malaise du roi et se permit de le faire remarquer.

- Il y a quelque chose dont vous voudriez me parler, Sire ?

Arthur secoua la tête et porta son regard sur sa femme qui passait un linge humide sur le visage de Merlin.

- Il y a ici les deux personnes les plus importantes de ma vie. S'il devait leur arriver quoi que ce soit…

Guy hocha la tête.

- Je comprends… je sais ce que cela fait de tenir à quelqu'un au point que sa propre vie n'a plus d'importance.

Arthur parut étonné une seconde, se demandant de qui ce chevalier coureur de jupon pouvait bien parler, lorsqu'il prit soudainement conscience d'une chose importante.

- Guy heu… rester ici et veilliez sur eux une heure ou deux je dois… je dois m'absenter un instant.

Arthur s'éloigna précipitamment et quitta le laboratoire du médecin. Il rejoignit les appartements de Merlin et examina la pièce dans les moindres détails. Guy avait raison, Morgane allait s'en prendre à ceux qu'il aimait le plus et comme Merlin était un sorcier renommé comme étant « le plus puissant que cette terre est connu », elle devait commencer par lui. Tout cela n'était que le début d'un plan odieux dont sa chère sœur savait si bien les mener.

Ce qui impliquait qu'elle avait un informateur ici à Camelot.

Arthur avait été suffisamment trahi et dupé pour savoir qu'il ne devait pas accorder sa confiance aussi impunément, surtout sachant que Morgane était encore en vie. Comment aurait-elle su où était la chambre de Merlin ? Comment aurait-elle pu s'infiltrer ici dans Camelot pour placer cette poupée vaudou sous son lit ?

Il s'approcha de la fenêtre brisée par laquelle était sorti l'assassin. Cet homme était véritablement redoutable il avait sauté d'une telle hauteur avec tellement d'agilité sans même se tuer.

Il se retourna et soupira. Comment allait-il faire pour trouver l'allié de Morgane ? Maintenant qu'il savait cela, il ne pourrait plus faire confiance à personne. Seuls ses proches Chevaliers étaient à l'abri de son jugement. Perceval, Gauvain et Léon. Mais lorsque cette réflexion lui vint à l'esprit, l'image de sa femme à l'esprit possédé par la noirceur de Morgane lui revient en tête. Au final n'importe qui, même la personne la plus gentille et douce pouvait être pervertie. Il ne pouvait compter que sur lui-même.

.

Les trois chevaliers et Gaius s'arrêtèrent pour la première fois depuis leur départ de Camelot, reposant leurs montures. Même si le temps pressait il était inutile d'épuiser les chevaux. Gauvain en avait profité pour remplir sa gourde d'eau de la rivière et l'apporta au vieil homme. Les trajets en cheval étaient vraiment épuisants pour Gaius, mais il ne de plaignait jamais.

Il remercia le chevalier pour la gourde et en vue une longue gorgée. Les chevaux avaient été attachés aux branches, mais quelque chose les affola soudainement. Ils piétinèrent le sol de leurs sabots et hennissaient, cherchant à se libérer de leurs liens.

Les trois chevaliers expérimentés dégainèrent leur épée, sentant le danger arriver.

- Venez près de moi Gaius, ordonna Léon dans un murmure.

Le vieil homme s'exécuta tandis que des bandits sortirent soudainement des bois en hurlant.

- Perceval, Gauvain, en cercle ! cria le chef de l'équipe.

Léon de pas son expérience, était le leader et les autres avaient pris l'habitude de suivre ses ordres en toute confiance. Gaius au centre, les trois hommes l'encerclèrent afin de le protéger.

En temps normal, Gaius était contre la violence. Depuis l'abolition de la magie, il n'était devenu plus qu'un simple médecin, probablement le meilleur dans son domaine, mais incapable de se défendre seul. Tout cela n'avait rien à voir avec son âge, même du haut de ses vingt ans, il n'avait jamais su tenir une épée et s'en servir encore moins.

