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Bonne lecture!


Chapitre 2

Belle sentit son corps reprendre vie lentement. Etait-ce sa vie dans le monde des vivants ou était-elle passé de l'autre côté? Si tel était le cas, elle venait de faire un voyage sans retour. Cette pensée l'effraya et elle s'agita, sans pour autant parvenir à reprendre totalement conscience. Un bruit familier vint lui chatouiller l'oreille. Un son monotone et circulaire accompagné d'un léger grincement. Un rouet. Elle en était certaine. Combien de fois l'avait-elle entendu alors qu'elle lisait un livre dans un fauteuil ? Rumple aimait y passer des heures « pour oublier » comme il le disait. Mais pourquoi donc Rumple avait-il amené son rouet de la cave à leur chambre ? Chaque chose avait sa place et il n'était pas du genre à changer la déco sur un coup de tête. Quelque chose n'allait pas. Elle s'étira et ouvrit ses yeux, ne leur laissant pas le temps de à s'habituer à l'obscurité de l'endroit où elle se trouvait.

- Ne bougez pas mon enfant, dit une voix féminine usée par le temps, assise à son rouet.

Une vieille dame aux longs cheveux gris négligemment tressés sur le côté, lui recouvrit le haut du corps avec une couverture en peau de mouton. Elle avait un visage fin et apaisant. Le regard de Belle fit rapidement le tour de la pièce unique de la petite chaumière. L'environnement était sommaire mais chaleureux. Dans le coin, le feu crépitait dans la cheminée en pierre et la chaleur qu'il dégageait était très agréable.

- Où suis-je? demanda Belle, encore un peu vaseuse.

- Chez moi, dans le petit village d'Herchambaut. Je m'appelle Brunissende.

- Enchantée, je m'appelle Belle.

- Que faisiez-vous seule sur la grande route? Vous auriez pu mourir si je ne vous avais pas trouvée.

- Je… je rentrais chez moi, expliqua la jeune femme. Mais je me suis égarée.

- Je vois. Et que faisiez-vous sur le champ de bataille? demanda la femme en passant un tissu trempé dans de l'eau chaude sur le front de la blessée.

- Je ne sais pas, murmura-t-elle. Je pense que je me trouvais au mauvais endroit au mauvais moment.

- Vous avez besoin de repos. Votre jambe doit guérir. J'y ai apposé un mélange d'herbes et de plantes pour que vous cicatrisiez plus vite.

Belle la remercia et ses yeux bleus disparurent derrière ses paupières, la plongeant à nouveau dans l'obscurité la plus complète.

Face contre terre. La brume mystérieuse. Les tremblements. Les hurlements. Les corbeaux qui s'envolent. Les ogres qui crèvent la brume. La confrontation. La puanteur. Les souvenirs. Sa mère. Les larmes. La peur. La rage. Le garçon. Les dents acérées. Les intestins.

Belle se réveilla d'un coup, haletante et en sueur. Son cœur tapait très fort dans sa poitrine et ses cheveux étaient collés sur son visage et dans son cou. Tous ces brefs souvenirs lui avaient fait revivre les pires instants de son existence. Elle respira un bon coup et tenta de se calmer. Elle attrapa le verre d'eau posé à côté d'elle et le vida d'une traite. Elle s'essuya paresseusement le coin de la bouche avec son poignet. Elle observa la pièce et vit qu'elle était seule. Elle glissa ses pieds nus hors du lit et tenta de se lever. Mais une brutale douleur la fit se rasseoir. Elle attrapa le bas de la robe en laine qu'on lui avait enfilé et la souleva jusqu'au haut de sa cuisse couverte de bleus. Elle découvrit un bandage serré au-dessus de son genou. Ses doigts se glissèrent dessous et elle le poussa pour découvrir l'ampleur des dégâts. La blessure était vilaine. C'était une coupure profonde qui s'était infectée. Comment n'avait-elle pas réalisé plus tôt qu'elle s'était blessée? Probablement à cause de l'adrénaline.

