PDV Omniscient
Plusieurs semaines étaient passées, plusieurs mois même et Florent n'avait pas revus Mikelangelo une seule fois. Il avait pourtant du repasser plusieurs fois devant l'équipe de casting mais il supposait que lui et Mikelangelo avaient du s'y rendre différents jours. Il n'avait pas cherché à le joindre non plus. Il avait attendu que ça soit Mikelangelo qui le fasse mais n'ayant reçu aucunes nouvelles de sa part il en avait conclu que l'Italien l'avait tout bonnement oublié. Il se sentait bête alors d'avoir pensé à lui sans arrêt. Mikelangelo et lui n'avaient passés que quelques heures ensemble et pourtant Florent avait l'impression de bien le connaître et sa compagnie lui manquait. Il se sentait attiré par l'autre homme. Pourtant dans sa vie il n'avait pas eu énormément de relations mais il n'était toujours sorti qu'avec des femmes. Jamais il n'avait ressenti de l'attirance pour un autre homme. Et s'il devait dire la vérité il devait bien avouer que cela le terrifiait. Il ne se sentait pas capable d'aimer un autre homme. Il n'était pas homophobe, loin de là, c'était juste un terrain inconnu pour lui et ça lui paraissait tellement peu probable de se découvrir bisexuel à déjà 27 ans.
On était donc en juillet 2008 et après plusieurs semaines d'attente interminable, il avait rendez vous chez Dove Attia pour l'annonce des résultats. Il espérait être prit, ne serait-ce qu'en tant que doublure. Au moins il aurait du travail et ne serait pas obligé de repartir à Toronto alors que plus rien ne l'y attendait. Arrivé à bon port il sonna et on vint lui ouvrir presque aussitôt. Dove Attia lui sera la main avant de le conduire en haut sur la terrasse où pratiquement tout le monde attendait déjà. Il fit la connaissance de beaucoup de personnes dont Claire Pérot, Melissa Mars et Maeva Meline qu'il avait plus ou moins aperçu lors des castings mais n'avait jamais abordé et qui attendaient toutes elles aussi l'annonce des résultats. Bientôt on les fit asseoir sur un canapé, serrés les uns aux autres. Florent finit par s'asseoir sur l'un des accoudoirs pour laisser plus d'espace aux filles et attendit patiemment, un verre à la main. Seul Mikelangelo manquait à l'appel. L'italien était en retard, ce qui avait le don de faire fulminer Dove Attia tandis que son ami et collègue Albert Cohen tentait de le calmer, lui assurant que le retardataire n'allait plus tarder à arriver. Et justement la sonnette retentit et ledit retardataire finit par pointer le bout de son nez.
PDV de Florent
Il était là, juste devant moi, un grand sourire sur le visage malgré les engueulades de Dove. Il commença à faire la bise à tout le monde mais excédé, notre producteur le força à s'asseoir sur le canapé entre Melissa et Maeva. Sans plus attendre Dove prit la parole et nous fit un discours interminable, nous parlant de certains d'entre nous qui allez être déçu etc. . . . J'écoutais d'une oreille plus ou moins attentive, mon regard dérivant vers Mikelangelo. C'est à ce moment là que j'entendis des applaudissements retentir de toutes part sur la terrasse. Je regardai mes camarades qui n'avaient pas l'air de comprendre plus que moi jusqu'à ce que Dove s'exclame de nouveau :
« Vous êtes prit tous les 5 pour les rôles principaux, vous allez faire parti de l'aventure ! Bienvenue dans la troupe de Mozart l'Opéra Rock ! »
On était alors tous fous de joie. Toutes les personnes présentes se prenaient dans les bras, se faisaient la bise. Je crois bien ne jamais avoir fait autant de câlins et de bisous de toute ma vie. Alors que Maeva me rendait enfin ma liberté je me retournai et me retrouvai directement dans les bras de Mikelangelo. Tandis qu'il me serrait fort contre lui je passai mes bras autour de sa taille, répondant à son étreinte. Il me félicita alors et m'embrassa sur la joue avant de repartir voir d'autres personnes. Troublé plus que je ne l'aurais voulu je m'assis sur le canapé et me resservis un autre verre que je bu d'une seule traite. Après avoir repris constance, je décidai d'appeler mes parents pour leur annoncer la bonne nouvelle. J'entendis un petit cri un peu plus loin : « chui priiiise », apparemment Maeva venait elle aussi d'annoncer la nouvelle. Bruno Berberes, l'homme qui s'occupait des castings et sans qui je ne serais pas là aujourd'hui nous annonça qu'il donnait une fête chez lui le soir même, qu'on y étaient tous attendu et qu'il y aurait des invités surprise.
