— Saga… Saga !
— Mu !/Saloperie !
— Pourquoi, Saga ? Pourquoi t'a fait ça ?
— Quoi ? Je… Non !/Crève !
— Me tue pas, Saga ! Me tue pas !
— Another Dimension !/Crève !
La mort de Shion. Lorsque je revois Mu, ce sont toujours les mêmes souvenirs qui reviennent en premier. La colère d'avoir échoué à gagner une confiance si dure à obtenir.
Puis, le vide… jusqu'à ce que je me réveille les mains rougies.
Ce sang dont je ne comprends pas la provenance. Ça ne peut pas être moi… Et ce corps allongé, immobile… mort… Ça ne peut pas être Shion.
Et… il y a eu ce cri. Cette voix d'enfant que je chérissais tant.
Mu, je l'ai tenu sur mes genoux alors qu'il était bébé. Je l'ai vu grandir.
Il était toujours fourré dans mes jambes avec ses grands yeux félins… trop sages, qui voyaient tout… trop.
Jusqu'au fond de mon âme.
Il savait la noirceur. L'envie. La peur de ne pas être assez… Pas assez bon, pas assez doué… pas assez moi. Il savait tout ça mais jusqu'à ce jour-là, il n'en avait pas eu peur. Il tenait à moi, il aimait autant la lumière que les ténèbres qui vivaient dans mon esprit.
— Tu sais Saga : le jour, il n'existerait pas s'il n'y avait pas la nuit. On ne saurait même pas comment il s'appelle.
— C'est bizarre ce que tu me dis, là, Mu.
— Non, ça ne l'est pas ! C'est pour plus que tu aies peur. J'ai pas peur, moi ! J'aurai jamais peur de toi ! Alors, sois plus triste !
Pourtant, ce jour-là, il recule, ses grands yeux verts emplis de larmes. Dans mes ténèbres, il vient de constater que je se suis plus seul. C'est la première fois que l'Autre se manifeste alors que je suis conscient. La première fois qu'il parle en stéréo avec moi.
Crève !
Et je ne suis pas assez fort pour lui résister.
Je ne l'ai jamais été.
J'ai ouvert la porte des dimensions avant de porter un coup qui aurait été fatal si Mu n'avait pas reculé. Il a été aspiré et son cosmos a cessé de rayonner dans mon esprit.
Il ne reste plus que les ténèbres et l'Autre. Ma lumière a disparu en même temps que ce gamin d'à peine sept ans et qui n'est même pas humain.
Bon sang, j'aurais préféré que ce soit moi !
Contre mon flanc, Mu se fait plus lourd. Il est à peine conscient et, pourtant, il continue d'avancer. Pas après pas.
Il se refuse la moindre faiblesse.
Je sais ce que ma présence lui inflige.
L'Autre. Encore et encore…
Il restera à jamais entre nous.
Je me suis peut-être racheté en partie des crimes que j'ai commis contre Athéna. Mais ce que j'ai fait à Mu… Ce que l'Autre a commis. La distinction ne compte pas. C'était mon corps, mes mains… C'était moi !
— Arrête, murmure-t-il.
Je m'immobilise. Il reprend son souffle un instant. Je ne vois pas son expression, ses traits sont masqués par une cascade de cheveux si clairs qu'ils en paraissent argentés.
— Arrête, répète-t-il. Ne te fais pas ça.
Ah. Oui.
Télépathe.
J'imagine que je dois penser trop fort… Il redresse la tête, regarde droit devant lui.
— Peut-on faire faire une pause ?
Je serre les dents.
— Mu, je sais… D'accord ? Je sais que tu ne veux plus que je te touche mais… Plus vite on aura trouvé un endroit…
— Saga. Tais-toi.
Il n'a pas crié. Il m'a enjoint de me taire sur un ton plus qu'aimable mais je me tiens coi. Quelque chose ne va pas, il frissonne doucement. Je ne sais pas si c'est une réaction à mon contact, l'épuisement ou autre chose.
Ou un peu des trois.
— Nous ne sommes pas seuls.
Il se concentre, le regard perdu dans le vide mais, bientôt, il secoue la tête.
— Je ne sais pas, je l'ai perdu.
Un silence retombe sur nous après ça. Je m'en veux de le rompre mais nous ne pouvons pas rester là.
— As-tu besoin de te reposer ou peux-tu continuer ?
Il ne parvient pas à croiser mon regard.
— Non. Je peux…
— Moi, je suis fatigué. On n'a qu'à se reposer un moment.
Il ne répond pas. Un petit sourire nait sur ses lèvres et je sens un poids se soulever de mes épaules. Le soulagement n'est que de courte durée. Le sourire se tord avant de disparaître. Il détourne la tête et son corps se tend à nouveau contre moi.
Je le sens se faire violence pour ne pas s'arracher à mon soutien. Une voix enfantine résonne, hurle soudain à mes oreilles, dans ma mémoire.
— Me tue pas, Saga ! Me tue pas !
Je ferme les yeux.
— Non. Jamais.
Son regard vole vers moi, ses yeux immenses dans son visage trop pâle.
— Me tue pas, murmure-t-il d'une voix blanche. Saga… Tu étais conscient ?
D'un geste saccadé, il arrache son bras à ma prise, recule. Sa jambe blessée cède et il tombe, atterrit rudement sur les fesses. Il grimace. Il n'a pas vraiment de quoi amortir le choc.
Il relève la tête vers moi, incrédule et trahi.
— Je croyais que c'était l'Autre aux commandes, ce jour-là… C'était… toi ?
