2.
1er Rendez-vous
1er Baiser
Stiles ! Sérieusement c'est tout ce que tu as à te mettre ? Tu ne peux décemment pas sortir à un rencard habillé comme si tu allais en cours ou même pour nos sorties ! regarde-moi ces trucs ! Je t'adore mon Batman mais tes fringues actuelles ressemblent à celles d'un ado attardé plutôt qu'à Bruce Wayne. Combien de fois je t'ai dit de faire les boutiques avec moi ? Hein ? Combien ? Non mais ce n'est pas possible tout ça !
Il avait fallu que Jackson et Scott ouvrent leur bouche. Sérieusement ils ne pouvaient pas se taire des fois ? Certes, Erica les terrifiait mais quand même ! Stiles regardait la blonde jeter ses affaires par terre tout en maugréant sur ses goûts vestimentaires. Pourtant c'était comme ça qu'ils s'étaient rencontrés. Élèves dans le même lycée, ils ne s'étaient jamais parlés, il avait fallu un signe du destin à une convention Marvel pour se rendre compte que leurs goûts en matière de Bds ou de films étaient les mêmes.
Depuis, elle avait intégré son groupe en apportant Isaac Lahey avec elle. Un blond bouclé adorable mais qui avait dû partir faire ses études en Angleterre suivant sa mère.
Le problème avec Erica, c'était qu'elle avait pris la place de la mère hyper protectrice du groupe. Et spécialement avec Stiles qu'elle couvait comme son propre louveteau. Des fois, il se demandait si sa vie sentimentale aussi vide que le néant n'était pas dû au regard noir que lancé des fois la blonde.
Au bout d'un quart d'heure, Stiles s'était allongé sur son lit, toujours en boxer depuis l'arrivée de Godziblonde, et relisait pour la centième fois un de ses comics préférés.
Je … Stiles ? STILES ?
Oui chef, cria Stiles surpris par le hurlement de son amie. Il se leva et se mit au garde à vous, faisant rire sa blonde.
Imbécile ! Tiens, je crois que j'ai trouvé ce qu'il te faut.
Erica lui glissa dans les bras un jean noir slim troué aux genoux, un marcel noir fin qui devait mettre en dessous d'une chemise bleu roi dont les manches étaient remontées. Une paire de bretelles qu'il devait laisser pendre sur ses fesses. Un boxer blouge, mi rouge mi bleu. Une paire de chaussette au couleur camouflage armée et une paire de bottes montantes en cuir noir.
Là, s'il te saute pas avant que vous sortiez de l'immeuble, je ne m'appelle plus Erica !
ERICA ! S'écria Stiles faussement outré par les paroles de son amie. Il est vrai que depuis qu'il avait rencontré Derek le fameux soir de l'apéritif, il en bavait. CE corps parfait. Ses fesses musclées. Cette chose alléchante qui gonflait le boxer presque trop petit pour la bête. Bordel il devait se calmer avant d'avoir …
Mon poussin ? Je pense que la bête a faim !
Quoi ? demanda Stiles
Erica pointa le doigt vers son entrejambe et Stiles cria comme "une fille" selon elle bien sûr, mais le jeune homme, rouge de honte, courut dans sa salle de bain et s'enferma. Stiles entendit le rire franc de son amie et tentait de lui parler à travers la porte. Stiles mis la musique de son téléphone branché en Bluetooth, retira son boxer et entra dans la douche glaciale. Une bonne chose pour calmer "la bête".
*-*
Derek arrête de faire l'enfant et sort de là !
NON !
Derek ne me force pas à défoncer la porte.
Je ne veux pas, je peux pas, même pas EN RÊVES !
Ok ! Peter était exaspéré par le comportement puéril de son neveu. Il entra dans sa propre chambre et fouilla dans son secrétaire pour prendre une clé de secours. Arrivé devant la porte de son neveu il retenta une dernière fois.
Derek ? Dernière chance de m'ouvrir ! Bordel tu as quel âge ? 28 ans ? J'ai l'impression de parler à un gosse de dix ans qui ne veut pas allez à l'école.
M'en fous ! Cria Derek derrière la porte.
Peter respira calmement et délicatement sans alerter Derek, ouvrit la porte de la chambre d'ami que lui avait prêter Peter à son arrivé. Quand il entra, Peter trouva Derek au sol, les jambes croisées à l'indienne entouré d'une pile monstrueuse de vêtements. Le visage grave et boudeur, Derek l'observa comme un enfant perdu.
Je peux savoir ce qu'il se passe ? Demanda Peter qui ne comprenait pas pourquoi son neveu se comportait comme ça.