Mais maintenant, c'était différent. Gaius leva la main droite devant lui et lança un sort. C'était le même qu'il avait utilisé sur Morgause à l'époque et c'était bien le seul sort d'attaque qu'il maitrisait à la perfection.

Une grande partie des brigands furent arrêtés et tombèrent au sol, inconscient. Les trois chevaliers, prêt à engager le combat restèrent bouche bée devant la puissance du vieil homme. Ils se demandèrent alors tous si c'était eux qui protégeaient le médecin ou l'inverse.

Les quelques rescaper du sort de Gaius furent arrêter par les chevaliers qui se frottèrent les mains une fois la menace éliminée.

- C'était incroyable ce que vous avez fait, remarqua Léon, sincèrement admiratif.

- J'ignorais que vous étiez aussi puissant, ajouta Gauvain. Je vais peut-être me mettre à la magie finalement !

Tous en rirent.

- Je me suis entrainé avec Merlin. Je savais que cela me serait utile de savoir me défendre, expliqua le vieil homme.

- Et vous avez bien eu raison, approuva Perceval.

Mais tandis qu'ils célébrèrent leur victoire sur les bandits, une voix familière les interpella.

- Vous avez eu de la chance face à ces mercenaires, mais face à une prêtresse de l'ancienne religion, que valez-vous Gaius ?

.

La nuit était tombée lorsqu'une ombre s'infiltra dans le laboratoire de Gaius. Il faisait nuit et la faible lumière de la lune illuminait la pièce. Merlin n'avait pas bougé et dormait à poings fermés. L'inconnu referma la porte derrière lui et s'approcha du lit sans faire un bruit. Il tira un poignard de sa ceinture lorsque la pointe d'une lame s'enfonça dans son dos.

- Je vous conseille de ne pas bouger, résonna la voix d'Arthur.

Merlin se redressa dans son lit et s'éloignant de la porter de l'assassin.

- Je sais que c'est Morgane qui vous a engagé, mais je veux connaitre le nom du traitre.

- Je n'ai rien à vous dire, Arthur Pendragon.

- Qui êtes-vous, Bon Dieu ? Pourquoi obéissez-vous à Morgane ?

- Je ne lui obéis pas, répondit l'assassin d'une voix rocailleuse. Si je suis ici, c'est pour un terme à la vie de l'homme qui est responsable de la mort de mon frère.

Merlin se tenait à la table pour ne pas tomber, mais ne comprenait pas. Qu'avait-il fait ? Jamais il n'avait tué de sang-froid. Les seuls morts sur sa conscience étaient les hommes qui avaient cherché à tuer Arthur.

- Qui était votre frère ? s'enquit Arthur piqué par la curiosité.

- Myror.

- Il avait menacé la vie du prince ! s'exclama Merlin.

- Et ce n'est pas Merlin qui l'a tué, ajouta le roi. C'est moi.

L'homme tourna son visage vers le roi afin de lui lancer un regard noir.

- Vous, Arthur Pendragon, vous n'avez été que l'épée. Mais c'est cet homme qui a provoqué la chute de mon frère.

Arthur leva les yeux sur Merlin et comprit qu'il avait également utilisé sa magie à ce moment-là*. L'homme profita du trouble d'Arthur pour utiliser son poignard et dévier Excalibur de son dos. Il donna un coup de pied dans l'abdomen du roi, l'éloignant suffisamment loin de lui pour se tourner vers sa véritable cible.

Merlin recula en s'appuyant toujours la table avant d'en arriver au bout et de tomber au sol. Il continuait de reculer à terre devant la lourde épée de l'assassin. Il attrapa le premier objet qu'il trouva et serra le pied de la chaise fortement avant de l'envoyer sur son assaillant.

Malheureusement la carrure de l'homme fit en sorte de la chaise éclate en morceau sans même provoquer un seul dégât. Cela réussit tout juste à le ralentir et surtout à le mettre encore plus en colère. Il donna un de ses puissants coups de pied dans les côtes de Merlin qui se plia en deux sous l'impact.

