Malgré ma grande absence de plusieurs mois, j'ai reçu un commentaire dès le chapitre 1 posté ! Et très franchement, ça m'a tellement ému, que pour remercier Alice L. Nightray, je lui offre ce second chapitre ! Encore merci !
Je remercie également toutes les personnes qui ont lu ce chapitre sans ressentir l'envie de m'envoyer quelque chose à la gueule !
Chapitre 2 ~ Arrivée pas très inaperçue
Emily finit enfin par rejoindre sa salle de classe, priant intérieurement pour ne pas se tromper et faire irruption pendant la présentation d'un autre groupe d'élèves et déjà se taper la honte dès le début de l'année. De toute façon, elle savait déjà qu'elle se ferait vite remarquer en arrivant avec un quart d'heure de retard. Car oui, cela lui avait pris un quart d'heure pour retrouver le bon couloir, la bonne salle, à croire qu'elle avait fait le tour du bâtiment, fouillé les moindre recoins, sauf le bon. Elle qui voulait passer inaperçue, et bien, c'est mal partit. Et rien que pour ça, elle s'était juré de frapper Coline pour lui avoir chapardé son plan ! Elle frappa à la porte avant d'entrer.
- Je vous prie de m'excuser pour mon retard, professeur, s'exclama-t-elle directement en s'inclinant non pas de respect, mais parce-qu'elle avait un peu peur du regard de sa nouvelle classe.
- C'est bon, cela arrive le premier jour, répondit calmement le professeur d'anglais. Tâchez juste que cela ne se reproduise plus.
La fille corbeau acquiesça, honteuse. Elle leva ensuite la tête, et put détailler le professeur principal. Une seule pensée lui vînt en tête : "Quelle classe !" et à la tête que faisait Manon en le fixant, elle n'était pas la seule à penser cela. D'ailleurs, c'est comme si elle n'avait pas remarqué son arrivée ! Sympa, l'amie ! Et Laura s'en fichait complètement, l'air de s'ennuyer royalement, tandis que la grande Coline regardait par la fenêtre, voulant éviter de croiser le regard de fusil mitrailleur que lui lançait son amie. Heureusement que la petite Coline était là pour la soutenir du regard ! L'homme reprit :
- Vous étiez-vous perdue, mademoiselle ? Interrogea-t-il.
- Heu, oui, en effet, répondit Emily en fusillant Coline du regard, celle-ci se faisait toute petite, presque au point de se cacher sous son bureau.
La jeune fille finit par aller s'asseoir, à la seule place libre de la salle. Assez au fond, et éloignée de ses amies, ce qui l'empêcherait d'engueuler Coline jusqu'à la pause. Elle s'assied donc au dernier rang, derrière la jeune fille à robe violette, celle-ci étant assise à côté du garçon aux étranges cheveux blancs, et qui gardait une sucette à la bouche. Et à côté d'elle, se tenait un superbe jeune homme brun, aux iris dorés, tout de noir habillé. À croire qu'il lui avait volé son style vestimentaire. La miss ne voulant pas plus se faire remarquer, elle s'assied sans un mot, rougissant de tous les regards se tournant dans sa direction. Quelle minable, s'insulta-t-elle.
- Il faut quand même pas être douée pour se paumer, se moqua le garçon aux cheveux blancs juste devant elle, comme si il avait lu dans ses pensées, un sourire aux lèvres et un rire moqueur.
- Voyons, Break, ça arrive à tout le monde, le gronda la demoiselle à ses côtés. Et puis, c'est déjà assez humiliant comme ça, tu n'as pas besoin d'en rajouter !
D'abord silencieuse, ne voulant pas se faire encore remarquer par la classe et le professeur, Emily finit par avouer.
- C'est bon, après tout, il n'a pas tout à fait tord.
- Ah, c'est bien d'admettre qu'on est minable lorsqu'on l'est, Miss !
- Break ! Intervînt pour la première fois le garçon aux yeux dorés.
Le dénommé Break se retourna en riant, croquant un morceau de sa sucette. Emily ne comprit pas tout à fait, mais ne dit rien. Mieux valait se faire oublier jusqu'à la fin du cours, elle se contenta de sortir sa trousse, une feuille, et de la fixer jusqu'à la sonnerie. La garçon aux cheveux noirs, un peu gêné pour elle, lui dit rapidement :
- T'occupe pas de ce que dit Break, il aime bien rabaisser les gens, c'est son seul talent.