Il est 17h45, j'ai rendez-vous à 20h avec Stiles et je n'ai rien à me mettre !
Peter regarda Derek dubitatif. Le comportement du jeune homme changeait du tout au tout. Tantôt insolent. Tantôt enfant. Tantôt adulte perdu. Peter savait que Derek appréhendait ce rendez-vous mais pas à ce point. Surtout que c'était lui qui s'était lancé, et pas l'inverse. En plus Peter aussi avait un rendez-vous ce soir, alors pas question d'arriver en retard parce que son abruti de neveu ne savait pas quoi se mettre.
Il mit dix minutes mais y arriva. Jean noir moulant. Tee shirt noir sans manches avec un gilet gris anthracite. Une paire de chaussure de ville grise. Il sortit aussi un bracelet à perles noires simple, les bagues en argent de Derek, une chaîne où pendait la tête d'un loup hurlant à la lune et déposa le barda sur le lit.
Voilà, comme ça tu seras à ton avantage, mais je pense que ce n'est pas pour ça que tu t'es enfermé ? Je me trompe ?
Non. Souffla Derek à peine inaudible.
Les autres paroles de Derek furent totalement imperceptibles, Peter n'entendit absolument rien. Il le fit répéter plus fort pour pouvoir l'aider.
Je suis débile … Il est intelligent, il est beau, il a tout pour lui et moi qu'est-ce que j'ai ? À part de l'argent qu'est ce qui fait que je me démarque des autres ? Je ne connais rien à ses passions. À sa vie. À son avenir. Il doit me prendre pour un débile qui ne fait rien de sa vie à part baiser tout ce qui bouge.
Peter comprenait enfin les soupirs et les marmonnements de son neveu depuis une semaine. Le voir ruminer et tourner en rond dans le duplex depuis qu'il avait invité Stiles à sortir boire un verre. Il n'avait pas pensé une seule fois que Derek se voyait comme ça. Certes, il était blindé niveau argent, mais il avait de superbe qualité hormis être bien doté par la nature.
Derek avait fait des études de journalisme et de littérature moderne. Il aimait donner un coup de main dans l'association qui venait en aide aux personnes LGBT en difficultés. Il servait la soupe populaire deux fois par mois aux sans-abris à l'église des sœurs de la perpétuelle indulgence. Il organisait des soirées caritatives pour les femmes battues. Il était le neveu presque idéal. Mais il savait que son neveu avait un complexe d'infériorité vers les personnes qu'il pensait plus intelligentes que lui.
Stiles était certes intelligent mais il était plus débrouillard et cultivé. Et surtout Stiles était bien entouré. Une famille aimante. Des amis formidables. Un entourage sain. Il espérait sincèrement que Stiles apporterait à Derek une certaine stabilité, qui manquait durement au jeune homme.
Peter s'assit sur le lit derrière Derek et caressa la tignasse de son neveu. Derek se calma et laissa sa tête partir en arrière pour se poser sur les genoux de Peter. Ils étaient rares ses moments et Peter en profitait un maximum. Sa mère lui manquait énormément. L'absence de Talia avait creuser un gouffre dans son cœur. Les quelques moments comme ça avec Peter lui rappelait son enfance, entouré de sa famille, les longs soirs d'hiver autour de la cheminée.
Maman me manque ! Voilà c'était dit. Deux ans qu'il retenait cette phrase. Deux ans qu'il ruminait cette douleur. Il était temps de vivre et pas de survivre.
Moi aussi mon grand, moi aussi. Tous les jours ! Peter ferma les yeux pour empêcher les larmes de coulaient.
Tu crois qu'un jour je pourrais apporter à quelqu'un ce que maman apportait à papa, ou même l'inverse. J'ai envie de croire que l'amour est à portée de main, mais j'ai tellement peur de tout perdre d'un coup. Quand je pense à eux, je n'arrive pas à pleurer. Ils étaient ma vie, mon univers et j'ai tout perdu. ON a tout perdu. Il reste Cora, toi et moi. Mais si je tombe amoureux et que je perds celui que j'aime, comment je pourrais vivre sans lui.
Vois les choses autrement Derek, si tu aimes quelqu'un et que tu ne vis pas l'aventure avec lui et que tu le perds, comment vas-tu survivre à ça ?
Je n'avais pas pensé comme ça. Derek ouvrit les yeux et remit sa tête correctement puis se leva. Il attrapa les affaires que son oncle lui avait sorti et partit dans la salle de bain se préparer.