Arthur choisit cet instant pour charger sur l'assassin et tous deux entamèrent un duel acharné. Merlin voyait flou, mais il se força à se redresser.

Il devait aider Arthur.

Sa vision se brouilla plusieurs fois, mais il finit par voir clair et essaya de se redresser avant que ses côtes douloureuses ne le fassent changer d'avis.

- Arthur, murmura-t-il.

Son ami venait de se faire frapper au visage par un coup de coude à la tempe qui déstabilisa le roi et le fit perdre son équilibre. L'assassin leva son épée, prêt à trancher son roi devant les yeux du jeune sorcier.

Merlin n'avait plus le choix et usa de sa magie pour essayer d'éjecter au loin l'assassin comme il avait si souvent l'habitude de le faire. Seulement sa magie était aussi épuisée qu'il l'était et il ne réussit une fois de plus qu'à le faire reculer de quelques mètres.

- Laissez-le…

Arthur était acculé contre le mur, son épée à quelque centimètre de lui et profita de l'inattention de son assaillant pour se précipité vers elle. Mais une fois encore, il se fit contrer en se faisant blesser au bras et il retomba au sol. Il recula, se rapprochant de Merlin et chercha de quoi l'aider. Il faisait office de bouclier à Merlin avec son corps, mais il savait que cela ne changerait rien.

- J'aime savoir que mes victimes connaissent le nom de celui qui a mis fin à leur vie alors retenez le bien. Mon nom est Aidan.

Il s'approcha d'eux tandis qu'Arthur jeta un rapide coup d'œil à son arme un peu plus loin. Aidan leva son arme, mais contre toute attente, se figea et la lâcha. Il porta la main à son ventre et s'effondra. Guy se tenait derrière lui, son épée dans les mains.

- Sire, Merlin… vous allez bien ?

Les deux jeunes gens virent le chevalier qui venait de leur sauver la vie avec un mélange d'étonnement et de soulagement. Guy s'agenouilla devant eu le visage inquiet.

- … Guyamor ! Je n'aie jamais été aussi heureux de voir quelqu'un de ma vie ! s'exclama Arthur.

- J'ai su que vous aviez quelque chose derrière la tête lorsque vous êtes parti précipitamment cet après-midi. Et lorsque vous avez ordonné que personne n'approche le laboratoire, j'ai compris que vous soupçonniez un traitre. J'ai tout de même veillé sur Guenièvre cette nuit et ne voyant aucun signe d'assassin j'ai décidé de venir voir comment allait Merlin, malgré votre interdiction.

Arthur se redressa et aida Merlin à faire de même.

- Guy… je ne devrais sans doute par dire cela, mais je suis ravie que vous ayez désobéi à mes ordres.

- Nous serions morts sans cela, ajouta Merlin.

Guy hocha la tête et serra le bras qu'Arthur lui tendit dans un geste de reconnaissance.

- Vous nous avez véritablement sauvé la vie Guy. Je crois que vous venez de gagner ma reconnaissance et ma confiance éternelles.

- Je suis bien d'accord avec Arthur. Vous nous avez véritablement sauvés… la…

- Vous allez bien ? demanda le chevalier en rengainant son épée dans son fourreau.

Merlin sentit un autre vertige l'assaillir, mais avant qu'il ne puisse s'accrocher à quoi que ce soit pour éviter la chute, il était déjà allongé au sol. Arthur et Guy virent le corps du sorcier convulser. Tous ses muscles se contractèrent et ses yeux devinrent blancs. Les deux chevaliers se précipitèrent vers lui, essayant de maintenir le corps du sorcier au sol.

- Allongez-le sur le lit Sire, ordonna Guy en se redressant et partant dans le couloir.

Arthur eu tout juste le temps de s'exécuter que Guy revient avec une torche. Il la jeta dans la cheminée et revient près du malade. Mais le roi comme le chevalier restèrent sans voix. Les petites veines qui s'étaient propagées sur le corps de Merlin depuis sa blessure avaient désormais atteint la tempe du sorcier.

