Bonsoir à tous !
Je tiens tout d'abord à m'excuser pour le retard que j'ai pris pour poster ce chapitre mais je dois avouer que je n'avais pas beaucoup de temps pour moi. Je voudrais remercier ceux qui m'ont laissé les premières reviews. C'est gentil ! Sur ces bonnes paroles, je vous laisse à votre lecture. On se retrouve en bas.
C'est en très grande forme mais surtout en avance d'une demie heure que Hinata arriva à la société. Elle ne pouvait se départir d'un lumineux sourire qui semblait littéralement scotché à ses lèvres. Elle avait enfilé pour l'occasion une chemise kaki rehaussée de jolis broderies florales et d'un pantalon de toile blanc. C'était la première fois qu'elle venait travailler avec ses propres vêtements et elle ne sut pas vraiment comment s'habiller. Elle secoua énergiquement la tête en se souvenant des paroles de son voisin en la voyant partir ce matin :
_ Ma chère Hinata tu es si jolie aujourd'hui que j'ai failli ne pas te reconnaître.
Elle se dit que Jiraya commençait vraiment à se faire vieux. Elle jeta un coup d'œil impatient à sa montre : « sept heures trente sept ». Elle avait encore à attendre. Shikamaru n'était jamais pressé !
Elle le savait pour avoir nettoyé son bureau pendant tout ce temps. En fait, à bien y réfléchir, elle connaissait les vices et les habitudes de la moitié des employés de l'entreprise. Sakura, par exemple mangeait beaucoup de cochonneries lorsqu'elle était à cran, il lui suffisait donc de jeter les poubelles du bureau de la rose pour savoir qu'il y avait un gros dossier dans l'air. Elle savait aussi que lorsque Anko lui autorisait à nettoyer le bureau de Naruto c'est qu'il entretenait une relation avec quelqu'un. Dans ces moments-là, elle ne tentait pas de le draguer – du moins pas ouvertement- et laissait tomber l'espoir vain de le rencontrer dans son bureau « par accident ». Hinata se souvint qu'elle détestait s'occuper du dernier étage : cela lui brisait le cœur de savoir qu'il ressentait du plaisir dans les bras d'une autre. Alors qu'elle-même aurait adoré être à la place de l'heureuse élue, elle se contentait de se cacher à chaque fois qu'elle entendait le nom d'Uzumaki Naruto. Elle s'adossa au mur crème du couloir et releva la tête pour fixer le plafond : prendre conscience qu'on était la reine de la contradiction autorisait à un soupir de lassitude. Enfin, il ne fallait pas se laisser aller et ce tournant plus que positif dans sa vie la laissait rêveuse. Peut-être qu'au final Ino n'avait pas tord : les malheurs n'étaient que de l'histoire ancienne pour elle. Elle sourit inconsciemment en se remémorant l'expression incrédule de sa sœur quand elle lui avait annoncé la merveilleuse nouvelle la veille au soir. Bien sur, ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait mais désormais les résultats de ce satané concours pouvaient bien être catastrophique, Hinata n'en avait cure. Son téléphone vibra dans son petit sac noir l'arrachant ainsi de ses pensées. Elle le repéra rapidement et jeta un coup d'œil sur l'appelant. Elle fronça les sourcils devant la photo d'Ino :
_ Allo Ino ?
_ Oh Hinata ma chérie, lui répondit son amie nerveusement. Je voulais te féliciter de vive voix c'est d'ailleurs pour cela que je ne t'ai pas appelé hier car je comptais le faire aujourd'hui mais figure-toi que cet idiot de Shikamaru vient tout juste de se réveiller.
Hinata entendit au loin que les récriminations de sa petite amie n'affectait pas le moins du monde le jeune homme puisqu'il se permit de répondre un « c'est pas non plus la galère totale » suivit d'un tonitruant « oh Shika, la ferme ! ». Ino sans le savoir, venait d'exploser le tympan droit de son amie.
_ Il sera encore très en retard, se plaignait toujours la blonde. Je te jure que j'ai pourtant tenté de le motiver juste pour aujourd'hui mais je crois qu'il n'y a rien à faire.
_ Ce n'est rien je t'assure Ino. Pour tout te dire, j'avais prévu qu'il serait en retard donc cela ne m'embête pas du tout. Qu'il prenne son temps pour…
_ Surtout pas, la coupa vivement Ino, il pourrait ne pas venir travailler ce flemmard. Ne t'en fais pas, je vais m'occuper de lui et il sera au bureau bien plus tôt que tu ne le penses.
Face à son assurance, Hinata ne put qu'abonder dans son sens et la remercia de son aide même si, au fond d'elle, elle trouvait qu'Ino exagérait un peu. Elle n'allait cependant pas reprocher à sa meilleure amie de prendre soin d'elle !
C'est ainsi qu'après avoir raccroché, elle prit logiquement le chemin de la cafétéria. Elle trouverait le temps moins long devant une petite pâtisserie.