- Mais bien sûr, mon cher Gilbert ! Rit le fameux Break en se retournant (une fois de plus). Tu dirais pas ça plutôt par solidarité entre minables ?!
- Tais-toi, Break ! S'énerva le dénommé Gilbert.
Rien qu'à cette petite altercation entre les deux garçons, la gothique comprit sans difficultés quel genre d'amitié, si l'on peut appeler ça de l'amitié, ils entretenaient. D'ailleurs, le fameux garçon aux yeux dorés qui paraissait assez inaccessible était en fait plus du genre à s'emporter facilement face aux provocations, et à ne pas aimer être au centre de l'attention, si l'on se fiait à ses réactions face aux moqueries incessantes de Break.
- Je vais maintenant vous faire passer vos emplois du temps, prononça le professeur Baskerville à haute voix.
C'était le moment que les élèves attendaient tous avec une impatience certaine. Pour preuve, la petite Coline qui s'était presque assoupie sur son bureau se réveilla instantanément, et secoua Manon qui elle était, non pas endormie comme on pourrait le croire, mais complètement perdue dans son admiration pour le beau prof d'anglais.
- Manon, redescend sur Terre, lui murmura-t-elle discrètement.
- Il est trop canon, dit-elle encore perdue.
- Prenez bien tout en note, je ne le répèterai pas, insista Oswald Baskerville.
- Et sa voix est si grave, si sexy !
Coline soupira, et se retourna discrètement vers ses amies. Emily tout au fond de la salle lui faisait de la peine, elles s'étaient juré toutes les cinq de rester ensemble le plus souvent possible, au moins pour le début de l'année, et elle se retrouvait déjà à l'autre bout de la salle. Puis, elle s'adressa à Laura et l'autre Coline.
- Ça y'est, on a définitivement perdue Manon, soupira-t-elle un peu moqueuse.
- Laisse-moi deviner, l'interrompit Laura. Elle fantasme déjà sur le prof ?
- Oh, la petite cochonne, rit l'autre Coline, toute seule dans son délire.
Ne voulant pas voir les images pas très nettes qui devaient se dérouler dans la tête de son amie, elle préféra se retourner, et se concentrer sur l'emploi du temps, que la grande Manon était dans l'incapacité d'écrire, perdue sur son nuage. Finalement, leur emploi du temps n'était pas si lourd, et même, assez léger en fin de compte ... D'ailleurs, c'est un peu effrayant, en fait !
- Je tiens à vous précisez que cet emploi du temps ne contient pas les options que vous pratiquerez étant donné que vous n'avez pas tous choisis les mêmes !
Là, ça fit un tilt dans l'esprit de la grande Coline. Elle qui détestait plus que tout se retrouver seule, angoissait déjà. Elle n'avait pas du tout poser la question à ses amies, et si elle se retrouvait seule dans ces fameuses activités extra-scolaires, mais scolaires quand même ? Ne pouvant attendre la fin de l'heure pour le leur demander, elle se tourna vers Laura.
- Au fait, t'as pris quoi comme options, toi ?
- Hein ? Tu peux pas attendre la fin des cours pour savoir ?!
- Nan, je peux vraiment pas ! C'est une question de vie ou de mort, dramatisa-t-elle.
- Ben, j'ai danse et équitation, pourquoi ?
Ok, Coline avait au moins quelqu'un avec elle en cours d'équitation. C'est là qu'elle angoissait le plus en fait, car elle ne pensait pas que la petite s'intéresse à la monture, et ce n'était vraiment pas le genre de Manon et Emily. Comme quoi, Laura pouvait servir à quelque chose, parfois.
- Mais, et personne ne fait chant ? S'inquiéta-t-elle brusquement. Hein, Laura ? Tu sais si quelqu'un fait chant ?!
- Mais j'en sais rien, t'en as de ces questions !
Surtout, il fallait quelqu'un en chant ! Coline ne supporterait pas de devoir chanter toute seule devant un public d'inconnu ! Elle croisait les doigts pour qu'une de ses amies ait choisit l'option chant, elle pria même Dieu, ainsi que toutes les autres divinités qu'elle connaissait, mais la solution ne vînt que d'une "simple humaine".