- Le poison, murmura Arthur. Cet idiot à utiliser sa magie pour me protéger contre Aidan et le poison s'est propagé plus rapidement !

Le corps de Merlin avait cessé de bouger et il s'évanouit. Arthur prit son pouls et put constater que même s'il était très faible, il battait encore.

- Allez, Merlin, accroche-toi… Gaius va revenir.

.

L'aube commençait à poindre tandis qu'Arthur et Guy somnolaient dans le laboratoire. Arthur avait posé sa tête sur ses bras et gardait ses doigts sur le poignet de Merlin, s'assurant que son cœur battait toujours.

Il l'avait écouté faiblir aux fils des heures et s'était plus d'une fois faite la frayeur de ne plus le sentir. Guy avait sorti le corps de l'assassin de la pièce et l'avait allongé dans l'ancienne chambre de Merlin.

Les rayons du soleil envahissaient la pièce, tandis que Guy se redressa.

- Ils devraient déjà être de retour.

- Ils vont venir, répondit Arthur plus pour se rassurer lui-même que pour convaincre le chevalier.

- Comment va-t-il ?

Arthur se redressa.

- Il est de plus en plus pâle…

Guy observait Arthur. Morgane lui avait raconté que son frère était attaché à Merlin plus que de raison, mais il ne s'était pas attendu à ce que le roi soit aussi lié au sorcier. La jeune femme n'avait cessé de lui raconter toutes les horreurs qu'Uther avait commises. Et elle semblait croire que son frère était le même.

Arthur avait certes commis des erreurs et des massacres par le passer, mais il semblait réellement avoir changé d'avis sur la magie. Cependant, aussi agréable qu'Arthur voulait bien laissait paraitre, Guy ne pouvait pardonner à cet homme d'avoir abandonné la jeune femme. Sous prétexte qu'elle avait la magie, il l'avait considéré comme un paria et avait même plus d'une fois essayer de la tuer. Ce sorcier aussi avait attenté à la vie de la jeune femme et bien avant que son cœur ne soit empli de haine eu de vengeance. Il l'avait empoisonné, quel ironie du sort. Il avait cherché à tuer la sorcière avec du poison et allait mourir empoisonné.

Guy n'était pas un mauvais homme, il voulait juste sauver sa douce. Il avait trouvé Morgane et le jeune Mordred, épuisé et blessé, perdu dans la forêt. Étant un bandit de grand chemin, il avait eu pitié du jeune homme qui l'avait supplié de l'aider à sauver son amie. Depuis lors il était tombé sous le charme de la sorcière et n'avait eu de cesse que de l'aider à retrouver le sourire. Pour cela il était prêt à tout, même à tuer son roi et offrir son trône à sa belle.

Arthur se redressa soudainement, palpant le poignet de Merlin.

- Je ne le sens plus…

Guy se redressa. Arthur avait déjà paniqué deux fois cette nuit pensant que le cœur de son ami avait cessé de battre, mais à chaque fois cela n'avait été qu'une fausse alerte. Aussi il ne se pressa pas en rejoignant son roi et prit sa place pour vérifier l'état de Merlin.

Seulement cette fois-ci, ce n'était pas une erreur. Il croisa le regard d'Arthur et secoua la tête.

- C'est fini… sire…

Arthur secoua la tête.

- Non… ce n'est pas fini.

Il secoua Merlin par les épaules et s'écria.

- Merlin réveil-toi ! Tu es revenu une fois d'entre les morts alors si c'est pour mourir là comme un idiot ce n'était pas la peine de revenir il y a trois mois !

La porte s'ouvrit et Gaius suivit d'Alice entrèrent.

- Arthur est-ce que…

Mais devant le visage inquiet du roi, le vieil homme comprit bien vite. Il laissa passer son ami devant lui. Celle-ci s'approcha de Merlin et fit s'écarter le roi. Elle sortit une plante de sa besace et parla d'une voix douce, mais ferme.

