Titre : Joyeux Noël !
Auteur : Didou367 ou Fuckin' goddess.
Fandom : Hetalia.
Personnages, couple : Amérique, Canada. On ne peut pas vraiment parler d'un couple étant donné que leur relation n'est pas explicitée.
Rating : K+.
Disclaimer : Les personnages d'Hetalia ne m'appartiennent pas.
Note de l'auteur qui sert à rien (ou pas) : C'était le premier OS que j'avais écrit pour les Contes de Décembre, en fait. Pourquoi je l'ai pas publié en premier ? Allez savoir. Je vous invite, par ailleurs, à remarquer l'originalité du titre de cet OS.


Il s'agissait de l'un de ces jours où, malgré le fait que la neige chutât, preste et sans discontinuer, le firmament demeurait d'un cérulé éthéré, coutumièrement typiques des journées amènes.
Les flocons effectuaient leur descente de façon hasardeuse, sans manquer de grâce toutefois, au gré des lestes coups de vent se manifestant de temps à autres.
Depuis maintenant deux jours, ils s'entassaient doucettement, sans une plainte, pour former sur les toitures ainsi que sur les sols, auparavant tapissés d'une couverture minium craquelant sous les pas, une mousse glaciale d'un albuginé maculé des traces de l'humanité, chacune différente de l'autre. Certaines se croisaient et formaient alors une forme unique aux contours biscornus quelques unes se superposaient à l'un de leurs prédécesseurs afin d'accentuer leur existence dans la poudreuse... Cette dernière figurait, somme toute, une grande feuille de papier qu'un chérubin colorerait de ses dessins sur lesquels il en commencerait d'autres sans même les finir et tout cela donnerait naissance à une manifestation d'art saugrenu caractéristique des enfants.

Tout cela n'intéressait cependant guère Canada, choyé par la chaleur de sa maison.

Allongé, la tête et les pieds indolemment posés sur les bras du canapé, il fixait de ses iris améthyste l'écran bigarré de sa télévision, n'y prêtant pas véritablement une quelconque attention – mais il changeait incessamment la chaine avec la certitude de tomber, à chaque fois, sur une émission plus ennuyante encore.

« Tu aurais pu inviter quelques personnes, non ? »

Tournant paresseusement la tête, il posa son regard l'ours confortablement recroquevillé au niveau de son ventre, avança la main qui ne tînt pas la télécommande et gratifia sa fourrure éburnéenne d'une caresse quelque peu hésitante – ayant une fâcheuse tendance à ne pas le reconnaître, il craignait que l'animal n'appréciât pas le geste.

« Personne ne s'en serait souvenu, Kumajirou-san, soupira t-il. »

Ce dernier ne semblait déjà plus l'écouter comme il levait la patte dans le but d'inciter l'affectueuse dextre de son maître à revenir le chouchouter, dans un état de semi-léthargie assez plaisant, celui qui nous plongeât dans une douce et trouble rêverie.
Le susdit maître n'avait aucunement souhaité donner lieu à de risibles espoirs, de telle sorte qu'il n'eût proposé à aucune nation de passer Noël avec lui, comme tous les ans – il avait, quatre années avant, tenté sa chance avec France, Angleterre et Amérique, mais ils n'étaient pas venus.
Ainsi se retrouvait-il donc, le 24 Décembre, à essayer vainement de dénicher quelque chose qui lui plût parmi les innombrables programmes mis à disposition – période de fêtes oblige – lorsqu'il ouït ce son stridulent connu de tous, indicateur de visite.
Bien plus prompt que lui, la bête – censée être à moitié endormie – bondit sur le parquet du salon en un bruit assez audible et accourut jusqu'à la porte d'entrée. Le Canadien, lui, préféra prendre le temps de s'étirer longuement avant de se lever pour, finalement, s'empresser accueillir l'inattendu – éventuel – invité.

« Eh bien, Mattie, il t'aura fallu du temps ! »

Les yeux violine de ''Mattie'' s'écarquillèrent à l'entente de cette voix joviale tergiversant entre aigu et grave, ainsi qu'à la vue de cette blondeur plus sombre que la sienne, de ces prunelles à la couleur smalt éclatante et, surtout, cette veste d'aviateur.

« Amérique ? Mais... Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je suis venu faire Noël avec toi, ça se voit, non ? »

Il le fixa, bouche bée, pour le moins décontenancé. Cela ne dura toutefois pas très longtemps car, rapidement, Kumajirou commença à grimper sur ses jambes, tentant de lui faire comprendre qu'il voulût être porté.

« Je... Je ne t'attendais pas, alors... je... je n'ai pas de cadeau, avoua t-il en même qu'il prît le susnommé dans ses bras, rougissant.
-Ce n'est pas grave, Mattie, le héros n'a pas besoin de cadeau ! Par contre, si tu pouvais me faire rentrer... »

Matthew esquissa un infime sourire amusé au tacite ''parce qu'il fait vachement froid'' qu'il devinât à la rougeur de son nez et de ses joues hâlées, puis s'écarta afin de laisser passer son frère. Lorsque ce dernier le dépassa d'un pas célère – commun à tous les individus quand ils fuyaient la morsure implacable du froid –, il remarqua de la neige sur son pantalon, inexplicablement mouillé.
Il lui fallut peu de temps pour s'en figurer la raison, élargissant davantage son sourire qui devint imperceptiblement gausseur.

« Dis-moi, Amérique, serais-tu tombé en glissant sur de la neige ? »

Le visage de l'intéressé se colora inopinément d'une teinte cramoisie qui lui sembla pour le moins impromptue sur son faciès basané.