Loin de ces problèmes d'organisation, Hanabi était confrontée pour la première fois et ce depuis longtemps à un autre type de tourment : elle venait de rentrer du boulot et contrairement à la routine à laquelle sa jumelle l'avait habituée, elle se retrouva seule à la maison. Un moment, elle avait attendu dans la voiture que son double vienne la tirer de là au lieu de quoi, elle eut le temps de somnoler. Ce n'est qu'en heurtant violemment son front sur le volant qu'elle se réveilla complètement et sortit. Son réveil brutal l'avait mise de mauvaise humeur et elle comptait le signaler à Hinata quand elle rentra dans la maison vide. Traversant le couloir, le salon et la cuisine tous les trois déserts, elle se souvint de leur conversation de la veille. Sur l'instant, Hanabi l'avait écoutée parler d'une oreille distraite : après tout, c'était Hinata le cerveau de la maison et c'était à elle de gérer au mieux leurs vies à tous. Mais ce matin-là, elle comprit qu'elle avait commis une grave erreur. Au milieu de la table de la cuisine, posé près du vase de roses blanches et rouges, Hanabi découvrit le petit mot griffonné à la hâte par sa sœur :
_ Désolée, je n'ai eu le temps de rien faire ce matin. De toute façon, tu sauras te débrouiller. On se voit ce soir. Souhaite-moi bonne chance. Hinata.
Même après l'avoir relu plusieurs fois, le contenu de ce message restait inchangé : à elle de s'en sortir seule. Elle se détourna prenant la direction du seul endroit qui la réconforterait. Elle serait plus apte à affronter cette nouvelle journée après une bonne sieste.
A l'autre bout de la ville pendant ce temps-là, Sasuke Uchiwa terminait son petit-déjeuner en feuilletant calmement le journal du matin. Il le lisait quotidiennement afin de se tenir au courant des nouvelles de ce bas-monde. De par sa profession il se le devait mais cela mis à part, il s'offrait là un moment de détente avant de se lancer corps et âme dans ses activités. Certains trouveraient ce loisir étrange mais il se reposait sincèrement en lisant le journal ; cela le calmait de se rendre compte de la vie de ses semblables sans pour autant y prendre part comme lorsqu'il défendait les intérêts de ses clients. Non pas qu'il n'aimait pas son métier, bien au contraire : il adorait ce sentiment de jouissance qu'on ressentait lorsqu'on sortait victorieux d'une affaire. Montrer à l'adversaire qu'on était plus puissant que lui, qu'on le dominait et qu'il était pris dans vos filets, il ne connaissait rien de comparable. En fait, c'est comme faire l'amour à la personne qu'on aime pendant des heures, lui répondait son frère lorsqu'ils en parlaient. Sasuke levait les yeux au ciel et ne répondait pas, se contentant d'hausser imperceptiblement les épaules. Il ne jugeait pas que cela était comparable puisqu'il n'avait jamais fait l'amour à une femme. Il en avait couché avec plusieurs sans en avoir vraiment aimé aucune. Il ne pouvait donc pas comparer. L'indifférence avec laquelle il en parlait choquait Itachi à chaque fois ; d'un commun accord, ils avaient donc décidé que la vie sexuelle pour l'un, amoureuse pour l'autre de Sasuke serait un sujet à éviter. Il avala une gorgée de son café noir, tourna la page des faits divers et entendit son téléphone sonner. Il reconnut immédiatement la sonnerie à laquelle Itachi s'était lui-même associé. Dès les premiers accords d'I hate everything about you de Three Days Grace, Sasuke soupira bruyamment. Itachi allait lui faire perdre le peu de sérénité qu'il avait réussi à glaner. Il décrocha toutefois :
_ Que veux-tu, demanda-t-il sans préambule.
_ Oh Sasu j'aime pas quand tu me parles comme ça, se lamenta son frère. Tu pourrais au moins me dire bonjour.
Nouveau soupir.
_ Itachi, c'est tout le temps la même chose quand tu ne travailles pas. Ce qui n'est pas mon cas. D'ailleurs il faut que je parte, ajouta-t-il en regardant sa montre.
_ Non pas déjà, on ne s'est pas encore vus.
_ Si tu veux me voir avant que je ne parte, tu n'as qu'à bouger ton cul de mon lit et de descendre dans la salle à manger, bougonna Sasuke.
Il raccrocha sans même attendre de réponse, ne laissant ainsi aucune échappatoire à son aîné.
Il serait capable de me faire monter cet imbécile, pensa-t-il dégouté.
Il finit d'une traite son café et se leva. Il se dirigea vers la porte en se saisissant au passage de son attaché-case et attendit au pied du grand escalier. Moins d'une minute plus tard, Itachi y apparut l'air triste. Il portait un long déshabillé de soie noire, ses longs cheveux décoiffés retombaient librement jusqu'au creux de ses reins et son visage était encore gonflé de sommeil. Il descendit lentement et Sasuke remarqua ses pieds nus. Ses ongles peints de noir contrastait furieusement avec la pâleur de sa peau. Sasuke devina à sa démarche lascive qu'Itachi avait une idée derrière la tête. Il décida de l'en dissuader d'emblée :
_ Pas la peine de faire ton intéressant, je ne peux pas rester avec toi aujourd'hui. J'ai une nouvelle assistante à former donc si tu ne te grouilles pas plus, je te plante là.