- Reculer tous. Gaius, faite moi chauffer de l'eau et ajouter y du cyprès, cela stimulera la circulation de son sang.

Elle attrapa le bras blessé de Merlin et posa la plante dessus. Elle murmura une incantation et ses yeux se dorèrent. Les veines sur le corps de Merlin disparurent petit à petit. Gaius revient vers eux et lui tendit une fiole avec la mixture qu'il venait de concoctée.

Une fois les mains libres, il prit le bras de Merlin et secoua la tête en croisant le regard d'Alice.

- Toujours rien.

- Très bien.

Elle fit couler le flacon entre les lèvres de Merlin et murmura une autre incantation. Elle la répétait sans cesse, bientôt suivie par Gaius. Arthur n'avait jamais vu son vieil ami à l'œuvre et il devait bien avouer qu'il n'avait jamais cru Gaius capable de magie. Mais maintenant qu'il le voyait, il ne pouvait qu'y croire et éprouver une pointe d'admiration.

En cet instant, Arthur était en retrait et se mordait l'ongle du pouce, rongé par l'inquiétude. Et ce ne fut qu'au bout des secondes les plus longues de sa vie, que Gaius soupira en soufflant.

- Je sens son pouls. Son cœur bat à nouveau.

Arthur passa ses mains dans ses cheveux en signe de soulagement et se mit à rire. Gaius le suivit et la femme s'assit sur une chaise, épuiser.

- Nous avons réussi.

Guy en était incroyablement étonné. Le plan de Morgane avait échoué et il savait que cela ne lui plairait pas. Mais il y avait bien une chose qui avait fonctionné et plutôt à merveille.

- Nous devrions le laisser se reposer, commenta le médecin en s'approchant de son roi.

- J'ai cru que vous ne reviendriez pas à temps Gaius.

Mais l'expression du vieil homme ne rassura pas Arthur. Il échangea un regard avec Alice.

- Nous avons eu une embuscade Sire. Quelqu'un savait que nous partirions…

Il hésita avant d'ajouter plus bas. Comme si le simple faite de prononcer son nom était devenus un péché.

- Morgane nous attendait à retrouver.

- Morgane ? s'exclama Arthur en se tendant. C'était bien elle qui a envoyé cet assassin. Maudit soit-elle quand cessera-t-elle de vouloir nous anéantir ?

- Comment vous en êtes-vous sorti vivant ? s'enquit Guy plus inquiet pour sa douce que réellement intéressé par la réponse.

- C'est grâce à moi, murmura une voix à l'entrée du laboratoire.

Arthur et Guy se tournèrent à l'unisson vers l'inconnu et virent un jeune homme brun. Il portait une armure de cuir et une épée à la taille. Son visage n'était pas inconnu au roi, mais il était incapable de dire où il l'avait déjà vu.

- Et vous êtes ?

- Gilli… Sire.

Il entra et s'approcha de Merlin.

- J'ai croisé le chemin d'un groupe de bandit la nuit dernière et j'ai eu vent du plan de Morgane pour tuer votre enchanteur. Je les ai alors suivis et j'ai trouvé votre médecin et vos chevaliers. Merlin m'a sauvé la vie une fois, je voulais payer ma dette que j'avais envers lui.

- Vous êtes un sorcier vous aussi ? Votre visage me dit quelque chose…

- Le tournoi, répondit-il simplement. J'étais le finaliste contre votre père.

Arthur se souvenait à présent de lui et de son incroyable talent à l'épée. Cette fois-là, avait-il utilisé sa magie ?

- Et Morgane ? Ou est-elle ?

- Ma magie est bien modeste en comparaison à celle d'une prêtresse de l'ancienne religion, répondit le jeune homme, je n'ai pu que l'assommer et aider votre médecin à ramener l'aide qui sauverait Merlin à Camelot.

Arthur approuva.

- Alors je vous dois beaucoup Gilli.