- Vous êtes réveillée, dit la vieille femme en ouvrant la porte d'entrée qui grinça. Avez-vous faim?

- Je ne sais pas trop. Peut-être un peu.

La douleur de sa blessure et ses cauchemars lui avaient occultés toute sensation de faim. Elle se rappelait que sur la route, son estomac gargouillait mais en ce moment précis, elle ignorait son état. Elle posa ses mains sur son ventre, comme pour l'interroger mais fut incapable d'obtenir une réponse.

La vieille dame plongea une longue louche en bois dans le chaudron qui était dans la cheminée et remplit un bol qu'elle tendit à son invitée. La bonne odeur de soupe de légumes réveilla d'un seul coup tous les sens de la libraire. Elle huma le fumet avant de plonger sa cuillère dans le liquide bouillant. La première cuillérée réchauffa sa gorge et réanima son estomac qui se réjouit du festin. Sans s'en rendre compte, elle avala tout le contenu en un temps record, oubliant tous les codes de bonnes conduites d'une princesse. Elle se sentit embarrassée en voyant que la femme la regardait avec un petit sourire.

- Je... Je m'excuse, balbutia-t-elle. Je ne voulais pas manger comme…

- Comme une personne affamée, compléta la paysanne. Laissez-moi vous sustenter.

Belle lui tendit son récipient en bois qu'elle remplit et mangea ensuite beaucoup plus calmement.

Les jours qui suivirent, Belle dormit beaucoup alors que Brunissende veillait sur elle et fabriquait des corbeilles en osier qu'elle vendait au marché de Garin, la plus grande ville de la région. Elle profitait de ses voyages pour ramener des provisions et parfois un livre pour Belle qui s'occupait de tenir la maison. La brunette aurait voulu se confier mais elle pensait qu'elle ne la croirait jamais ou qu'elle la prendrait pour une sorcière. A cette époque-ci, de nombreuses femmes terminaient leurs vies sur un bûcher, juste pour avoir utiliser des herbes médicinales ou pour avoir parlé d'un rêve prémonitoire. Belle se refusait à prendre le moindre risque.

Comme le temps passait, elle comprit qu'elle n'était pas dans un rêve. Les rêves ne sont jamais aussi longs. Rumple la laissait souvent faire la grasse matinée mais au plus tard à 10h, il venait la tirer des bras de Morphée avec un tendre baiser. Elle fixa le plafond en bois et en mousse pour isoler du froid et de l'humidité. Elle ferma les yeux, essayant de se souvenir de ce qu'elle faisait avant de se retrouver face contre terre dans ce maudit champ. Elle se rappela avoir déjeuné avec Mary Margaret au Granny's. Elle avait commandé un cheeseburger qu'elle avait arrosé de ketchup. Puis elle s'était rendue à la bibliothèque. Henry avait rapporté les quatre livres qu'il avait empruntés la semaine précédente et lui avait fait un résumé de son préféré. Qu'avait-elle fait ensuite? Elle rouvrit les yeux et se rassit, scrutant la pièce à la recherche de ses souvenirs. Elle pencha sa tête sur la droite et ses magnifiques boucles brunes glissèrent le long de son épaule. Avait-elle malencontreusement ouvert une porte? C'était impossible. Surtout pas une porte allant dans le passé. Seule Zelena avait réussi à ouvrir un tel portail et il lui avait fallu bien des efforts pour y parvenir. Non, Belle sans aucun pouvoir magique, n'aurait jamais pu accomplir un tel exploit. Le mystère restait donc entier.

