Me revoici avec un nouveau chapitre! J'espère que vous ne jugez pas le laps de temps trop long. Merci pour les reviews, c'est coolos!
Bonne lecture, on se retrouve en bas!
"Si vous voulez être libre de vos émotions, il faut avoir la connaissance réelle, immédiate de vos émotions."Arnaud Desjardins.
Le nommé tendit une main vers Will, que ce dernier serra avec plus de vigueur qu'il ne l'aurait voulu, ce qui fit doucement sourire le plus âgé.
«-Hannibal, continua John, Voici Will Graham. Will est le nouveau professeur de psychologie que j'ai engagé il y a de cela un mois et demi.
«-C'est un plaisir de vous rencontrer, commença Hannibal, c'est toujours une joie de parler à un collègue. »
Le brun avait coutume d'éviter le regard des gens pour ne pas ressentir toutes leurs émotions et que celles-ci parasitent son cerveau. Pourtant, là, il se sentit étrangement attiré par celui du . Il ne pouvait s'empêcher de vouloir plonger ses yeux dans ceux de son homologue. Il céda et rencontra deux prunelles d'un brun presque bordeaux qui ne dégageaient strictement rien. Il n'y avait pas la moindre flamme d'amusement ou d'ennui, ni la moindre indication sur ce que pensait le psychologue sur la personnalité de Will. Ce dernier n'avait jamais rencontré cela de sa vie. Il songea que l'homme en face de lui devait être de nature très méfiante ou cacher beaucoup de secrets pour s'être forgé un tel masque impénétrable. Il se sentit tout excité à l'idée du défi que consistait cet homme. Peut être que sa soirée ne serait pas si ennuyeuse, après tout. Graham se rendit soudain compte qu'il s'était perdu dans ses pensées et n'avait daigné répondre à Hannibal.
«-Hum, pour moi aussi c'est un plaisir. Vous avez dit collègue ? Vous donnez aussi cours à l'université ?» La voix de Will était teintée de curiosité. Il n'y avait que quelques minutes qu'ils s'étaient rencontrés mais Will l'avait d'ores et déjà élu mentalement la personne la plus intéressante de la pièce.
«-C'est moi qui ai tenu les cours de Monsieur Chilton à sa mort, en réalité. Je gardais la place au chaud, on peut dire. »
Will devina que Chilton était le nom de son prédécesseur. Il ignorait totalement qu'il avait été tué, cependant.
«-Pourquoi ne pas avoir continué en tant que professeur ? » Questionna Will qui songeait à présent à mettre les magnifiques yeux d'Hannibal dans du formol si ce dernier était le malencontreux témoin de ses excès d'empathie.
Lecter sourit à cette question et Will ne sut décrypter si son homologue était incrédule face à son impolitesse –il posait tout de même une question assez personnelle -ou s'il s'en amusait tout simplement.
«-Je préfère exercer le métier, être au cœur de l'action. Donner des cours c'est un peu trop...
-Redondant ?»
Il vit un éclat passer dans les yeux d'Hannibal et ne put encore une fois pas l'identifier. S'il avait pu, il aurait compris le délicieux dilemme qui se jouait dans l'esprit de la personne avec laquelle il discutait. Car Hannibal était en train même de décider s'il fallait qu'il tue ou non le jeune arriviste à cause de son manque cruel de politesse ou s'il devait au contraire l'ignorer et le laisser vivre sa petite existence. Il se ravisa rapidement, se rappelant mentalement que si le nouveau professeur de psychologie était retrouvé mystérieusement assassiné, comme le précédent, les autorités pourraient le suspecter et ce n'était définitivement pas dans ses plans de fuir Baltimore. Il décida donc de tenter d'écourter la conversation au maximum sans que cela ne paraisse déplacé.
«-D'une certaine façon, en effet. Vous devriez aller rencontrer les autres professeurs, monsieur Graham, ils sont vraiment charmants.
-Je pense que vous êtes plus captivant, Dr. Lecter.
-Pardonnez mon audace, mais je ne vous trouve pas très intéressant. »
Will rigola doucement. De toute sa vie, personne n'avait jamais osé lui dire cela. Tous les médecins, les psychologues, ses professeurs...Tous disaient que son cas était des plus intéressants justement.
«-Ne vous inquiétez pas, ça viendra.» sourit Will avant de tourner les talons et de s'en aller.
Alors qu'il sentait le regard perçant du docteur sur son dos, il se rendit compte qu'il ne connaissait personne à part le directeur et désormais, Hannibal. Il décida donc de tenir compagnie aux plats petits-fours joliment présentés. Il les regarda avec appétit et en choisit un au hasard, qu'il se fit ravir avant d'avoir pu le mettre dans sa bouche. La fautive était une jeune femme brune aux cheveux bouclés. Elle portait une élégante robe de soirée du même rouge que son rouge à lèvres. Elle était indiscutablement très belle. Will sourit intérieurement en songeant qu'il y a encore quelques années, il aurait pu tenter de la séduire. Avant qu'il assume cette part d'ombre qui était sienne.