Guy tiqua. Arthur avait le don pour parler avec cet air solennel lorsqu'il se pensait redevable auprès de quelqu'un. C'était à la fois admirable et agaçant.

.

Gilli était en haut des remparts et admira la vus de Camelot. Arthur le rejoint, tandis que le soleil finissait sa course au loin.

- Je vous cherchais, lui avoua le roi en se positionnant à ses côtés.

Les mains sur la muraille il regarda en contrebas la ville basse et avait enfin l'impression de respirer depuis l'arrivée de cet assassin.

- Je crois me souvenir que vous êtes un escrimeur hors pair. Après tout vous vous êtes retrouvé en finale contre mon père, ce n'est pas rien.

Gilli parut étonné, mais laissa le roi continuer son discours.

- J'aimerais que vous deveniez chevalier de camelot, si toutefois vous le désirez.

- Vous savez que je dois mes exploits à ma magie ?

Arthur hocha la tête. Il n'était pas dupe. Il se doutait bien qu'un homme ayant un tel pouvoir entre les mains avait dû les utiliser, mais il persistait à penser qu'un chevalier capable de manier une épée et la magie serait un véritable atout pour Camelot.

- Je le sais. Qu'en pensez-vous ?

Gilli haussa les épaules ne sachant quoi répondre.

- Vous ne me demandez pas comment Merlin m'a sauvé la vie ?

- Est-ce important dans votre décision ? S'interrogea le blond.

- La mienne non, mais je pense que si vous le saviez, vous reverriez votre proposition.

Arthur parut soudainement très intéresser par le sujet.

- Comment Merlin vous a-t-il sauvé la vie ?

- J'allais tuer votre père.

Arthur s'était attendu à tout, sauf à cela. Il avait la désagréable impression que tout le monde avait essayé de le tuer et même s'il restait son père il ne pouvait leur en tenir rigueur. Après tout il avait massacré bon nombre de sorciers bons qui n'avaient jamais rien fait de mal.

- Lors du tournoi, j'étais déterminé à tuer Uther et mettre fin à son règne et son oppression sur la magie. Mais Merlin a utilisé la sienne et m'a contré. Ce jour-là, il a sauvé non seulement la vie de votre père, mais également la mienne. Car si j'avais mis mon plan à exécution, vos soldats ou vous-même m'auriez certainement tué. Mais au lieu de me dénoncer, Merlin m'a juste révélé son talent et ses sentiments. C'était la première fois que je rencontrais quelqu'un qui possédait cette magie et qui n'était pas rongé par la vengeance ou la tristesse. Chaque sorcier a perdu un être cher à cause de votre père et Merlin aussi, mais… il n'a jamais pensé une seule seconde que votre père méritait de mourir pour cela.

Il croisa le regard d'Arthur et ajouta.

- Il parlait de vous avec tellement d'espoir, qu'il m'a donné envie de croire en vous. Il disait que vous étiez juste et qu'un jour vous restaureriez la magie et que nous n'aurions plus à nous cacher et il avait raison.

Arthur avait toujours du mal à croire que Merlin avait tellement fait durant toutes ses années et savoir qu'il avait sauvé la vie de son père alors qu'il était en partit responsable de la mort du sien, était impressionnant.

- Et vous alors ? s'enquit le roi présent et à venir.

- Moi ?

- Avez-vous cru en cet espoir ?

- Je suis toujours en vie et je n'ai pas tué votre père. Je crois que j'avais besoin d'une aide. J'étais perdu et sans bute.

Arthur se redressa et approuva d'un hochement de tête.

- Je vais allez voir comment vas Merlin, j'espère que vous réfléchirez sérieusement à ma proposition.

Le roi n'attendit pas la réponse de Gilli et s'en allant, laissant le jeune homme derrière lui avec une expression des plus étonnée. Même après avoir eu vent de sa tentative d'assassinat sur son père, Arthur avait maintenu sa demande. Le sorcier comprenait mieux désormais l'attachement de Merlin pour cet homme.

.