- Manon fait chant, lui dit la petite Coline d'un ton neutre. C'est juste que dans l'état où elle est, elle est un peu incapable de t'entendre.
- Allélouïlla ! Hurla-t-elle de soulagement.
- Un problème, Mademoiselle ? Demanda le professeur Oswald.
Coline ne s'était pas rendu compte qu'elle venait de penser à voix haute, et que toute la classe l'avait entendu pousser son petit cri de victoire. Son cerveau beugua trente seconde, avant qu'elle ne s'écrit, le visage rouge cramoisi :
- Hein ? Heu, non, pas du tout ! Tout va bien !
Elle plongea la tête sur l'emploi du temps qu'ils étaient en train de noter, Laura fit comme si elle était à côté d'une parfaite étrangère tandis que la petite Coline était presque morte de rire. Manon ... ne pensait à rien d'autre qu'au merveilleux visage du prof d'anglais, mais son amie dans le pétrin n'attira même pas son attention. Tout au fond de la classe, une autre était en train de pleurer de rire. Emily, oui.
- Ne serait-ce pas une de tes amies qui vient de se taper la honte, Miss Minable Deux ?
- Deux ? S'interrogea la corbeau à la question que venait de lui poser Break.
- Le premier minable, c'est moi, expliqua Gilbert à côté.
- Oh ! Tu l'admets enfin, mon petit Gil ! S'enthousiasma faussement l'albinos. C'est un grand progrès !
- Pas du tout ! S'énerva discrètement Gil. J'admets juste que tu me considères comme tel, pas que tu as raison !
Et pendant que Break lui reprochait de ne pas assumer le fait de n'être qu'un minable à tête d'algue (où allait-il chercher ça, "tête d'algues", quand même ?), Sharon reprit la question plus poliment et gentiment.
- Ne serait-ce pas une amie à toi, la jeune fille aux cheveux noirs, là-bas ?
- Nan, je la connais pas ! Coupa Emily en tournant la tête.
- Bien, maintenant, s'il vous plaît, je souhaiterai que vous preniez une nouvelle feuille que je vous demanderai de me remettre afin de mieux cerner vos personnalités, s'exclama le professeur de manière polie mais avec une voix qui n'acceptait aucun refus.
Comme si un chasseur venait de tirer sur ses ailes d'anges (?) , Manon retomba sur Terre, et se dépêcha de prendre une feuille de son sac, fouillant pour en trouver une qui ne soit pas pliée de long en large, et s'apprêta à écrire de sa plus belle écriture. Les autres le firent plus "normalement" va-t-on dire. Coline la grande boudait à moitié, en marmonnant. Et Laura fit l'erreur de lui demander ce qu'elle disait.
- C'est encore une fiche de pédophile, qu'ils nous font remplir ! Répliqua-t-elle sans hausser le ton, ne voulant pas que la classe, et surtout le prof, ne l'entende.
Laura fut pliée de rire en entendant ça, et la petite devant aussi, se demandant si son amie n'avait pas un peu raison. Ensuite, vous connaissez un peu le genre de questions que les profs réclament dans ce genre de fiches. Le nom, le prénom, l'âge parfois, la profession des parents, le nombre de frères ou soeurs et leurs noms, le numéro de téléphone des parents (au cas où un élève se faisait enlevé par des psychopathes), bref, la fameuse première partie barbante. Lors d'une question plutôt simple, la petite Coline se stoppa et médita un instant. Manon, fière de la propreté de sa feuille, lui demanda rapidement :
- Bah, quequilla ?
- L'adresse de mon skyblog, est-ce que je dois la mettre, à ton avis ?
La question d'ordinaire très banale posait au fond tout un tas de problèmes. Après tout, la petite Coline qui devait pourtant se différencier de la grande perverse derrière elle par son esprit innocent tenait en réalité un blog de fiction peu recommandables sur des histoires Yaoi, et si les profs lisaient ça ... Elle ne préférait pas y penser !
- Tu veux que je te dises ? Fit Manon d'une voix toute compréhensive. Le fait pas, ma vieille, conseille d'amie, mets pas l'adresse.
- T'es vachement encourageante, toi ! Chouina la petite, suivant tout de même le conseil de la punk.