Le visage de son frère se décomposa littéralement en le voyant reculer d'un pas. Il descendit quatre à quatre les dernières marches et se suspendit au cou de Sasuke. Malgré leur différence d'âge –Itachi avait trois ans de plus que Sasuke- le cadet était aussi grand que son frère. De plus avec son apparence féminine qu'il cultivait jusqu'au bout, Itachi était moins bien bâti que son cadet. De ce fait, le plus jeune avait une tête de plus que l'aîné et ils paraissaient tous deux avoir le même âge.
_ Allez mon Sasuke chéri, reste avec moi juste pour aujourd'hui, proposa-t-il d'un ton suppliant.
_ Tu ne m'as pas écouté ou tu veux juste me saouler ?
Il se dégagea des bras de son frère et lui dit tranquillement :
_ Il faut que je parte. Je dois gagner ma vie et pour cela mon travail est très important.
Itachi balaya l'air de ses mains espérant ainsi se débarrasser de l'argument.
_ Tu vas travailler parce que tu le veux. Tu sais parfaitement que je peux subvenir à nos besoins à tous les deux.
_ C'est certain que tu le peux mais tu sais toi aussi que je ne veux pas dépendre de cet argent sale.
Itachi lui tourna le dos et croisa les bras sur sa poitrine afin de lui signifier son mécontentement. Sasuke se pinça l'arrête du nez et poursuivit plus doucement cette fois :
_ Excuse-moi je ne voulais pas dire ça…
Itachi ne le laissa pas aller plus loin.
_ Oh si tu le voulais ! Tu le dis à chaque fois qu'on discute de ça. Tu as eu la chance d'avoir cet excellent emploi auquel tu tiens tant. Je suis fier de toi ! Vraiment. Mais sache que même si je n'ai pas eu ta bonne fortune, j'adore ce que je fais. C'était difficile et dégradant au début mais à présent que je sais où je vais, je pense que je n'ai pas à me plaindre. Je me fais beaucoup d'argent, je rencontre des gens biens, oui monsieur pas la peine de lever les yeux au ciel comme tu le fais. Ils ne sont ni meilleurs, ni pires que nous et je peux t'assurer que j'éprouve un grand plaisir à faire mon métier. Tout comme toi.
Il avait le souffle court après avoir autant parlé d'une traite. Le visage levé fièrement vers lui et les yeux brillants de colère de son frère montrèrent à Sasuke qu'il était allé un peu trop loin. Il se décida à faire amende honorable.
_ Je suis sincèrement désolé Ita.
La mention de son petit surnom joua en sa faveur. Il continua donc :
_ Je sais que si j'en suis arrivé là aujourd'hui c'est entièrement grâce à toi et jamais je ne pourrais te montrer toute ma gratitude. Tu es mon frère. La seule famille qu'il me reste depuis la mort des parents. Je t'aime plus que tout et je ne veux que ton bonheur. Alors si pour cela je dois accepter ton mode de vie, je l'accepterais. Je m'autorise néanmoins le droit de le critiquer si je le juge trop extravagant dirons-nous.
Une petite moue accueillit cette remarque. Itachi fit mine de réfléchir et déclara :
_ Tu es un bon avocat.
_ Tu trouves aussi, plaisanta Sasuke.
Ils sourirent tous les deux.
_ J'accepte tes excuses p'tit frère mais à une condition c'est que tu viennes juger de mon travail par toi-même.
_ Ah non !
_ C'est ça où je prends la mouche jusqu'à ce que tu cèdes, menaça Itachi.
Son vis-à-vis roula les yeux dans ses orbites avant de résumer sobrement :
_ En gros, je n'ai pas le choix.
_ Eh oui ! Je ne veux plus qu'on se dispute à ce sujet et la meilleure des solutions c'est que tu constates de tes propres yeux que je ne fais rien de déshonorant. Alors qu'en penses-tu ?
L'idée était acceptable mais lorsqu'il donna son aval, Sasuke ne sut si c'était à cause des jolis yeux larmoyants de son frère ou par respect de son mea culpa. Renfrogné, il accueillit froidement les cris de joie d'Itachi et marmonna gravement :
_ Tu finiras par me rendre fou.
Le rire clair de son tortionnaire résonnait encore quand il sortit enfin de chez lui –avec un quart d'heure de retard- pour se rendre à son bureau.
Le trafic du matin à cette heure de pointe était dense. Pourtant, Naruto Uzumaki parvenait sans peine à se frayer un chemin entre les voitures. Impressionnée, Sakura le regardait faire dans un silence presque religieux. Elle ne l'aurait avoué à personne, encore moins à son conducteur, mais elle avait une forte appréhension de la conduite. Quelqu'un lui avait dit un jour alors qu'elle apprenait à conduire, qu'une voiture n'était ni plus, ni moins qu'un cercueil ambulant. Après avoir réfléchi à ces propos équivoques, elle abandonna ses cours de conduite et préféra utiliser les transports en commun. Il y avait de nombreuses contraintes certes mais elle n'avait pas entre ses mains la vie de toutes les personnes qu'elle croisait en route.