Arthur pénétra dans le laboratoire et trouva Gaius en pleine préparation pour sa ronde quotidienne. Il la réalisait d'ordinaire le matin, mais ayant été absent plus d'une journée il avait décidé de passer en fin de soirée. Alice était assise à table, sa tête reposant sur ses bras et s'était assoupie. Le lit était vide et Gaius répondit dans un murmure avant qu'Arthur ne pose la question.

- Nous l'avons installé dans la pièce d'à côté pour qu'il soit au calme. Vous pouvez aller le voir, mais ne le forcer pas de trop Sire, Merlin est encore faible.

Le roi fit signe qu'il avait compris et ouvrit le plus doucement qu'il put la porte de la petite chambre. Celle-ci grinça malgré sa prudence ce qui fit remuer son ami. Il ouvrit les yeux se redressa. Encore faible il se contenta de s'adosser contre le mur derrière lui.

Arthur prit place sur la chaise à côté de lui probablement placée là à cet effet et observa son ami.

- J'ai cru comprendre que je revenais de loin, murmura le sorcier.

Il avait la bouche pâteuse et était toujours aussi pâle qu'un mort.

- Tu as trop tendance à mourir ces derniers temps si tu veux mon avis, fit remarquer Arthur sur un ton de plaisanterie, bien qu'il n'avait pas du tout envie d'en rire.

Merlin haussa les épaules.

- Que voulez-vous je suis populaire !

Il toussa et attrapa le verre d'eau posé sur sa table de chevet.

- J'ignore ce qu'ils m'ont donné à boire, mais c'est vraiment infect.

- Content de voir que tu es assez en forme pour te plaindre.

- Je ne me plains pas, s'indigna le jeune homme. J'aimerais vous y voir à ma place !

Arthur redressa les épaules et arbora une expression fière.

- J'ai déjà eu plus d'une blessure dans ma vie Merlin et j'ai frôlé la mort presque autant de fois que toi.

Merlin en rigola et regarda la surface de l'eau.

- Gaius m'a raconté ce qu'il s'était passé avec Morgane. Je suis content que Gilli soit là. C'est un homme bien.

- Il m'a dit ce que tu avais fait pour lui, lui avoua Arthur. Et surtout pour mon père.

- Je sais qu'il a fait souffrir beaucoup de monde, mais… c'était votre père avant tout et je ne pouvais pas me résoudre à ce que vous perdiez le seul parent qu'il vous restait.

Arthur en était profondément ému.

- Merci…

Merlin lui jeta un regard qui en disait long sur sa reconnaissance avant de sourire bêtement.

- Cela veut dire que je peux prendre congé ? Avec Alice et Gilli à Camelot je peux bien profiter d'un repos bien mérité !

- Certainement pas, espèce de paresseux, dès que tu seras capable de tenir sur tes jambes tu te remettras à ton travail !

- Hey, ce n'est pas juste, bougonna le sorcier.

Arthur ria et se permis de lui frictionner les cheveux affectueusement.

- Et puis, Gilli risque d'être occupé s'il accepte mon offre.

- Une offre ? Quelle offre ?

- Je lui ai demandé d'être chevalier de Camelot.

Merlin se redressa autant qu'il put, excité par cette nouvelle et sérieusement heureux pour son ami.

- Vraiment ? a-t-il accepté ?

- Pas encore, mais je pense qu'il le fera.

- C'est une excellente nouvelle, approuva Merlin. Et… pour Alice, vous savez ce que vous allez faire ?

Arthur haussa les épaules.

- J'ai aujourd'hui donné une chance à une personne qui avait attenté à la vie de mon père de rejoindre Camelot, je pense qu'une de plus ne changera plus grand-chose désormais.

Merlin lui sourit. Arthur avait véritablement l'étoffe d'un grand roi et il ne cessait de le prouver de par ses actes. Aussi étrange que cela pouvait paraitre, le jeune sorcier se sentait fier de ce qu'Arthur était devenu, comme s'il était son fils et qu'il était sa fierté. Pourtant même si aucun des deux ne l'avouerait jamais, si Arthur avait tellement changé, c'était bien grâce à Merlin.

