Bonjour ! Voici la suite de l'histoire, j'espère que ça vous plaira. Une idée lumineuse m'a traversé l'esprit hier soir, je me suis dit que ça pourrait être amusant qu'il y ait treize chapitres à cette histoire ! Non, pas parce que le chiffre porte bonheur et/ou malheur, mais parce que l'Organisation XIII ! Vous saisissez ? ;-)

Oui, je sais, ça vole pas haut.

Je vous tiendrai au courant ! Sur ce, je vous laisse en compagnie du nouveau chapitre.


LES UNIVERS DE KINGDOM HEARTS ET DE FINAL FANTASY VII APPARTIENNENT À DISNEY ET À SQUARE ENIX.


Un frère, un choix, une vie


DEUXIÈME PARTIE –


Reno descendit les escaliers en grommelant, les mains dans les poches. Il en avait plus qu'assez de se retrouver assigné dans son bureau à remplir de stupides rapports qui n'avaient rien d'intéressant. C'était quand même pas de sa faute si sa dernière mission avait sérieusement amoché le seul hélicoptère intersidéral qu'ils possédaient, quand même ! Et puis d'abord, c'étaient ces espèces de créatures noires qui avaient ouvert le feu, à bord de leurs planeurs. Reno avait juste essayé de faire en sorte que l'hélico s'en sorte relativement bien (et lui aussi, par la même occasion). Et voilà comment on le remerciait ?

Et une séance de sport imposée, pour ne rien arranger. Le jeune homme leva encore une fois les yeux au ciel, tandis qu'il déambulait dans le couloir. Seule la Déesse savait à quel point il pouvait détester ça. Il se faisait mettre au tapis à chaque fois : Rude était plus fort physiquement, Tseng maîtrisait ses techniques de combat sur le bout des doigts, et Elena avait beau être proche de lui en âge, elle restait la plus rapide et la plus habile d'eux deux. Lui, c'était au tir qu'il excellait. Mais non, il fallait que les Turks fassent du sport, et il n'y couperait pas.

« La poisse… » marmonna-t-il en ouvrant délicatement la porte des vestiaires d'un violent coup de pied.

Reno s'approcha de son casier, mais s'arrêta avant de l'atteindre. Il aurait juré qu'il y avait quelqu'un dans les parages, alors que cet étage était normalement réservé aux Turks. Quelqu'un qui n'était pas un membre de son équipe, étant donné que Tseng était toujours dans le bureau du patron et que Rude et Elena étaient chacun dans leur bureau respectif… Le rouquin jeta un coup d'œil circulaire autour de lui. Personne. Sur ses gardes, il s'approcha des douches à pas de loup.

Recroquevillé dans un coin sur le carrelage froid, il y avait un corps tout de noir vêtu. Des images d'ange démoniaque et de mercenaire blond jaillirent aussitôt dans son esprit, et par réflexe, Reno abandonna toute idée d'approche furtive pour bondir en avant, arme en main.

« Hé, toi ! Qu'est-ce que tu fais là ? »

Bien évidemment, et il s'en rendit compte dans la seconde qui suivit son geste, ce ne pouvait être ni l'un, ni l'autre. Le premier l'aurait déjà tué sans le moindre état d'âme, et le second membre de la liste noire n'avait en rien cette carrure de gringalet…

Ou alors, il avait subi une diète sévère depuis la dernière fois que Reno l'avait vu.

« Oh ! Je. Te. Parle ! » articula exagérément le jeune homme en constatant que son interlocuteur ne semblait pas lui prêter la moindre attention. « Tu m'écoutes, dis ? »

Il s'approcha de quelques pas. Aucune réaction. Prudent, Reno désactiva le mécanisme électrique de son bâton de combat, avant de glisser le bout de celui-ci sous le menton de l'intrus pour l'obliger à relever sa tête vers lui. Il ne résista pas, et le Turk découvrit sous la capuche noire un visage aux traits encore enfantins, et deux yeux d'un bleu perçant qui le dévisageaient, tout en lui donnant la sensation troublante de ne pas vraiment le voir.