Naruto, profitant d'un ralentissement devant lui, coula un regard en coin sur sa passagère. Elle s'était murée dans un mutisme sans borne depuis qu'il s'était engagé sur l'autoroute. Ses lèvres esquissèrent un bref sourire : il avait déjà remarqué qu'elle évitait de lui parler quand il y avait trop de voitures dans les parages comme si elle avait peur de le distraire avec son babillage futile. Il ne voulut pas la mettre mal à l'aise en lançant une vaine discussion et enclencha son lecteur MP3 sur son poste radio. C'est ainsi qu'ils écoutèrent tranquillement sa playlist jusqu'à ce qu'il se gare sur l'emplacement qui lui était réservé. En refermant sa portière, Sakura inspira inconsciemment.
Elle le fait à chaque fois, se dit Naruto amusé.
Il ferma à clé sa voiture avant de s'engouffrer dans l'ascenseur. Il préféra attendre que sa compagne engage la conversation ; après tout c'était elle qui lui avait demandé de passer la prendre ce matin.
Heureusement pour elle que nous sommes amis d'enfance, remarqua-t-il in petto. Je ne connais pas beaucoup de patrons qui servent de chauffeur à leurs employés.
_ Tu sais je voulais te remercier, lui dit tout à trac Sakura.
_ De t'avoir conduite jusqu'ici, s'enquit-il toujours pris dans le flot de ses pensées.
_ Non idiot. Tu n'as pas besoin de remerciements pour ça, lui dit-elle le plus sérieusement du monde.
Les portes de l'ascenseur s'effacèrent devant eux. Ils étaient au septième étage où la jeune femme avait son bureau. Elle le tira hors de la cage d'ascenseur par le bras et l'amena à son bureau. Elle referma la porte derrière eux et lui indiqua un siège avant de s'installer dans celui d'en face.
Mais c'est qu'elle est sans gêne la demoiselle, la regarda un Naruto soufflé.
_ C'est au sujet d'Hinata, reprit Sakura inconsciente du chemin que prenait les idées de son patron. Ce que tu as fait pour elle, c'est incroyable. Merci. Du fond du cœur.
Elle avait rivé ses yeux verts au regard océan du blond et ce dernier put y lire la gratitude dont elle parlait. Il fut surpris de constater l'attachement profond que son amie ressentait envers cette jeune Hinata. Après tout, ils se connaissaient tous les deux depuis leur plus jeune âge et il ne connaissait pas du tout une amie si chère au cœur de Sakura. Il le lui fit remarquer.
_ En fait, j'ai rencontré Hinata grâce à Ino, il y a un peu plus de deux ans maintenant. C'était pendant ton voyage en Europe avec ton père. A cette époque, Ino était à la recherche d'un professeur particulier pour le filleul de Shikamaru. Il se trouve que l'agence qu'elle avait contacté lui envoya Hinata. Je ne connais pas tous les détails mais elles ont vite sympathisées toutes les deux et tu connais Ino, finit-elle en levant les mains vers le ciel comme si cela expliquait tout. Sans que je comprenne vraiment, nous nous sommes liées et voilà.
L'expression de Naruto sembla refléter son scepticisme puisqu'elle se sentit dans l'obligation de poursuivre :
_ Enfin je sais que ça peut te sembler absurde mais je ne suis pas en mesure de t'expliquer comment c'est arrivé. Je l'ai apprécié au premier coup d'œil et en apprenant à la connaître, j'ai su que je n'avais pas eu tort. Tout ce que je sais c'est qu'un jour je me suis rendue compte que cette inconnue représentait quelque chose de très fort pour moi. On se fréquentait assez souvent et du jour au lendemain j'ai remarqué que je disais de plus en plus souvent : « Tiens j'espère que Hinata sera là. ». Ce n'était plus Sakura et Ino mais Sakura, Ino et Hinata.
Elle sauta sur ses pieds et se mit à tourner en rond en brassant l'air de ses mains. Naruto se demanda si elle essayait par là de mettre de l'ordre dans ses idées ou de se débarrasser d'une quelconque bestiole qu'il ne voyait pas. Elle ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir plus longuement puisqu'elle recommença :
_ Ça te parait confus peut-être mais je te rassure, c'est pareil pour moi. La seule certitude que j'ai à son sujet c'est que je l'aime beaucoup et que je suis heureuse que tu l'aies aidé.
Elle s'immobilisa soudainement. Elle s'approcha de son fauteuil et s'accroupit près de lui. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Une fois de plus, ils avaient soudés leurs yeux. Le silence qui s'était installé aurait pu être oppressant pour d'autres mais pour eux, il en disait plus que des mots. Ils se comprenaient parfois mieux dans ces moments-là que lors de leurs discussions sans fin. Une nouvelle fois, leur connaissance quasi-parfaite de l'autre s'avéra utile puisqu'ils se levèrent tous deux en même temps et que le jeune homme déclara :
_ Je pense que j'ai saisi ce que tu veux dire. Mais, que les choses soient claires, si je lui ai offert cette chance ce n'est pas pour jouer les bons samaritains, ni pour te faire plaisir. Je dirige une multinationale, pas une association humanitaire. Si ton amie ne répond aux attentes de ses responsables, je ne lui offrirai pas d'autres opportunités et ce, malgré tes potentielles interventions. La vie n'est facile pour aucun d'entre nous et je ne peux pas me permettre de faire dans le sentimentalisme. Puisqu'elle compte tant pour toi, explique-le lui.