La blessure de Belle guérissait vite. Chaque jour, elle se levait et allait faire une promenade un peu plus longue. Elle en profitait pour ramasser quelques champignons et les dernières airelles. Elle emprunta l'arc du défunt mari de Brunissende et s'entraîna. Elle dût d'abord se remémorer la position de tir: les jambes écartées, perpendiculaires à la cible, le dos droit et les épaules alignées. Elle imagina Merida lui donner des conseils comme elle l'avait fait lorsqu'elles étaient ensemble à Camelot. Mais Belle avait appris les bases il y a bien longtemps avec le fils du forgeron du château de son père. Elle sourit en repensant à quel point il avait été furieux en découvrant l'activité secrète de sa fille bien aimée.

- Les princesses ne manient pas les armes, avait-il clamé.

Elle banda l'arc et tira la corde jusque sous la commissure de ses lèvres, la corde touchant son petit nez. Elle visa d'abord la cible de son œil droit, puis après quelques tirs, avec les deux yeux ouverts. Elle rata la cible à de nombreuses reprises mais ne perdit pas courage. Elle répéta ses mouvements jusqu'à ce que son geste devienne parfait.

Elle fut presque entièrement remise lorsque les premiers flocons couvrir le sol terreux, durci par le froid. Brunissende lui donna des provisions et des habits chauds pour son long périple. Elle lui donna également une bourse contenant ses économies que Belle refusa. Mais la vieille dame insista. Elle insista également pour qu'elle prenne l'arc et les flèches.

- On ne sait jamais, justifia-t-elle.

A la fin de leur échange, elle lui indiqua le chemin de Garin. Là-bas, elle trouverait certainement ce qu'elle cherchait ou du moins comment le trouver.

- Attendez! J'ai encore quelque chose pour vous, dit la vieille femme qui se précipita dans sa maison.

Elle revint avec une petite boite et l'ouvrit. Elle plongea sa maigre main à l'intérieur et la ressortit avec une fleur.

- Prenez cette perce-neige. Elle vous protégera.

- Elle est magique? demanda Belle alors qu'elle la mit dans sa poche intérieur près de son cœur.

- Oui, elle l'est.

- Pourquoi me la donnez-vous? Vous n'en avez plus besoin?

- Vous en avez plus besoin que moi.

- Attendez, toute magie a un prix, je le sais bien, répondit la brune en fronçant les sourcils.

- Ne vous préoccupez pas de cela. Le prix a été payé il y a bien longtemps.

Belle décela dans son regard que le prix avait dû être élevé mais vu l'insistance de Brunissende pour qu'elle parte, la libraire de Storybrooke laissa tomber.

- Le chemin jusque chez vous est encore long. Il vous protégera des ogres. Bonne route.

Elle la remercia chaleureusement, puis se mit en route. Ses bottes laissèrent des traces dans la neige fraîche alors que les flocons qui dansaient dans une légère brise venaient les recouvrir lorsqu'ils mourraient au sol. Le petit sentier l'emmena au centre du village. Les habitants la dévisagèrent. Apparemment, peu d'étrangers se promenaient par là. Elle se contenta de les saluer de la tête et rejoignit la route principale en bas de la petite colline. Elle prit une grande inspiration et s'arrêta sur la grande route.

- Je suis là Rumple. J'arrive.


Garin était une ville de moyenne importance où tous les marchands et artisans des environs convergeaient pour vendre leurs marchandises. Belle se cacha sous son capuchon et avança prudemment dans les rues bondées. Un homme d'une quarantaine d'années pestait contre un autre plus jeune car sa carriole remplie de cages à poules bloquait la sienne. D'autres passants rouspétaient car à leur tour, il avait des difficultés à se mouvoir dans cette rue, pas si large. Sur le côté, d'autres marchands s'époumonaient pour attirer le chaland. Bien entendu, leurs produits étaient les meilleurs et les moins chers. La jeune femme parvint jusqu'à la place du marché où des enchères avaient lieu pour écouler les poissons. La foule était dense et les plus forts poussaient les plus faibles. Mais parfois, la transaction ne se passait pas comme ils le souhaitaient et ils réglaient le problème avec leurs poings. Belle les regardait tous attentivement mais ne trouva pas son mari.