«- Croyez-moi je viens de vous éviter la pire expérience gustative de votre vie. » Commença-t-elle pour justifier son acte.
Will sentit qu'elle ne mentait pas et soupira, avant de répondre que de toute façon il n'avait pas faim. Il décida également de se présenter à la jeune femme. Il apprit qu'elle s'appelait Alana Bloom et qu'elle était l'une des deux autres professeurs en psychologie de l'université. Elle parlait avec un sourire aux lèvres, mais Will sentait qu'elle tentait de l'analyser mentalement. Cette sensation était très désagréable mais il s'y était accoutumé avec le temps. Il songea que si Alana n'avait pas été aussi belle, il l'aurait surement attendue chez elle pour lui ouvrir le crâne et la laisser doucement agoniser tandis qu'elle se viderait de son sang. Il aurait ensuite pu donner à son corps sans vie toute la magnificence qui lui était dû.
Alana prit soudain la parole, totalement inconsciente d'interrompre un débat mental qui visait à savoir s'il valait mieux la tuer directement ou voir la beauté du sentiment de douleur envahir ses yeux :
«-Vous n'aimez pas regarder les gens directement dans les yeux, pourquoi ?
-Je ne suis pas certain que ce soit le meilleur moment pour tenter de me psychanalyser, Dr. Bloom.
-Mais peut être que vous en avez besoin pour vous comprendre vous même, vous avez l'air perdu et vous faites manifestement des efforts pour ne pas m'envoyer balader et vous socialiser. Je suis là pour vous, si vous en avez besoin, Will.»
A cette phrase, Graham crut qu'il allait réellement la tuer. Pour qui se prenait-elle, à croire qu'elle pouvait décrypter son esprit aussi facilement et surtout pour lui dire ce qui était bon pour lui ? Puis, il connaissait ce baratin habituel. Elle ne voulait pas l'aider mais satisfaire sa curiosité à son sujet.
«-Il y a des choses qui méritent de rester profondément enfouies dans notre inconscient, Alana. Maintenant, je crois que je vais tenter de me socialiser avec les autres gens dans cette pièce. »
Elle acquiesça tout en souriant délicatement. Il en profita pour traverser la salle en toute vitesse et se réfugier dans les toilettes pour s'asperger de l'eau sur le visage. Toutes les émotions qu'il avait pu ressentir émanant des gens l'oppressaient, il ne se sentait plus maître de son corps. Il savait ce que signifiait cette sensation. Il sentait le monstre en lui sortir de sa torpeur et peu à peu tenter de prendre le contrôle de son esprit. Mais il ne pouvait pas, pas ici. L'endroit était rempli de gens et même si une partie de Will avait besoin de se soulager de ce poids, il ne pouvait pas se permette de se mettre en danger. Tuer quelqu'un, maintenant, c'était le condamner à fuir –encore.
«-La soirée semble d'ores et déjà pénible pour vous, Will.»
Graham regarda dans le miroir, bien que sachant déjà qu'il s'agissait du Dr. Lecter.
«-Les gens ont tendance à dégager une certaine...suffisance qui me fatigue énormément.»
Il sentait les yeux bruns et froids du psychiatre sur lui, mais ne trouvait pas la force de les regarder. Ainsi, Will se contenta simplement de fermer ses propres paupières et de se concentrer pour faire le tri dans son esprit, comme avant, lorsqu'il s'efforçait de repousser son côté obscur. Il n'avait plus pour habitude de faire cela. Dès qu'il perdait son sang-froid, il tuait, nettoyait et passait à autre chose sans n'avoir besoin de contrôle. Mais là, il ne pouvait pas céder à cette pulsion surtout si celui qui la subissait était le Dr. Lecter. Will ne pouvait pas laisser son homologue si intéressant mourir aussi bêtement.
«-Je pensais à partir, voudriez-vous que je vous ramène, Will ?»
Cette phrase choqua tellement le professeur qu'il se retourna et dévisagea son homologue afin de chercher un quelconque signe de moquerie ou de pitié mais encore une fois, il n'y avait rien qui trahissait ce que Lecter pouvait réellement ressentir. Vraiment fascinant songea Will.
«-Je ne voudrais pas vous imposer ma présence ni vous faire gaspiller de l'essence inutilement. Commença le brun
-Si je vous le propose c'est qu'il n'en sera rien. Sourit courtoisement Lecter. Prenez votre manteau et attendez-moi dans le hall.»
Will hocha la tête et attendit que le docteur sorte des toilettes pour regarder son reflet dans le miroir une dernière fois, pour finalement sortir à son tour. Lorsqu'il voulut se rendre dans le hall, il tomba sur Alana qui était en compagnie de quatre personnes. Deux hommes et deux femmes chacun d'une trentaine d'années. La brune fit un signe discret à Will pour lui faire signe d'approcher avec un regard insistant montrant qu'il n'avait pas vraiment le choix.