— Non… Oui… Je…
Les mots me fuient devant son regard meurtri. Il s'était raccroché à l'idée que je n'étais pas là lors du meurtre de son maître. Il se trompe. Mais pas de cette manière, Mu ! Je te le jure !
Comment peut-on lire dans la tête des autres et ne pas comprendre ? Ou alors… Je suis coupable à plus d'un niveau. Je n'ai pas su contrôler l'Autre, je suis responsable bien plus que je ne le pensais.
Je tombe à genoux devant lui. Il est trop choqué pour reculer, fuir mon contact. Alors, je tente ma chance. J'attrape son visage à deux mains.
— Regarde.
Il sera mon juge. Mon bourreau, s'il le faut. Je me rends entièrement à lui.
Regarde…
Il ferme les yeux et, tous deux, nous nous retrouvons happé dans une scène bien trop connue. Je revis la confusion, la répulsion, l'horreur et la terreur lorsque je me rends compte que je ne peux rien faire pour protéger le petit Atlante.
En face de moi, si proche et à la fois si loin que je ne peux le toucher, Mu revis sa partie d'histoire. Il se dégage soudain, le souffle court. Mes mains retombent le long de mes cuisses. Il y a des larmes qui gonflent ses yeux, coulent sur ses joues.
Lorsque je veux me frotter le visage de la main, je constate que ma peau est humide. Je n'ai aucun droit à…
— Arrête.
C'est un murmure. Mu tend la main vers mon visage mais se fige à quelques centimètres.
— Arrête de t'infliger ça, Saga.
— Mais tu dois me détester, pourtant. Pourquoi te…
— Je ne te hais pas. Je le voudrais, tu n'imagines même pas à quel point mais je sais à quel point l'Autre… était fort.
Je garde le silence, n'ose pas parler.
— Je t'aime toujours, Saga.
Nos regards se croisent, s'accrochent.
— Je me souviens du jour qui n'existe pas sans la nuit. Je voudrais être plus fort que ça mais je n'y arrive pas.
Le choc me rend muet mais, dans mon esprit, il y a une tempête qui chamboule tout. Je ne le mérite pas ! Je me focalise sur l'expression douloureuse et perdue qu'arbore soudain mon cadet.
— Saga… souffle-t-il d'un ton incrédule. Je n'arrive pas à remonter mes barrières. C'est pour ça que j'entends toutes tes pensées parasites.
Je n'essaie pas de le toucher. Je ne veux pas lui infliger ça…
Pourtant, je comprends un peu ce qu'il veut dire par-là.
Ce que cela implique. S'il ne parvient pas à remonter rapidement les barrières psychiques qui protègent son esprit, il sera menacé par n'importe quelles pensées. N'importe qui doté du don pourrait lui porter un coup fatal qui ne laisserait de son corps qu'une coque vide.
— Que puis-je faire ?
Il m'offre un petit sourire.
Sincère, celui-là et sans contrainte. Je me prends à espérer.
— Je l'ignore. J'imagine que je vais devoir creuser la question.
Ses paupières se plissent.
— Mais ce que j'ai senti tout à l'heure… La présence. Saga, je crois pouvoir t'assurer qu'un autre chevalier se trouve tout près.
Saharu-chan : Oui, le ton est moins porté sur la rigolade... Quoique, je ne vais pas laisser mes tragédiens trop s'appesantir sur leurs malheurs... Pour Mu, il y a des choses que même si tu les intègres et les comprends d'un point de vue intellectuel, tu ne peux pas les appréhender émotionnellement... Que tu ne peux pas pardonner. Et ça ne peut pas s'arranger pas en deux
Pour Arès, on a ici, un premier souvenir. D'autres vont suivre. Des mignons, d'autres beaucoup moins. Tout le monde plaint Saga. Le pauvre, tout ça, tout ça... Et c'est vrai que sa possession par Arès s'apparente à un viol mental. Mais, même s'il n'était pas aux commandes, ça a fait des dégâts... Et pas seulement avec Aiolos et Aiolia.
Hemere : Le couple maudit. D'ailleurs, ne t'emballe pas trop... Je n'ai pas encore décidé si je leur accordais un happy end ou pas... S'ils vont pouvoir surmonter leur passif. Ce n'est pas parce que Mu aime toujours Saga que touuuuut va bien se passer... *sifflotte*br /(Merci pour leur voix ! ^-^)
Glacefraicheur : Oui, tu as raison. Le point de départ et d'arrivée seront semblables. Mais les ressemblances s'arrêtent là... Ici, le thème sera le courage de faire face à ses peurs... Quant à la manière dont Saga prend les choses... Eh bien, tu as ta réponse...
Yum-Chen-Mo : Oh ! Eh ben ! Ola ! C'est à peu près là où s'arrêtent mes connaissances en espagnol ! (Avec Te quiero et Madre de dio... mais c'est plus ou moins tout !) OK... Je crois avoir compris l'essentiel de ton message... (et que tu attends la suites des 12 Petits chevaliers d'Or). Merci, donc ! Et oui, il y a une certaine tension entre Mu et Saga, c'est assez logique. Je ne peux pas promettre que je reprendrai mes vieilles fics mais l'envie est là... Bon, je vais passer en anglais en espérant que tu le liras plus facilement...
Oh ! Well... Ola ! And here end my competences in spanish ! (Well with "Te quiero" and "Madre dio). OK... I think I've understood the main way of your review... (and you're waiting the next chapters of "12 petits chevaliers d'Or"... I'm sooo busted !). Soooo thank you ! Yes a tension remains between Saga and Mu. With their history, it's quite logic. I can't promise to finish "12 Petits chevaliers d'Or" but I feeling like it. Well, well... So, thank you again ! ^-^