Elle ne répondit rien se contentant d'hocher la tête en signe d'acquiescement. Ils étaient redevenus un patron et son employée.
_ Bien puisque nous sommes d'accords, je propose de nous mettre au travail à présent. Shika n'est pas encore arrivé, découvrit-il en jetant un œil dans le bureau du responsable.
A sa montre, il était près de neuf heures. Il émit un grognement.
_ C'est lui que je devrais virer pour retards répétés. Il a vraiment de la chance d'être un camarade de promotion celui-là !
_ Je croyais qu'il n'y avait pas de sentimentalisme dans les affaires, se moqua la jeune femme.
_ Crois-moi s'il n'était pas le génie qu'il est, je l'aurais expulsé de mes mains.
Le ton qu'il avait utilisé lui assura qu'il ne mentait pas. Elle en eut la chair de poule.
_ Et ton amie n'est pas là elle aussi ? Si c'est le cas elle commence très mal, selon moi.
Sakura se jeta sur son téléphone et utilisa la touche raccourcie du clavier qui lui correspondait pour appeler Hinata. Au bout de le troisième sonnerie, son amie décrocha. Sakura se passa des formules de politesses et se renseigna de suite.
_ Ne t'en fais pas, je suis là depuis sept heures mais comme Shikamaru était en retard, je suis descendue manger un morceau.
_ Ah tant mieux ! Tu devrais remonter, il ne doit plus tarder à présent. Au pire des cas, tu viendras me tenir compagnie.
Naruto marqua sa désapprobation d'en regard noir auquel elle répondit par une langue moqueuse. Il secoua la tête lentement de gauche à droite tandis qu'elle raccrochait un sourire satisfait aux lèvres.
_ Elles est déjà là Monsieur. Prête à travailler. Tu vois, elle sera une bonne assistante.
_ Je l'espère, surtout pour elle. Bon, je dois y aller. Je te raccompagne ce soir ?
_ Non c'est pas la peine. Je me débrouillerais.
Il allait sortir quand elle le rappela :
_ Naruto, merci.
_ Ce n'est pas la peine de me remercier. Je peux très bien la mettre dehors demain.
_ Non pas pour Hinata. Merci d'être passé me prendre ce matin.
Elle accompagna cette dernière phrase d'un air malicieux. Il la jaugea des pieds à la tête en souriant et dit en refermant la porte :
_ De rien tout le plaisir est pour moi.
_ Et voilà Mlle Hyuuga si vous êtes d'accord, il ne vous reste qu'à signer ici, là et là. Le reste des pages est à parapher.
Assise sur l'une des deux chaises de cuir bleu installé au bureau du responsable des ressources humaines de la société Uzumaki, Hinata se saisit d'une main tremblante du stylo que lui offrait Shikamaru Nara. Elle n'en revenait toujours pas et avait l'impression qu'à chaque instant quelqu'un allait lui avouer qu'il s'agissait d'une blague. Pourtant à sa première signature, constatant que personne n'était venu, elle respira plus librement.
_ Vous ne savez pas ce que cela représente pour moi, M. Nara dit-elle une voix chargée d'émotion.
Il ne dit rien mais elle sut qu'il était heureux pour elle. Ino et lui avaient été les premiers à l'aider et elle ne les remercierait jamais suffisamment. Elle lui rendit tous les documents. Il vérifia qu'elle n'avait rien oublié et lui expliqua :
_ Le contrat est tiré en trois exemplaires ; l'un est pour vous –il le lui tendit dans une chemisette verte-, le nôtre sera archivé dans nos dossiers et l'autre je le confie à Sakura qui l'enverra au service juridique de l'entreprise.
Il se leva de son fauteuil et contourna le bureau afin de se trouver face à elle.
_ Bienvenue parmi nous Hinata !
_ Merci, dit-elle en serrant la main qu'il lui tendait.
Sur ces entrefaites, Sakura entra et se joignit aux félicitations. Shikamaru lui tendit la copie du contrat d'Hinata et lui proposa d'accompagner son amie au service juridique. Elle ne manqua pas d'accepter et moins de deux minutes plus tard, les deux amies longeaient les couloirs qui séparaient leurs deux services. Situés au même étage, ils étaient à l'extrême opposé l'un de l'autre.
_ On se verra moins souvent qu'avant, déplora la rose.
_ Non, il suffit qu'on s'organise pour prendre nos pauses au même moment, expliqua son amie.
_ Oui.
Elle n'était pas certaine mais la brune semblait si heureuse que rien ne pourrait entamer sa bonne humeur. Sakura décida de changer de sujet et lui demanda si elle avait déjà vu Anko. Le visage d'ordinaire si doux de son amie se transforma littéralement et un air bravache se peignit sur ses traits.
_ Je l'ai croisée en remontant de la cafèt' ce matin. Dès qu'elle m'a vu j'ai eu l'impression qu'elle allait mourir de colère. Elle s'est élancée vers moi en me pointant du doigt et me dit de sa voix suraiguë : « Tu n'as plus le droit d'être ici. Si tu ne pars pas immédiatement, j'appelle la sécurité. ».
Sakura s'esclaffa devant l'imitation réussie de son amie. Hinata refaisait les mêmes petites mimiques ridicules dont était capable la responsable du service d'entretien.