Puis, vinrent les questions ennuyantes, les perspectives d'avenirs, les études envisagés, les emplois qui intéresseraient. Encore une fois, Coline se retînt d'écrire "scénariste de film Yaoi" et se contenta juste de "scénariste". Manon fit un long paragraphe, totalement inspirée sur cette question, confiant ses rêves de gloire, et de poésie, en tant que grande chanteuse, espérant un jour faire partit de ceux qui ont marqué l'univers de la musique ! Bref, long paragraphe sans fin, qu'elle n'eut d'ailleurs par le temps de terminer. Laura fut beaucoup, mais alors, beaucoup plus brève, et se contenta de résumer l'idée en un seul mot : "infirmière". La grande Coline, elle, hésita longuement, et finit par se décider à se venger du professeur en notant sur sa feuille : "n'importe quoi, mais pas prof".
Tout au fond de la salle, Gilbert se triturait les cheveux, hésitant longuement. Emily avait déjà écrit plusieurs possibilités, se résumant à peu près dans une même idée, une passion, l'écriture et le dessin. On pouvait lire "écrivain", ou "illustratrice" ou encore "mangaka", soit "auteur", tout simplement. Mais auteur assez particuliers, car tout tournait autour d'histoires sombres, parfois horribles, et légèrement liées à l'occulte et la religion. Mais ça, elle ne l'avait pas noté. Voyant Gilbert hésiter, elle lui demanda discrètement :
- Tu ne sais pas quoi faire, plus tard ?
- Non, pas vraiment, répondit-il surpris qu'on lui pose la question.
- Tu n'as pas de rêve, ou d'ambition ?
Il rougit. Ce qu'il voulait, ce n'était pas un boulot de n'importe qui, tout simplement.
- Disons que je n'accorde pas les mots "professions" et "rêves" ensembles.
Emily se tut, et médita la question. La conclusion lui parut évidente : Gilbert, malgré son air inaccessible, froid, et distant était en fait un grand romantique qui voulait voir au-delà des apparences.
- Notre cher Gilbert est un grand gamin, rien d'étonnant à ce qu'il soit si rêveur, hi hi, se moqua Break juste devant.
- Occupe-toi de tes affaires, lui lança le corbeau.
- Mais j'ai déjà remplit ma fiche, moi ! Je n'ai pas hésité longtemps, car mon rêve à moi est tout à fait clair dans ma tête !
- Tiens, et qu'est-ce que tu as répondu, demanda la gothique curieuse.
- Pâtissier, évidement ! Comme ça, je peux ramener tous les invendus chez moi ! Mon rêve, c'est de vivre parmi les sucreries et les pâtisseries, de me saigner pour elles, de mourir pour elles, et de les répandre à travers le monde ! S'enflamma-t-il (un peu trop, d'ailleurs).
- T'es malade, soupira Gilbert en se concentrant sur sa feuille.
- Et vous, Miss Sharon ? Interrogea Break à la jeune fille à côté de lui.
- Moi, je voudrais travailler dans une boutique, ou une fabrique de petites poupées à l'ancienne. Je les trouve tellement mignonne, et leur robe datant de l'époque victorienne sont tellement belles !
Elle aussi, c'était une grande romantique, pensa Emily qui appréciait beaucoup ces petites fabrications artisanales, mais qui doutait qu'elles perdurent encore longtemps dans cette époque. Le professeur Baskerville finit sur la question des passions, et des passes-temps, avant de demander à faire passer les copies jusque devant. Lorsqu'il récupéra les feuilles de la rangée gauche, c'est Manon qui les lui tendit, toute contente. La rangée centrale, une petite fille aux cheveux courts qui paraissait être encore en primaire, encore plus petite que Coline, et la rangée de droite, un garçon aux cheveux dorés et aux yeux d'émeraudes, tout sourire, tandis qu'à ses côtés, une fille aux très longs cheveux noirs, ou châtains très foncés finissait en hâte d'écrire, ou plutôt de gribouiller sa fiche.
- Mademoiselle Alice, soupira le professeur d'anglais. Qu'est-ce que c'est que ce torchon ?
- Bah, ma feuille, pourquoi ?
- J'espère que vos devoirs d'anglais seront plus propres que cela, sinon, je crains pour votre moyenne, Mademoiselle.