PDV de Mikelangelo
Il était 23h38 passé. On était tous chez Bruno Berberes, sur la terrasse pour la plus part. Certains étaient plus éméchés que d'autres. Il avait invité quelques personnes du « roi soleil » dont Christophe Maë et Emmanuel Moire. Ils étaient plutôt sympas tous les 2 et j'avais bu plusieurs verres en leur compagnie. Je vis Florent un peu plus loin en grande conversation avec les filles, celles qui étaient désormais nos collègues. Bizarrement il m'avait énormément manqué pendant tout ce temps. Bien sur si j'avais voulu j'aurais pu l'appeler mais je n'avais pas osé, j'avais peur qu'il m'ait déjà oublié. En tout cas maintenant qu'il était là devant moi je voulais lui parler, j'avais besoin de lui parler, mais il semblait ne jamais être seul une seule seconde. Vers 2h du matin tout le monde était retourné à l'intérieur après que ça se soit beaucoup rafraîchit au dehors. Je repérai Florent dans la foule des invités et le vis monter les marches qui menaient à la terrasse Je le suivis et une fois arrivé en haut je le repérai assez facilement malgré le manque de lumière, grâce à son T-shirt blanc. Il était appuyé contre la rambarde de la terrasse, une cigarette a la main. Je m'avançai vers lui en titubant. J'avais décidément beaucoup trop bu. Il ne semblait pas m'avoir entendu et une fois derrière lui je le secouai d'un coup en criant un gros « Bouh ! ». Sursautant violemment il laissa tomber sa cigarette et la regarda tomber jusqu'au trottoir 3 étages plus bas. Je ne pu m'empêcher d'éclater de rire. Il se retourna vers moi les bras croisés contre son torse et me dit :
« Ben bravo c'est malin. »
Il parlait lentement et d'une voix plutôt pâteuse. Il devait lui aussi avoir plusieurs verres dans le nez. Je m'excusai tout en continuant de rire puis m'asseyais par terre, juste à côté de lui. Il me regarda, interloqué, avant de faire pareil et de s'asseoir tout contre moi. Un lourd silence s'imposa. Je ne savais pas quoi dire et j'avais l'esprit trop embrouillé pour chercher quelque chose d'intelligent à lui sortir.
« Tu m'en dois une, déclara Florent tout à coup.
- Une quoi ? répondis-je surpris.
- Une cigarette, tu me dois une cigarette. Elle était à peine entamée celle que tu m'as fait faire tomber.
- T'avais qu'à pas la lâcher ta précieuse cigarette. Au pire tu peux toujours la récupérer quand tu sera en bas » lui répondis-je avec un sourire moqueur.
Il me fixa d'un air médusé.
« Beurk ça va pas c'est dégeulasse elle a du traîner partout par terre à l'heure qu'il est. Nan nan, tu m'en dois une, cherche pas à te défiler.
- Je cherche pas à me défiler. De toute façon c'est pas bien de fumer.
- Oh non pitié on dirait ma mère ! Elle arrête pas de me rabâcher ça. Florent arrête de fumer ça finira par te tuer. Florent je croyais que tu m'avais dit que tu avais arrêté . . . »
« Bon sang, il n'arrêtait donc jamais de parler ? » me dis-je. J'avais la désagréable impression qu'il aurait pu me faire un monologue sur la cigarette et sur sa mère jusqu'au levé du jour.
« . . . Chaque fois que je la vois ma mère me demande si j'ai arrêté de fumer. C'est dingue non, tu trouves pas ? Hein Mikelangelo ! Tu trouhumpf ! »
Fatigué d'entendre le moulin à parole qu'était le français je m'étais jeté sur ses lèvres sans réfléchir. Après quelques secondes de pur bonheur je me reculai et regardai Florent dans les yeux, mon visage resté à seulement quelques centimètres du sien.