Peter le suivit des yeux. Il savait enfin ce qu'avait Derek sur le cœur. Il espérait vraiment que ça marche avec Stiles. Il l'espérait de tout son cœur.
*-*
Le début de soirée avait été un peu laborieux, les deux jeunes hommes étaient très intimidés. L'un ne se croyait pas à sa place avec le jeune homme châtain aux yeux ambre et l'autre été très intimidé par la stature et la carrure de l'homme de 28 ans. Pourtant après quelques vodka, l'ambiance s'était un peu plus détendue. Enfin détendu pour eux, signifiait pelotage dans leur coin, au fond du bar que Derek avait choisi, à l'abri des regards indiscrets. Baiser approfondi suite à un "cap ou pas cap". Les mains avaient trouvé autres choses à attraper que les verres, et la bouche de Derek avait préféré la langue de Stiles aux mises en bouches choisi par le jeune homme.
Après une entrée en la matière, les deux jeunes hommes s'étaient trouvés un sujet de discussion. Les mangas et comics. Derek apprit que le jeune homme planchait sur une histoire. Mais n'avait pas encore trouver quelqu'un pour lui écrire les dialogues. Stiles était bon en dessin mais pas en écriture. Alors Derek proposa son aide.
Toujours ses planches sur lui, Stiles les avait sortis et les deux jeunes hommes étaient plongés dedans depuis bien trois heures, quand ils se rendirent compte que la soirée avait avancé sans eux et que le bar s'était vidé ne les laissant que tous les deux.
Rangeant ses affaires, Stiles se rendit compte que Derek l'observait les yeux dans le vide.
Quelque chose ne va pas ? Demanda-t-il
Ça fait longtemps que je n'avais pas passé une soirée comme ça !
Comme ça ?
Une bonne soirée sans me prendre la tête et sans penser à mes parents.
Je suis désolé !
Derek regarda Stiles en se demandant pourquoi il s'excusait.
La semaine dernière j'ai beaucoup parlé de moi et de ma famille et c'est après que Peter m'a expliqué la situation. J'ai le don pour parler souvent sans réfléchir et sans demander …
Derek s'approcha de Stiles et le prit dans ses bras. Il déposa un léger baiser sur ses lèvres et sentit son compagnon se détendre. Passant sous la barrière de la chemise et du tee shirt, Derek glissa ses doigts sur la peau douce de Stiles qui frissonna. Le brun happa d'un coup de langue les lèvres de Stiles et les mordilla tendrement. L'explosion de sensation qui prit Stiles au bas ventre le fit gémir fortement sans même qu'il ne s'en rende compte. Le bruit arriva aux oreilles des serveurs restant qui nettoyaient la salle.
Un grattement de gorge les sortit de leur bulle. Stiles se cacha dans le cou de Derek en riant, celui-ci frissonna à son tour alors qu'il regardait le manager les fusillant du regard.
Après être sorti du bar, les deux jeunes hommes marchèrent tranquillement l'un à côtés de l'autre sans se prendre la main, juste s'effleurant de leurs manteaux. Ils n'avaient pas besoin de parler, la présence de l'autre leur suffisait pour le moment.
Arrivé devant la porte de son minuscule appartement, Stiles se tourna vers Derek un large sourire aux lèvres, qui donnait au brun des envies pas du tout catholique.
J'ai passé une soirée géniale. J'espère qu'on va vite recommencer.
Moi aussi, en plus on a un projet en commun ça va me changer des nouveaux pornos que j'écris.
Le rire joyeux de Stiles résonna dans le couloir, électrisant Derek qui se pencha pour l'embrasser à nouveau. Le corps de Derek se pressa contre le sien, comme aimanté par un corps astral. Un besoin de contact qu'il n'avait pas ressenti depuis bien longtemps. Pour une fois ce n'était pas une attirance sexuelle mais bien de toute autre nature. Un besoin de donner plutôt que de recevoir. Il ne voulait pas presser les choses mais Stiles était tellement attirant tant physiquement qu'intellectuellement. Tout lui plaisait en lui.
On se voit demain ? Demanda Stiles
Demain oui ! Je vais te laisser dormir pour ce soir !
Ce n'est pas sûr que je puisse m'endormir de suite, répondit Stiles en ouvrant la porte. Le jeune homme l'embrassa une dernière fois et disparut à l'intérieur de son antre.
Derek resta cinq minutes, immobile devant la porte. Un sourire niais figé sur son visage. Des étoiles pleins la tête et des papillons pleins le ventre. Il était heureux. Mais cela pouvait-il durer. Ce connaissant, il ne savait pas. Il l'espérait de tout son cœur.