« Bien sûr que non, les héros ne tombent jamais ! »

Canada hocha la tête, feignant de croire à ce déni frelaté par le rire nerveux qui l'accompagnât, et lui indiqua d'un bras maladroitement libéré le salon
Quand il fut éloigné, il entrouvrit la porte, y passa la tête et scruta de ses mirettes parme les environs Il ne se retint pas de rire discrètement en apercevant un trou dans la neige sur le trottoir, non loin de sa demeure, là où l'Américain eût sans doute chuté.

« Qu'est-ce que tu fais, Mattie ? Allez, viens ! »

Il s'astreignit promptement à cesser de rire, puis rejoignit son jumeau, déjà étendu sur le meuble que lui-même occupât quelques minutes auparavant.
Le susmentionné plia les genoux afin que son hôte eût la place de s'asseoir et, une fois cela fait, allongea les jambes sur ses cuisses – il dut adresser à son compagnon polaire un sourire navré et celui-ci se contenta du sol, agacé qu'on lui eût impunément volé sa place.

« Sinon, Amérique... Vu que... je n'ai... rien pour toi – Canada s'empourpra en confessant cela de nouveau –, je me disais que ce serait plus juste si tu ne me donnais pas ton cadeau.
-Ah mais c'est trop tard.
-... Hein ?
-Bah ouais, maintenant que je suis là, je vais quand même pas repartir. »

La personnification du deuxième pays le plus vaste l'interrogea du regard – sans qu'il n'y prêtât en aucune façon attention – puis, saisissant sa pensée, poussa un soupir.
Dans le même temps, après avoir passé la grande majorité de ses Noëls esseulé, la présence d'Alfred pour cette fois-ci lui faisait tellement plaisir qu'il la considérât aisément tel le plus beau des cadeaux que l'on pût lui offrir.
Il entortilla songeusement sa fine mèche autour de l'index, décidant d'un plat qu'il pût cuisiner pour le dîner.

« Dis Mattie, et si on mangeait MacDo' ce soir ? »

Le Canadien leva les yeux au ciel, désabusé bien qu'il eût appréhendé une semblable demande de la part de son parent. Cependant, il opina du chef sans émettre d'objection – il n'avait nullement envie de le froisser alors qu'il fût venu pour fêter Noël en sa compagnie.
L'intéressé brandit un poing victorieux vers le plafond de la pièce et exprima sa joie d'un ''Oooh yeaaah, baby!'', arrachant un rire à Matthew, ravi de l'avoir contenté juste en s'accommodant à ses désirs – il ne s'agissait que de junk-food, après tout.

Aux alentours de vingt-trois heures, une fois qu'ils eussent dégusté une nourriture grasse à souhait – tellement savoureuse, il n'y en pas de meilleure au monde !, affirmait pourtant Alfred – et fainéantés devant la télévision, engoncés dans la moelle du canapé, Canada décréta qu'il fût l'heure d'aller se coucher et, ignorant les protestations de l'autre – il lui faisait présentement penser à un garçonnet capricieux, désireux déjà de vivre comme un grand –, prit Kumajirou dans ses bras à la musculature ténue, afin de se diriger vers sa chambre. Son frère connaissait par cœur sa demeure aux allures quelque peu rustiques, il n'y avait donc nul besoin qu'il le guidât jusqu'à la chambre d'ami.

Il se vêtit de son pyjama – une chemise ainsi qu'un pantalon triviaux aux couleurs du Canada – puis se glissa sous les couettes de son lit. Comme de coutume, il se coucha sur le flanc gauche et l'ours vint se lover contre son ventre et, prestement, Morphée lui accorda ses endormantes faveurs.
L'utilité de ces dernières s'avéra néanmoins succincte puisqu'une masse importune, tentant de se loger à ses côtés de façon furtive, le tira peu à peu de son sommeil à peine acquis.
Ce fut lorsqu'un pied effleura son tibia qu'il demanda, d'une voix appesantie par la récente et encore présente léthargie.

« Qui c'est ? »

Le corps, à proximité du sien, se roidit subitement et l'absence des chuintements de draps, troublant précédemment le silence des lieux, lui indiqua que l'individu eût stoppé tout mouvement.

« C'est moi, Mattie, qui tu voudrais que ce soit ?
-Qu'est-ce que tu fais là ?, soupira le susnommé lorsqu'il assimila le sens de ces paroles.
-J'arrive pas à dormir, on s'est couchés beaucoup trop tôt, geignit Amérique. Je peux...
-Vas-y. Laisse-moi juste tranquille. »

Sans répondre à ces mots grommelés avec humeur par son jumeau, l'autoproclamé héros se rapprocha de lui, encercla sa taille svelte de ses bras – ceux-ci rencontrèrent la douce fourrure de l'animal, toujours profondément assoupi – et mêla ses jambes à celles de Matthew en même temps qu'il posât la tête contre son dos.
Quand il eût terminé de se positionner à son aise, son regard cérulé s'arrêta sur un élément de la pièce.

« Eh, Mattie ?
-Hmm... ?
-Joyeux Noël ! »

Les paupières du Canadien se relevèrent brutalement, comme le volet d'une fenêtre claquerait contre un mur, poussé par un souffle de vent, et ses prunelles vitreuses remarquèrent la première chose qu'elles pussent voir. Bien que troubles, il réussit à discerner les chiffres digitaux, écarlates sur le fond sombre de son réveil.

Le 25 Décembre venait tout juste de naître.

« Joyeux Noël à toi aussi, Alfred. »