La jeune fille eut une petite crainte, avant de prendre un air boudeur tandis que le petit blondinet se mit à rire avant de se prendre une tape sur la tête de la part de la dite "Alice". Enfin, la dernière chose que le professeur Baskerville eut le temps d'expliquer avant la nouvelle sonnerie de l'horloge fut d'aborder les délicat problème du partage des chambres.
- Vous devrez aller dans la journée rejoindre Mlle Lottie au bureau des surveillants pour qu'elle vous attribut une chambre. Pour information, les chambres sont par duos, et il n'y a aucune exception vis à vis de trios !
Coup de déprime. Évidement, puisque nos héroïnes sont au nombre de cinq. Devant, pour les quatre première, les deux fans de Yaoï s'échangèrent un regard complice avant de rire en total synchronisation, expliquant ainsi qu'elles avaient déjà choisis. Ne voulant pas se retrouver seule sans amis, Coline tourna un regard vers Laura, mais un de ces regards !
- Steuplé, steuplé, steuplé ! Je serais toute sage, promis !
Un adorable regard de chien battu abandonné sur le bord d'une autoroute complètement affamé. Voilà ce que c'était. Ce n'était pas tout à fait nécessaire, et toutes deux se retrouvèrent aussitôt d'accord ensemble. Problème résolu ... Pour certaines, car une main se leva :
- Eh, Monsieur, y'a droit aux chambres mixtes ?!
On ne se demanda pas vraiment pourquoi tous les regards se retournèrent vers la jeune fille au premier rang qui écrivait n'importe comment du nom d'Alice. Le petit blondinet à côté se mit à trembler en imaginant ce que son amie devait avoir en tête. Mais juste à la possibilité d'envisager une chambre mixte, Manon se mit à se demander si il était également possible de prendre une chambre avec un professeur, mais laissons-la à ses fantasmes.
- Je pensais que ce serait évident pour vous tous qu'il est IMPOSSIBLE de partager une chambre mixte, répliqua sèchement le prof.
Elle soupira, visiblement vexé, alors que la garçon blond soupira de soulagement. Il essayait de la réconforter, mais Alice marmonnait toujours la même chose :
- Oz, stupide esclave, comment j'vais te donner des ordres si t'es pas là, hein ? Incapable de serviteur !
Et tous sortirent lorsque que retentit la sonnerie. Break fit une expression de gamin qui sortait de la cour de la l'école, car il s'écria : "Ouais !" et sortant une boîte à bonbon, tandis que Sharon se leva de la manière la plus noble qu'il soit. Tout devant, Alice pris son "esclave" comme elle disait, et s'apprêtait à le traîner de force au bureau du principal afin d'insister pour qu'ils soient ensemble. À l'entente du mot "principal", le petit blond s'arrêta net de résister, et son regard se perdit dans le vide, et bien qu'Alice soit stupide, elle le vit et n'insista pas.
- On se retrouve au prochain cours, fit discrètement Gilbert à la miss corbeau avec une tape sur la tête.
Elle ne répondit pas, mais elle souriait intérieurement. Il ressemblait à un personnage de tragédie ! Tandis qu'elle voyait l'autre corbeau rejoindre le petit blond en s'écriant "Oz !", elle-même rejoignit ses amies hors de la salle. Miracle ! Elles l'avaient attendu. Enfin, y'en a une qui ne s'en rendait pas compte, Manon, encore et toujours perdue dans son admiration. Il fallait juste espérer qu'elle ne serait pas comme ça à chaque cours !
- Et bien, ça y'est ? S'écria la grande Coline d'une voix faussement cassante. T'es enfin là ? T'en a mis du temps !
- Alors toi ! Rétorqua Emily, une lueur de psychopathe dans les yeux.
Et la rêveuse redescendit sur Terre pour accomplir son terrible dessein, la vengeance de son honneur perdue par le vol du plan par ce terrible adversaire sans pitié qu'était Coline ! Une grosse tape sur la tête !
- Aï-yeuh ! Mais ça fait mal ! Chouina Coline ironiquement. En plus, je suis toute décoiffée maintenant !
- T'occupe pas de ta tête, mais plutôt de ce qu'il y a dedans ! Lui rétorqua la gothique en tournant la tête, sans un remord pour sa victime.