« Ah, mais t'es qu'un gamin ? »

N'obtenant toujours pas de réponse, Reno s'accroupit pour se mettre à sa hauteur. Il avait toujours son arme en main, mais il avait cessé d'en menacer le plus jeune – il n'était pas sans cœur, loin de là.

« T'as quel âge, quinze ans ? Seize, à tout casser… » s'interrogea-t-il à voix haute, pensif, avant de reporter son attention sur le garçon et de lui adresser un sourire qu'il voulait rassurant, pour le mettre en confiance. « Hey. Moi c'est Reno. Et toi ? »

Les yeux bleus le dévisagèrent un instant et s'écarquillèrent légèrement de surprise. Le Turk comprit que cette fois, son interlocuteur l'avait vraimentregardé, pas comme précédemment où il était perdu dans ses pensées.

« Roxas. » lâcha le garçon d'une voix atone, resserrant un peu plus l'étreinte de ses bras frêles autour de ses jambes.

Reno hocha la tête.

« Ok, Roxas. Hé, tu veux pas enlever ça ? »

Ce disant, il avança une main vers la capuche noire du treizième membre dans le but de la retirer. Interrompant son geste, Roxas se recroquevilla encore plus sur lui-même, si c'était possible, en fixant de ses grands yeux bleus effarés le bras tendu de Reno.

« Non ! »

« Ok, ok. Dis-moi, qu'est-ce que tu fais là, mon grand ? Je t'ai jamais vu dans le coin, encore. Tu sais que t'as pas le droit d'être à cet étage ? »

Le gamin lui renvoya un regard perdu, comme s'il ne comprenait pas sa question, et l'espace d'un instant Reno se demanda s'il n'avait pas affaire à un attardé mental. Ses fringues bizarres l'intriguaient aussi, comme elles avaient attiré l'attention de tous ceux que Roxas avait croisé dans les étages inférieurs. Qui pouvait bien être ce garçon pour venir se planquer dans un coin des douches des Turks et se trimballer avec un long manteau noir si semblable à ceux que portaient leurs ennemis ?

« Xion vient d'ici ? » demanda soudain Roxas, le souffle court.

« Euh… pardon ? »

Le numéro treize détourna le regard.

« Le laboratoire… »

« Hein, parce que t'as été traîner là-bas aussi ? » s'étrangla Reno. « Écoute Roxas, je ne sais pas qui tu es ni ce que tu fabriques ici. Mais normalement, c'est interdit. »

L'adolescent encapuchonné releva la tête vers lui. Cette fois, son regard semblait indiquer qu'il l'avait compris, même si Reno n'y lisait aucune marque de crainte ni de culpabilité. Pff, ces gamins des étages inférieurs… Toujours prêts à tout pour prouver qu'ils auraient un jour leur place dans les hautes sphères de la stricte hiérarchie qu'était le monde de la Shinra. Le Turk esquissa un vague sourire, surpris en son for intérieur d'être aussi attendri devant un simple garçon visiblement un peu trop fragile. Sans doute un pari louche lancé par d'autres jeunes, et Roxas n'avait pas eu les épaules d'assumer jusqu'au bout. Pourtant, aucune trace de remords dans ses yeux bleus. Bah… Reno se sentait d'humeur clémente. Il décida de passer l'éponge pour cette fois. Il n'allait quand même pas mettre au supplice un môme de son âge simplement pour avoir eu l'inconscience et le courage d'oser braver les interdits et de monter jusqu'ici… même s'il n'avait clairement rien à y faire.

« Allez, je te laisse partir pour cette fois, va. Mais évite de revenir traîner par ici. Mes collègues seront moins indulgents. »

Il donna une petite tape amicale sur la tête dissimulée sous la capuche noire avant de se redresser.