_ Et là je la regarde fièrement, continuait Hinata, et je lui dis avec assurance : « Avant d'appeler la sécurité, tu devrais te renseigner et tu verrais alors que j'ai toujours le droit d'être là car je suis employée par cette société. ». A peine ai-je fini ma phrase qu'elle tente de m'intimider avec des menaces du genre « jamais elle ne permettrait que je reste » ou « elle allait demander à ce que je sois mutée dans une autre entreprise » enfin plein de méchancetés. J'allais lui clouer le bec quand Ino et Shikamaru sont arrivés. En l'entendant me parler comme ça, Ino allait lui sauter dessus mais Shikamaru lui a assuré de le laisser s'en charger.
_ Et alors, s'enquit Sakura qui buvait ses paroles comme un assoiffé en plein désert.
_ Shikamaru lui demande de cesser le harcèlement moral qu'elle m'inflige. Elle lui explique que j'ai été virée et que je n'ai plus le droit d'être présente dans ces locaux mais il lui dit qu'elle devrait vérifier ses sources puisqu'il avait sur son bureau un contrat signé de la main du Président-Directeur-Général de l'entreprise qui stipulait que j'étais employée comme assistante du responsable des affaires juridiques de la société. Là-dessus, moi je la remercie et je lui dis que c'est grâce à elle si j'ai été promue. J'ai cru que sa mâchoire allait se décrocher tellement elle avait la bouche ouverte. Shikamaru me propose de monter et moi j'accepte en la plantant là, bouche bée et pâle comme un linge. Je ne me suis jamais sentie aussi bien de me moquer de quelqu'un.
_ J'imagine, concéda son amie l'air rêveur.
_ J'espère tout de même que ça ne me retombera pas dessus, reprit-elle soucieuse. Mon père disait toujours que se moquer des autres finit tôt ou tard par se retourner contre soi.
_ Oh tu parles ! Anko te cherchait des noises à la moindre occasion ; c'est contre elle que ça s'est retourné, renchérit Sakura.
Chemin faisant, elles étaient enfin parvenues à destination. Sakura ouvrit les portes battantes du service et y précéda Hinata. Il y régnait une effervescence digne des bourses : les gens couraient de droite à gauche, les téléphones sonnaient de tous les côtés et le bruit de fond qui y régnait était assourdissant. Alors que la Hyuuga était complètement désarçonnée, Sakura avançait comme si tout cette cohue était normale. Hinata prit soudainement peur : était-elle capable de travailler ici ? Devant l'urgence de sa situation financière, elle n'avait pas hésitée un instant sans se poser de questions sur ses aptitudes mais à présent qu'elle voyait l'ampleur de la tache, elle commençait à avoir de sérieux doutes. La voyant traîner des pieds en jetant des coups d'œil désespéré alentour, Sakura prit son amie par le bras et la réconforta :
_ Rassure-toi, ici ce n'est que la première ligne de filtrage. Ici si tu veux il y a beaucoup d'agitation pour rien ; parfois des personnes appellent juste pour poser une question sur tel ou tel sujet, il y en a même qui font blagues et qui raccrochent au nez de ceux qui décrochent. En règle général, toutes les personnes que tu voies dans cette pièce s'en sorte parfaitement sans ceux-là, ajouta-t-elle en lui désignant une plaque dorée sur une porte sur laquelle on pouvait lire : direction générale. Et c'est ici que tu vas travailler, termina-t-elle théâtralement en ouvrant la porte.
A l'intérieur, rien à voir avec le désordre de l'autre pièce, au contraire tout était fait dans le calme et la sérénité. Sakura se dirigea d'emblée vers le fond de la pièce où se trouvait une nouvelle porte. Deux noms y était inscrits, celui de Sasuke Uchiwa et un autre inconnu d'Hinata.
_ Bonjour, comment allez-vous Shizune ?
Hinata avait cru comprendre que l'assistante de Sasuke prenait sa retraite mais à la voir elle comprit qu'elle s'était trompée : une jolie jeune femme brune était assise face à elle. Son visage souriant était réconfortant.
_ Merci. Je vais bien Sakura. Et vous ?
_ Merci. Je vais on ne peut mieux. Je vous amène votre remplaçante ainsi que votre exemplaire de son contrat.
Survolant rapidement les feuillets, elle prit connaissance du nom de son apprentie :
_ Bonjour Hinata et bienvenue parmi nous. J'espère que tout se passera bien pour toi pendant ton séjour dans l'entreprise.
_ Merci. Je le souhaite moi aussi.
_ Sasuke m'a demandé de t'envoyer dans son bureau dès que tu serais là, déclara Shizune en se levant. Suis-moi, veux-tu ?
Sakura l'embrassa brièvement et lui souhaita bon courage. Elle la regarda une dernière fois et suivit Shizune. Celle-ci frappa à la porte et n'attendant pas de réponse, l'ouvrit :
_ Mlle Hyuuga est là.
_ Fais la entrer, entendit Hinata.
Shizune lui fit signe de venir et referma la porte derrière elle. Elle découvrit Sasuke penché sur un dossier. Dès qu'il la vit, il posa les yeux sur sa montre et annonça :
_ Vous êtes en retard.
Hinata déglutit.