Quelques mètres plus loin, une vision la pétrifia. Deux hommes étaient en train de récupérer le corps sans vie d'un homme qu'on avait sans doute pendu plus tôt dans la journée. A l'époque où Belle vivait dans la Forêt Enchantée, ces pratiques étaient rares. Seule, l'Evil Queen en usaient et abusaient pour étendre son règne de la terreur et réduire en cendres les intentions des personnes qui auraient eu l'audace de tenter un coup d'état. La jeune femme d'à peine plus d'un mètre cinquante s'approcha de l'estrade et demanda pour quelle raison cet homme avait été privé de sa vie.

- C'était un voleur, répondit le premier.

- Il a volé du pain, précisa le second.

- Et vous l'avez pendu pour si peu? s'insurgea la brune.

- Les temps sont durs pour tout le monde. Les voleurs sont pendus par ordre du Duc des Basses Terres.

Le Duc des Basses Terres. Ses yeux se remplirent de colère et ses dents se serrèrent à lui faire mal. Belle se rappela avec amertume les terribles histoires que Rumple lui avait racontées. Comment cet homme après avoir massacré son peuple à la guerre des ogres, avait fait enrôler les enfants de force. C'était cet événement précis qui avait changé la vie de son mari pour toujours.

Derrière eux, une femme récurait avec acharnement le plancher de l'échafaud avec une grosse brosse dure. Elle avait le visage fermé et les dents serrées comme si elle tentait de retenir ses sentiments. Belle ne put s'empêcher de la regarder effectuer ses gestes machinaux.

- Que fait-elle? demanda-t-elle, sans regarder les deux hommes qui se retournèrent.

- Elle nettoie les saletés que son mari a faites.

- Que voulez-vous dire?

- Il a été décapité, avoua le plus petit.

La brunette resta interdite. Pendre des innocents était déjà barbare mais la décapitation était le pire des châtiments. Et encore plus de faire nettoyer à des proches...

- Qu'avait-il fait?

- Il a été condamné pour complot contre le Duc, raconta le plus gros.

- Est-ce un fait avéré? A-t-il eu un procès équitable?

Les deux hommes se regardèrent, cherchant la réponse dans les yeux de l'autre. Leur silence en disait long. Belle fit une moue en guise de réponse. La femme de l'échafaud leur passa à côté, tenant un panier sous le bras contenant… la tête au visage horrifié de son époux! Ce Duc était vraiment un monstre.

- Elle pourra l'enterrer, souffla le plus petit à Belle qui ne s'était pas remise de ses émotions. Le reste du corps sera brûlé.

- Avec tous les autres, ajouta l'autre.

Elle en eut la nausée mais se reprit. Le temps pressait. Des enfants se battaient déjà dans cette guerre insensée, ce qui voulait dire que les hommes du Duc avaient déjà commencé à écumer les campagnes à la recherche de nouvelles victimes.

- Savez-vous où je pourrais trouver Sir Hordor? demanda-t-elle.

Les deux hommes se regardèrent, s'interrogeant mutuellement. Un long silence s'installa comme s'ils ne communiquaient que par ce moyen. Le brouhaha de la place semblait lointain et les prix des poissons ne les intéressaient pas. Hordor était l'homme envoyé par le Duc dans le village de Rumple pour lui prendre son fils. Elle pensa que si elle le trouvait avant, elle avait une chance d'aider Rumple à ne pas perdre Baelfire.

- Il n'est pas dans cette région, répondit le plus petit. Il est plus au sud. Vers Aremburge... Enfin je crois.

- Est-ce loin d'ici?

- A trois jours de marche. Mais…

- Oui?

- Il vous faudra traverser la Forêt des Landes.

- Elle est hantée, ajouta le plus grand.

- Qui la hante?

- Des fan… fantômes, bégaya le petit.

- Merci pour ces renseignements. Bonne journée messieurs.