- T'es trop gentille, intervînt la petite Coline avec humour. À ta place, je l'aurais éttripé !
- Je me suis déjà assez fait remarquer comme ça, pas la peine d'en rajouter avec un meurtre !
- Je rêve ou vous parler de la meilleure manière de me torturer, là !? Pris peur la grande en séchant ses larmes de crocodiles.
Laura soupira, et changea de sujet pour l'attribution des chambres. Les deux Colines étaient désolées de laisser Emily toute seule, c'est dans leur caractère de toujours s'inquiéter pour leurs amies, et de craindre de les laisser se perdre dans la solitude. Après tout, elles-mêmes souffraient assez de ce sentiment terriblement pesant. Mais la miss, refusant de déranger ses amies, et sachant pertinemment que de toutes façon, l'une d'elles se retrouverait seule, insista pour qu'elles ne s'en fassent pas pour elle ! Elle détestait que l'on s'inquiète pour elle, et se sentait toujours plus nulle à chaque fois. Cet ordre marcha à moitié.
Sur la route menant au bâtiment d'administration, les discussions reprirent. À commencer par le sujet, au combien passionnant, lancé par Manon :
- Ey, ey, vous le trouvez comment le prof, vous ? Il est trop canon, hein ?!
- Ça va, répondit Laura déjà lassée du sujet, mais toi, t'es en plein fantasme !
- Ah, sur un mec aussi sexy, on peut se faire de ces idées, fit la grande perverse avec une voix pleine de sous-entendu.
- Faut que tu fasses des économies, ma petite Manon, fit la plus petite du groupe en riant.
- Mais trop ! Trancha-t-elle.
Toutes se stoppèrent de marcher, et la punk ne s'en rendit compte que lorsqu'elle arriva seule dix mètres plus loin. Un peu honteuse, elle revînt en courant devant ses amies avant de demander ce qu'il leur prenait.
- T'as l'intention de payer le prof ?! Interrogea Laura, choquée.
- Ouh là là, la petite perverse, se moqua Coline la grande perverse.
- Ça va, vous voulez pas crier plus fort pendant que vous y êtes ?! Rougit violemment Manon, de peur de se faire entendre. Et de plus, je plaisantais en disant ça, je le trouve canon, mais ...
- C'est ça, fous-toi de notre gueule, coupa la grande. T'es en kiff sur ton prof, et tu t'imagines des trucs interdit au moins de dix-huit ans, faut que t'assumes !
- De la même manière que Coline assume le fait d'être conne, intervînt Laura.
- Hé ! S'écria la grande.
- Mais non, je parlais de la petite.
- Hein ? De quoi ? Retomba celle-ci alors qu'elle était en train de parler de tout autre chose avec la gothique, toutes deux n'écoutant rien.
Laura tenta d'expliquer vite fait la discussion, alors que Manon fit tout pour la faire taire, rouge cramoisie, mais alors que la petite Coline insistait comme une enfant pour savoir de quoi il retournait, la grande intervînt d'un air solennel de mère morale :
- Non, Laura, tu ne dis rien, ce n'est pas quelque chose pour les petits, ça !
- Hein ? Mais je suis pas petite ! S'écria-t-elle.
Très peu convaincue, la grande toisa la petite du haut de ses trente centimètre de plus, gagnante de cette guerre entre Coline.
- Pas petite ? Et mon cul, c'est du poulet ?! S'exclama-t-elle.
Emily ne suivait plus du tout la conversation alors que Manon était terriblement rassurée de ne plus être au centre de la discussion. Laura qui sentait le sujet s'enfoncer de plus en plus le coupa avec la question terriblement inutile du "vous avez mis quoi sur vos fiches ?".
- Moi, j'ai rien mis de sérieux, dans c'te fiche de pédophile ! Hurla qui vous savez. Par contre, je sais ce qu'à répondu Coline ! Scénariste de film pornographique !
Elle lança un regard fière, tout brillant, en s'attendant à une réaction violente de son amie, genre "mais j'ai pas l'esprit aussi pervers que toi", mais étrangement, il n'en fut rien, et sa vanne se retourna même contre elle-même. Qui a dit que les petits ne savaient pas répliquer ?
- Pourquoi ? Demanda la petite en question. Tu voudrais en être l'actrice principale ?!