«-Ah ! Will, tu tombes bien je voulais te présenter tes futurs collègue !»
Pendant qu'Alana parlait, Will n'écoutait qu'à moitié. Il entendit quelques mots vagues comme « professeur de physique », «aussi un nouveau mais qui était arrivé au semestre précédent» et aussi le prénom «Beverly». Il tentait tout simplement de garder son sang-froid et cela lui exigeait une concentration qu'il parvenait à garder avec la plus grande difficulté. De loin, il aperçut Hannibal qui saluait quelques personnes, arborant toujours son sourire poli et froid. Graham se souvint qu'il était supposé partir avec lui et, sans plus de cérémonie, annonça à Alana qu'il devait s'en aller mais que c'était un plaisir de la rencontrer ainsi que tous les autres –un mensonge, bien évidement, ses futurs collègues transpiraient l'ennui.
Il s'en alla donc prendre son manteau et à l'instant même où il s'en saisit, il sentir une main toucher délicatement son épaule. Il se retourna er vit Hannibal. Ils sortirent tous les deux et arrivèrent devant la splendide Bentley du psychiatre. Will comprit qu'il avait définitivement affaire à un homme très riche. L'intérieur de la voiture était en cuir et d'une propreté incroyable, Will se sentit presque coupable de s'asseoir sur son siège. Les premières minutes de trajet, un silence pesant régnait entre les deux hommes. Will avait des centaines de questions en tête sans oser en poser une seule. Son regard passait du psychiatre à la route sans se décider sur la conduite à adopter. Le docteur était très intimidant, il devait se l'avouer. C'est Hannibal qui brisa le silence, le regard toujours fixé sur la route :
« -Dites-moi, Will, pourquoi ne me posez-vous pas la question qui vous taraude depuis dix minutes ? »
Décidément, Lecter était plein de surprise ! Will sentait son intérêt pour l'autre homme encore grandir. Il avait l'air très intelligent et il y avait toujours cette énergie étrange qui émanait de lui.
« -Pourquoi avoir voulu me ramener alors que selon vous je ne suis pas…Très intéressant ?
-Parce que vous sembliez avoir besoin de rentrer chez vous et que je devais vérifier quelque chose. Répondit simplement Hannibal en prenant le temps d'articuler chaque mots.
-Quoi donc ? Demanda Will
-Vous êtes doté d'une empathie rare, Will. C'est un précieux cadeau que vous avez là. »
-J'imagine que sous cet angle là, ça peut être considéré comme un don. Soupira Will.
-Mais un talent pareil appelle à de lourdes conséquences, n'est-ce pas ? »
Hannibal tourna sa tête vers son homologue, pour la première fois depuis qu'ils étaient montés dans la voiture. Même si le contact n'avait duré qu'un bref instant, Lecter ayant directement reporté son attention à la route.
« -Je ne fais pas que ressentir leurs émotions…Je m'imprègne d'elles et mon cerveau ne les dissocie plus. Je ne suis plus maitre de mes sentiments, je les subis. Parfois, j'ai l'impression d'être sur le point de perdre la tête.
-Vous avez beaucoup de courage. S'avérer capable d'assumer cela n'est pas donné à tout le monde. La plupart d'entre nous auraient déjà craqué. »
Ce que le blond ignorait, c'est que c'était déjà e cas pour Will. Et qu'à chaque fois qu'il « craquait », des gens le payaient de leur vie.
La fin du trajet se fit en silence et finalement ils arrivèrent tous les deux dans l'allée de la maison de Will. En bon gentleman, Hannibal le raccompagna jusqu'à la porte, où chacun se souhaita une bonne fin de soirée. Juste avant de partir, le psychiatre tendit un morceau de carton au brun. Devant son air interrogatif, il s'expliqua :
« -Si un jour vous avez besoin d'un psychiatre, je serais ravi d'assumer cette fonction.
-Les troubles mentaux rendent-ils les gens intéressants Dr. Lecter ? Demanda Will en souriant.
-Vous n'avez pas idée, Will. Répondit Hannibal en lui rendant son sourire. Bonne nuit. »
Sur le chemin jusqu'à chez lui, Hannibal songea à sa nouvelle rencontrée de ce soir. De toute sa vie, jamais il n'avait rencontré quelqu'un doué d'une telle empathie, il avait pu sentir sur le jeune homme à quel point il était rare. Ce Will Graham pourrait être une bonne distraction, après tout. Il était curieux de voir jusqu'où les sentiments des autres affectaient l'empathe. Mais tout d'abord, il fallait qu'il l'invite à diner.
TBC
voilà, j'espere que la suite vous a plue. Encore une fois, pas beaucoup d'action mais j'ai envie de "poser les bases" pour bien reussir cette fic! Desolee pour les fautes, j'espere qu'elles ne sont pas trop trop horribles, j'essaie d'en reperer au max et me relire. A bientot!