Ils se demandaient bien pourquoi cette jolie jeune femme aux yeux aussi clairs que l'eau de source cherchait Sir Hordor, réputé pour sa cruauté. Ignorait-elle qu'il avait tué un géant à mains nues? Mais avant de connaître les réponses, la beauté s'était envolée tel un papillon insaisissable.

Belle traversa la place en jouant des coudes. Sa petite taille lui permettait de passer là où d'autres n'auraient jamais pu. Elle jeta un coup d'œil attentif aux vendeurs de laine qui se trouvaient dans la rue adjacente. Elle savait que Rumplestiltskin, malgré son handicap, était capable de marcher pendant des jours pour aller vendre sa laine. Et plus les temps étaient durs et plus il devait parcourir de longues distances. Ne possédant pas de cheval et n'ayant aucun ami pour voyager sur une charrette, il devait partir bien plus tôt que les autres, parfois laissant Baelfire seul, sans défense en ces temps difficiles.

Avant de se lancer dans la traversée de la Forêt des Landes, elle décida de passer la nuit à l'auberge. Comme les économies de Bruissende étaient maigres, elle préféra les garder en cas de nécessité. Elle jeta un coup d'œil dans sa besace et se dit qu'il était temps de faire un petit tour de magie.

Elle poussa les portes de la bâtisse et découvrit un comptoir imposant avec deux gros chandeliers. Leurs bougies pleuraient le long du laiton et léchaient le bois depuis bien longtemps. L'aubergiste quarantenaire et moustachu était en pleine querelle avec ses deux filles. Les demoiselles disaient qu'elles étaient assez grandes pour aller danser à la grande salle et le père s'évertuait à balayer tous leurs arguments. L'ancienne princesse regardait la scène depuis le pas de la porte, un peu gênée de tomber à ce moment-ci.

- - E… excusez-moi, dit elle en haussant un peu la voix pour se faire entendre dans ce brouhaha.

- - Milady ! Bienvenue à l'Auberge des Deux Roses ! Ces deux roses, ce sont mes charmantes filles, Ameline et Fleur, dit-il de sa voix devenue très douce.

Les deux jeunes filles lui adressèrent une révérence distinguée. Ameline s'était tressé ses longs cheveux blonds et portait une très jolie robe verte en velours. Fleur était rouquine et avait de bonnes joues.

- - J'aimerai une chambre pour la nuit, demanda la voyageuse.

- - Cela vous fera deux pièces d'argent, petit déjeuner et bain compris, annonça-t-il.

Elle déglutit en entendant le prix. Mais elle n'avait pas le choix. Avec le froid de la nuit, elle ne pouvait pas aller dormir dans une grange. Elle ne souhaitait pas non plus donner les dernières pièces de sa bourse.

- - En échange de cette chambre, je vous propose des chaussures… magiques, ajouta-t-elle en baissant la voix comme pour leur confier un secret.

- - Magiques ? répéta l'aubergiste avec une pointe de curiosité.

Belle sortit sa paire d'escarpins et la posa sur le comptoir. Les jeunes filles approchèrent leurs visages des chaussures pour mieux les contempler. Jamais elles n'avaient vu de telles beautés !

- - Ces chaussures vous permettent d'être plus grande tant qu'elles sont à vos pieds. Regardez.

Elle ôta ses bottes et enfila les escarpins que Rumple lui avait offerts pour remplacer une paire qu'elle avait abîmée un jour d'orage. Les trois personnes en face d'elle furent ébahies ! Jamais elles n'avaient vu une personne grandirent d'autant de centimètres aussi vite.

- - Je les veux ! lâcha Fleur.

- - Non ! Ils sont pour moi ! rétorqua Ameline.

- - Voyons qui, ces chaussures vont-elles choisir, dit Belle en les posant devant les filles.