« Et souris un peu, bon sang ! »

Feignant ensuite l'indifférence pour ce pauvre Roxas, Reno regagna la salle principale des vestiaires et ouvrit cette fois son casier. Sifflotant tranquillement sans prêter plus d'attention que ça à sa rencontre avec le garçon, il retira sa veste, qu'il jeta en boule au fond de son armoire, avant de commencer à défaire les premiers boutons de sa chemise blanche. Du coin de l'œil, il vit passer une silhouette noire. Mais plutôt que de s'en aller bien sagement par là où il était arrivé, Roxas vint se planter derrière lui. Reno continua de se déshabiller, espérant qu'il s'en aille. Mais le gamin en manteau noir ne bougea pas. Le jeune homme soupira avant de se retourner, sa chemise désormais entrouverte exhibant un torse fin mais tout de même un minimum musclé, bronzé par un soleil qu'il n'avait certainement pas rencontré dans son monde.

« Qu'est-ce que t'as à rester planté comme ça ? Allez, file de là ! »

Roxas l'observait en fronçant les sourcils. Reno maugréa en son for intérieur, espérant que le garçon finisse par réagir, sans quoi il allait devoir le virer de cet étage lui-même.

« Je vais finir par croire qu'il est gay, à me mater comme ça… » songea-t-il avec amusement tandis que Roxas ne cessait de le dévisager.

Par défi, une lueur sarcastique dans le regard, il retira complètement sa chemise, mais cela ne sembla pas faire plus d'effet que ça au garçon, qui à cet instant secoua la tête et se retourna.

« Bah quand même. » soupira mentalement Reno. « J'ai cru qu'il allait jamais me lâcher. »

La seconde d'après, le Turk crut tout autre chose : que sa mâchoire allait se décrocher, tellement il était sous le choc face à ce qu'il voyait. Roxas s'en allait enfin, oui. Mais pas exactement de la manière dont il l'avait imaginé.

Le garçon tendit un bras devant lui, sans un mot, et un grand vortex ovale s'ouvrit alors, perpendiculaire au sol, noir et violet sombre. Le portail semblait être fait de ténèbres pures il s'en dégageait quelque chose de malsain. Reno peinait à croire que c'était bien Roxas qui l'avait ouvert, comme ça, naturellement, sans le moindre effort. Et pourtant, c'était bien ce qu'il venait de se produire.

Ce gamin était donc affilié aux ténèbres, d'une manière ou d'une autre ?

« Attends ! » cria Reno, faisant réapparaître son arme dans sa main par instinct. « Qui es-tu, à la fin ? »

Roxas marqua un temps d'hésitation. Lentement, il tourna sa tête sur le côté. Le Turk pouvait voir le bas de son visage, même s'il ne le regardait pas directement. Il y eut l'ombre d'un sourire sur ses lèvres. Mais ce sourire n'avait rien de joyeux. Au contraire, il paraissait forcé. Triste et résigné.

« Je suis… le numéro treize. »

« Hein ? Si tu crois que je vais me contenter de ça ! »

« Adieu. »

Roxas s'avança. Mais le portail s'était ouvert à quelques mètres de lui, et Reno était prêt à bondir, malgré sa situation déstabilisante d'être à moitié à poil en compagnie d'un gamin capable de manier les ténèbres.

Autre précision : même s'il ne l'était pas autant que sa collègue Elena, Reno était rapide.

Il ne parvint pas à arrêter Roxas avant qu'il ne franchisse l'obscur vortex. Mais il tendit son bras de toutes ses forces, et ses doigts ne se refermèrent pas sur du vide.

Roxas eut une sensation d'étranglement lorsque le jeune homme roux tira sur sa capuche. D'un mouvement sec, il s'avança totalement dans le couloir des ténèbres avant de se retourner, tandis que la porte se refermait, adressant un regard effrayé et honteux à Reno, qui avait bien entendu entraperçu ses cheveux blonds en épi, et qui le dévisageait désormais d'un air choqué, comme s'il venait de réaliser quelque chose de crucial.

Roxas aussi comprit à cet instant : il avait échoué, malgré les recommandations de Saïx. Il ignorait à quelle personne il ressemblait tant. Mais il ne devait plus jamais remettre les pieds dans le monde de la Shinra.


À SUIVRE...


Voilà, c'est la fin de cette deuxième partie, j'espère qu'elle vous a plu ! Merci de votre lecture, on se retrouve bientôt pour la suite ! :-) En attendant, n'hésitez pas à laisser une review... (merci à Miss PandaManga !)

Bisous et à très vite !