PDV de Florent
J'e n'en revenais pas. Je lui parlais de ma mère et de la cigarette et lui il m'avait embrassé. Je n'arrivais plus à réfléchir correctement. Mon cerveau était complètement déconnecté, enivré que j'étais par l'alcool, par l'odeur de Mikelangelo et par le goût de ses lèvres encore présent sur les miennes. Il me fixait, son visage toujours aussi proche du mien, attendant sûrement une réaction de ma part. Mon regard déviait de ses yeux à ses lèvres, encore et encore. Je ne savais pas quoi faire, je n'arrivais plus à réfléchir. Et puis mon corps réagit de lui même. Je vis les lèvres de Mikelangelo s'approcher des miennes mais me rendis vite compte que c'était bel et bien moi qui m'avançais vers lui et non l'inverse. Tant pis, plus le temps de faire marche arrière, je collai mes lèvres aux siennes de nouveau. Elles étaient douces et chaudes et je me surpris à aimer ce baiser. Soudain je sentis sa langue passer sur mes lèvres et j'ouvris la bouche, hésitant légèrement avant de me laisser faire. Sa langue rejoignit rapidement la mienne. C'était bon, tellement bon. Ses mains vinrent se glisser dans mes cheveux, m'attirant encore plus à lui. Alors qu'il me mordillait la lèvre inférieur je gémis dans sa bouche. Cela eu l'effet de me faire reprendre mes esprits un instant et j'en profitai pour me reculer rapidement, affreusement honteux de m'être laissé aller de la sorte. Mikelangelo me fixait toujours, les joues rougis et le regard enfiévré et je ne devais sûrement pas être dans un meilleur état. Alors qu'il approchait de nouveau son visage du mien on entendit des bruits de pas provenant des escaliers qui menaient à la terrasse. Je me relevai rapidement, trop rapidement même car ma tête se mit à tourner dangereusement. Je vis du coin de l'oeil Mikelangelo se relever lui aussi. Quelques secondes plus tard on vit apparaître la petite tête de Claire par l'entrebâillement de la porte. Elle nous avertit que tout le monde rentrait chez eux. On la suivit jusqu'en bas et dîmes au revoir aux personnes encore présentes. Je pris ma veste et sortis, Mikelangelo m'attendait sur le trottoir. Décidément ça devenait une habitude. On resta planté là, devant chez Bruno, l'air penaud quand soudain Mikelangelo cria et me tira par le bras un peu plus loin. Il se baissa, ramassa quelque chose, se releva et me tendit la main.
« Tenez, votre cigarette Monsieur Salieri » me dit-il en rigolant, content de lui même.
Je levai les yeux au ciel en continuant ma route alors que je ne savais même pas ou j'allais. J'entendis les pas précipités de Mikelangelo qui courait pour me rattraper.
« Attends moi, tu va où ? me demanda t-il.
- J'en sais trop rien. »
Il s'arrêta, semblant réfléchir fortement vu les plis qui barraient son front. Son visage était plutôt comique et l'alcool n'aidant pas je me mis à rire tout seul comme un imbécile. Mikelangelo me regarda, étonné, avant de se mettre à rire lui aussi. Après s'être calmés il me proposa d'aller boire un dernier verre dans le bar le plus proche. Malheureusement pour nous il était déjà bien tard et tous les bars étaient fermés depuis longtemps. Dépités, on continua notre route. Au bout d'un moment on passa devant une épicerie qui restait ouverte 24h/24. On décida d'entrer pour acheter quelques bières. Après avoir finit nos boissons on riait tous les deux dans les rues de Paris, complètement ivres. Fatigué, je voulu rentrer mais je n'avais plus un sous sur moi pour me payer un taxi, on avait dépensé tout notre liquide pour acheter les bières. J'aurais aussi pu appeler mon ami mais je savais qu'il me ferait payer de l'avoir réveillé au beau milieu de la nuit. Mikelangelo qui logeait dans un hôtel à un petit quart d'heure de marche m'avait alors proposé de venir passer la nuit dans sa chambre. Il m'avait juré qu'il dormirait par terre et me laisserait le lit. Je savais que ce n'était pas une bonne idée mais je n'avais pas pu m'empêcher d'accepter, de toute façon je n'avais pas vraiment le choix.