De son côté, Hanabi se réveilla encore plus fatiguée qu'elle ne l'était avant de dormir. Elle se sentait oppressée et c'est ce sentiment gênant qui l'avait tirée d'un sommeil qu'elle espérait réparateur. Elle tourna et se retourna plusieurs minutes dans son lit avant de se décider à se lever et à passer par la case 'salle de bains'. Elle descendit ensuite à la cuisine à la recherche d'un éventuel petit-déjeuner, en vain. Elle prit un fond de jus d'orange et s'affala sur le canapé avant d'allumer la télé. Elle tomba sur la météo de midi : une nouvelle speakerine aux cheveux clairs expliquait avec une gestuelle abondante qui trahissait sa nervosité qu'il y aurait beaucoup de vent dans le sud du pays. Hanabi s'en fichait puisqu'ici il ferait beau jusqu'au week-end chez elles.
La vie m'a rendue décidément bien égoïste, se dit-elle.
Ignorant les états d'âme de sa téléspectatrice, la présentatrice en était à présent aux éphémérides. On était le mercredi 26 mai. Elle expira bruyamment. D'ordinaire, le mercredi Hinata était là avec elle. Elles parlaient de tout et de rien, prenaient leur repas ensemble et s'offraient l'un des rares moments de complicité qui leur manquait tant. Généralement, elles se programmaient toujours une activité rien que pour elles afin d'oublier pour quelques heures leurs problèmes. Cela leur faisait énormément de bien. Si on lui enlevait son petit plaisir à elle, Hanabi allait s'énerver. Le journal allait débuter, elle zappa. Les informations ; très peu pour elle !
Elle fit défiler rapidement les chaines une à une jusqu'à une émission de musique qu'elle aimait bien. Elle devait avouer que le présentateur était très mignon. Il parlait justement d'un nouveau groupe très en vogue qui commençait leur carrière avec brio puisque leur premier single était numéro un dans tous les classements. Le MOS –initiales de Masters Of Sound- le remplaça dans l'écran. Apparemment, c'était un groupe de lycéens d'un look douteux et dont la voix du chanteur n'avait pas encore muet à en croire les octaves qu'il atteignait. Dégoutée, elle posa la télécommande sur la moquette marron du salon et ramena son bras sur ses yeux clos. Elle profita de cet instant de solitude afin de réfléchir à la discussion qu'elles avaient eu la veille au soir.
Lorsqu'Hinata était rentrée du travail un peu plus tôt que d'habitude, une expression de bonheur qui lui mangeait tout le visage, Hanabi sut d'emblée que sa sœur allait lui annoncer une bonne nouvelle. Evidemment, elle s'en doutait déjà un peu mais elle était à milles lieues de penser qu'il s'agissait de CETTE nouvelle. Elle croyait que sa jumelle lui parlerait de son fameux concours qu'elle aurait réussi haut la main tandis que là elle lui parlait de promotion et- qui dit promotion- d'augmentation. Et par n'importe laquelle : près de deux fois et demi son salaire ! Sidérée, Hanabi contempla sa sœur aux anges un moment avant de l'enlacer pour la féliciter.
_ J'avais acheté une bouteille de champagne au cas où, lui avait dit Hanabi. Je pensais l'ouvrir pour une autre occasion mais celle-ci est toute aussi bien.
_ Elle est bien mieux tu veux dire, rectifia Hinata, puisqu'elle est immédiate. Avec mon concours, il aurait fallu attendre encore six mois ! Tu te rends compte, avait-elle continué rêveusement en s'installant à la table de la cuisine, notre situation va changer du tout au tout. On pourra offrir à papa des soins qui lui seront plus adaptés, on pourra enfin changer de lave-linge et effectuer les réparations de la voiture. Mais la meilleure dans tout ça, c'est que tu pourras changer de boulot toi aussi et faire enfin quelque chose qui te plaît.
Le sourire qu'elle affichait se figea brutalement sur le visage d'Hanabi. Trop heureuse, sa jumelle ne le remarqua pas. Elle but une gorgée de son champagne et rigola :
_ Je ne devrais pas boire. Il faut que j'arrive tôt demain.
Hanabi fit mine de rire. Elle ne savait pas quoi lui dire. Elle partageait naturellement les désirs, les projets et les ambitions de sa sœur mais il était certain qu'elles ne pourraient tous les réaliser.
Surtout l'un d'entre eux, songea-t-elle amèrement.
_ Au fait comment allait papa, la questionna Hinata plus sérieusement.
A la mention de leur père, une tension palpable s'installa. Le seul sujet sensible de la famille Hyuuga.
_ Il va bien. Je l'ai trouvé… plus présent, tenta Hanabi. Je lui ai ramené de la lecture et j'ai eu l'impression qu'il m'écoutait vraiment. Et puis je lui ai parlé de ton examen mais je te laisse le soin de lui annoncer la bonne nouvelle.
_ Ah oui, commença alors sa jumelle en se tortillant sur sa chaise et en se triturant nerveusement les doigts, je voulais te dire que je ne pourrais plus lui rendre visite maintenant. Mon emploi du temps ne sera plus si malléable qu'auparavant. J'aurais des horaires strictes à respecter désormais.
_ Je serais donc la seule à m'occuper de lui, conclut sa sœur après quelques minutes de silence.