- Oh, ma foi, pourquoi pas ! Si l'acteur est mignon ! Répondit-elle en rentrant dans le trip.
Elle ne s'attendait pas au recul de toutes ses amies.
- Et, mais, j'déconne ! Me regarder pas comme ça !
Alors qu'elle se mit à bouder, le groupe arriva enfin à l'administration. Lottie leur attribua rapidement leurs chambres. Les yaoïstes étaient dans la 108 et le duo surpuissant (hum, hum) Laura/Coline dans la 109. L'étage risquait de ne pas dormir tranquille avec cette petite bande. La corvée terminée, elles ressortirent, et rejoignirent la grande cour. Enfin, elles pouvaient l'admirer sans être pressée (ce que seule Emily avait pris le temps de faire, à ses dépends). Lorsque Manon aperçut le magnifique (?) kiosque au centre, elle ne put s'empêcher de courir vers lui, entraînant ses amies à sa suite. Et l'inévitable eut lieu : elle se mit à chanter.
Non pas qu'elle chantait mal, au contraire, c'était superbe, mais .. Disons juste que ça ne passait pas inaperçu ! Mais alors que la grande Coline s'apprêtait à chanter à son tour, le plancher du kiosque se mit à trembler, et toutes deux s'immobilisèrent soudainement, fixant une planche derrière elles.
- C'était quoi, ça ? S'effraya Coline reprenant son souffle perdu par la peur.
- Heu, ça doit être le vent ... Se rassura Manon pas convaincue.
Elles se mirent à trembler plus encore lorsque la planche se remit à bouger, étrangement. Elles entendaient trois coups contre la planche, et ça ne pouvait pas être le vent. Emily, qui a pour habitude de toujours rassurer ses amies lorsque la peur prend le dessus, s'adressa à elles :
- C'est certainement l'esprit des victimes de Destination Finale qui viennent vous choisir pour prochaines victimes du spectre lugubre de la mort ?!
- Dans le genre rassurant, on fait mieux, ironisa la petite.
- Dis pas n'importe quoi ! Se convint elle-même l'autre Coline.
Mais lorsque les coups se répétèrent une fois de plus, c'était certain, quelque chose clochait ! Et Manon se précipita derrière ses amies en criant :
- Nan, j'ai rien fait, je veux pas mourir !
- Ey, me laisse pas toute seule ! S'écria Coline en lui emboitant le pas, effrayée.
- Vas t'en, le Diable !
- Le Diable ?
Une tête sortit de la planche. Les cheveux blancs, les yeux rouges, le gauche caché par une mèche, et le regard un peu ... Moqueur, va-t-on dire ! Il prit un air vexé. Quand à la gothique derrière, elle était pliée en deux, tandis que la petite s'écroulait de rire, ne tenant plus debout. Break (car c'était bien lui), sortit du plancher du kiosque, avant de se faire prendre en charge par une punk complètement humiliée !
- Mais ça va pas !? Cria-t-elle à bout de souffle. Tu nous a vraiment trop foutu la trouille, crétin albinos !
- Crétin, peut-être, rétorqua le concerné. Mais albinos, ce n'est pas vrai ! Ah moins que ce ne soit le contraire ? S'interrogea-t-il faussement juste histoire de se faire encore plus remarquer.
- Bon, pourquoi t'es là ? Demanda la noiraude. Juste venu jouer les esprits ?
- Encore faudrait-il qu'il en ait un ! S'énerva Manon qui vraiment, mourrait d'envie de lui taper dessus.
- Mais voyons, Miss, se tourna Break vers elle. Je suis intelligemment supérieur à toute l'humanité !
- C'est pour ça que tu as seulement le dixième de ton âge pour âge mental ? Questionna une voix moqueuse et enjouée derrière.
Le petit blondinet, suivit d'Alice la dominatrice, venait d'arriver. Break eut un regard mauvais en sa direction. Ce petit blond, malgré sa taille de schtroumpf, était un adversaire redoutable lorsqu'il s'agissait de remarques cinglantes qui faisaient toujours mouche ! Tout au contraire de l'indélicate jeune fille derrière lui. Alice, la grande garçon manqué, frappait avant de comprendre pourquoi et hurlait avant d'avoir mal. Typique d'un simple caractère, n'est-ce pas ?