Ameline poussa sa sœur et enfila son grand pied. Malheureusement, même en insistant, la chaussure refusa son pied. Elle dut s'avouer vaincue et laisser sa chance à sa petite sœur. La rouquine s'appuya sur le comptoir et enfila la chaussure droite. Un sourire se dessina sur son visage joufflu. Belle lui donna la main pour l'aider à conserver son équilibre. La princesse savait d'expérience à quel point il était difficile de se déplacer avec des talons de 13cm !

- - Papa, maintenant je suis assez grande pour aller au bal, annonça celle qui était à présent plus grande que son aînée.

Belle eut droit à sa chambre et ne sut comment c'était terminé cette histoire. Allongée sur son lit, elle avait un peut honte de leur avoir donné une simple paire de chaussures en prétendant qu'elles étaient magiques. Elle chassa la culpabilité de son esprit et ferma les yeux.


Trois jours plus tard, après avoir traverser la Forêt des Landes sans rencontrer le moindre fantôme, Belle arriva à Aremburge. Cette petite ville se trouvait dans une plaine entourée de nombreux petits villages. Elle avait une église en bois avec un clocher qui surplombait les toits de toutes les chaumières. Les maisons semblaient être en terre battue ou en pierre. Tout était plus rustique qu'à Garin. Elle traversa la rivière en empruntant le pont de pierre martelé par des dizaines d'empreintes de chevaux dans la neige.

Des cris semblaient émaner de la rue principale. Elle couvrit ses cheveux de son capuchon et s'approcha, se faufilant dans la foule mais restant près des murs. Elle grimpa sur un tonneau afin de voir ce qui se tramait. Plusieurs dizaines de têtes, principalement de femmes car les hommes avaient déjà été massacrés, la séparaient de la scène qui avait probablement attiré tous les habitants. Elle n'eut aucun mal à trouver l'homme qu'elle recherchait, fièrement assis sur son cheval noir, dominant la foule. D'où elle était, elle ne parvenait pas à entendre ce qu'il disait. Il avait plutôt l'air satisfait et donna un ordre à ses hommes en armure. Cette fois-ci, ce ne fut pas des cris qu'elle entendit mais des hurlements de femmes et des supplications d'hommes. Les voix étaient tremblantes, implorantes. Les soldats étaient en train de rassembler les enfants en âge de se battre.

Belle attrapa son arc et dégaina une flèche de son carquois. Elle la plaça, tendit la corde et se mit à viser Hordor. Elle se dit que si elle tuait ce monstre à ce moment-ci, jamais Rumple n'aurait à devenir le Dark One. Mais avant qu'elle ne décoche, une femme lui prit fermement le bras. La flèche partit et se ficha dans l'avant-toit juste au-dessus d'elle.

- Vous allez vous faire tuer, murmura la femme.

- C'est lui qui allait mourir, ajouta Belle en murmurant, agacée.

- Et ses hommes? Vous les oubliez?

- Je me serai cachée.

- Hordor possède une arme dont personne ne peut échapper.

Des voix s'élevèrent et interrompirent les deux femmes. Un homme voûté tenta de s'interposer mais un soldat sortit son épée de son fourreau et lui enfonça la lame à travers le torse. La terreur s'empara de la foule qui tentait de se disperser dans le chaos le plus complet. Belle s'assit, tremblant comme une feuille sur son tonneau.

D'autres hommes du village tentèrent de sauver leurs enfants mais une force magique les envoya au sol. Belle se redressa, tentant de comprendre ce qui venait de se produire et d'où était venue cette puissante magie. Elle sauta et se déplaça rapidement en frôlant les murs. Elle se cacha derrière la poutre d'un avant-toit et le vit. Il était là, à quelques dizaines de mètres, dissimulé sous sa capuche noire. Sa main dorée, dépassant tout juste de sa large manche, était tendue en direction de la foule. Il attendait patiemment l'ordre d'Hordor pour les libérer… ou les anéantir.

- Le Dark One, murmura-t-elle pour se confirmer son identité.


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