_ Oui… enfin jusqu'à ce que je puisse m'organiser autrement.
Là encore, le silence lui répondit. Hanabi se leva, rangea la bouteille de champagne et rinça son verre. Lorsqu'elle regarda sa jumelle à nouveau, elle avait un sourire aux lèvres.
_ Pas de problème. Je suis si fière de toi, lui assura-t-elle en embrassant sa sœur. Mais on verra les détails plus tard, pour le moment il faut que je parte travailler.
_ Merci Hanabi. Pour tout.
Elles étaient toujours dans les bras l'une de l'autre et Hinata accentua son accolade.
_ De quoi ?
Elles se séparèrent. Leurs regards si ressemblant et pourtant si différent s'unirent :
_ Avec la sœur que j'ai, il faut bien que j'assure, plaisanta Hanabi. Et puis, tu le mérites tellement.
Elle entreprit d'essuyer les larmes qui menaçaient de couler des yeux de son double. Elles se sourirent tendrement. Hanabi qui gérait mal les démonstrations d'affection coupa court à la magie de l'instant :
_ Il faut que j'y aille.
_ Tu ne vas pas partir tout de suite, il est bien trop tôt et je n'ai pas eu le temps de cuisiner, s'inquiéta Hinata.
_ Ne t'en fais donc pas sœurette, je mangerais au boulot. Et puis, je dois y aller tôt pour discuter avec mon Boss.
_ Tu vas lui parler de ta démission.
_ Oui, je vais le lui dire, mentit-elle la voix éteinte.
Hinata l'avait alors accompagnée jusqu'à la voiture et après un dernier câlin, elle était partie. Durant tout le trajet qui la rapprochait de son patron, elle s'en voulût de mentir encore et encore à sa sœur. Malheureusement, elle n'y pouvait rien. Il fallait le lui cacher puisqu'elle ne comprendrait pas. Et puis, elle n'avait pas besoin de discuter avec lui pour savoir que son employeur ne la laisserait pas partir comme ça. Elle voyait d'ici la scène : elle lui expliquait que sa sœur s'était trouvé un meilleur emploi et que par conséquent, elle n'avait plus besoin de bosser pour lui. La bouche en cœur et les yeux larmoyants, Orochimaru s'avancerait vers elle pour lui donner sa bénédiction et lui souhaiter bonne chance. Elle leva les yeux au ciel en pestant. Elle se gara dans l'allée obscure contigüe au club de strip-tease d'Orochimaru et se dirigea avec assurance vers la porte de fer. Il était encore trop tôt pour que les gros néons multicolores LOVE BOX soient allumés mais cela ne voulait pas dire que le club était fermé. Depuis qu'elle travaillait ici, Hanabi avait compris une chose : il n'y avait pas d'heure pour le sexe. Surtout pour ceux qui étaient en manque !
En ouvrant, elle salua d'un signe de tête la jeune hôtesse d'accueil : une rousse aux gros seins qui posa à peine sa cigarette pour lui répondre. Elle ne s'en formalisa pas. Il n'y avait aucune éducation dans ce milieu. La grande salle s'enorgueillissait de deux scènes où se déhanchaient non stop des danseuses aux styles variés afin « de plaire à tout à chacun » comme le répétait sans cesse le patron. Inspectant son lieu de travail, elle découvrit une dizaine d'hommes attablés devant leurs boissons alcoolisées –on ne servait rien d'autre- leurs regards lubriques fixés impunément sur les jeunes filles qui se trémoussaient devant eux, un sourire vide collé sur leur visage maquillé à outrance. Hanabi eut presque pitié d'elles. Elle s'empressa de continuer sa route et fila droit vers le bureau d'Orochimaru. Elle s'arrêta devant la porte fermée. Elle entendit s'élever à travers la porte la voix mielleuse de celui-ci. Il téléphonait sans doute. Elle s'autorisa une dernière pensée à sa jumelle, inconsciente de ce qu'elle endurait. Comment aurait-elle pu avouer à la douce et pure Hinata que si elle avait tenue à venir plus tôt cet après-midi là ce n'était pas pour lui parler ? Qu'elle était là seulement pour « remplacer un collègue », qu'Orochimaru ne la laisserait pas partir pour tout l'or du monde car elle faisait partie de son « quatuor vedette » comme il se plaisait à le dire.
Elle secoua la tête énergiquement, Hinata était la seule chose à laquelle elle ne devait pas penser dans ce lieu de débauche. Elle ne frappa pas et entra. Le sourire d'Orochimaru s'étira jusqu'aux oreilles quand il la vit prendre place près de lui.
La sonnette retentit. Hanabi sursauta. Elle s'était assoupie. Nouveau coup de sonnette.
_ J'arrive.
La langue pâteuse, elle n'émit qu'un murmure. Elle s'éclaircit la gorge et cria plus fort :
_ J'arrive !
Elle se demandait qui pouvait bien venir lui rendre visite et crut à une hallucination quand elle ouvrit la porte pour entendre :
_ Coucou ma puce, surprise !
Et voilà pour aujourd'hui.
PS: J'aimerais vraiment savoir si la fic vous plaît. Alors donnez-moi votre avis, c'est encourageant pour la suite. Merci