- Tiens, Oz, qu'es-tu donc venu faire ici ? Demanda Break en cherchant une répartie à la vitesse de l'éclair.
- Bonjour Mesdemoiselles, fit Oz ignorant superbement l'albinos, d'une voix de tombeur, en sortant une rose magnifique d'on ne sait où. Pourriez-vous répondre à une de mes curiosités depuis la première fois où je vous ais vu ? Vos noms seraient-ils aussi magnifiques que vos visages ?
Pas une ne réagit à son tour de drague, mais Alice s'empressa de le frapper en hurlant que son serviteur ne devait pas s'occuper des autres et ne penser qu'à son service envers l'être supérieur qu'elle était pour lui ! Il perdit son visage d'ange fascinant et attirant pour celui d'une pauvre victime maltraitée. Il était vraiment trop mignon comme ça ! Mais la première chose à laquelle pensa la grande Coline n'avait aucun rapport :
- Et Coline, s'adressa-t-elle à la petite. Regarde, tu devrais te sentir moins seule parmi les minus avec ce nabot !
- Nabot ?! Hurlèrent-ils tous les deux désemparés !
Avec cette seule réplique, la grande se fit un grand ami, du nom de Break, mort de rire par cette vérité affligeante et malheureuse pour Oz. Laura cassa l'ambiance en rappelant qu'au premier rang, il y avait une fille encore plus petite qui donnait l'impression d'être en primaire, mais à part ça ...
- En fait, t'es là pour quoi, le clown ? Interrogea Alice avec toute la politesse dont elle était capable.
- Et bien, parce-qu'avec toute l'attention que je porte à ma méditation lors des cours, je n'ai pas put entrevoir la possibilité d'écrire mon emploi du temps, et que j'ignore totalement où je dois me rendre ! C'est aussi simple que cela.
- Tu dormais, non ? Questionna Emily qui, rappelons-le, était juste derrière le clown en question lors de la distribution de l'emploi du temps.
- C'est le meilleur moyen pour contacter les astres, Miss !
- Hein ? Hurla la grande. Tu fais de l'astrologie ? Comment va se dérouler ma journée ?
Break fit mine de réfléchir, et parut totalement concentré au point que personne n'osa faire le moindre bruit pour un temps. L'on entendait rien d'autre que le vol des feuilles des arbres, le paisible murmure de la nature et le doux chant des oiseaux ainsi que ... Oui, d'accord, j'arrête ! Il reprit, déterminé, comme prit d'une révélation :
- Aujourd'hui est un jour spéciale pour toi, Coline !
- Comment tu connais mon prénom, je te l'ai pas dit !? Cria-t-elle impressionné !
- Il a dut le retenir lorsque le prof a fait l'appel, non ? Proposa Laura trouvant la scène plus que ridicule, mais que Coline ignora complètement et lamentablement.
- Aujourd'hui, ma chère Coline, tu vas vivre une journée sortant de l'ordinaire, tu vas complètement bouleverser tes habitudes, autant de travail que de vie quotidienne, et tu feras pleins de nouvelles rencontres ! Finit Break dans son délire.
Coline le regardait avec des étoiles dans les yeux. Elle ne croyait pourtant pas à l'astrologie, mais elle lisait son horoscope tous les jours ! Si la prédiction de Break se réalisait, alors elle le verrait réellement comme un liseur d'avenir, et non plus comme le clown que voyait Alice en lui. Mais Laura, sceptique, la ramena à la réalité.
- C'est n'importe quoi, votre truc !
- Ça ne vous vient pas à l'idée que, pour une journée de rentrée, tout ce que cette prédiction dit est tout à fait évident ? Demanda Emily.
- Tss, tss, laissez la croire, car un jour, mes prédictions deviendront totalement précises !
Mis à part Coline et Manon dont la théorie du destin et les mots "croire en l'avenir" faisaient douter, personne ne prit les dires de l'albinos au sérieux, il fit mine d'en être vexé. Et tandis que la pause se termina sur cette discussion fort intéressante, tous les regards se tournèrent vers Laura : l'emploi du temps parlant.
- Maths, avec Monsieur Lunettes, soupira-t-elle sans préciser la salle, ce qui força Emily à ne pas perdre ses amies.
Ils marchèrent jusqu'à leur cours.