- Tu devrais te reposer, commença le blond en se levant. Je repasserais demain.

- Seriez-vous en train de vous inquiéter pour moi ? charia Merlin.

Mais Arthur n'avait plus le cœur à rire et demanda le plus sérieusement possible.

- Tu as utilisé tes pouvoirs la nuit dernière, même si tu savais que cela pourrait t'être fatale tu m'as sauvé la vie… encore.

Merlin ignorait s'il devait répondre ou non, mais sous le silence d'Arthur il se lança.

- Je vous protègerais toujours Sire, comme je l'es toujours fait. Et cela, même au prix de ma propre vie. Vous êtes le Roi présent et à venir. Vous êtes le roi qui réunira Albion et votre vie est porteuse d'espoir. En tant que votre serviteur, je me sois de vous protégé. Je suis née pour vous servir et vous protéger et c'est ce que je ferais Arthur… toujours.

Le blond était partagé entre l'envie de pleurer, celui de le serrer dans ses bras ou bien même lui envoyer son point dans la figure. Cet idiot ne comprenait donc pas que s'il venait à disparaitre, ce grand roi en qui il avait tellement d'espoir ne serait plus rien ?

- Ne refais jamais cela Merlin. Ta vie n'a pas moins de valeur que la mienne et je refuse qu'un de mes sujets meure à ma place.

Merlin secoua tristement la tête.

- Vous savez très bien que je ne peux pas faire cela Sire. J'ai une mission moi aussi, un destin. Et une personne très sage m'a dit un jour que l'on ne pouvait contrer son destin aussi facilement.

Arthur se tourna vers lui et Merlin put voir les yeux brillants de détermination de son ami.

- Et moi on m'a dit que nous étions les deux faces d'une même pièce. Et si l'un des deux côtés venait à disparaitre que crois-tu qu'il se passerait ?

Merlin ouvrit la bouche, mais il ne trouva rien à répondre. Arthur ne lui laissa pas plus de temps et sortie de la pièce.

- Repose-toi maintenant, demain je te veux en forme pour nouer mon armure lors de l'entrainement.

- Bien sûr, Sir, plaisanta Merlin histoire de détendre la tension palpable qu'il y avait entre eux. Je ne manquerais pas une autre occasion de voir Guy vous faire mordre la poussière !

- Encore une insulte envers ton roi et je te ferais enfermer au cachot Merlin !

.

Le corbeau donna une pression de ses ailes, prenant de la vitesse et finit par se poser sur un rocher. Ses trois yeux fixèrent la sorcière qui s'approcha de lui, désireuse de connaitre le dénouement de son plan. Elle s'empressa de dénouer le morceau de papier attaché à la patte de l'animal et le lut d'une traite. La jeune femme serra le papier dans sa main, rageant.

- Des nouvelles de Camelot ? s'enquit le jeune druide.

- Merlin est en vie…

Mordred eut le visage sombre et jura.

- Il ne mourra donc jamais !

- Patiente mon ami. Guyamor a réussi sa mission.

Mordred sourit, soudainement détendu par la nouvelle.

- Le roi à une confiance aveugle en lui. Nous aurons d'autres occasions pour les éliminer et nous venger. Je pourrais alors récupérer ce trône qui me revient de droit.

Et elle sourit diaboliquement à cette idée.

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Merlin

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Suite au prochain épisode !

* Arthur a en effet vu tout ce qu'il s'est « réellement » passé, mais très rapidement comme un flash et certains détails ne sont pas clairs.

Je suis vraiment curieuse de savoir ce que vous pensez de mon épisode 1 de ma saison 6 ! Sachez que pendant longtemps j'ai eu le syndrome de « la page blanche ». Mais une forte déprime m'a poussé à me replonger dans l'écriture de cette fiction -_- et oui comme on dit « un mal pour un bien » !

Enfin bref j'espère avoir très vite de vos avis !